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Publié le Mercredi 16 janvier 2008 à 02:47
Par Aeterno
Humeur : Souriante

On dirait que ce serait l'histoire d'une personne comme les autres.
Et on dirait que cette personne
elle aurait juste le désir de vivre en harmonie avec les autres.
Mais cette personne elle aurait pas des yeux comme les autres.
Dans l'histoire elle pourrait voir plus loin que les zones autorisées.
Sans même le savoir. Sans même le contrôler.

Et dans l'histoire elle se retrouverait
cette personne
bien souvent embarrassée
de voir en chacun là où on ne l'y invite pas
de distinguer
en chacun les formes qui s'agitent en cachette.
On dirait
parce que l'histoire serait faite comme ça
que les autres n'aimeraient pas beaucoup
se retrouver trop longtemps en présence d'une personne qui sait les lire.

Et on imaginerait alors facilement que cette personne
tout à la fois riche de ce don merveilleux
et pauvre de cette prison du Savoir
pourrait parfois
se sentir un peu plus seule que les autres.
Et qu'en toute logique

elle semblerait bien partie pour le rester.

Et on aurait pas complètement tort, non ?



"Le courage de la goutte d'eau, c'est qu'elle ose tomber dans le désert."

Lao Tse


Publié le Mardi 15 janvier 2008 à 02:41
Par Aeterno

Et la brume va se dissiper
Et nous ne savons pas si nous serons prêts à faire face à la lumière
Le risque est grand d'avoir pris l'habitude de nos obscures humidités comportementales.
La trace de nos mouvements défensifs et autres gestes de protection s'avère bien marquée.
Si automatisés nous sommes.

Et le nuage opaque va se lever
Et tu ne sais pas ce que tu vas trouver face à toi
Le risque est grand que tu prennes peur en plongeant ton regard dans mes abysses.
La trace laissée par tes usagers précédents laisse peu de place à tes courageux pétales.
Si abîmé dans le secret de ton extrême profondeur tu es.

Et en certains endroits l'apaisement va être possible
Et j'ignore si la marche sur le fil invite
à la chute ou à l'envol
Le risque est gigantesque de perdre le plus beau pour ne récupérer qu'une
acérée chimère.
Le risque est titanesque de passer juste à côté du divin en nous qui s'interpelle.
La trace qui s'est progressivement dessinée en mon centre me laisse joyeusement suspendu.
La trace que nous avons réalisée ensemble demeure trop belle pour être dorénavant négligée.
Si reliés. Si vulnérables.
Si exigeants. Si maladroits.

Et tellement de mots enfouis
encore bien gardés par nos meutes d'Ombres...


"Ne pensez pas que vous pouvez infléchir le cours de l'amour.
Car l'amour, s'il vous trouve digne, dirige votre cours."

Khalil Gibran



Publié le Samedi 12 janvier 2008 à 12:00
Par Aeterno

Que gagne-t-on à franchir les mers, à courir de ville en ville ?
Pour fuir le mal qui t'obsède, il n'est pas besoin que tu sois ailleurs : sois autre.
Tu arrives à Athènes, tu débarques à Rhodes; choisis à ton caprice toute autre ville : que te font les moeurs de ces pays ? Tu y portes les tiennes. La richesse te semble-t-elle le bonheur ? Tu trouveras un supplice dans ta pauvreté et, ce qui est plus misérable, dans ta pauvreté imaginaire.

Car en vain possèdes-tu beaucoup, quelque autre possédant davantage, tu te crois en déficit de tout ce dont il te surpasse.
Places-tu le bonheur dans les dignités ? Tu souffriras de l'élection de tel consul, de la réélection de tel autre : quel dépit, si tu lis plusieurs fois le même nom dans nos fastes ! Dans ton ambitieuse démence, tu ne verras plus ceux que tu dépasses, dès qu'un seul te devancera. Le plus grand des maux, penses-tu, c'est la mort ? Mais il n'y a de mal en elle que ce qui la précède, la peur. Tu t'effraieras et du péril et de l'ombre du péril ; de vaines alarmes t'agiteront sans cesse. Car que te servira "d'avoir échappé à tant de villes grecques, et d'avoir fui à travers les ennemis ?"

