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Publié le 13/04/2009 à 19:00
Par antochrit
Que ce soit par la voix de SARKOZY, celle de FILLON ou des représentants de la CGPME, les actions de séquestration des patrons sont mises en exergue comme étant des actes criminels à la limite du terrorisme ! Si la crise est sans doute responsable, en partie, de licenciements massifs, elle est également un fabuleux prétexte pour certaines entreprises qui envisageaient déjà de maintenir leurs bénéfices et le cours de leurs actions en diminuant leurs coûts de production par la variable d’ajustement privilégiée qu’est le personnel. Ces voix trouvent scandaleux le recours à la séquestration des cadres dirigeants, s’appuyant sur l’argument de « la loi » pour souligner la criminalité du geste. Soulignant que la France est un « état de droit » ! Mais qu’est-ce que cela peut bien signifier dans la bouche de tous ces « Tartuffes » de la morale qui sont corrompus jusqu’à la moëlle ! Le droit qu’ils se confèrent et qu’ils refusent à d’autres ???? Que penser du droit de ces milliers de salariés qui, sacrifiés sur l’autel de « la crise », sont eux pris en otages de la course aux profits. Est-ce légal, digne d’un état de droit, de donner sa bénédiction à ce génocide salarial ? Est-ce moral d’accepter qu’un dirigeant d’EDF parte en retraite avec 500 000 euros annuels alors qu’on accorde l’obole de 5 à 7 mois de salaires à ceux que l’on met à la porte ? Toutes ces injustices expliquent le désespoir qui s’empare de ces sans noms qui devraient avaler sans sourciller les couleuvres quotidiennes. Ce ne sont ni des anarchistes, ni des criminels, ni des extrémistes ! Ce sont simplement des êtres humains qui refusent de se laisser traîner à l’abattoir sans réagir. Le mépris grandissant envers « le peuple », affiché par les nantis qui tiennent les rênes du pouvoir, de l’économie et du travail est le comburant idéal pour enflammer les braises qui couvent ! Nous allons sans aucun doute possible vers la multiplication des actions violentes qui, en aucun cas ne signerons une élévation du niveau de la criminalité ou de la délinquance, mais qui seront simplement des réflexes de survie ! Réflexe naturel de la part de tous ceux qui craignent ou sont déjà confrontés à la mise en œuvre de leur destruction. Alors, si criminels il y a, c’est vers le haut de la société qu’il faut regarder ! Si dérive il y a, elle vient de ceux qui s’octroient le droit de nous écraser sans état d’âme. Si respect des lois il doit y avoir, que cela s’applique en premier lieu aux donneurs de leçons ! Non, les salariés « bossnappers » ne sont pas des criminels ni des hors-la-loi ! Ce sont des êtres humains qui sont obligés, par la force, de faire respecter leurs droits élémentaires au respect, leur intégrité et qui oeuvrent pour garder leur dignité.
Publié le 04/04/2009 à 10:17
Par antochrit
La polémique autour de l'Ordre infirmier, sa validité de représentation ainsi que son impact auprès de la profession ne datent pas d'aujourd'hui. Présenté comme une revendication de la majorité de la profession (soi-disant 80 %) par un lobby appelé le groupe Sainte Anne, ne représentant qu'une infime partie des infirmiers, voté en catimini par les instances législatives, cet Ordre impposé aux forceps est rejeté massivement par beaucoup d'entre nous. La preuve en a été faite par la brillante participation de 14% au vote visant à élire les représentants aux conseils départementaux.
Pour rappel, cet Ordre n'aurait eu d'intérêt que pour les IDEL (libéraux) pour lesquels aucune instance de réglementation n'existait, mais il a été mis en place en incluant tous les professionnels, y compris les salariés qui eux bénéficiaient déjà de nombreuses instances de contrôle et de régulation.
Cet Ordre, imposé par quelques-uns, exige une cotisation dont le montant vient d'être fixé.
Malgré tous les démentis, la main sur le coeur des pro ONI, qui assuraient que la cotisation ne serait en aucun cas supérieure à 30 euros, le montant est fixé à 75 euros et cela pour cette année, car rien ne dit que le curseur ne soit poussé plus haut dans l'avenir!
De surcroit, autant il est prévu que, comme beaucoup d'autres "frais de fonctionnement" cette cotisation soit déductible des impôts pour les IDEL, autant les salariés ne sont pas concernés par cette déductibilité!
