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Publié le 11/11/2007 à 21:49
Par Réjean Mélançon
Par Réjean Mélançon Rédigé le dimanche 11 novembre 2007
MARIE-JEANNE LA DOUCE Épisode 16 La consommation abusive de drogues ou d’alcool n’est pas en soit, un motif d’expulsion au Carrefour Lajeunesse. Si tel avait été le cas, Gros Pierre et d’autres aussi, auraient pu être expulsés à maintes occasions.
En règle générale, si le locataire consomme, mais qu’il le fait dans le respect de ses voisins, il n’y a pas de problème.
Si le locataire dérange ses voisins, mais qu’il est en bon terme avec le propriétaire, il se verra vertement réprimandé, et si la situation se calme, il n’y a pas de problème non plus, il pourra poursuivre son séjour au Carrefour Lajeunesse; dans le cas contraire, le propriétaire va tout simplement séparer les belligérants, en déménageant l’un de ceux-ci dans une autre de ses maisons de chambres, le plus loin possible du Carrefour Lajeunesse.
Dans le cas de la dispute entre Gros Pierre et Biquetto, le changement d’étage de Gros Pierre s’était avéré, pour le moment du moins, amplement suffisant, et entraîna même une période très heureuse pour le Biquetto au sein du Carrefour Lajeunesse.
Cependant, après sa réconciliation avec Gros Pierre, la consommation de cannabis du Biquetto s’est accrue à vitesse exponentielle, car Biquetto a fait la connaissance de son très grand ami, Simon.
Actuellement, je me suis débarrassé de cette mauvaise habitude, qu’est l’abus de l’alcool et des drogues, mais ce faisant, j’ai été mis dans l’obligation de tirer un trait sur certaines amitiés auxquelles je tenais beaucoup. C’est cela qui est le plus difficile à vivre, surtout, quand l’un de ces amis délaissés, nous est particulièrement cher.
J’ai commencé à fréquenter mon ami Simon, au printemps 2005 et la chimie a très vite opéré entre nous deux. Bien qu’hétérosexuel, il ne s’est jamais formalisé du fait que moi, le gay, j’étais tombé amoureux de lui. On était presque toujours ensemble, et quand il s’absentait de chez lui, la première chose qu’il faisait en rentrant, c’était de me téléphoner pour que je descende le rejoindre afin de fumer un joint avec lui. Il lui arrivait même de m’appeler en pleine nuit, lorsqu’il n’arrivait pas à dormir et qu’il avait envie de compagnie. On pouvait rester ensemble pour parler des heures durant. Les sujets de conversations étaient presque toujours les mêmes, on parlait de nos joies, de nos peines, des difficultés qu’on vivait chacun de notre côté, de nos dépendances et de nos rêves.
Ce que j’aimais plus que tout, c’était être avec lui, peu importe les circonstances. Je ne portais jamais de jugement sur sa consommation excessive de bières, de marijuana et de crack.
Pour être sur le même niveau que lui, je n’avais pas besoin de boire autant de bières que lui, ni même de fumer autant de marijuana, mais je consommais tout de même, de plus en plus. Gros Pierre se joignait souvent à nous, surtout si Simon avait fait un peu d’argent et qu’il l’avait entièrement dépensé en cocaïne. C’est Pierre qui se chargeait de faire l’extraction de la cocaïne pure sous forme de roches, qu’ils se partageaient ensuite en la fumant chacun avec sa petite pipe à crack. J’étais le seul à ne pas y toucher.
À au moins deux reprises toutefois, j’ai eu envie d’essayer pour voir ce que ressentait mon ami. La première fois, c’était lui qui me l’avait offert, mais j’avais alors refusé. Je venais de voir le Gros Pierre le visage tout en grimace, sous l’effet de cette merde et ce fut suffisant pour m’en dissuader. La deuxième fois, c’est moi qui lui avait demandé pour prendre un bouffée de fumée à même sa pipe, cette fois, Simon a eu assez de lucidité pour m’en empêcher. Il n’eût qu’à me dire que si je m’embarquais dans cette merde à mon tour, qu’on ne serait plus des amis.
Évidemment, quand il était sous l’effet du crack, il n’y avait plus de dialogue possible. Ce n’était plus qu’un légume. Je restais néanmoins sur place, pour veiller sur lui, car généralement, il y avait une nuée de profiteurs qui bourdonnait autour de Simon pour s’accaparer d’une partie du butin, voir même de son argent. Quand tout le monde était parti et que Simon était endormi, je quittais finalement les lieux en verrouillant soigneusement sa porte avec la clef que je possédais.
Les relations n’ont pas toujours été au beau fixe entre nous, cependant. Vous pouvez facilement vous imaginer l’effet dévastateur que le crack et l’abus de la boisson peuvent avoir sur le caractère d’un individu. On s’est disputé à deux reprises et on a cessé de se fréquenter le même nombre de fois.
Simon cherchait à se sortir de sa dépendance par ses propres moyens. Comme j’étais trop mère poule, j’avais le don de lui taper sur les nerfs durant sa période de sevrage. Aussi, de novembre 2005 à juillet 2006, nous avons coupé tous les ponts. L’aide dont il avait besoin, il a préféré la trouver auprès des alcooliques anonymes. Quand il ne buvait pas, il n’éprouvait pas la même attirance pour le crack, la marijuana lui suffisait amplement, mais il en consomme en quantité quasi industrielle.
Nous avons repris nos relations en juillet 2006. Simon en était à son sixième mois d’abstinence complète à la boisson et au crack.
