Par Réjean Mélançon
Rédigé le mercredi 11 juillet 2007
Je suis un homo, comme ils disent, tel a été le grand tourment de ma vie. De mon passé, il reste encore quelques séquelles et beaucoup d’amertume.
Il me faudra d’ailleurs écrire un livre sur mes mémoires, il n’y a que comme cela que je trouverai enfin la paix de l’âme et un peu de sérénité pour mes vieux jours. Devoir ainsi se mettre à nu devant tant d’inconnus, quelle ironie, alors que j’ai passé ma vie à me cacher pudiquement, en menant une double vie.
Oui, ce livre je vais l’écrire, j’en ai d’ailleurs déjà commencé l’ébauche. Je commencerai par mes 16 ans, vous parlerai de mes premiers émois, de mes amours muets que je vivais intérieurement. J’aborderai aussi, mes deux carrières pas très bien réussies, dont je n’ai retenu que quatre grands amours, trois hommes à femmes qui savaient tout de moi, qui connaissaient les sentiments que je nourrissais à leur endroit et qui malgré tout, m’ont gratifié de leur plus grande amitié. Je les ai perdu de vue, et c’est le souvenir de leur amitié qui me poursuit.
Mon quatrième amour était une femme exceptionnelle. L’affection que je lui vouais était entièrement platonique, quoique parfois, un peu de bordeaux aidant, nous amenait à intensifier un peu nos câlins, mais sans dépasser les bornes de la bienséance. Elle a quitté le labo où je travaillais alors, pour s’en retourner vivre aux États-Unis, car elle est américaine.
Je vous ferai grâce ici de tous ces détails qui ont suivis, me bornant à vous dire que la suite m’a conduit progressivement vers les bas fonds, avec ma bouteille de vodka comme seule amie, et des dépressions majeures à répétitions.
J’ai finalement abouti sur la rue Lajeunesse. Cet épisode de ma vie qui s’avérera n’être qu’un simple chapitre, devrait dans les fait faire l’objet d’un livre à lui seul.
J’ai quitté ce lieu pour les raisons que je vous ai déjà données. Mon livre vous en dira un peu plus.
Assis devant mon clavier, dans ma nouvelle chambre sur de Lorimier, j’ai le sentiment de recommencer à vivre un peu. J’en suis à mon cinquième mois d’abstinence en ce qui concerne la drogue et je ne me suis permis qu’un peu de vin ou parfois une bière, au cours de repas occasionnels avec ma famille uniquement.
Quand je suis seul, je reste sobre. L’écriture est ma nouvelle drogue.
Quant à mes amours, je continuerai à les vivre dans mes rêves. J’en ferai peut-être quelques poèmes d’amour un de ces jours, qui sait!










