Pris dans la digestion du temps
nous sommes
semble-t-il
tous coincés.
Personne ne sait plus vraiment qui il est.
Personne ne perçoit plus vraiment ce qu'il aime.
Personne ne comprend plus vraiment vers où il veut aller.
Tous se laissent grignoter par les sucs digestifs opérants.
L'amorçage cyclique est redoutable.
La compréhension devient affûtée.
Les sens sont remplis de cet évident vide.
C'est pour l'heure l'impasse.
C'est pour l'heure la preuve du manque.
Pour chacun passant par ici
une mordante et véritable absence
tantôt très définie tantôt très vaporeuse
ravage tout sur les territoire de nos âmes.
Aussi douloureuse et poisseuse soit-elle
il nous faut l'accueillir
plutôt que de vainement tenter de s'y opposer.
Mais
ô combien ses canines s'avèrent acérées
et
ô combien nos chairs s'avèrent vulnérables.
"C'est quand vous avez le plus envie d'abandonner que vous êtes au plus près du but."
Anonyme
Anonyme