Cependant, je fumais énormément de marijuana, quand j’étais en sa compagnie, et les autres, quand je n’étais pas avec Simon, en profitaient pour venir chez moi, et me faire profiter à leur tour de leurs petits joints. Le Biquetto était « gelé » du matin au soir. Cela finira par avoir une sérieuse incidence sur mon état mental... A SUIVRE...
Publié le 07/11/2007 à 18:39
Par Réjean Mélançon
Par Réjean Mélançon Rédigé le mercredi 7 novembre 2007  Pipe artisanale pour fumer le crack et roches de crack
MARK Épisode 15
Mark est originaire de la Nouvelle Écosse, une des provinces maritimes de l’est du Canada. Bien que son père soit Montréalais d’origine et francophone, Mark ne connaissait que quelques mots de français en arrivant au Carrefour Lajeunesse, puisqu’il avait passé toute son enfance dans un milieu unilingue anglais et que sa mère est également anglophone. Il vivait donc dans une famille nord-américaine typique, financièrement aisée. Il s’agit aussi, d’une de ces nombreuses familles scindées en deux par le divorce des parents, le père étant retourné vivre dans la maison qu’il possédait en banlieue de Montréal, le garçon quant à lui était resté avec sa mère en Nouvelle Écosse.
Les ados sont facilement influençables, et de nos jours, ils peuvent se laisser entraîner à consommer de la drogue de plus en plus jeunes. Dans le cas de Mark, c’est du crack, dont il est tombé accroc. Je ne connais que peu de choses de son passé, tout ce que je sais, c’est qu’avant d’aboutir à Montréal, il a fait un séjour de quelques mois dans une prison de la Nouvelle-Angleterre, pour un problème lié justement à la drogue.
Il s’était présenté au Carrefour Lajeunesse, en quête d’un logement; c’était un avant-midi, et il était accompagné de son père qui lui servait d’interprète. Il s’est finalement installé sur mon étage, dans l’ancienne chambre de Pierrot qui était à nouveau libre. Le père avait pris entente avec le gérant, moi je n’avais qu’à remettre les clefs. De ce que j’avais compris de l’histoire, après avoir passé par une cure de désintoxication, à sa sortie de prison, le père, pour aider son fils à redémarrer sur le bon pied, aurait payé le premier mois de loyer, l’aurait aidé dans ses démarches pour l’obtention de l’aide sociale, le temps qu’il se trouve du boulot, et il lui a fourni, télévision, micro-onde, radio, vaisselles, etc...
Mais, ce qui devait arriver arriva, son chèque n’était pas sitôt déposé sur son compte bancaire, lors de ce fameux jour « J », que notre jeunot recevait systématiquement toutes les fins de mois, la visite d’un jeune noir, et je les ai vus à deux reprises au moins, partir ensemble pour où... la banque, naturellement, puisque au petit matin, il était déjà dans l’incapacité de payer son loyer. Au début il nous disait qu’il avait un travail, qu’il devait justement aller travailler et qu’à son retour, il pourrait nous payer la première moitié du loyer. Il a finalement réussi à nous payer tant bien que mal en deux versements, à chaque fois, ses deuxième et troisième mois parmi nous. Mon nouveau voisin, dans la chambre contiguë à mon appartement, et qui était arrivé en janvier 2005, me fit part qu’à plusieurs reprises, il avaient vu entrer et ressortir peu de temps après être entré, un noir à l’allure un peu louche, de la chambre de Mark.
Quand mes garçons me parlent de types à l’allure louche, j’accorde beaucoup de crédit à leur instinct. Il était devenu clair pour tout le monde, que Mark était lié de quelques façons que ce soit, à un gang de rue, soit en tant que client, soit en tant que victime ou soit les deux possibilités... Ce fameux travail, dont je n’ai jamais pu rien savoir, qu’elle était-il. Il était toujours évasif et presque apeuré à l’expression de son regard.
Mark était majeur, à peine 18 ou 19 ans, mais avec sa petite gueule d’ange, il en paraissait à peine 16, une victime idéale pour un gang spécialisé dans la prostitution juvénile.
Vint finalement le début du quatrième mois, avec la même incapacité de payer. Cette fois, une semaine a passé, sans argent, la deuxième semaine a passé, et toujours pas d’argent. Je lui ai demandé s’il travaillait toujours, il me dit que non... Il avait pratiquement les larmes aux yeux. Et moi, j’avais le gérant de l’immeuble qui me poussait dans le dos pour que je fasse pression sur lui. Le 14 du mois, le gérant m’a demandé de lui dire que si nous n’avions pas l’argent au plus tard le lendemain, qu’il recevrait son avis d’expulsion.
Le gérant s’est présenté en personne le lendemain, il a frappé à la porte de Mark et n’obtint aucune réponse. Nous avons ouvert la porte pour vérifier si ce dernier n’avait pas foutu le camp, et comme de fait, il était parti avec tous ses vêtements, en laissant sur place, tous les objets, télévision, radio, chaudron, vaisselles, etc., que son père lui avait donnés. Devant cet état de fait, le gérant a immédiatement pris la décision de changer la serrure, forçant ainsi Mark à le contacter personnellement, s’il désirait soit réintégrer les lieux ou soit récupérer ses effets personnels. Je ne l’ai jamais revu, et à la fin du mois, tous ses biens ont été entreposés selon la procédure usuelle dont je vous ai déjà parlée dans l’épisode précédent.
