Précédent Créer son blog Suivant Signaler un abus Noter :  
Ma photo
Les chroniques de la porte bleue
Contactez-moi
Mail :
Mon calendrier
< Oct. 2007 >
L M M J V S D
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031    
Agrégateurs RSS
bloglines
google
netvibes
newsburst
newsgator
pluck
yahoo
Publié le 19/10/2007 à 04:05
Par Réjean Mélançon

Par Réjean Mélançon
Rédigé le jeudi 18 octobre 2007

 

HIVER SOMBRE
Épisode 8

 

Dans ce milieu si « charmant », tout le monde parle généralement à tout le monde, et tout le monde parle dans le dos de tout le monde, mais on ne prend pas nécessairement les moyens nécessaires pour empêcher que les personnes concernées par les commérages, entendent ce qui ce dit à leur sujet. L’insonorisation des lieux laisse beaucoup à désirer au Carrefour, et même au dernier étage, on entendait souvent des conversations plutôt inamicales pouvant provenir même du sous-sol, qui se trouvait trois étages plus bas.

J’ouvre ici, une petite parenthèse... Plusieurs parmi vous, savez déjà que le Biquet est homo, évidemment, au Carrefour Lajeunesse, tout le monde le sait aussi. Au cours d’une soirée de cet été 2003, passée en compagnie de Gros Pierre et d’une bouteille de vodka qu’on se partageait tous les deux, Gros Pierre fit une confidence au Biquet, lui laissant entendre qu’un de ses amis, dont je tairai évidemment le nom, aimait lui rendre, en échange de bière, quelques petits services d’ordre sexuel... J’ai très vite saisi l’allusion et lui ai clairement fait comprendre que je ne rendais pas ce genre de service. Pierre revint sur le sujet à un autre moment au cours de cet été là, me disant encore, que cet ami aimait beaucoup « son instrument »... Je n’en fis évidemment pas plus de cas, cette fois là aussi... Fermons la parenthèse !!!

Nous étions en janvier 2004, tout les habitants du Carrefour étaient désormais au fait que le caractère du Biquet avait considérablement changé, et on s’inquiétait du fait qu’il ne sortait presque plus de chez lui. On savait Biquet en froid avec son « meilleur ami » local et ils avaient tous entendu les engueulades qui s’étaient produites entre lui et Gros Pierre, depuis le début de l’Année.

Cette situation a entraîné un après-midi, une conversation très animée dans la cage d’escalier, presque au niveau de l’étage du Biquet. J’ai reconnu plusieurs voix dont celles de Gros Pierre et de mon ex « meilleur ami »... Le sujet de conversation portait évidemment sur ma personne et je pouvais entendre pratiquement tout ce qui se disait.

Gros Pierre - « Tu t’tiens pu avec ta tapette » ?

Ex « meilleur ami » - « Ch’pense quiai en train d’virer guerlot »...

Et autres commentaires du même genre...

Biquet-Hyde fulminait, et là, je dois l’avouer, en entendant ces échanges, il est même devenu, complètement hystérique. Il n’a pas pu s’empêcher de sortir de son appartement pour dire sa façon de penser à ces polissons, et pour les enjoindre en mots pas très catholiques, d’entrer dans son appartement s’ils voulaient tant parler de lui... Il y eut de nouvelles engueulades avec Gros Pierre, avant que je réintègre mon trou en claquant la porte. Gros Pierre décida de retourner à sa chambre, lui aussi, en compagnie d’un de ses amis, non sans m’invectiver abondamment en passant: « Hostie d’Christ de tapette... ». Biquet-Hyde n’avait pas terminé, il sorti de nouveau pour augmenter les enchères au niveau des insultes, et Pierre, de chez lui, enchérissait encore plus. Biquet-Hyde asséna alors le grand coup... Les confidences sexuelles du Gros, il ne se gêna pas pour les crier à tue-tête pour que tout le Carrefour Lajeunesse l’entende. Et puis une fois satisfait, il réintégra son appartement en claquant de nouveau la porte.

Le silence devint lourd, et peu de temps après, le copain de Pierre décida de se retirer. C’est alors que Gros Pierre explosa. Si Biquet-Hyde gueulait beaucoup et fort, Gros Pierre pouvait gueuler tout autant, mais en y ajoutant le geste.

D’habitude, Biquet-Hyde, a assez de culot pour affronter son adversaire verbalement, face à face, au risque même de s’attirer des mauvais coups, ce qui a d’ailleurs failli se produire, deux ans plus tard, toujours avec Gros Pierre, peu de temps avant que ce dernier soit finalement expulsé. Mais là, Biquet-Hyde, devant la violence de la tempête qu’il avait provoquée, jugea plus sage de rester coi.

Quand la fureur de Gros Pierre est déchaînée, chacun reste chez soi et attend que la tempête se calme. Gros Pierre passa de la porte de mon appartement donnant sur le corridor à celle donnant sur mon balcon, en les martelant tour à tour de coups de poings et de pieds. Serez-vous surpris d’apprendre que la chétive porte en planches fermant le cabanon a pratiquement volé en éclats d’un simple coup de pied.

Voyant cela, Biquet-Hyde n’eut d’autre choix que de sortir son Laguiole et de se tenir prêt. J’étais fermement décidé à m’en servir si jamais il défonçait l’une de mes portes. Heureusement pour moi, Gros Pierre est un homme malade des poumons, et il s’épuise très rapidement. Il ne tarda pas à retourner chez lui non sans continuer à vociférer après moi pendant un bon moment encore. Il devait sans doute lui rester plusieurs bières car les sons se firent petit à petit moins distincts.

Le calme revint enfin au Carrefour Lajeunesse, mais dans la tête du Biquet, quel gâchis il y avait !!! Il était en train de retomber en dépression profonde, et il lui faudra bien tout l’hiver et une partie du printemps pour retrouver un semblant de courage.

Trafic
3 connectés
32038 visiteurs