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Publié le 25/10/2007 à 21:52
Par Réjean Mélançon
Humeur : Gaie

Par Réjean Mélançon
Rédigé le jeudi 25 octobre 2007


 

INSTANT DE BÉATITUDE
Épisode 11

 
Sosie de Rocky


Tout est relatif, j’aime à le répéter souvent. Pour certain, le Carrefour Lajeunesse serait un enfer insupportable, pour moi, il a été à plusieurs reprises, un véritable paradis.

Même si j’ai bel et bien passé à travers un enfer, j’en étais en grande partie, l’unique responsable, tout simplement parce que je me détestais, et que je me laissais retomber dans mon état dépressif, en négligeant ma médication ou le plus souvent, en la neutralisant par un abus de bière, de vin et de marijuana. Cet état dépressif qui me rendait extrêmement irritable, était suffisant pour envenimer mes relations avec les locataires et pour me rendre par ma propre faute, encore plus malheureux. Mais, cette crise une fois surmontée, je reprenais tout doucement contact avec chacun de mes garçons, qui sans faire plus de façon, reprenaient là où les choses s’étaient arrêtées. Même si Biquet tempêtait, même s’il criait et qu’il râlait fréquemment dans ces moments sombres, ces derniers étaient capables de faire montre de patience et d’attendre tout simplement, en m’ignorant totalement, que je retrouve mes esprits. Les gens dits normaux peuvent-ils tous en faire autant, ou m’auraient-ils tous rejeté comme une vieille savate désagréable?

C’est pour cela que je les aime tant ces gaillards, même s’ils me faisaient souvent râler. Comment ne pas se sentir attendri devant eux, quand un était occupé à débuguer l’ordinateur qu’il m’avait prêté pour me tenir occuper, en chantonnant, le sourire aux lèvres, pendant qu’un autre était à quatre pattes en train de couper et d’aérer le tabac en vrac que le Biquet fumait à l’époque, en vue de le rendre plus léger et meilleur au goût. Tous ces petits services qu’ils me rendaient, n’étaient bien souvent que des prétextes pour rester chez moi, quand on n’avait plus rien à dire. Pendant ce temps, Rocky, bien repu, venait faire un petit roupillon sur les genoux de son tonton Biquet.

Et puis il y avait tous ces moments de confidences qu’ils aimaient me faire lorsqu’ils avaient la chance de se retrouver seul avec moi. Il y avait aussi ce fameux rire du Biquet qu’on se plaisait tant à noter, tellement ils le trouvaient savoureux. Avec le temps, le terme « biquet », venant de leurs bouches, sonnait de plus en plus comme un mot gentil, rempli de tendresse.

Que de bons souvenirs avec ma famille élargie, mes deux fistons, mes deux grands frères, Pierre étant l’un d’eux, mon Rocky adoré. Il y avait aussi ce lien très fort qui me liait à mon préféré, pour ne pas dire mon « amour platonique ».

Il y a eu des moments tendres, joyeux, tristes, cocasses, pathétiques aussi. Je reviendrai sur tout cela.

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