Par la suite, à deux reprises, j’ai reçu la visite d’un inspecteur de police qui était à sa recherche. Je ne pouvais que lui dire que Mark avait foutu le camp, et que j’ignorais où on pouvait le trouver. Cet inspecteur travaillait justement sur le cas d’une jeune fille blanche et mineure qui se tenait avec un gang de rue, et d’après ses informations, Mark aurait été vu en sa compagnie, d’où les questions qu’on désirait lui poser pour essayer de retrouver cette enfant. De là à penser que Mark avait quelques choses à voir dans la disparition de cette fille, je ne sais pas. Mais je serais enclin à croire qu’ils avaient tous les deux, le même problème... Je ne le saurai sans doute jamais !!!
Publié le 05/11/2007 à 19:40
Par Réjean Mélançon
Humeur : Rebelle
Par Réjean Mélançon Rédigé le lundi 5 novembre 2007 
Ceux qui se disent cartésien ou rationaliste, je vous trouve un petit peu étroit d’esprit. On ne devrait pas ne s’arrêter qu’à ce qui est intelligible. De méditer sur les mystères de la vie, me permet de voir le monde sous un jour plus humain. Si vous choisissez de vous limiter à n’être qu’un petit tas de carbone, d’oxygène, d’azote et de quelques autres éléments, si vous préférez vous croire peu de choses, qu’un simple assemblage de neurones et de synapses, libre à vous. C’est votre choix et je l’accepte. Mais comme je vous plains de vous croire si petit !!!
Ils me font bien rire ces savants qui tentent de recréer la vie en laboratoire. Je suis désolé de le dire, mais il n’y a pas plus stupide qu’un savant qui se dit être rationaliste et matérialiste. Ce qu’il ne comprend pas, il le rejette, en se disant que dans l’état actuel de la science on ne sait pas expliquer tel ou tel phénomène, mais qu’on y arrivera un jour, ou bien, certains nous répondent que c’est sans intérêt. En tant que savant, qu’érudit je m’attendrais de sa part, à une plus grande curiosité de la question dite métaphysique. Non, il préfère croire que tout s’explique rationnellement, qu’il n’y a aucun mystère qui ne pourra être expliqué un jour par la physique.
Pourtant, il y aura toujours les mêmes questions... « D’OÙ VIENT CE QUI EST ? », « Y A-T-IL UN DÉBUT, Y AURA-T-IL UNE FIN À CE QUI EST ? », « QUI SUIS-JE EN REGARD DE CES QUESTIONS ? » Ce genre de question, notre érudit savant préfère l’escamoter parce que cela ne rentre pas dans son rationalisme.
Je suis d’accord avec vous, quand vous dites que mon corps n’est qu’un petit tas de carbone, d’oxygène, d’azote et de quelques autres éléments. Je suis aussi d’accord avec vous quand, vous me dites que mon cerveau n’est qu’un assemblage de neurones et de synapses. Là où je diffère avec vous, c’est que je ne crois pas être ce corps, ni ce cerveau. Mon corps n’est qu’un véhicule et mon cerveau un ordinateur très sophistiqué, dont les circuits me permettent d’interagir avec cet environnement matériel, grâce à mon corps.
Ce que les rationalistes ne peuvent comprendre, ils préfèrent le rejeter purement et simplement; il n’y a que l’aspect matériel qui les intéressent.
Je crois fermement à la vie après la mort, justement parce je ne crois pas être ce corps sophistiqué que j’habite. Aux yeux de plusieurs rationalistes, je pourrais donc être considéré comme un illuminé.
Le cerveau est une machine fort complexe. Y en a-t-il parmi vous qui peuvent se targuer d’utiliser 100% de sa capacité ? Nos chers savants savent pourtant que 10% à peine de notre cortex cérébral est activé. Ces 10% sont concentrés en grande partie à ne régler que des problèmes purement matériels. Qu’en serait-il des 90% inutilisés ?
Qu’est-ce que le génie? Qu’est-ce que la folie? Les deux termes ne seraient-ils pas synonymes? Certains désordres d’ordre neurologique ne pourraient-ils pas activer des circuits du cortex cérébral, nous mettant en contact avec l’inconnu... ?
Combien de personnes considérées comme folles, et qui le pensent elles-mêmes parce qu’elles ne comprennent pas ce qui leur arrive, ont été internées?
Simple question: « Ces voix entendues par les schizophrènes sont-elles le fruit de leur imagination ou pourraient-elles être dues à l’activation d’un circuit du cerveau les mettant en relation avec l’au-delà ? ».
Qu’est-ce que la matière ? E=mc2
Toute matière incluant votre propre corps, peut être réduit en énergie pure.
Le monde de l’au-delà serait-il le monde de l’énergie pure ? Le « JE SUIS » se situerait-il dans ce monde ?
J’aime la nature dans laquelle je suis incarné. J’aime la beauté que les hommes sont capables de créer grâce à leur intelligence, leurs arts et leurs sciences. Mais je refuse de me limiter à la matière, je crois que je suis beaucoup plus que cela. Je suis « CE QUI EST » et comme « CE QUI EST » je n’ai « NI COMMENCEMENT, NI FIN ».
J’aime mieux passé pour un fou et me savoir grand, qu’être rationaliste et matérialiste et me croire petit.