On leur impose un ordre qui les concerne à peine et ils seront les seuls à payer plein pot!
En bref un nouvel impôt déguisé, qui s'assorti de surcroit d'une menace d'interdiction d'exercer en cas de non règlement de la cotisation!
Eh bien qu'ils nous interdisent d'exercer, les hôpitaux ont sans aucun doute les moyens de se passer de nous !
Opposante de la première heure à ce que je qualifie de racket organisé, j'encourage mes collègues infirmiers à refuser de se soumettre à cette injonction de payer!
Notre diplôme est le seul à nous autoriser ou non à exercer, et une dette de cotisation ne pourra en aucun cas nous le retirer!
Si le refus est massif les menaces tant d'inderdiction d'exercice que d'exigibilité de paiement, pour être mises à exécution, nécessiteront le recours aux tribunaux !
REFUSONS MASSIVEMENT DE CEDER AU RACKET ORGANISE PAR L'ONI
Publié le 07/02/2009 à 09:11
Par antochrit
Humeur : Au secours !
Voilà le type même de témoignage qui circule depuis bien des mois déjà dans le milieu médical et hospitalier... Et qui a bien du mal à en franchir le seuil... Pour s’affranchir du lieu et du milieu, se répandre dans le monde extérieur, celui des patients d’hier, d’aujourd’hui et de demain... Il serait temps d’écouter, d’entendre, de prêter véritablement attention, de prendre conscience et de relayer ce type de témoignage par une action citoyenne. Il s’agit de nos soignants, de notre santé, d’un système mis en place par nos aînés au prix d’efforts, de dévouement, et de sacrifices...Mais aussi et surtout il s’agit principalement de la responsabilité de nos élus et de nos dirigeants qui laissent se dégrader, se délabrer et se dévaloriser notre système de santé par négligence ou incompétence... Qu’ils reconnaissent alors leur impéritie et s’en aillent. D’autres plus efficients prendront leur place. Ce ne sont pas les candidats qui manquent ! (Michel Berthelot)
Voici un texte qui ne se frotte pas certes au Goncourt mais qui à le mérite de décrire une situation qui pour certains d’entres nous est quotidienne et qui pour d’autres reste inconnue ou simplement trop difficile à entendre car ne l’oublions pas, pour beaucoup nous sommes des fonctionnaires, et donc... nous n’avons pas à nous plaindre. Sachez que c’est le quotidien de tous les hôpitaux de France. Bonne lecture et Bonne santé.
Je suis assez catastrophée en ce moment, car dans aucun média, aucune presse, même dans les discours de nos chers politiques, personne ne parle de ce qui se passe du côté de l’hôpital public... Et pourtant, moi qui le vis de l’intérieur, je vous garantis qu’il y a de quoi sauter au plafond (peut-être autant que les fautes d’orthographe dans ce mail, je m’en excuse... !). Tout ce qui va suivre est un peu compliqué, peut-être, mais nécessaire pour vous expliquer ce qui se passe sur le terrain.
Je suis infirmière dans un service de Médecine adulte (Médecine interne et thérapeutique, pavillon 5, hôpital Bellevue à St-Etienne) avec une capacité d’accueil de 21 patients, dont 95% est muté directement des urgences. Autrement dit, la plupart ne sont pas encore très stabilisés sur le plan médical et ont donc besoin d’une surveillance étroite et efficace de la part des infirmiers et aide-soignants.
Les femmes de ménage (ASH) ont, elles aussi un rôle important, car au détour d’un couloir ou pendant qu’elles nettoient une chambre, elles peuvent être les premiers signaux d’alarme d’un patient en détresse. Sans parler de leur travail primordial pour assurer l’hygiène des services, rôle majeur dans la lutte contre les infections nosocomiales.
Nos équipes s’organisent ainsi : (les équipes de jour et de nuit sont indépendantes, je ne travaille que le jour matin-soir)
2 infirmières + 2 aide-soignantes + 1 ASH le matin 2 infirmières + 2 aide-soignantes + 1 ASH le soir 1 infirmière + 1 aide-soignante la nuit
Ceci est ce qu’on appelle le service minimum, autrement dit, c’est le minimum réglementaire pour assurer la sécurité des patients.
