Publié le 08/01/2009
Par antochrit
Tout ceci n’est pas nouveau ! Déjà à l’automne 1967, je dénonçais un avenir hyperségrégationiste (lors des journées sur « l’enfance aliénée »). Mais le temps passe. Et les retombées de « 68 » ont vu se développer très rapidement l’univers des gestionnaires. Pas simplement en psychiatrie. Mais sur le reste de toute la médecine et de l’éducation. Tout le monde devenait « client », et la logique de « l’entreprise » s’est mise très rapidement en place. Nous sommes tous devenus des « produits » dans cette concrétisation de « l’économie restreinte ». On a vite reconnu le profil, appuyé naïvement par des idéologies pseudo-révolutionnaires, complices de la transformation des hôpitaux de toute sorte en machines administratives fonctionnant de façon ubuesque dans le brouhaha assourdi des tiroirs-caisses. L’idéologie galopante : courts- séjour, suppression des « malades », réduction drastique du personnel (infirmiers, médecins…), pseudo-concept de « santé mentale », surencombrement paradoxal, logique pseudo-technocratique avec hypercloisonnement hiérarchique…. La suppression de plus de 100 000 lits, en psychiatrie, des écoles d’infirmiers psychiatriques, le numérus clausus des médecins, etc, etc… Qui s’est opposé vraiment à ça ? Ça fait des dizaines d’années que nous dénonçons la destruction de la psychiatrie ! Il a fallu beaucoup de « bonne volonté », ou d’inconscience politique pour en arriver là ! Alors, maintenant, qu’un moustique, ou une puce vienne s’agiter et proclame l’accomplissement de la destruction de la psychiatrie, de l’éducation ! … Pourquoi pas ! Bien que les puces transmettent la peste, qui a toujours été une maladie internationale. Bien sûr, Hitler aussi était une puce qui a été lancée sur le marché par le grand capital. On en voit le résultat ! Ce n’est pas fini, surtout soutenu par cette armada de « pseudo-science » de toutes sortes camouflant sans trop le savoir une idéologie de mort programmée. Que ce discours de Sarkozy et de toutes ses pirouettes nous réveillent de la léthargie politique qui date de loin, nous pourrions peut-être en saluer l’opportunité ! Il est peut-être encore temps de profiter de cette occasion un peu sordide pour redéfinir collectivement ce qu’il en est de la « psychiatrie », et de « l’accueil » dans les services hospitaliers, accueil rendu difficile par le manque de personnel et la monté au pouvoir des idéologues pseudo-positivistes, d’autant plus puissants qu’ils ignorent absolument le matériau sur lequel ils s’implantent. Mais qui les a laissé faire depuis si longtemps ? Qui s’est vraiment opposé à la montée d’un bureaucratisme aussi débile ? Nous souhaitons que des regroupements se constituent à partir des réflexions concrètes de notre travail de base, contre ce cloisonnement de fausse hiérarchie, aussi bien en psychiatrie, en pédagogie, etc… Cloisonnement d’une logique néo-positiviste dégénérée, sorte de « division du travail » ridicule et tragique. Hegel ne disait-il pas, déjà avant 1800, que la division du travail était une des bases de l’aliénation sociale ? Après « 68 », on avait essayé de mettre en place ce qu’on avait appelé des « collèges » de formation, de réflexions. Ca n’a pas fait long feu, par l’infiltration d’une sorte d’intelligentzia absolument incompétente. Tout reste donc à faire, à se réunir, à se constituer en cellules de réflexion concrète. Pourquoi pas ! … Jean OURY 07.01.2009