Publié le 04/11/2007 à 06:13
Par Réjean Mélançon
Par Réjean Mélançon Rédigé le dimanche 4 novembre 2007 NOUVELLE ANNÉE 2005 Épisode 14
Comme vous le savez déjà, beaucoup de locataires ne sont que de passage au Carrefour Lajeunesse. Il peut y avoir plusieurs raisons à ce court séjour, telles, l’incompatibilité de caractères avec les voisins, mais, la raison la plus usuelle, est l’incapacité dudit locataire à payer son loyer, parce qu’il avait préféré investir son peu d’argent dans la drogue, malheureusement omniprésente dans ce milieu. Denis, Bertrand et Marcel, ce sont trois prénoms, trois problèmes, tous liés à la dépendance à la cocaïne et au crack. Je vous reparlerai d’eux un peu plus tard dans cette chronique.
L’incapacité de payer le loyer, c’est ce qui arrive quand ces drogués gèrent eux-mêmes leur revenu d’aide sociale. Ils ont un compte bancaire et leurs prestations sont déposées directement à la banque. Les transferts bancaires se font juste après minuit, le matin du jour « J », et c’est déjà la queue devant certains guichets automatiques, afin de retirer ces précieux billets qui vont les conduire tout droit à leur cauchemar. Ils le savent pourtant, qu’au matin, le propriétaire va passer pour la collecte des loyers. Alors c’est l’éternelle rengaine, « je vais te payer d’ici une semaine, sans faute... ». Parfois ils réussissent, je ne me demandais jamais comment ils faisaient. C’est moi qui en tant que concierge, collectait les retardataires qui me payaient toujours en liquide. Ils avaient quinze jours pour payer, après, c’était l’avis d’expulsion. S’ils n’avaient pas quitté les lieux à la fin du mois et remis leurs clefs, la serrure était tout simplement changée. Quant au contenu de l’appartement, il était entreposé et si après deux mois il n’était pas réclamé par son propriétaire, ce qui était monnayable était vendu, le reste allait au dépotoir.
Ceux qui n’ont pas de compte bancaire, sans tirent à peine mieux. C’est le propriétaire lui-même qui va changer leur chèque. La somme qu’ils recevront sera évidemment le montant du chèque moins le coût du loyer, moins les arrérages et parfois aussi moins quelques autres petites sommes encore dues. Et qu’arrive-t-il, quand il ne reste plus rien, parce que la totalité du chèque était due... Ils se voient souvent forcer de réemprunter encore, ou de se débrouiller chacun à sa façon, vous me suivez... C’est un cercle vicieux !!!
Bertrand s’était présenté chez moi à la fin de décembre 2004. Il s’était vêtu de ce qui me semblait être ses meilleurs atours, sans doute dans le but de me faire bonne impression, ce qui était malheureusement pour lui, peine perdu en ce qui le concerne, car, voyez-vous, le Biquet est très difficiles dans ses critères de beautés masculines.
Bertrand donc, était venu postuler pour la dernière chambre qui était à louer et qui devait être libre le 1er janvier. Le gérant qui partait en vacance pour la période des Fêtes, m’enjoignit de ne pas faire le difficile avec lui; s’il avait l’argent, je n’avais qu’à accepter de lui louer la chambre et on aviserait par la suite si le bonhomme était à problèmes. Bertrand me jura sur la tête de sa mère qui vivait encore, qu’il ne consommait ni drogue ni alcool... J’en avais entendu d’autres. Peu importe, j’ai accepté de lui louer la chambre, après tout c’était Noël. Il a emménagé la veille du Jour de l’An. De mon côté, cette nuit de festivité, j’ai préféré la passer dans mon lit.
Aux petites heures du matin, j’ai été réveillé par des bruits en provenance de l’étage d’en dessous, c’était l’ami Bertrand qui fêtait la Nouvelle Année. De toute évidence il avait fait un joyeux cocktail d’alcool et de drogue. Il revenait justement de chez un de ses voisins qui était au pas de sa porte, tout furibond d’avoir été réveillé par Bertrand, car ce dernier, qui était en manque, frappait à toutes les portes dans l’espoir de se procurer un supplément de poudre blanche. J’étais descendu pour m’enquérir de ce brouhaha. En m’apercevant, il perçut rapidement à mon air, que je n’étais pas très content de lui. Il accéléra donc le pas en clopinant tant bien que mal, pour réintégrer sa chambre. Dans sa hâte, il a malencontreusement trébuché sur une paire de bottes qui traînait au sol, devant une des portes, et dans un court vol plané qui est demeuré à jamais célèbre au sein du Carrefour, il nous gratifia d’un sonore « Bonne et Heureuse Année » !!! Enfin, vous ne serez sûrement pas surpris d’apprendre que Bertrand ne resta pas avec nous très longtemps.
Et que vous dire des deux autres, Denis et ce pauvre Marcel !!! Denis est un cas classique, du même acabit que Bertrand, Pierre et tant d’autres. Sa façon à lui de se renflouer les poches avait une certaine originalité par contre, mais dans un milieu comme le notre, c’était fort risqué, d’autant plus que la première personne qu’il avait choisi comme victime, n’était nul autre que mon bon ami le Gros Pierre.
Denis et sa charmante compagne aux bras marbrés de noir et de bleu (car elle s’injectait je ne sais trop quelle merde, et elle devait aussi se péter une veine de temps en temps), avaient décidé de se mettre en bons termes avec le Gros Pierre. La donzelle, pour l’occasion, ne portait pas de petite culotte, et sa jupe qui arrivait à la hauteur du « vous savez quoi » en révélait suffisamment pour émoustiller les sens quelques peu embués de mon cher Pierrot. Nos deux compères qui avaient également quelques bières avec eux, n’eurent pas à insister beaucoup pour qu’il les invite à entrer chez lui.
