Par Réjean Mélançon
Rédigé le samedi le 11 août 2007
Zacharie dans toute sa splendeur
Zacharie tu me frustres!
Je prend énormément de plaisir dans mon rôle actuel de gardien de cinq chats, ou peut-être devrais-je dire de quatre, car en fait, je n’ai entrevue Zacharie que deux petites secondes à peine depuis que j’ai entrepris ma garde lundi dernier, chez l’une de mes deux soeurs.
Quand je suis là, je les vois venir à moi à tour de rôle, sauf Zacharie. C’est généralement Milo qui apparaît le premier. Si je fais exception de ses périodes de siestes, lorsqu’il est bien étendu à l’ombre d’une chaise sur le balcon, il est constamment à me quémander des câlins, quand il ne décide pas en plus, de venir s’étendre sur mes genoux, pour obtenir un traitement beaucoup plus en profondeur.
Manouche la très belle, la magnifique Manouche avec sa fourrure d’un beau gris argenté, passe ses périodes de veilles généralement étendue à mes pieds. Elle se dresse alors régulièrement au moindre de mes mouvements, pour me quémander elle aussi, sa part de gratouilles. C’est la chatte dominante. Elle n’ose pas encore s’étendre sur moi pour le grand massage, mais quand c’est son tour, les autres ne peuvent pas s’approcher de moi. Elle grogne et elle crache; les autres n’ont pas d’autres choix que de se retirer. C’est comme si je lui appartenais.
En fin de soirée, c’est au tour de Chanelle de me rendre visite. Elle grimpe sur le côté du canapé où je suis assis pour regarder la télé. Elle s’étend à côté de moi, et pendant que je la masse, elle ronronne à en faire vibrer les coussins.
Marie-Chatonne de Granby et Zacharie le trouillard de cette même localité, sont en séjour forcé en ces lieux, pendant que leur maîtresse parcourt avec mon autre soeur, les terres de nos ancêtres, les Melanson dit de La Verdure, en Acadie, dans la province de Nouvelle-Écosse.
À Granby, Marie-Chatonne est reine et maîtresse des lieux, cependant, lors de son séjour forcé à Montréal, cette dernière se fait plus discrète, préférant attendre que je m’approche d’elle, sans doute par égard aux occupants des lieux. Chacun connaît sa véritable place au sein de la hiérarchie, et nul n’en déroge. Marie-Chatonne ne se laisse toucher que lorsqu’elle est seule avec moi dans la cuisine, elle, juchée sur une chaise.
Zacharie, quant à lui, me fait de la peine. Il se terre sous les couvertures du lit où a dormi sa maîtresse la veille de son départ, se croyant bien caché et à l’abri . Il a peur. Il craint tous les hommes, et les seuls qu’il ose approcher, il ne le fait que si sa maîtresse est présente pour le protéger. J’avais réussi à le faire manger dans ma main lors d’un séjour à Granby, en présence de ma soeur. Mais à Montréal, loin de chez lui et seul avec moi, de surcroît, il n’y a rien à faire pour le moment. Je dois le laisser tranquille et ne rien forcer. Je me demande si des antidépresseurs et des anxiolytiques peuvent être prescrits aux minets paranos.