Or il faut savoir que nous n’avons jamais de personnel en plus et que la tendance actuelle est de nous faire tourner en sous-effectif de manière presque systématique les soirs et les week-ends, soit un seul infirmier pour 21 patients.
Depuis 2 mois, une de mes collègues infirmières a démissionné et n’est pas remplacée, une autre est en arrêt de travail qui risque d’être prolongé cet été et n’est pas non plus remplacée... Nous ne sommes donc plus que 6 infirmiers au lieu de 8 à assurer un roulement sur 4 semaines, jours de semaine, week-ends et joursfériés compris. Alors nous effectuons 1 puis 2 puis 3 week-ends supplémentaires (nous en travaillons déjà 2 sur 4 habituellement) et ainsi de suite pour que le service tourne, avec des jours de repos qui sautent et des alternances de rythme incessantes. Si bien qu’ il devient impossible de prévoir quoi que ce soit en dehors de la vie au CHU, sous peine de devoir annuler au dernier moment pour cause : boulot !
Le 14 juin 2008, une autre collègue s’est arrêtée et, étant la seule infirmière du soir, il n’y avait donc personne pour prendre la relève du matin... C’est un infirmier des urgences qui a été détaché de son service pour venir dans le nôtre, qui a assuré les soins de nos 21 patients, alors qu’il ne les connaissait pas, et qui a dû faire face en plus à une situation d’urgence vitale pour l’un d’eux...
Une des ASH est arrêtée depuis 1 an en étant remplacée de manière très ponctuelle, obligeant les 3 ASH restantes du service à se partager un roulement sur 4 semaines, jours de semaine, week-ends et jours fériés compris. Leur tâche est de nettoyer à elles seules, tous les jours, la totalité des 16 chambres du service de fond en comble (vitres, mobilier, murs, WC), les bureaux médicaux, les pièces de vie (office, douche, WC, couloirs), la salle de soins...
Il faut savoir que le CHU de St-Etienne est en pleine réorganisation, puisqu’un gros complexe est en fin de construction à l’hôpital Nord, promettant parait-il des technologies de pointe, des locaux modernes et surtout des soins efficaces et de qualité...Alors expliquez-moi comment être à la hauteur de ces exigences quand le personnel est déjà largement en sous-effectif ?
L’hôpital refuse d’embaucher, car déficit budgétaire, mais préfère faire appel à l’intérim, qui coûte plus cher que des contractuels...
Hier, j’étais normalement en "repos" et j’ai passé une bonne partie de ma journée à démarcher la Médecine du Travail, les syndicats et à parler avec notre chef de service, pour essayer de trouver des solutions pour que notre direction nous entende...Nous sommes par chance soutenus par notre chef de service, qui connaît la valeur de notre travail et sait que nous ne protestons pas pour rien. Il nous connaît suffisamment pour, lui même, remuer ciel et terre pour qu’on s’occupe du sort des soignants à l’hôpital. Il nous soutient par ce que lui-même est très inquiet de la situation et voit notre gouvernement asphyxier le service public hospitalier, or, lui a choisi de travailler au CHU par foi en ce service public et dans le respect du serment d’ Hippocrate.
Je dors très mal et, pour être honnête, je pense au boulot constamment. J’ai peur que le stress me fasse oublier un soin, que la pression m’empêche de prendre le temps avec un patient déprimé, que la fatigue me fasse faire un mauvais calcul de dose, administrer un produit au mauvais patient... J’ai peur que ce métier que j’aime me transforme en assassin, involontairement, parce qu’on aura laissé la situation se dégrader. Parce que nous sommes tous responsables : je suis l’infirmière d’aujourd’hui mais nous sommes tous les patients de demain. VOUS pouvez être au bout de ma seringue, ou votre mari, votre enfant, votre proche.Je vis l’insécurité dans mon travail, alors que je le maîtrise pourtant. Mais je suis humaine avant tout. Vous serez ceux qui pâtirez du manque de soignants dans les services : je n’aurai pas pu prendre le temps de vous donner des nouvelles du patient que vous aimez, je n’aurai pas pu gérer 2 situations d’urgence à la fois...
Faut-il attendre qu’il y ait des morts pour réagir et prendre conscience de ce qui se passe dans les hôpitaux ???
Aujourd’hui, j’ai besoin de vous. Merci de bien vouloir transférer ce mail de la manière la plus large, pour informer le plus de monde possible. Si vous connaissez des personnes du monde hospitalier, journalistique, politique ou autre, n’hésitez pas à les solliciter.Il faut se mobiliser en masse pour être plus efficace, moi toute seule, je n’intéresse personne.Merci pour votre attention !
