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Publié le 26/01/2008
Par antochrit
Humeur : Maussade
HÔPITAL DE SAINTES. -- La colère monte chez le personnel soignant. Il l'a fait savoir, hier, auprès de la direction
Un « ras-le-bol » Le fait est assez rare pour qu'il traduise un malaise réel. Hier après-midi, environ 150 infirmiers (il y avait quelques hommes) et aides-soignantes, soutenus par la CGT, se sont retrouvés au centre hospitalier saintais pour manifester leur fatigue, leur colère, leur « ras-le-bol ». Face à la difficulté de fonctionnement des services depuis le déménagement. « C'est, effectivement, un ras-le-bol général », affirment Emmanuelle et Sylvie, deux infirmières de chirurgie, l'une de jour, l'autre de nuit. « On a de beaux locaux, mais pas de personnel. » Alors les uns et les autres donnent. Beaucoup. « On en arrive à travailler 9 heures, sans pause. Alors que, normalement, nous avons droit à 20 minutes pour 8 heures de travail. Tous les jours, on fait une demi-heure ou une heure supplémentaire. »
Débordées. Toute la journée le nez dans le guidon. « Les binômes infirmière-aide-soignante ne fonctionnent pas. Nous sommes toutes débordées, avec, en plus, les médecins qui n'arrêtent pas de brailler », poursuivent-elles. Débordées, qui plus est, bien souvent par des questions administratives ou de logistique. « On nous avait dit, par exemple, que la nuit, nous n'aurions plus de ménage à faire. Mais la nuit dernière nous avons eu un décès. Le mort était à peine froid qu'il fallait préparer la chambre pour rentrer un autre malade. » « La nuit nous sommes deux infirmières et deux aides-soignantes pour 45 lits, poursuit une autre. On nous a fait rentrer six personnes d'affilée, sachant qu'il faut au moins une demi-heure par entrée pour faire les papiers. Et les autres malades, qui s'en occupe pendant ce temps ? En général, ils ne sont pas là pour un mal au doigt. » Et de dénoncer le manque de temps à consacrer au patient, désormais. Autrement dit, la substance même du métier. « Et cela, au risque de la sécurité des malades. Aujourd'hui on est juste des techniciennes, on n'a plus de temps pour le rapport humain. Si un patient vient pour une injection, nous sommes bien contentes s'il ne demande pas autre chose. On n'a plus le temps. »
Plus de personnel. Constat : « Il manque une infirmière et une aide-soignante par unité, de jour comme de nuit. » C'est tout cela, et d'autres choses encore - « On ne prend plus de plaisir dans nos métiers » - que le personnel est venu exprimer à la direction, hier. En l'absence de Denis Guirand, le directeur c'est Mme Da Cuhna, la directrice des soins, qui a rencontré les manifestants. « Dans un couloir, c'est dire comment on est considéré », notait une infirmière. Elle a opposé les contraintes de budget à la demande d'embauche de personnel. Et évoqué une remise à plat de l'organisation des services, en fonction du projet médical, pour essayer de résoudre les problèmes de fonctionnement actuels. Pas suffisant pour le personnel, qui doit présenter son analyse de la situation et ses demandes au Comité technique d'établissement, qui se tiendra jeudi prochain. Et déterminer la conduite à tenir, ensuite, au vu des propositions de celui-ci.
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