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DEFENDRE LA SANTE POUR TOUS
Tribune libre
Publié le 14/03/2009 à 10:43
Par antochrit
Humeur : Au secours !

La loi Hôpital Patient Santé Territoire, plus communément appelée loi HPST, vient d’être votée par le Parlement.

Elle devra passer devant le Sénat pour être définitivement appliquée.

Jamais une loi sur la santé n’aura suscité autant de réserves de la part de toutes les catégories de soignants.

Et pourtant qui s’en soucie ?

L’idée de départ n’est pas forcément mauvaise. Faire en sorte que toutes les composantes de la santé, publiques ou privées, soient au niveau régional, mieux coordonnées, optimisées, est sûrement une bonne idée nécessaire. Que ne l’a-t-on eu avant ?


Mais cette loi, telle qu’elle est votée, présente en son sein, les germes de dérives possibles (et pour certaines, sans doute encouragées), qui priveront à terme une partie de la population d’un libre accès aux soins.


- Tout d’abord, Me la ministre de la santé a déclaré haut et fort que cette loi ne s’accompagnait d’aucune suppressions de postes. Elle n’a pas forcément tort. Les suppressions de postes auront eu lieu avant.

La FHF (Fédération Hospitalière de France, schématiquement, le syndicat des directeurs des Hôpitaux) avait déjà mentionné en 2008 la nécessaire suppression de plus de 20 000 postes dans les hôpitaux français pour revenir à l’équilibre.

Cette annonce a déjà été suivie d’effets. Sur le site du CHICAS, 30 postes ont déjà été supprimés en 2008 et prés de 70 seront supprimés en 2009. Sur l’ensemble des deux départements 04 et 05, ce sont près de 150 à 200 postes qui ont été ou seront supprimés.


- La majorité des hôpitaux français sont dans le rouge, comprenez  : déficitaires. Ils doivent les uns après les autres mettre en place des plans de redressement.
La cause de ces difficultés financières ?
Si vous écoutez la campagne de (dés)information menée dans tous les médias, c’est parce que les hôpitaux sont mal gérés à cause des médecins qui font n’importe quoi (je schématise, mais à peine). Sauf que jusqu’à la mise en place de la Tarification à l’Activité (TA), nouveau mode de financement des hôpitaux, la plupart de ceux ci, dont les sites de Gap et de Sisteron paraissaient vertueux et à l’équilibre financier (Me Zimmermann, France Inter  : ‘’Un temps de Pauchon’’, janvier 2009). Et tout d’un coup le corps médical se serait mis à faire n’importe quoi ? De qui se moque-t-on ?


- Si l’on lit plus attentivement tout ce qu’écrit la FHF  ; les hôpitaux manquent de moyens financiers, la T2A à 100% n’est pas adaptée à l’exercice de la médecine dans les hôpitaux publics, les Missions d’Intérêt Général (les MIGAC) ne sont pas suffisantes en terme de dotation pour couvrir les besoins, l’hôpital ne prend pas en charge les mêmes malades que le privé, etc…

Mais de tout ceci, point de nouveauté dans la loi HPST.

Il faudra que les hôpitaux dépensent moins et mieux. Le terme à la mode  : qu’ils soient plus efficients (sous entendu, comparé aux cliniques privés qui elles sont rentables).

A ce sujet, lire avec attention tout le mal que la FHF pense de la médecine privée et de sa rentabilité est particulièrement édifiant.


Donc résumons nous  : moins de personnels, toujours pas assez d’argent, moins d’efficience que les structures privées à but lucratif, des statuts de médecins hospitaliers pas bien plus attractifs  ; les futurs directeurs des Agences Régionales de Santé (ARS), qui ont été créées la nuit dernière, ont une feuille de route toute tracée.

La chirurgie qui n’est pas rentable à l’Hôpital (pardon ! pas assez efficiente) le sera en clinique, suivront tous les actes d’endoscopie qui sont bien mieux organisés dans les structures ne prenant en charge que du programmé.

A terme, c’est toute la chirurgie ophtalmologique, toute la chirurgie urologique, toutes les investigations endoscopiques, voire la chirurgie viscérale programmée qui finira dans le giron des cliniques privées.


Et alors me direz vous ? Qu’est ce que cela peut faire ? Les patients seront remboursés pareil !

Pas sûr justement !

Les fonds de pension étrangers ont débarqué dans le monde jusque là feutré des cliniques privés. Le principe d’un fond de pension est d’une simplicité biblique, il faut du chiffre, des rentes pour les investisseurs. Donc les coûts ‘’de production’’ étant déjà optimisés au niveau des actes chirurgicaux, la dotation en personnel étant déjà calculé au plus juste, la seule variable d’ajustement (voyez comme nous apprenons le langage économique…) ce sera les tarifs des actes.