Publié le 08/01/2009 à 18:33
Par antochrit
Humeur : En colère
Chaque jour nous apporte son lot de scoop gouvernementaux! Chaque événement, rapporté par une presse avide de sensationnel, apporte une réaction dysproportionnée de nos têtes (bêtes) pensantes Les accidents dans les hôpitaux dont chacun oublie que pour 3 événements dramatiques rapprochés rendus publics, des millions d'actes quotidiens sont réalisés chaque jour sans que personne ne vienne féliciter les personnels.L'agité du bocal qui nous gouverne et la pharmacienne de pacotille qui nous chapeaute ne trouvent rien de mieux que de sembler découvrir que le domaine médical n'est pas un garage et que malheureusement, lorsque des accidents arrivent, ils sont hélas dramatiques. Alors pour faire semblant de se préoccuper du problème, il faut trouver un coupable! Mais pourquoi est ce que ce serait toujours le dernier maillon de la chaine qui devrait trinquer? Réorganiser les services de soins... soit! Mais en soi celà ne signifie rien...encore du vent! C'est la réorganisation des hôpitaux qui a mené ceux-ci à l'indigence des moyens humains qu'ils connaissent aujourd'hui. Certains auront beau clamer que les moyens sont suffisants, mais quand on ose dire que par exemple pour le nouvel hopital de Strasbourg on annonce 500 médecins pour 750 lits.... en équivalents temps plein cela fait combien? 500 médecins peuvent très bien ne représenter que 250 et puis quid du nombre de soignants (en ETP également). Bachelot débloque 1.5 milliard pour la rénovation des hopitaux...cela signifie quoi???? Des beaux murs avec du vide dedans? La rénovation c'est créer des paquebots du genre AP-HP ou AP-HM? tellements grands que personne ne dirige plus rien ne connait plus personne et où les responsabilités seront encore plus difficile à discerner?
On invoque et on met en cause les 35h pour la casse de l'hopital, mais quelle mesure corrective y est apportée?
Les formations des futurs soignants se dégradent de plus en plus, car le manque d'anticipation a conduit à vouloir "produire" en quatrième vitesse les infirmiers de demain....alors bien sûr on est plus trop regardant sur les compétences initiales, guère plus sur celles à acquérir, et on distribuera bientôt des diplômes au rabais.... Il ne fera pas bon être malade dans les années à venir, tant par ce que cela nous coûtera que pour le rapport qualité/prix!
Chaque événement entraîne automatiquement " une commission va être chargée de faire toute la lumière....nous devons rechercher ce qui s'est passé..."
EH BIEN IL SERAIT TEMPS D'ARRETER DE CHERCHER ET COMMENCER A TROUVER! Si toutes les commissions qui ont été mises en place, tous les rapports qui ont été rédigés, toutes les personnes qui ont été consultées avaient servi à quelque chose nous devrions vivre au paradis !
Mais je pense plutôt que tous ces documents pourront bientôt devenir des matériaux de construction d'avenir. On pourra sans doute bientôt construire un nouvel Elysée avec toute ces paperasses inutiles (pour nous)....elles auront au moins servi de justification à l'engraissement de tous ceux à qui l'on a passé commande !
Publié le 11/12/2008 à 17:43
Par antochrit
Humeur : En colère
JUSQU’OÙ IRONT-ILS ?ET NOUS…. JUSQU’OÙ ACCEPTERONS NOUS ?
Le mépris et la suffisance sont devenus le mode de communication de prédilection de ce gouvernement. Chaque jour apporte son lot de petites phrases assassines et de comportements anti-démocratiques. La liberté d’expression est menacée, les lois liberticides fleurissent.
Un instituteur avait envoyé une lettre ouverte au Président l’informant qu’il ne mettrait pas en place les réformes décidées en dépit de l’opposition massive du corps enseignant.Ses convictions citoyennes lui interdisant de se conformer à des décisions préjudiciables pour la qualité de son enseignement, il se voit aujourd’hui sanctionné par le non paiement de son travail si celui-ci ne correspond pas aux directives ministérielles. On voit bien dans ce cas que la mesure de rétorsion a pour objectif de décourager toute tentative d’opposition. Le seul salut de cet enseignant réside aujourd’hui dans 2 possibilités. Soit il se soumet à l’injonction indépendamment du fait qu’il considère agir contre l’intérêt des enfants, soit ses collègues, lui apportent un soutien franc et massif en prenant la même position que lui.
