Par Réjean Mélançon
Rédigé le dimanche 19 août 2007
Kahlil Gibran
« Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même,
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter,
pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux,
mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s'attarde avec hier. »
Tiré du livre « Le prophète » de Kahlil Gibran
Pendant ma vie d’adulte, je me suis souvent culpabilisé face à mes parents. Cette culpabilisation était généralement causé par la rudesse occasionnelle de certaines de mes réponses à des questions que je ne souhaitais pas entendre parce que j’avais peur d’y répondre.
Maintenant que j’y pense, je réalise que ma réaction d’alors était en soit une forme d’aveu implicite de mon tourment, à laquelle aucun des deux n’était dupe, bien au contraire.
Il m’arrivait souvent de souhaiter être seul au monde, sans famille, tellement je désirais faire honneur aux miens, alors que je me considérais comme un grand déshonneur dans tout ce que j’entreprenais et aussi à cause de ce que je n’osais pas avouer à l’époque, c’est-à-dire mon homosexualité.
Eh oui, « Mr. le grand poète imbu de lui-même » c’était cela la grande rudesse dont je faisais montre envers mes parents et plus particulièrement envers ma mère, puisque c’était peut-être elle qui s’intéressait le plus aux problèmes de son grand garçon. Elle n’insistait jamais, comprenant sans doute ma gêne; on passait rapidement à un autre sujet de conversation et tout redevenait beau entre nous. Il y a toujours eu beaucoup d’amour dans ma famille et c’est toujours le cas aujourd’hui.
« Les parents transmettent la vie, celle-ci ne s’engage en retour ni à accoler aux
enfants l’étiquette de débiteurs, ni à reconnaître aux parents, des droits de créanciers.
L’amour ne peut se monnayer. »
Tiré d’un essai philosophique
« Le fils ingrat » de Jean-Claude Mélançon
Pour mes frères et mes soeurs, ainsi que pour moi-même, il n’y avait pas de sentiment d’obligation envers nos parents, il n’y avait que de l’amour.
Je ne me suis jamais senti débiteur envers mes parents. Je les aimais à ma façon, malgré mon apparente dureté. Et, tout en essayant de vaincre mes démons par mes propres moyens, j’espérais, en esquivant leurs questions trop embarrassantes, éviter de leur causer la moindre peine.
Non, je ne suis pas le fils ingrat, et je ne crois pas que nul enfant de ce monde puisse mérité un tel titre.