Pendant que la donzelle cherchait à attirer l’attention de Pierrot, l’autre, de son côté en profitait pour fouiner du regard un peu partout... Et, etc., etc. Sautons les détails puisque ce ne sont que des ouies dires de toute façon.
J’ai pu cette fois et en toute sérénité (n’étant plus la personne visée par ce qui allait suivre) assisté de visu, à une des légendaires colères de Pierrot. Quelqu’un avait osé subtiliser dans une des poches du pantalon qui était sur son lit, la mirobolante somme de dix dollars, somme représentant à ses yeux, l’équivalent de deux grosses canettes de bières. Un véritable crime de lèse majesté, et c’était naturellement nos deux Bozos qui étaient suspectés. J’ai bien cru cette fois, que la porte numéro 32 était pour voler en éclat. Il a fallu l’arrivée du propriétaire et du gérant pour réussir à calmer un peu la situation. Denis a fini par admettre que oui, il avait pris le dix dollars, qu’il ne l’avait plus et qu’il s’empresserait de rembourser Pierre dès le lendemain. Il n’empêche que ce genre de comportement n’est pas toléré au Carrefour Lajeunesse, et Denis s’est vu imposé un avis d’expulsion pour la fin de ce mois en cours, à peine trois ou quatre jours après son arrivée parmi nous.
Il me reste à vous parler de Marcel, un petit gars d’à peine 18 ou 19 ans, accroc lui aussi au crack et à la merci d’un gang de rue, dirigé par des noirs. Il n’y a pas que les petites blanches qui servent de chair à pâté pour les amateurs de mineures, il y a les petits blancs aussi...
A SUIVRE...
Publié le 02/11/2007 à 03:20
Par Réjean Mélançon
Humeur : Tendre
Par Réjean Mélançon Rédigé le jeudi 1 novembre 2007 
Novembre passe pour être le mois des morts, mais novembre est aussi le mois de ta naissance et curieusement, tu préféras nous quitter le dernier jour du mois précédent, soit le 31 octobre 1987, il y a vingt ans maintenant. En nous quittant en octobre, voulais-tu préserver intact le souvenir du mois de ta naissance, transformer ce mois, pour le bénéfice de ta postérité, en un symbole de vie, le symbole de ta vie?
Tu es née le 22 du 11ième mois 1928. Ce serait une date comme une autre, me diriez-vous ! Êtes-vous amateur de numérologie ?
Naissance et mort de ma maman:
22 + 11 + 1928 = 1961 31 + 10 + 1987 = 2028 1961 + 2028 = 3989 3 + 9 + 8 + 9 = 29 2 + 9 = 11
Mon jumeau et moi sommes nés le 24-05-1953:
24 + 5 + 1953 = 1982 24 + 5 + 1953 = 1982 1982 + 1982 = 3964 3 + 9 + 6 + 4 = 22
Moi je suis né à 22h précise ... !!!!
Le 22 et le 11 sont depuis le décès de ma mère, intimement liés au rythme de ma vie. Il ne se passe pas une semaine, parfois même cela arrive plusieurs fois par jour, où en regardant l’heure de ma montre ou d’une horloge quelconque, je tombe précisément sur 11h11, 22h11, 22h22 ou 11h22. A chaque fois, je tombe en arrêt, comme en transe, je fixe l’heure qu’il est jusqu’au passage à la minute suivante. Pendant tout ce temps, je pense à elle en me demandant s’il n’y aurait pas un message qu’elle essaie de me faire passer. Les pensées qui traversaient mon esprit à ce moment bien précis, avaient-elles une importance particulière ?
Les messages les plus importants, seraient-ils les pensées que j’avaient lorsqu’en regardant ma montre ou une horloge digitale, je voyais apparaître la onzième seconde de la onzième minute de la onzième heure... Parce que cela m’est arrivé à plusieurs reprises également.
Le dernier signe que j’ai reçu et que j’appelle désormais mes signes de l’au-delà, c’était hier avant-midi. Je ne me rappelle plus laquelle des quatre heures clef était apparue à mon horloge, mais c’était juste avant que je sorte pour aller faire quelques achats à l’épicerie. Elle cherchait peut-être à retarder ma sortie... Je ne sais pas... Une chose est sûre, c’est que j’ai pensé à elle en fixant l’horloge jusqu’au passage à la minute suivante.
C’est peut-être fou tout cela, mais j’aime mieux passer pour fou justement; au moins comme cela je peux jouir de la vie que je mène et en éprouver du bien-être. Le fait de m’accrocher à cette croyance du signe de l’au delà, le fait de croire à une vie après la mort, me confortent dans ma petite vie actuelle. Si je n’avais pas cette croyance fermement ancrée en moi, ma vie n’aurait plus aucun sens. Alors merci, Maman !!
Le 22 novembre prochain, à 22h précisément, j’aurai une pensée toute spéciale pour toi.
Publié le 31/10/2007 à 04:01
Par Réjean Mélançon
Par Réjean Mélançon Rédigé le mardi 30 octobre 2007 LA VIEILLE DAME Épisode 13
Au Carrefour Lajeunesse on trouve de tout, de la misère et du pathétique aussi, comme cette vieille dame qui habitait dans sa petite chambre depuis les tous débuts du Carrefour Lajeunesse. Il ne lui restait pour toute famille qu’un neveu qui venait la voir de temps en temps, et qui occasionnellement, venait la chercher pour la conduire chez son médecin. Cela je le sais, parce qu’un jour qu’elle était dehors, devant la porte à attendre, je l’ai salué à mon habitude et lui ai demandé à brûle pourpoint, si elle attendait celui que je croyais être son fils. Elle m’a alors répondu qu’il s’agissait de son neveu et qu’à part lui, elle n’avait plus personne de sa famille. Il devait la conduire chez son médecin. Il s’agit de la seule conversation que j’ai pu avoir avec elle en près d’un an et demi. Elle ne parlait généralement à personne, tout au plus un bonjour discret, lorsque je la croisais et que je la saluais.