La paix même sera pour toi fertile en alarmes. Ton âme une fois découragée, l'abri le plus sûr n'aura pas ta confiance; dès que le sentiment irréfléchi de la peur tourne en habitude, il paralyse jusqu'à l'instinct de la conservation. Il n'évite pas, il fuit : or on donne plus de prise aux dangers en leur tournant le dos. Tu regarderas comme une bien grave infortune, la perte des personnes qui te sont chères, non moins inconséquent que si tu pleurais quand tombent les feuilles des arbres riants qui ornent ta demeure. Tous les êtres qui réjouissent ton coeur, sont comme les arbres que tu as vus au temps de la sève et de la verdure ; feuilles éphémères, dont le sort est de tomber les unes aujourd'hui, les autres demain; mais de même qu'on regrette peu la chute des feuilles, parce qu'elles doivent renaître, ainsi dois-tu prendre la perte de ceux que tu aimes et qui, dis-tu, font le charme de ta vie : ils se remplacent, s'ils ne peuvent renaître.
- Mais ce ne seront plus les mêmes !
- Et toi, n'auras-tu pas changé ? Chaque jour, chaque heure fait de toi un autre
homme; et ce larcin du temps, plus visible chez autrui, ne l'est moins chez toi que parce qu'il s'opère à ton insu. Le temps, qui semble emporter les autres de vive force, nous dérobe furtivement à nous-mêmes.

Mais tu ne feras aucune de ces réflexions ; tu n'appliqueras pas ce baume à ta plaie; toi-même sèmeras ta route d'inquiétudes sans fin, tantôt espérant, tantôt découragé. Plus sage, tu tempérerais l'un par l'autre : tu n'espérerais point sans méfiance, tu ne te méfierais point sans espoir.

Jamais changement de climat a-t-il en soi profité à personne ?
A-t-il calmé la soif des plaisirs, mis un frein aux cupidités, guéri les emportements, maîtrisé les tempêtes de l'indomptable amour, délivré l'âme d'un seul de ses maux, ramené la raison, dissipé l'erreur ? Non : mais comme l'enfant admire ce qu'il n'a jamais vu, c'est un certain attrait de nouveauté qui captive un moment. Du reste l'inconstance de l'esprit, alors plus malade que jamais, s'en irrite encore, et il devient plus mobile, plus vagabond par l'effet même du déplacement.
Aussi les lieux qu'on cherchait si ardemment, on met plus d'ardeur encore à les fuir et, comme l'oiseau de passage, on vole plus loin, on part plus vite qu'on n'était venu. Les voyages te feront connaître des peuples et voir de nouvelles configurations de montagnes, des plaines d'une grandeur insolite pour toi, des vallons arrosés de sources intarissables, des fleuves offrant à l'observateur quelque phénomène naturel, soit le Nil, qui gonfle et déborde en été; soit le Tigre, qui disparaît tout à coup pour se frayer sous terre un passage dont il sort avec toute la masse de ses eaux; soit le Méandre, éternel sujet d'exercice et de fiction pour les poètes, qui se replie en mille sinuosités, et qui souvent, lorsqu'il approche de son lit, se détourne encore avant d'y rentrer : mais tout cela ne te rendra ni meilleur ni plus sage. C'est à l'étude qu'il faut recourir et aux grands maîtres de la sagesse, pour étudier leurs découvertes, pour découvrir ce qui reste à apprendre.
Ainsi l'âme se rachète de son misérable esclavage et ressaisit son indépendance.

Tant que tu ignores ce qu'on doit fuir ou rechercher,
ce qui est nécessaire ou superflu,
ce qui est juste, ce qui est honnête,
tu ne voyageras pas, tu ne feras qu'errer.

Quel fruit te promettre de tes courses sans nombre, quand tes passions cheminent avec toi, quand ton mal te suit ?
Et que dis-je ?
Puisse-t-il ne faire que te suivre ! Il serait à quelque distance : mais il est en toi, et non à ta suite. Aussi t'obsède-t-il partout; partout ton malaise est également cuisant. A un malade il faut des remèdes plutôt que des déplacements. L'homme qui s'est cassé la jambe ou donné une entorse ne monte ni sur une voiture ni sur un navire : il fait appeler le médecin pour rejoindre l'os rompu, pour replacer le muscle démis. Et tu crois qu'une âme, foulée et fracturée dans presque tous ses ressorts, se rétablira par le changement de lieux ? L'affection est trop grave pour céder à de tels moyens.
Ce n'est pas à courir le monde qu'on
devient médecin ou orateur : il n'y a de lieu spécial pour l'apprentissage d'aucun art. Et la sagesse, de tous le plus difficile, s'apprendrait sur les grandes routes ? Il n'est point de voyage, crois-moi, qui te sorte de tes passions, de tes dépits, de tes craintes; s'il en était, le genre humain tout entier se lèverait pour l'entreprendre. Tes passions ne lâcheront point prise; elles déchireront sur la terre et sur l'onde leur proie fugitive, aussi longtemps que tu emporteras le principe de tes maux.

Ne t'étonne plus de fuir en vain : ce que tu fuis ne t'a pas quitté.
Commence donc par te corriger ; par rejeter ce qui te pèse, et mettre du moins à tes désirs une borne quelconque.

