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Publié le 03/03/2009 à 08:18
Par antochrit
Les malades du cancer ne peuvent plus être soignés à Gap Transférer les malades est coûteux mais aussi dangereux. Le récit de Brigitte Rénaldi.Europe 1 http://www.europe1.fr/Info/Actualite-France/Sante/Les-malades-du-cancer-ne-peuvent-plus-etre-soignes-a-Gap
Le service de radiothérapie du Centre hospitalier de Gap dans les Hautes-Alpes a dû fermer ses portes vendredi, l’appel à candidature pour remplacer le radio-physicien n’ayant pas abouti. Un vrai casse-tête pour l’équipe médicale qui doit mettre en place vers Grenoble ou Marseille des transferts coûteux et dangereux pour leurs patients.
Plus de deux heures de routes, dans une ambulance ou un véhicule médicalisé, c’est le trajet qui attend les malades du cancer de Gap qui veulent être traités par radiothérapie. Le service spécialisé du Centre hospitalier de cette ville des Hautes-Alpes a en effet dû fermer ses portes temporairement vendredi, l’appel à candidature pour remplacer le radio-physicien n’ayant pas abouti.
Pour des patients déjà fatigués et fragiles, ce déplacement constitue une épreuve de plus alors que le traitement qu’ils doivent recevoir est lui très court, quelques minutes au maximum.
Transférer ainsi les patients a également un coût : entre 200 et 900 euros selon le mode de transport et la destination. A terme, l’équipe médicale redoute que le service de radiothérapie ne ferme définitivement.
Publié le 26/02/2009 à 18:15
Par antochrit
La Santé a vraiment du souci à se faire, BACHELOT et sa clique ne cessent de prendre des décisions qui, en dehors de leur coté économique, n'ont aucun apport sur la sécurité et l'amélioration des soins.
La dernière en date fait état de la possibilité qui serait donnée aux secrétaires médicales d'ajuster les traitements anti-coagulants au vu des résultats de laboratoire!!!!
Après les femmes de chirurgiens qui ont obtenu le droit de se prévaloir du titre d'aide opératoire sans formation particulière, ce sont maintenant les secrétaires médicales qui vont accéder à des actes infirmiers!
Quand on pense que pour donner un doliprane il faut une prescription médicale il y a là comme un HIC!
Des personnels formés pendant 3 ans sont jugés inaptes à faire sans prescription ce que le citoyen lambda fait communément à son domicile (en lisant la notice du médicament) et des personnels non formés vont pouvoir pratiquer des actes jusqu'à ce jour réservés à des professionnels infirmiers.
Chaque jour des procèdures sortent de la Haute Autorité de Santé, complexifiant et rigidifiant les pratiques quotidiennes des soignants, mais ayant au moins pour but louable de tenter d'augmenter la sécurité des soins. Et parallèlement, une pseudo pharmacienne qui n'a sans doute retenu de son métier que le coté épicière, se permet de déréglementer une profession pour de simples considérations économiques sans prendre en compte les risques qu'il y a à laisser faire certains actes réglementés par des non professionnels.
Si c'est la conception de l'évolution de la santé de ce gouvernement il y a fort à craindre que l'évolution se fasse dans le sens de sa décrépitude. Priez Mesdames et Messieurs pour ne plus avoir besoin de soins car vous n'êtes pas sûrs que ceux qui vous prendront alors en charge auront une formation adaptée.
On ne peut s'installer comme boulanger sans avoir un CAP mais on pourra faire des soins en étant secrétaire!
Verrons nous bientôt le retour des barbiers comme chirurgiens?!
Publié le 07/02/2009 à 09:11
Par antochrit
Humeur : Au secours !
Voilà le type même de témoignage qui circule depuis bien des mois déjà dans le milieu médical et hospitalier... Et qui a bien du mal à en franchir le seuil... Pour s’affranchir du lieu et du milieu, se répandre dans le monde extérieur, celui des patients d’hier, d’aujourd’hui et de demain... Il serait temps d’écouter, d’entendre, de prêter véritablement attention, de prendre conscience et de relayer ce type de témoignage par une action citoyenne. Il s’agit de nos soignants, de notre santé, d’un système mis en place par nos aînés au prix d’efforts, de dévouement, et de sacrifices...Mais aussi et surtout il s’agit principalement de la responsabilité de nos élus et de nos dirigeants qui laissent se dégrader, se délabrer et se dévaloriser notre système de santé par négligence ou incompétence... Qu’ils reconnaissent alors leur impéritie et s’en aillent. D’autres plus efficients prendront leur place. Ce ne sont pas les candidats qui manquent ! (Michel Berthelot)
Voici un texte qui ne se frotte pas certes au Goncourt mais qui à le mérite de décrire une situation qui pour certains d’entres nous est quotidienne et qui pour d’autres reste inconnue ou simplement trop difficile à entendre car ne l’oublions pas, pour beaucoup nous sommes des fonctionnaires, et donc... nous n’avons pas à nous plaindre. Sachez que c’est le quotidien de tous les hôpitaux de France. Bonne lecture et Bonne santé.
