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Publié le 06/05/2008 à 05:36
Par Réjean Mélançon
Humeur : Souriante

Par Réjean Mélançon
Rédigé le lundi 5 mai 2008





Rue Mont-Royal direction ouest
avec le Mont Royal en arrière plan



Ce n’est pas tous les jours que nous pouvons être les témoins privilégiés d’une rencontre tout à fait inusitée, entre un LoupDeVille format de Ville standard de modèle unique et un Renard arctique. D’autant plus curieux, que ce petit canidé était acclimaté à la douceur de son Carrefour de Lorimier et qu’il déteste par dessus tout le climat arctique. C’est un bien drôle de renard arctique ce Sir Isatis, chevalier d’Oniris, d’autant plus curieux qu’il est aussi prompt qu’un ours à se mettre en hibernation pour toute la durée du long hiver québécois. Et cette histoire, mes petits amis, c’est bel et bien passée, dans un petit resto au cœur du plateau Mont-Royal. Si, si, je vous assure, parole d’Isatis !!!

Alors donc, par un beau vendredi après-midi, Isatis sorti timidement son museau à l’extérieur de sa tanière, pour humer soupçonneusement les effluves de l’air printanier qui circulaient au dessus de sa ville. Le soleil chauffait délicieusement son territoire et ses deux narines frémissantes, humèrent avec délice cet air environnant chauffé à très exactement 16,2 degrés Celsius, température tout à fait suffisante se dit le petit renard, pour entreprendre une belle randonnée afin de se dérouiller de sa longue hibernation. Il faut toutefois reconnaître qu’Isatis serait assurément sorti de sa tanière à 16 degrés pile, mais admettez que 16,2 est encore plus confortable !!!


************************




Chemin faisant, Isatis se remémora tous les conseils que Dom Biquetto lui avaient servis avant son départ:

- Tu devrais porter du vert, mon petit Isatis !


Et sans lui demander son avis, car Dom Biquetto n’entendait pas à rire en pareille circonstance, Isatis dû à contrecoeur, camoufler sa fourrure blanche avec une casquette verte et un sac à dos de même couleur, pour passer plus facilement inaperçu en traversant les sentiers de la vaste forêt du Plateau Mont-Royal.

- Et si je te fais porter du vert, c’est pour que tu sois moins visible dans la forêt afin de pouvoir t’approcher du Loup sans être aperçu et que ce ne soit pas l’inverse; je suis un biquet et un biquet n’est jamais trop prudent lorsqu’il s’approche d’un loup, tu le sais bien mon petit Isatis.

- Dom Biquetto, arrête de m’appeler ton petit Isatis, je suis grand maintenant, et puis moi, je ne suis pas un biquet je suis un renard !

- Et puis, ne m’avais-tu pas déjà dis que ce LoupDeVille standard de modèle unique était affublé de dents en caoutchouc, alors que les miennes, sont bien solides ? D’ailleurs je trouve bien curieux que nos dentitions de canidés respectives soient si différentes en dureté, étant donné que nous sommes tous les deux de grands consommateurs de thé vert, qui comme tout le monde ou presque
le sait, contient plein d’antioxydants, excellents pour la santé.

- C’est le Loup lui-même qui m’avait assuré qu’il avait des dents en caoutchouc, répondit Dom Biquetto, et qui plus est, qu’il lui en manquait quelques-unes à la mâchoire supérieure. Mais sachant que l’un de nous chercherait à le rencontrer dès la venue du printemps, il s’agissait peut-être d’une ruse de sa part, pour nous attirer dans ses griffes.

- Le Loup est reconnu pour sa ruse; rappelle-toi sa magouille pour attirer le Petit Chaperon Rouge !!! Non mon petit Isatis, tu dois rester sur tes gardes lorsque tu seras en sa présence et puis, a-t-on déjà vu un loup écrivain ?

- Ne m’appelle plus ton petit Isatis !!!

- D’accord ! D’accord mon petit Isatis, je ne le dirai plus. Mais il vaut mieux être prudent. Tout ses beaux mots pour enjôler les femmes, ne sont peut-être que de la poudre jetée aux yeux pour attirer ses proies.

- Mais moi je ne suis pas une renarde, je suis un renard !

- C'est vrai mon petit Isatis, mais tu es quand même un petit renard bien en chair et je ne pense pas que les loups prennent le temps de vérifier le sexe de leurs victimes avant de les égorger.


Grrrrrr !!! Je commence à en avoir marre d’être traité comme un gamin. Pfffft !!! Ce qu’il peut être trouillard, ce Dom Biquetto !


 

**************************




Après avoir fait sa petite balade pour se dégourdir un peu, Isatis arriva finalement au bout d’une heure, en face du petit resto où le rendez-vous avait été fixé. Il avait une heure d’avance, mais il en profita tout de même pour entrer, sûr de lui, vérifier à l’intérieur, au cas où le Loup serait déjà arrivé.

Un grand gaillard aux proportions d’un LoupDeVille standard, était attablé en lisant nonchalamment son Journal de Montréal. De son œil avisé, Isatis eu tôt fait de s’apercevoir que les indices caractéristiques du LoupDeVille format standard, mais de modèle unique, n’étaient pas toutes respectés, ce qui impliquait en toute logique, qu’Isatis n’était pas en présence du bon spécimen. Et puis, ledit spécimen ne daigna qu’à peine jeté un bref regard sur Isatis. Le thé vert semble avoir un effet plutôt apaisant, puisque cette imitation de LoupDeVille, sans doute made in China, semblait relativement douce. Tout compte fait, il avait plus les allures d’un panda géant.

Comme Isatis avait encore une heure à patienter: « Qu’à cela ne tienne, se dit-il allègrement, il fait un temps superbe à l’extérieur, autant en profiter encore un peu. Ce fut donc avec un enthousiasme renouvelé que notre renardeau en herbe parcouru pendant encore une petite demi-heure, ce large sentier appelé, rue Mont-Royal, et qui menait tout droit vers la montagne du même nom.

À son retour au lieu de rendez-vous, Isatis remarqua une file de clients qui attendaient de se faire servir au comptoir, derrière un spécimen ressemblant à un LoupDeVille standard et qui de prime abord, cadrait parfaitement avec la description fournie. Il ne restait plus qu’à voir la marque de la bête qui se trouvait sur le devant de la casquette qui lui servait de couvre-chef…

Isatis se mis à la fin de la queue dans l’attente de se faire servir lui aussi, un de ces merveilleux thés verts qui ont si bonne réputation auprès de tout le monde ou presque
et surtout, dans l’attente de voir la fameuse marque de la « BÊTE » !!!

À SUIVRE


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