Purge ton âme de toute iniquité : pour que la traversée te plaise, guéris l'homme qui s'embarque avec toi.
L'avarice te rongera
tant que tu auras commerce avec des coeurs sordides et intéressés;
l'orgueil te dominera tant que tu hanteras des superbes;
ton humeur implacable ne se perdra pas dans la compagnie d'hommes de sang;
tes accointances avec les débauchés raviveront chez toi les feux de l'incontinence.

Tu veux dépouiller tes vices ?
Fuis au plus loin ceux qui t'en donnent l'exemple.


Sénèque
Extrait de Lettres à Lucilius
Publié le Vendredi 11 janvier 2008 à 03:46
Par Aeterno
Humeur : Au secours !

3h46 - Poumons englués. Rien pour apaiser. Et merde. Juste le marquer ici pour s'en souvenir.
                  Aucun intérêt ? Pas sûr.

Publié le Vendredi 11 janvier 2008 à 01:59
Par Aeterno
Humeur : Gaie

Ne pas oublier de toujours laisser une place à l'imprévu.
Ne pas oublier de l'accueillir avec toute sa possible maladresse.
Ne jamais oublier de se laisser surprendre.
Déguster ces instants-funambules qui nous rassemblent un peu.
Et savoir se rappeler de temps en temps
le goût d'une gaufre au sucre bien chaude.
Parce que quand même
ça fait bien plaisir ;)

Publié le Mercredi 09 janvier 2008 à 07:07
Par Aeterno
Humeur : Tendre


C'est un jour d'envol.
Jour où l'air circule et les voiles se lèvent.
C'est le jour des âmes qui se libèrent de leur cage.

L'une d'entre elles
cette nuit
a même réussi à rattraper la course du soleil
pour rejoindre la Source de Lumière.

Savoure dorénavant
la chaleur retrouvée
et
guide judicieusement par ton souffle
celles qui ont tendance à rester coincées derrière leurs barreaux.



"La foi est un oiseau qui sent la lumière et qui chante quand le jour n'est pas encore levé."
Rabindranàth Tagore
Publié le Mardi 08 janvier 2008 à 02:55
Par Aeterno

Infidèle hélas je suis ici.
Bien qu'accaparé par l'Empereur-fils d'Apollon
Je me dois de demeurer présent au poste
En dépit de l'oeuvre qui se débat s'étire et apparaît en dehors d'ici.



Partageons cette réflexion sur le sens de nos actes.
Partageons cette pensée sur la difficulté qui nous saisit au contact de l'Autre.
Qui peut
certifier en son for intérieur agir sans intérêt égoïste ?
Qui osera défier ses semblables par l'affront d'une telle prétention ?

Il est légitime de vouloir sauver sa peau
dans un univers qui n'a jamais cessé d'être hostile.

Heureusement persistent des temps
d'écoute, d'empathie et d'attention.
De splendides minutes continuent d'exister
où deux êtres peuvent sincèrement
se regarder
tenter de se comprendre
s'approcher humblement
au risque de se faire mordre
et atteindre pourtant ensemble les plus beaux trésors.

Heureusement oui.
Mais...

Pourquoi faut-il que les temps
où nous rétrécissons nos canines,
les plus précieux de notre humanité,
soient toujours réduits à la plus petite portion de nos existences ?
Pourquoi ce vieux réflexe de survie mêlé de crainte
envers toute agression potentielle
envers toute dissolution de certitude
est-il toujours plus puissant
que notre désir de joie partagée ?

Et finalement pourquoi
par cette
ancestrale attitude,
et alors que nous l'avons bel et bien compris,
sommes-nous toujours notre pire ennemi ?



"La honte n'est pas d'être inférieur à l'adversaire, c'est d'être inférieur à soi-même."
Proverbe mandchou


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Bienvenue à vous dans cet étrange espace. Bonne traversée de ces quelques mots et images épars...
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Seb : Chloé ? vous ici !
Chloé : Coïncidence, à moins qu'il ne s'agisse d'une rencontre phantasmatique, mais il me semble vous avoir beaucoup croisé en ville ces derniers jours.
Aeterno : Hello Velo ! L'espoir peut être une force tout comme un lent poison. Discernement du coeur et conscience allumée pour ouvrir le chemin de vie. ;)
velo : les mots prennent vie! le sens se dénude! l'espoir renaît! le chagrin bat de l'aile! Les sentiments resident tant qu'il y a de la vie!
Aeterno : Ouais c'est ça...à votre santé et à votre bon coeur...
Vlad : Nasdrovié !
Aeterno : Avec joie cher Clark. Prenez rdv avec RobotBar, c'est le roi du mini-bar.
Superman : J'aime beaucoup ce que vous faites. Pourrions-nous organiser un dîner avec Loïs ?
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