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Publié le 19/08/2007 à 19:35
Par Réjean Mélançon

Par Réjean Mélançon
Rédigé le dimanche 19 août 2007


Kahlil Gibran

« Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même,
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter,
pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux,
mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s'attarde avec hier. 
»


Tiré du livre « Le prophète » de Kahlil Gibran


 

Pendant ma vie d’adulte, je me suis souvent culpabilisé face à mes parents. Cette culpabilisation était généralement causé par la rudesse occasionnelle de certaines de mes réponses à des questions que je ne souhaitais pas entendre parce que j’avais peur d’y répondre.

Maintenant que j’y pense, je réalise que ma réaction d’alors était en soit une forme d’aveu implicite de mon tourment, à laquelle aucun des deux n’était dupe, bien au contraire.

Il m’arrivait souvent de souhaiter être seul au monde, sans famille, tellement je désirais faire honneur aux miens, alors que je me considérais comme un grand déshonneur dans tout ce que j’entreprenais et aussi à cause de ce que je n’osais pas avouer à l’époque, c’est-à-dire mon homosexualité.

Eh oui, « Mr. le grand poète imbu de lui-même » c’était cela la grande rudesse dont je faisais montre envers mes parents et plus particulièrement envers ma mère, puisque c’était peut-être elle qui s’intéressait le plus aux problèmes de son grand garçon. Elle n’insistait jamais, comprenant sans doute ma gêne; on passait rapidement à un autre sujet de conversation et tout redevenait beau entre nous. Il y a toujours eu beaucoup d’amour dans ma famille et c’est toujours le cas aujourd’hui.



« 
Les parents transmettent la vie, celle-ci ne s’engage en retour ni à accoler aux
enfants l’étiquette de débiteurs, ni à reconnaître aux parents, des droits de créanciers.
L’amour ne peut se monnayer.
 »

Tiré d’un essai philosophique
« Le fils ingrat » de Jean-Claude Mélançon

 

Pour mes frères et mes soeurs, ainsi que pour moi-même, il n’y avait pas de sentiment d’obligation envers nos parents, il n’y avait que de l’amour.

Je ne me suis jamais senti débiteur envers mes parents. Je les aimais à ma façon, malgré mon apparente dureté. Et, tout en essayant de vaincre mes démons par mes propres moyens, j’espérais, en esquivant leurs questions trop embarrassantes, éviter de leur causer la moindre peine.

Non, je ne suis pas le fils ingrat, et je ne crois pas que nul enfant de ce monde puisse mérité un tel titre.

Publié le 19/08/2007 à 02:39
Par Réjean Mélançon

Par Réjean Mélançon
Rédigé le samedi 18 août 2007




Le voyage de mes soeurs s’est avéré être un plein succès, et tel que prévu, Zacharie est sorti de dessous les couvertures du lit de sa maîtresse quand cette dernière a fait son entrée dans l’appartement. Il râlait beaucoup plus qu’il ne ronronnait, mais semblait ne pas avoir trop souffert de son auto séquestration.

Les vacances sont désormais terminées, et me voici de retour dans mon train-train quotidien. Bien que je sois heureux d’être revenu chez moi, je suis néanmoins pris d’un irrépressible sentiment de vague à l’âme qui ne me quitte plus. Je redeviens observateur de ce qui m’entoure et ce que j’y vois me rend triste. J’essaie aussi d’imaginer le futur de l’humanité et en le voyant noir, je perturbe mon présent.

Je joue à la sibylle, et ne voyant que des mauvais présages qui ne cessent de s’accumuler, je deviens de moins en moins optimiste quant à l’issue de la folie des hommes. Je me dis qu’il est grand temps de commencer à engranger un maximum de beaux souvenirs, afin de se rappeler lorsque les temps seront devenu durs, que dans les temps passés, il faisait bon vivre sur Gaïa.

Plusieurs d’entre vous se rappelleront peut-être le film de Richard Fleischer sorti en 1973, « Soleil vert », mettant en vedette Charlton Heston. Ce film dépeint un avenir sombre dans une société ayant épuisé toutes ses ressources naturelles et détruit la nature. De ce film, je n’ai retenu qu’une seule scène, soit celle où un vieil homme ayant décidé de mourir, se rend dans un foyer spécialisé à cette fin. Après qu’on lui eut injecté le poison qui le tuerait, il avait le droit pour ses dernières minutes de vie, d’assister à un diaporama montrant des images magnifiques de la nature telle qu’elle était, dans un passé lointain, au moment de sa jeunesse.

Le film « Soleil vert » décrit-il notre avenir actuel? C’est à l’homme d’en décider.

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