Une infirmière finlandaise, sachant que nous envisageons également de mettre sur pied ce type de mouvement intervient de temps à autre sur le site
Voici ce qu'elle raconte :
"Sauf qu'en Finlande les grèves ils ne connaissent pas. Ici on ne fait pas grève, ce n'est pas dans les moeurs. Donc même si au fond je suis d'accord sur certaines revendications, je n'étais pas à 100% derrière Tehy dont je suis pourtant membre.
Parce que non la Finlande est loin d'être le pays où les infirmières gagnaient le moins, quand je vois la France je pense que la différence n'est pas moindre!
Charge de travail? Pareil j'aimerais voir les infirmières finlandaises en France, elles ne tiendraient pas, car pas au niveau (et ca c'est flagrant, aucun protocole, certaines pratiques laissent à désirer au niveau hygiène). Donc la Finlande étant la Finlande elles vont maintenant se reposer sur leurs lauriers et en faire encore moins... Oui parce que le quota IDE/patient ici est loin d'être comme en France (4 pour 25 patients ici c'est un minimum. En réa. c'est 2 voir 3 grand max par infirmière. Sachant que pour piquer en IV il faut avoir obtenu une formation supplémentaire que toutes ne font pas.)
Bref oui vous pouvez largement vous inspirer du mouvement finlandais mais ne tombez pas dans le même piége. Il ne faut pas se leurrer, Tehy a poussé jusqu'au bout par orgueil et soif de gloire des dirigeants, pas pour gagner 28% (quand le gouvernement avait proposé 20% il y a des mois). Je ne suis pas sûre que le peuple francais se rallie derrière les infirmières en soutenant leur action comme ce fût le cas ici."
Je pense qu'en France le problème n'est pas celui d'un syndicat particulier mais bien celui de l'ensemble de la profession, syndiquée ou non!
De nombreux témoignages rendent compte de la détresse des infirmiers, aides-soignants. Le monde des soignants se paupérise chaque jour de plus en plus.
Mais au vu de ce témoignage il est juste de penser que nos revendications sont légitimes, puisque nos salaires sont bas, notre qualification haute, nos conditions de travail désastreuses tant en moyens humains que matériels.
Il faut souhaiter que l'idée fasse son chemin parmi la profession et que les difficultés financières de tous ne soient pas un frein à prendre ce risque!
Mais je suis convaincue que l'opinion publique nous soutiendra car la population est consciente, bien mieux que nos dirigeants, que la profession est un maillon essentiel du système de santé!