Durant cet été 2004, je pouvais de mon nouveau balcon, voir sa fenêtre de biais, l’étage juste au dessous. J’avais essayé de lui faire la conversation à une ou deux reprises, quand elle se tenait à sa fenêtre, mais elle préférait m’ignorer. Elle passait une grande partie de ses journées, accoudée à sa fenêtre, à simplement regarder circuler les gens sur le trottoir. Elle adorait nourrir les oiseaux, au point que ceux-ci étant habitué à sa présence, venait se nourrir sans crainte sur le bord de sa fenêtre, allant même jusqu’à picorer dans sa main. Je la voyais sortir à tous les matins, pour aller prendre son petit déjeuner au resto qui se trouve tout près du Carrefour, de l’autre côté de la rue. Elle portait toujours le même vieux manteau, style Colombo (1), et ce, été comme hiver.
Un après-midi de septembre 2004, alors que j’étais de nouveau sur mon balcon, je vis un des employés du restaurant qui sonnait à la porte d’entrée. De toute évidence il n’obtenait pas de réponse. Quand il m’aperçu, il m’a demandé si j’avais vu la vieille dame ce jour là. Je lui ai répondu que non. Au restaurant, on s’inquiétait de ne pas l’avoir vu le matin, car elle manquait rarement d’y aller, et quand cela arrivait, la propriétaire du resto, envoyait généralement un de ses employés pour s’assurer que tout allait bien.
La nuit suivante, vers les deux heures du matin, j’ai été réveillé par des bruits et des flashs lumineux provenant de l’extérieur. En allant sur mon balcon pour voir ce qui se passait, je vis que les flashs lumineux venaient des gyrophares d’une voiture de police et d’une ambulance. De la fenêtre de la vieille dame je vis sortir la tête de la propriétaire du restaurant, c’est elle qui avait sonné l’alerte et qui criait aux ambulanciers qui sortaient de leur véhicule, que la vieille dame était inconsciente, étendue sur son plancher.
Je l’ai vu pour la dernière fois, de mon balcon, sanglée sur une civière qu’on embarquait dans l’ambulance.
Le lendemain, en descendant pour faire mon ménage, j’ai vu que la porte de la vieille dame était grande ouverte. Le propriétaire du Carrefour Lajeunesse était là avec le gérant; ils étaient en train de vider les lieux. C’est comme ça que j’ai su que la vieille dame avait finalement rendu l’âme.
(1) Allusion à la série de films mettant en vedette Peter Falk.
Publié le 29/10/2007 à 04:20
Par Réjean Mélançon
Par Réjean Mélançon Rédigé le dimanche 28 octobre 2007
SEMESTRE TRANSITOIRE Épisode 12
Le premier semestre de l’année 2004 avait été particulièrement traumatisant pour le Biquet, mais le deuxième, s’est passé quant à lui, sans trop d’histoires. Je prenais mon rôle de concierge avec beaucoup de sérieux. C’était en quelque sorte un passe-temps pour moi, car je préférais rester le plus souvent seul, ne côtoyant presque pas les locataires durant cette période, à l’exception de Pierre.
Deux fois par semaine, je faisais le ménage du Carrefour Lajeunesse et à presque tous les jours, depuis ma réconciliation avec Pierrot, je descendais le rejoindre chez lui en fin d’avant-midi, pour passer une petite heure avec lui, à parler de choses et d’autres et à écouter les potins qu’il avait à me raconter. Je dois vous avouer qu’il y avait aussi un certain intérêt à ces visites régulières chez Pierre, car depuis le milieu de l’été, le logement d’à côté, été habité par un nouveau venu qui était tombé dans l’oeil du Biquet. Pour l’instant, on ne se croisait que très rarement, et on se contentait de se saluer poliment. Vous le connaîtrez bien assez tôt, pas trop d’impatience, avec lui, le contact ne s’amorcera véritablement que vers la fin du prochain printemps. C’est ce fameux « amour platonique » dont je vous ai déjà parlé et qui me causera tant d’émoi, mais nous y reviendrons.
Pour le moment, rappelez-vous que j’ai emménagé dans mon appartement tout neuf au mois de juin.
Du 1er juin 2004 au 1er janvier 2005, la chambre contiguë à mon appartement a été louée tour à tour, par six individus différents. Il y a eu d’abord cette femme d’Amérique Centrale dont je vous avais parlé lors de mon arrivée au Carrefour Lajeunesse, qui a décidé de quitter à la fin de juin. Il y a eu ensuite un colombien qui a passé trois mois parmi nous avant de retourner dans son pays d’origine. Il y a eu ensuite un petit bonhomme aimant la tranquillité, qui trouvait la chambre trop bruyante et qui demanda au bout d’une semaine pour être transféré dans une autre de nos chambres qui était justement libre à ce moment. Il y a eu ensuite ce marocain qui devait emménager le 1er novembre; il m’avait donné un dépôt sur le loyer quelques jours auparavant, la balance, quant à elle, devait être versée lors de son emménagement. On ne l’a jamais revu, et deux semaines plus tard, le dépôt était confisqué et la chambre était de nouveau à louer. Le mois de décembre a été payé par un individu également en transit.
