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Publié le 14/06/2007 à 20:12
Par Réjean Mélançon
Humeur : Souriante

Par Réjean Mélançon
Rédigé le jeudi le 14 juin 2007

 








 J’ai acquis mon indépendance
 assez jeune.

En fait, j’avais 16 ans
 quand j’ai commencé
à voler de mes propres ailes.


Nous habitions Sept-Îles à l’époque et je me rappelle, alors que j’étais étudiant en secondaire IV à l’école Gamache, que notre classe avait reçu la visite d’un représentant du collège Notre-Dame-de-Foy de Cap-Rouge, pour nous vanter avec diaporama à l’appui, les avantages d’aller étudier dans cet établissement. La présentation m’avait beaucoup impressionné, cela m’intéressait assez, mais je savais qu’il y avait des coût associés à la fréquentation de ce collège privé, et je savais également que nous n’en avions pas les moyens. Je n’en fis pas plus de cas sur le moment.

De retour à la maison, papa, qui en tant que directeur d’école, était au courant de la venue de ce recruteur, m’a, à ma grande surprise, demandé si j’étais intéressé à m’inscrire dans ce collège. Je ne me rappelle plus lequel de nous deux avait fait les démarches pour l’inscription. Ce fut sans doute lui, car à l’époque, je n’avais pas d’argent, n’ayant jamais travaillé, et comme il y avait des paiements à faire pour les frais de scolarité et pour le logement en résidence d’étudiants, il fallait bien que se soit lui qui se charge de cette petite formalité.

Alors me voila donc seul avec moi-même pour la première fois de ma vie, à plusieurs centaines de kilomètres de chez moi. Bien que très timide de nature, je n’étais nullement incommodé de me retrouver loin des miens. J’étais ravi de me retrouver là, cependant je n’avais pas encore réalisé que je devrais dans les faits, prendre ma destiné en main très rapidement.

J’avais un compte dans une caisse populaire de Sept-Îles dans lequel je déposais le peu d’argent de poche que je recevais à l’époque. Et comme ce magot était loin d’être suffisant pour acquitter ma pension et mes frais de subsistance, j’ai fais ce que tout bon fils qui se respecte fait en pareille circonstance, j’ai téléphoné à papa pour lui demander des sous. Papa m’a rassuré en me disant que l’argent serait sur mon compte dans les prochains jours. Ce qui fut fait.

L’été venu, de retour dans ma famille à Sept-Îles, j’ai appris que je devais me rendre à la caisse populaire pour signer quelques papiers. Ce que j’ignorais c’est que papa qui connaissait bien le gérant de la caisse, avait pris arrangement en mon nom pour un prêt étudiant. Je devais donc officialiser cet emprunt par ma signature. J’étais devenu, avec une simple petite signature, un homme responsable à 16 ans. Je n’ai pas à vous dire que cet été là, je l’ai passé à travailler pour payer une partie de ma session suivante.

De retour à Cap-Rouge, comme mes revenus de l’été ne couvraient qu’une partie de mes dépenses, je fus obligé de travailler comme portier et téléphoniste de la résidence d’étudiants où j’habitais; j’étais aussi responsable du petit magasin d’articles scolaires qui s‘y trouvait. J’étais autosuffisant.

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