Je suis assez catastrophée en ce moment, car dans aucun média, aucune presse, même dans les discours de nos chers politiques, personne ne parle de ce qui se passe du côté de l’hôpital public... Et pourtant, moi qui le vis de l’intérieur, je vous garantis qu’il y a de quoi sauter au plafond (peut-être autant que les fautes d’orthographe dans ce mail, je m’en excuse... !). Tout ce qui va suivre est un peu compliqué, peut-être, mais nécessaire pour vous expliquer ce qui se passe sur le terrain.
Je suis infirmière dans un service de Médecine adulte (Médecine interne et thérapeutique, pavillon 5, hôpital Bellevue à St-Etienne) avec une capacité d’accueil de 21 patients, dont 95% est muté directement des urgences. Autrement dit, la plupart ne sont pas encore très stabilisés sur le plan médical et ont donc besoin d’une surveillance étroite et efficace de la part des infirmiers et aide-soignants.
Les femmes de ménage (ASH) ont, elles aussi un rôle important, car au détour d’un couloir ou pendant qu’elles nettoient une chambre, elles peuvent être les premiers signaux d’alarme d’un patient en détresse. Sans parler de leur travail primordial pour assurer l’hygiène des services, rôle majeur dans la lutte contre les infections nosocomiales.
Nos équipes s’organisent ainsi : (les équipes de jour et de nuit sont indépendantes, je ne travaille que le jour matin-soir)
2 infirmières + 2 aide-soignantes + 1 ASH le matin 2 infirmières + 2 aide-soignantes + 1 ASH le soir 1 infirmière + 1 aide-soignante la nuit
Ceci est ce qu’on appelle le service minimum, autrement dit, c’est le minimum réglementaire pour assurer la sécurité des patients.
Or il faut savoir que nous n’avons jamais de personnel en plus et que la tendance actuelle est de nous faire tourner en sous-effectif de manière presque systématique les soirs et les week-ends, soit un seul infirmier pour 21 patients.
Depuis 2 mois, une de mes collègues infirmières a démissionné et n’est pas remplacée, une autre est en arrêt de travail qui risque d’être prolongé cet été et n’est pas non plus remplacée... Nous ne sommes donc plus que 6 infirmiers au lieu de 8 à assurer un roulement sur 4 semaines, jours de semaine, week-ends et joursfériés compris. Alors nous effectuons 1 puis 2 puis 3 week-ends supplémentaires (nous en travaillons déjà 2 sur 4 habituellement) et ainsi de suite pour que le service tourne, avec des jours de repos qui sautent et des alternances de rythme incessantes. Si bien qu’ il devient impossible de prévoir quoi que ce soit en dehors de la vie au CHU, sous peine de devoir annuler au dernier moment pour cause : boulot !
Le 14 juin 2008, une autre collègue s’est arrêtée et, étant la seule infirmière du soir, il n’y avait donc personne pour prendre la relève du matin... C’est un infirmier des urgences qui a été détaché de son service pour venir dans le nôtre, qui a assuré les soins de nos 21 patients, alors qu’il ne les connaissait pas, et qui a dû faire face en plus à une situation d’urgence vitale pour l’un d’eux...
Une des ASH est arrêtée depuis 1 an en étant remplacée de manière très ponctuelle, obligeant les 3 ASH restantes du service à se partager un roulement sur 4 semaines, jours de semaine, week-ends et jours fériés compris. Leur tâche est de nettoyer à elles seules, tous les jours, la totalité des 16 chambres du service de fond en comble (vitres, mobilier, murs, WC), les bureaux médicaux, les pièces de vie (office, douche, WC, couloirs), la salle de soins...
Il faut savoir que le CHU de St-Etienne est en pleine réorganisation, puisqu’un gros complexe est en fin de construction à l’hôpital Nord, promettant parait-il des technologies de pointe, des locaux modernes et surtout des soins efficaces et de qualité...Alors expliquez-moi comment être à la hauteur de ces exigences quand le personnel est déjà largement en sous-effectif ?
L’hôpital refuse d’embaucher, car déficit budgétaire, mais préfère faire appel à l’intérim, qui coûte plus cher que des contractuels...
Hier, j’étais normalement en "repos" et j’ai passé une bonne partie de ma journée à démarcher la Médecine du Travail, les syndicats et à parler avec notre chef de service, pour essayer de trouver des solutions pour que notre direction nous entende...Nous sommes par chance soutenus par notre chef de service, qui connaît la valeur de notre travail et sait que nous ne protestons pas pour rien. Il nous connaît suffisamment pour, lui même, remuer ciel et terre pour qu’on s’occupe du sort des soignants à l’hôpital. Il nous soutient par ce que lui-même est très inquiet de la situation et voit notre gouvernement asphyxier le service public hospitalier, or, lui a choisi de travailler au CHU par foi en ce service public et dans le respect du serment d’ Hippocrate.