Le gouvernement de Sarkozy n’admet aucune contradiction ! Il ne se trompe jamais, ne veut pas débattre sur ses projets et encore moins sur ses décisions. Nous assistons chaque jour à des mascarades, à l’assemblée nationale, puisque dès qu’une opposition s’élève, la menace du passage en force est brandie.
PEUT ON ENCORE CROIRE QUE NOUS SOMMES DANS UNE DEMOCRATIE ?
Même Rama Yade, la petite secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme qui apportait un soutien inconditionnel au candidat Sarkozy risque d’en faire les frais. Il ne fait pas bon ne pas obtempérer à Sarkoland ! Jeune et naïve elle croit encore que l’inconstant NAPO NABOT SARKO n’est pas capable de se dédire…. Quelle cruelle désillusion va-t-elle subir !
Il y a quelques jours, un psychiatre a lui aussi rédigé une lettre ouverte au manchot empereur qui nous dirige. Il est à craindre que les sanctions tombent elles aussi rapidement. Je n’en cite que quelques extraits mais vous invite à lire dans sa totalité le contenu de cette missive. http://www.acpsy.com/viewtopic.php?id=2
« Monsieur le Président,
Eluard écrit, dans Souvenirs de la Maison des Fous, « ma souffrance est souillée ». Après le meurtre de Grenoble, votre impatience à répondre dans l’instant à l’aspiration au pire, qu’il vaudrait mieux laisser dormir en chacun d’entre nous, et que vous avez semble t-il tant de difficulté à contenir, vous a amené dans votre discours du 2 décembre à l’hôpital Erasme d’Antony à souiller la souffrance de nos patients.
…Erasme, l’auteur de « L’Eloge de la Folie » eut pu mieux vous inspirer, vous qui en un discours avez montré votre intention d’en finir avec plus d’un demi siècle de lutte contre le mauvais sort fait à la folie : l’enfermement derrière les hauts murs, lui appliquant les traitements les plus dégradants, leur extermination en premier, quand la barbarie prétendit purifier la race, la stigmatisation au quotidien du fait simplement d’être fou. … Mesurez-vous, Monsieur le Président, l’incalculable portée de vos propos qui va renforcer la stigmatisation des fous, remettre les soignants en position de gardiens et alarmer les braves gens habitant près du lieu de soin de la folie ?
… Vous venez de finir d’ouvrir la boîte de Pandore et d’achever ce que vous avez commencé à l’occasion de votre réplique aux pêcheurs de Concarneau, de votre insulte au passant du salon de l’agriculture, avilissant votre fonction, vous déprenant ainsi du registre symbolique sans lequel le lien social ne peut que se dissoudre. Vous avez donc, Monsieur le Président, contribué à la destruction du lien social en désignant des malades à la vindicte, et ce, quelques soient les précautions oratoires dont vous affublez votre discours et dont le miel et l’excès masquent mal la violence qu’il tente de dissimuler.
… Face à votre violence, il ne reste, chacun à sa place, et particulièrement dans mon métier, qu’à résister autant que possible.
… Il en va des lois comme des pensées, certaines ne sont pas respectables ; je ne respecterai donc pas celle dont vous nous annoncez la promulgation prochaine. »
La régression sociale où nous entraîne toute cette clique nous oblige à constater que comme aux heures les plus sombres de notre histoire, la désobéissance citoyenne doit devenir la réponse aux injonctions iniques. Nous ne devons plus tarder à réagir et à agir, car lorsque nous nous réveillerons il sera peut être trop tard. Ce gouvernement perd de sa légitimité chaque jour (si tant est qu’il en ait eu une un jour). Il nous faut lui montrer que la soumission a ses limites et qu’il ne va pas pouvoir continuer ainsi sans que les réactions n’arrivent. Elles seront d’autant plus violentes qu’elles auront tardé à venir. Pour l’heure ils sont sûrs qu’ils peuvent encore nous enfoncer un peu plus, leur condescendance méprisante envers leurs opposants s’affirme chaque jour.
Montrons leur rapidement que la riposte pourrait être à la hauteur de l’insulte !
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