Précédent Créer son blog Suivant Signaler un abus Noter :  
Ma photo
DEFENDRE LA SANTE POUR TOUS
Tribune libre
Publié le 16/05/2008
Par antochrit

Afin de rendre plus compréhensible de futurs articles qui emploient ces acronymes il me semblait important de les définir un tant soit peu.

Tout d'abord l'EPRD : il s'agit en langage clair de l'Etat Prévisionnel de Recettes et de Dépenses.
Les établissements publics de santé doivent chaque année présenter un EPRD. Si on peut faire un parallèle simple, on pourrait le comparer au budget d'un ménage, mais avec des sommes beaucoup plus conséquentes.

Il leur faut tenter d'arriver à un équilibre budgétaire entre recettes et dépenses. Au risque, si cet équilibre n'est pas atteint, de se voir rejeter leur EPRD par l'ARH, et dans les cas ultimes....la mise sous tutelle de l'établissement.

Les recettes, sont toujours difficiles à évaluer avec précision puisqu'il faut se projeter dans le futur quant à l'activité de l'établissement. Quand on connait les difficultés de fonctionnement des hopitaux et leur incidence sur l'activité, c'est un jeu d'équilibriste.
Par ailleurs, certaines recettes prévisionnelles sont en lien direct avec les Contrats d'Objectifs et de Moyens passés avec l'ARH, et celle-ci est loin d'honorer sa part du contrat, dans de nombreux cas.

Pour ce qui est des dépenses, les coûts fixes de fonctionnement sont assez  faciles à évaluer.
Mais les hopitaux aussi sont soumis aux hausses des tarifs (énergie, produits alimentaires, frais de fonctionnement divers...) et là l'appréciation n'est pas toujours facile.
Ils ont aussi à faire face à des charges imprévisibles parfois, comme les mesures salariales obtenues, de nouvelles normes à faire respecter "illico-presto" sans forcément voir arriver les enveloppes dédiées....

Bref, comme pour nous tous, on sait à peu près avec certitude ce qui constitue nos recettes sauf accident imprévisible qui vient changer la donne, et pour ce qui est des dépenses on ne peut tabler que sur ce que l'on connait à une date donnée mais absolument pas prévoir à l'avance que la baguette va augmenter, que le litre d'essence va prendre 50 centimes, la voiture rendre l'âme ...etc.

Lorsque nos prévisions se voient bousculées en cours de route il nous faut nous ajuster dans la mesure du possible, mais il arrive un moment,  comme actuellement, où malgré tous les efforts consentis, la marge de manoeuvre n'existe plus et là....c'est le déficit!
Pas pour tout le monde je vous l'accorde car lorsqu'on en arrive là il y en a qui se gavent....les banques!

Les COM : Ce sont les Contrats d'Objectifs et de Moyens. En gros l'hopital passe un contrat avec l'ARH, il se fixe des objectifs et l'ARH s'engage à donner les moyens nécessaires à leur atteinte.....en principe!

Car si lors de la contractualisation, chacun remplit bien sa part, à terme le constat est que cela se réduit au fait que l'Hopital est bien tenu d'aller au bout de ses objectifs, mais que les moyens promis sont loin d'être toujours donnés.

"Dites moi ce dont vous avez besoin je vous apprendrai comment vous en passer"

Croyez vous que pour autant les ARH sont indulgentes quant au bilan comptable lorsque le déficit s'installe faute d'avoir touché les sommes promises???? Pas du tout, elles se permettent en plus remonter les bretelles aux hôpitaux qui ne sont pas en équilibre par leur faute!


Les MIGAC : textuellement Missions d'Intérêt Général et Aide à la Contractualisation.

Les établissements sont financés par le biais de plusieurs volets. La tarification à l'Activité (T2A)   en est le plus important et correspond à la valorisation des actes de soins (chaque acte "vaut" une somme  évaluée et pondérée en fonction de divers facteurs).
Ces tarifs sont nationaux.
D'autres missions de service public ne peuvent être évaluées par le biais de la T2A. Elles sont alors financées par le volet Mission d'Intérêt Général qui recouvre tout ce qui ne peut entrer dans la T2A.
Quant à l'AC (Aide à la Contractualisation), ce sont des enveloppes dédiées à d'autres financements, indispensables, n'entrant ni dans la T2A, ni dans les Missions d'Intérêt Général.
Ce sont par exemple des aides au passage à un nouveau système tarifaire,  au maintien d'une activité déficitaire mais priorisée dans le Schéma d'Organisation Sanitaire, à la création de nouvelles activités....etc.

Voilà quelques éléments qui je l'espère permettront aux non initiés d'y voir un peu plus clairement ce qui se cache derrière toutes ces abréviations.



Aucun commentaire
Ajouter un commentaire

Mon calendrier
< Nov. 2009  
L M M J V S D
      1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30      
Contactez-moi
Mail :
Trafic
1 connecté
44404 visiteurs