C’est finalement le 1er janvier 2005 qu’arriva notre sixième et dernier locataire et qu’on a pu espérer un peu de stabilité pour cette chambre.
Ce nouveau locataire s’est montré particulièrement méfiant au début. Il avait le regard fuyant et de toute évidence, il ne semblait pas à son aise avec moi. Il avait en fait, la même réaction envers moi que celle des autres locataires lors de mon arrivée au Carrefour Lajeunesse, près de deux ans auparavant. Il devait me trouver suspect, lui aussi. Mais, comme on le verra par la suite, cet individu va rapidement s’habituer au Biquet, et avec le temps, il va devenir lui aussi, un de mes fistons adoptifs.
Publié le 25/10/2007 à 21:52
Par Réjean Mélançon
Humeur : Gaie
Par Réjean Mélançon Rédigé le jeudi 25 octobre 2007
INSTANT DE BÉATITUDE Épisode 11  Sosie de Rocky Tout est relatif, j’aime à le répéter souvent. Pour certain, le Carrefour Lajeunesse serait un enfer insupportable, pour moi, il a été à plusieurs reprises, un véritable paradis.
Même si j’ai bel et bien passé à travers un enfer, j’en étais en grande partie, l’unique responsable, tout simplement parce que je me détestais, et que je me laissais retomber dans mon état dépressif, en négligeant ma médication ou le plus souvent, en la neutralisant par un abus de bière, de vin et de marijuana. Cet état dépressif qui me rendait extrêmement irritable, était suffisant pour envenimer mes relations avec les locataires et pour me rendre par ma propre faute, encore plus malheureux. Mais, cette crise une fois surmontée, je reprenais tout doucement contact avec chacun de mes garçons, qui sans faire plus de façon, reprenaient là où les choses s’étaient arrêtées. Même si Biquet tempêtait, même s’il criait et qu’il râlait fréquemment dans ces moments sombres, ces derniers étaient capables de faire montre de patience et d’attendre tout simplement, en m’ignorant totalement, que je retrouve mes esprits. Les gens dits normaux peuvent-ils tous en faire autant, ou m’auraient-ils tous rejeté comme une vieille savate désagréable?
C’est pour cela que je les aime tant ces gaillards, même s’ils me faisaient souvent râler. Comment ne pas se sentir attendri devant eux, quand un était occupé à débuguer l’ordinateur qu’il m’avait prêté pour me tenir occuper, en chantonnant, le sourire aux lèvres, pendant qu’un autre était à quatre pattes en train de couper et d’aérer le tabac en vrac que le Biquet fumait à l’époque, en vue de le rendre plus léger et meilleur au goût. Tous ces petits services qu’ils me rendaient, n’étaient bien souvent que des prétextes pour rester chez moi, quand on n’avait plus rien à dire. Pendant ce temps, Rocky, bien repu, venait faire un petit roupillon sur les genoux de son tonton Biquet.
Et puis il y avait tous ces moments de confidences qu’ils aimaient me faire lorsqu’ils avaient la chance de se retrouver seul avec moi. Il y avait aussi ce fameux rire du Biquet qu’on se plaisait tant à noter, tellement ils le trouvaient savoureux. Avec le temps, le terme « biquet », venant de leurs bouches, sonnait de plus en plus comme un mot gentil, rempli de tendresse.
Que de bons souvenirs avec ma famille élargie, mes deux fistons, mes deux grands frères, Pierre étant l’un d’eux, mon Rocky adoré. Il y avait aussi ce lien très fort qui me liait à mon préféré, pour ne pas dire mon « amour platonique ».
Il y a eu des moments tendres, joyeux, tristes, cocasses, pathétiques aussi. Je reviendrai sur tout cela.
Publié le 23/10/2007 à 21:03
Par Réjean Mélançon
Humeur : Gaie
Par Réjean Mélançon Rédigé le mardi 23 octobre 2007 BALOUBALOU Épisode 10
Chaque étage du Carrefour Lajeunesse, à l’exception du sous-sol, possède ou a la possibilité d’avoir deux appartements d’une pièce et demie avec balcon et deux chambres simples. Il restait encore trois chambres simples avec balcon prêtes à être transformer en une pièce et demie, dont une sur mon étage. Avant les travaux, un faux mur fermait tout simplement l’espace prévu pour la salle de bain, mais toute l’infrastructure en terme de plomberie, était déjà en place derrière ce mur.
Au printemps 2004, suite au déménagement du Gros Pierre au sous-sol, et sa chambre étant toujours vacante, le propriétaire décida qu’il était temps d’entreprendre les travaux de réfection de la chambre de Baloubalou, le futur appartement du Biquet.
Le transfert de Baloubalou dans l’ex chambre de Pierre, se fit en quelques minutes à peine, une commode contenant ses quelques vêtements, son lit, une table, deux chaises et quelques menus accessoires à peine, furent déménagés d’une porte jusqu’à l’autre en un rien de temps. On ne lui laissa pas le choix, de toute façon se disait le propriétaire, Baloubalou n’avait pas les moyens de payer plus que le coût d’une simple chambre, alors que suite aux rénovations prévues, le coût du nouvel appartement allait grimper d’un seul coup, de 290$ à 425$. De plus, dans ce cas précis, un simple préavis de quinze jours était suffisant. Baloubalou avait été à maintes reprises avisé de voir à garder son appartement propre sous peine d’expulsion, mais en vain. C’est que voyez-vous, Baloubalou est un peu demeuré, et la propreté n’était pas dans sa nature. Son plaisir, c’était de se balader la nuit pour faire du voyeurisme dans les fenêtres du quartier, et s’il avait la chance de tomber sur une fenêtre lui donnant à voir quelques scènes croustillantes, il s’en délectait en se masturbant sur les lieux. Il était bien connu par la police, pour ce genre d’activité. Enfin, passons!!