Je dors très mal et, pour être honnête, je pense au boulot constamment. J’ai peur que le stress me fasse oublier un soin, que la pression m’empêche de prendre le temps avec un patient déprimé, que la fatigue me fasse faire un mauvais calcul de dose, administrer un produit au mauvais patient... J’ai peur que ce métier que j’aime me transforme en assassin, involontairement, parce qu’on aura laissé la situation se dégrader. Parce que nous sommes tous responsables : je suis l’infirmière d’aujourd’hui mais nous sommes tous les patients de demain. VOUS pouvez être au bout de ma seringue, ou votre mari, votre enfant, votre proche.Je vis l’insécurité dans mon travail, alors que je le maîtrise pourtant. Mais je suis humaine avant tout. Vous serez ceux qui pâtirez du manque de soignants dans les services : je n’aurai pas pu prendre le temps de vous donner des nouvelles du patient que vous aimez, je n’aurai pas pu gérer 2 situations d’urgence à la fois...
Faut-il attendre qu’il y ait des morts pour réagir et prendre conscience de ce qui se passe dans les hôpitaux ???
Aujourd’hui, j’ai besoin de vous. Merci de bien vouloir transférer ce mail de la manière la plus large, pour informer le plus de monde possible. Si vous connaissez des personnes du monde hospitalier, journalistique, politique ou autre, n’hésitez pas à les solliciter.Il faut se mobiliser en masse pour être plus efficace, moi toute seule, je n’intéresse personne.Merci pour votre attention !
Publié le 29/01/2009 à 19:18
Par antochrit
Publié le 08/01/2009 à 20:47
Par antochrit
Tout ceci n’est pas nouveau ! Déjà à l’automne 1967, je dénonçais un avenir hyperségrégationiste (lors des journées sur « l’enfance aliénée »). Mais le temps passe. Et les retombées de « 68 » ont vu se développer très rapidement l’univers des gestionnaires. Pas simplement en psychiatrie. Mais sur le reste de toute la médecine et de l’éducation. Tout le monde devenait « client », et la logique de « l’entreprise » s’est mise très rapidement en place. Nous sommes tous devenus des « produits » dans cette concrétisation de « l’économie restreinte ». On a vite reconnu le profil, appuyé naïvement par des idéologies pseudo-révolutionnaires, complices de la transformation des hôpitaux de toute sorte en machines administratives fonctionnant de façon ubuesque dans le brouhaha assourdi des tiroirs-caisses. L’idéologie galopante : courts- séjour, suppression des « malades », réduction drastique du personnel (infirmiers, médecins…), pseudo-concept de « santé mentale », surencombrement paradoxal, logique pseudo-technocratique avec hypercloisonnement hiérarchique…. La suppression de plus de 100 000 lits, en psychiatrie, des écoles d’infirmiers psychiatriques, le numérus clausus des médecins, etc, etc… Qui s’est opposé vraiment à ça ? Ça fait des dizaines d’années que nous dénonçons la destruction de la psychiatrie ! Il a fallu beaucoup de « bonne volonté », ou d’inconscience politique pour en arriver là ! Alors, maintenant, qu’un moustique, ou une puce vienne s’agiter et proclame l’accomplissement de la destruction de la psychiatrie, de l’éducation ! … Pourquoi pas ! Bien que les puces transmettent la peste, qui a toujours été une maladie internationale. Bien sûr, Hitler aussi était une puce qui a été lancée sur le marché par le grand capital. On en voit le résultat ! Ce n’est pas fini, surtout soutenu par cette armada de « pseudo-science » de toutes sortes camouflant sans trop le savoir une idéologie de mort programmée. Que ce discours de Sarkozy et de toutes ses pirouettes nous réveillent de la léthargie politique qui date de loin, nous pourrions peut-être en saluer l’opportunité ! Il est peut-être encore temps de profiter de cette occasion un peu sordide pour redéfinir collectivement ce qu’il en est de la « psychiatrie », et de « l’accueil » dans les services hospitaliers, accueil rendu difficile par le manque de personnel et la monté au pouvoir des idéologues pseudo-positivistes, d’autant plus puissants qu’ils ignorent absolument le matériau sur lequel ils s’implantent. Mais qui les a laissé faire depuis si longtemps ? Qui s’est vraiment opposé à la montée d’un bureaucratisme aussi débile ? Nous souhaitons que des regroupements se constituent à partir des réflexions concrètes de notre travail de base, contre ce cloisonnement de fausse hiérarchie, aussi bien en psychiatrie, en pédagogie, etc… Cloisonnement d’une logique néo-positiviste dégénérée, sorte de « division du travail » ridicule et tragique. Hegel ne disait-il pas, déjà avant 1800, que la division du travail était une des bases de l’aliénation sociale ? Après « 68 », on avait essayé de mettre en place ce qu’on avait appelé des « collèges » de formation, de réflexions. Ca n’a pas fait long feu, par l’infiltration d’une sorte d’intelligentzia absolument incompétente. Tout reste donc à faire, à se réunir, à se constituer en cellules de réflexion concrète. Pourquoi pas ! … Jean OURY 07.01.2009
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