Sud-ouest du 15-01-08
Le ton monte
:Agnès Claverie
Les infirmiers psychiatriques de l'hôpital de Cadillac sont en grève depuis le 8 janvier. Hier, leur mouvement s'est durci. Ils ont filtré l'entrée de l'établissement, l'interdisant à tous les personnels ou visiteurs administratifs.
Selon les personnels infirmiers, qui ont créé avec les syndicats et les médecins un collectif à partir de leur association "Et si on soignait", les problèmes actuels résultent d'un manque criant de moyens financiers.
« Notre métier c'est de soigner. Mais aujourd'hui, on nous demande d'être rentables, et non plus de soigner », assure Séverin Danzon du collectif. Elle ajoute : « les difficultés durent depuis des années dans la psychiatrie, ici à Cadillac, mais aussi au niveau national. Aujourd'hui, nous sommes à un point de non-retour ! »
Le nombre de patients augmente, le nombre de personnels diminue. Les soignants affirmant être astreints aux tâches administratives : « Depuis l'informatique, on nous demande de commencer par faire des factures et ensuite seulement on peut s'occuper des gens ! », constate l'un des grévistes.
Lits de camp.
« Autrefois, on prenait le temps d'accompagner les malades dans le parc, la radio était sur place. Le cardiologue, le dentiste venaient à l'hôpital. Comme ils ne viennent plus, il faut accompagner les malades à l'extérieur. C'est encore du temps alors qu'on est de moins en moins nombreux. La cafétéria a disparu, les malades n'ont plus un petit coin à eux », précise une autre, qui forte de ses trente ans dans l'établissement, assure avoir ressenti une nette dégradation dans la qualité des soins, depuis ces dernières années.
Le manque de places pour les malades est également pointé par le collectif.
L'hôpital de Cadillac compte 521 lits. S'il est difficile de connaître le nombre exact de patients, des lits manqueraient puisque selon les grévistes « on est obligé de rajouter des lits de camps ou de placer les entrants dans des services qui ne sont pas faits pour eux. Aujourd'hui, on parque les gens ! », accusent-ils.
Alors que des grévistes bloquaient l'entrée toute la matinée, les représentants des syndicats, CGT, FO et CFDT et du collectif ont investi le Comité technique d'établissement réuni hier. Ils ont rencontré le directeur de l'hôpital, « entretien houleux » selon André Royer, le représentant de la CGT.
Il a finalement été décidé d'une première réunion de travail, mercredi.