La famille de Baloubalou qui ne voulait pas le reprendre sous son toit, accepta en échange de garder Baloubalou dans l’ex chambre de Pierre, de venir y faire le ménage une fois la semaine.
Tout était à refaire dans son ancien logement... Et l’odeur qui y régnait, je ne vous dis pas, mais... Ça me rappelle une anecdote. C’était peu de temps après mon arrivée au Carrefour Lajeunesse. Le propriétaire passait de logement en logement en compagnie d’un technicien travaillant pour la compagnie responsable du système d’alarme contre les incendies. Ils voulaient s’assurer du bon état de fonctionnement de tous les détecteurs se trouvant à l’intérieur des logements. Je m’en rappelle comme si c’était hier. Mes deux portes étaient toutes grandes ouvertes, pour profiter d’une douce brise printanière. Je venais de plus, de laver mon plancher avec un nettoyant liquide aromatisé à l’odeur d’orange. Le proprio et le technicien étaient justement rendu chez Baloubalou, quand j’entendis le propriétaire dire: « Les porcheries de ma région sentent moins mauvais qu’ici ». Je me suis esclaffé de rire en voyant le technicien arriver chez moi, blême comme un drap, et respirant goulûment l’air frais qui entrait chez moi, et qui me dit finalement: « Ici, au moins, je peux respirer !!! ».
La réfection de la chambre de Baloubalou commença fin avril 2004 et fut terminée pour le 1er juin.
Je vous ai déjà raconté que le couple de concierge avait été expulsé du Carrefour Lajeunesse. Le propriétaire avait donc besoin de les remplacer, et c’est à moi qu’il a pensé. Comme j’étais considéré beaucoup plus fiable, malgré mes périodes de déprimes, on m’a offert de prendre plus de responsabilités que ces derniers; j’aurais accès aux clefs de tous les logements et c’est moi qui ferait visiter les lieux vacants et qui occasionnellement, pourrait procéder à la location des simples chambres. Je verrais également à la collecte d’une partie des loyers. J’ai finalement accepté la proposition et j’ai en même temps demandé de déménager dans ce nouvel appartement avec balcon privé, qui donnait sur le devant de l’immeuble, vers le nord, donc plus frais en été. Le coût de mon loyer passa de 385$ à 425$, mais avec ma prime de concierge de 100$, je pouvais me le permettre. L’accord fut conclu et le 1er juin 2004, Biquet emménagea dans son nouvel appartement flambant neuf.
En passant, ça me reviens justement, c’est pendant que je m’occupais à transférer mes effets et le mobilier de mon ancien appartement vers le nouveau, avec l’aide du gérant de l’immeuble, que Gros Pierre avait gravi courageusement toutes les marches de l’escalier depuis le sous-sol, malgré ses problèmes pulmonaires, pour venir faire la paix avec moi.
Le nouvel été 2004 augurait bien!!!
Publié le 21/10/2007 à 20:46
Par Réjean Mélançon
Humeur : Rebelle
Par Réjean Mélançon Rédigé le dimanche 21 octobre 2007
Je suis assis devant ma fenêtre à écrire sur mon clavier. L’arbre qui trône majestueusement devant moi a déjà perdu presque toutes ses feuilles. S’en est terminé donc, pour la verdure, mais en contrepartie, je peux désormais voir entre les branches dénudées, la pureté d’un ciel bleu magnifique. Ce devrait pourtant être une invitation à sortir pour profiter de cette belle journée d’automne. Je sais que cela me ferait le plus grand bien, mais allez donc savoir pourquoi, je préfère rester dans ma flemme.
Paradoxalement, je ne souffre pas de cette solitude, je n’ai le goût de pas grand chose d’ailleurs, si ce n’est écrire les mots qui passent dans mon esprit, ou m’étendre sur mon lit, le vague à l’âme, à attendre que les idées sortent.
Heureusement que j’ai cet ordinateur qui me sert de lien avec l’extérieur, sans quoi, je serais totalement isolé.
Dom Biquetto semble avoir atteint un plateau au niveau de son évolution. Il s’accommode mieux des contacts virtuels, est-ce par peur des contacts directs, je dois en convenir, mais s’en m’en priver complètement, je préfère, tel le renard solitaire, vivre ma liberté dans la tranquillité de mon territoire, ne me laissant approcher que par ceux en qui j’ai le plus confiance. Dom Biquetto s’attache tellement rapidement et tellement fort à ceux qui l’aiment, qu’il devient vite submerger par leurs problèmes, au point d’étouffer. En gardant une certaine distance, je me protège.
Avant je m’inquiétais pour mes gars au Carrefour Lajeunesse, maintenant je commence à m’inquiéter pour mes amis blogueurs sur le net. Actuellement, pour certains d’entre eux, les problèmes non résolus de Ifrance, ont causé des torts irréparables. Ce serveur merde trop souvent, il n’a aucune fiabilité. Pour ma part, je m’en sors pas trop mal, ayant des copies un peu partout. Ifrance pourra-t-il réparer cette gourde? Ifrance deviendra-t-il fiable, un jour? J’y crois de moins en moins. Peut-être faudra-t-il songer à entreprendre une grande migration automnale tous ensemble, très bientôt !!!
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