Nos collègues et amis (parce que nous n’y avons pas que des ennemis) du privé, nous disent que tout semble être fait pour les pousser au déconventionnement.

Qu’est ce que cela signifie ?

Un acte côté 1000, sera côté 2000, la part remboursée par l’assurance maladie (AM), sera d’abord à 800, puis (faute de moyens, variable d’ajustement de l’AM) à 700 et finira à 500. Le reste sera à la charge du client (pardon du patient). Enfin de celui qui pourra se payer une mutuelle.

Et la boucle sera bouclée.


L’état, l’assurance maladie, pourront parfaitement maîtriser le montant des remboursemenst, finis les fameux ‘’trous de la sécu’’, et surtout les compagnies d’assurance réaliseront enfin leur rêve, prendre en charge la santé, qui est un marché autrement que juteux.

Et les patients chercheront une compagnie d’assurance qui voudra bien prendre en charge leurs risques et si possible à des tarifs raisonnables.

La médecine à plusieurs vitesses sera bien là.

Et l’Hôpital dans tout ça ?

Un désert.


Imaginez vous un instant un jeune chirurgien plein de talent sortant de sa formation en CHU (c’est vrai, j’ai oublié de vous le dire, tous les médecins apprennent tout ou partie de leur métier à l’Hôpital) aura le choix entre s’installer dans un hôpital où le directeur lui dira ce qu’il faut qu’il fasse, le maintiendra sous contrat le temps qu’il le voudra, le mettra dehors quand il en aura envie (la loi HPST lui permet mainetnat tout cela, mais bien sûr il ne le fera pas……)

Ou alors dans une clinique, ou le directeur lui fera les yeux doux pour le faire venir, lui trouvera une maison, une école pour ses enfants, etc …lui donnera immédiatement tout ce dont il a besoin pour travailler et en plus lui garantira des rémunérations très largement supérieures à celles qu’il pourrait espérer dans le public.

Que croyez vous qu’il choisira ? Le privé bien sûr ! Qui pourrait l’en blâmer ?


Certains m’objecteront qu’il sera contraint de participer à la permanence des soins (comprenez, qu’il devra prendre des gardes dans la structure de soins publique la plus proche), sous peine d’amendes financières s’il ne les prend pas. Que croyez vous qu’il fera ? Il les payera, pour être tranquille.

Avez vous déjà vu des logements sociaux construits dans les banlieues riches ? Non, les maires préfèrent payer les amendes. Ce sera la même chose.

Il y a déjà dans notre pays, des villes où l’on ne peut plus se faire opérer de la cataracte ou de la prostate. ailleurs que dans un clinique privée

Ce schéma se généralisera partout. Au nom de l’efficience !

Nous allons vers le modèle américain que le président OBAMA s’efforce de faire disparaître.

40 millions d’américains exclus des soins, une faillite personnelle liée à la maladie toutes les 14 secondes. L’administration démocrate semble avoir chiffré ce que coûtera la mise en place d’une ‘’sécurité sociale’’, 1000 milliards de dollars.

C’est ce que le retour au droit à la santé pour tous, nous coûtera, lorsque nous nous serons rendu compte que nous nous sommes trompés. Aujourd’hui, maintenant.

Alors, agissez, il en est encore temps. C’est votre santé que vous défendez, pas simplement votre hôpital.

Publié le 03/03/2009 à 08:18
Par antochrit

Les malades du cancer ne peuvent plus être soignés à Gap

Transférer les malades est coûteux mais aussi dangereux. Le récit de Brigitte Rénaldi.Europe 1
http://www.europe1.fr/Info/Actualite-France/Sante/Les-malades-du-cancer-ne-peuvent-plus-etre-soignes-a-Gap

Le service de radiothérapie du Centre hospitalier de Gap dans les Hautes-Alpes a dû fermer ses portes vendredi, l’appel à candidature pour remplacer le radio-physicien n’ayant pas abouti. Un vrai casse-tête pour l’équipe médicale qui doit mettre en place vers Grenoble ou Marseille des transferts coûteux et dangereux pour leurs patients.

Plus de deux heures de routes, dans une ambulance ou un véhicule médicalisé, c’est le trajet qui attend les malades du cancer de Gap qui veulent être traités par radiothérapie. Le service spécialisé du Centre hospitalier de cette ville des Hautes-Alpes a en effet dû fermer ses portes temporairement vendredi, l’appel à candidature pour remplacer le radio-physicien n’ayant pas abouti.

Pour des patients déjà fatigués et fragiles, ce déplacement constitue une épreuve de plus alors que le traitement qu’ils doivent recevoir est lui très court, quelques minutes au maximum.

Transférer ainsi les patients a également un coût : entre 200 et 900 euros selon le mode de transport et la destination. A terme, l’équipe médicale redoute que le service de radiothérapie ne ferme définitivement.

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