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Publié le 24/02/2008 à 23:34
Par Réjean Mélançon
Par Réjean Mélançon Rédigé le dimanche 24 février 2008  Oui, les fées existent !
« L'effet sur mon coeur, qui donc y pense ? »
C’est cette toute petite phrase issue d’un poème écrit par une amie, une maman au cœur brisé, qui m’incite à vous écrire aujourd’hui. Et en le faisant, je pense aussi à d’autres mamans qui ont vues aussi leur cœur brisé par la barrière qui s’est créée entre elles et le fruit de leur sein. L’une de mes petites sœurs ressent la même blessure, ma propre maman en fut une autre.
C’est un grand garçon, maintenant, il a trente deux ans. Je ne vais évidemment pas entrer dans les détails, mais voilà, il a décidé de couper les ponts avec toute sa famille, même avec sa mère, ma petite sœur. C’est en partie à cela que mène une dépression; j’ai moi-même déjà songé à cette solution drastique envers les miens, il n’y a pas si longtemps.
Une histoire, avec quelques similarités, réuni ma sœur et mon amie, sauf qu’avec cette dernière, c’est sa jeune fille adolescente qui est cause de sa souffrance de maman.
Le monde étant ce qu’il est, il ne faut pas se surprendre de voir ce fléau dépresseur se multiplier de façon quasi exponentielle. Certains parents auraient tendance à se culpabiliser, mais se serait trop facile de leur jeter le blâme. Un petit accroc sans importance à la maison ou à l’école, peut facilement chez une âme hypersensible, se transformer en montagne infranchissable, une fois que la société imbue d’elle-même et de ses principes, vient jeter ses pavés dans l’esprit des enfants.
J’adorais ma mère et je chérie sa mémoire. Elle a vécu avec son temps, avec les préjugés de son temps… Une petite remarque, qui aurait pu être anodine pour n’importe quelle autre personne, sur une cousine lesbienne, a eu chez moi, durant mon adolescence troublée par la découverte de mon homosexualité, l’effet d’une bombe de destruction massive.
Il m’a fallu une vie pour assumer, j’apprend à peine à me relever.
Tout cela pour vous dire, que peut importe le ou les petits accrocs qui se cachent derrière chaque histoire, chaque personne est responsable d’elle-même et de la perception qu’elle se fait d’elle-même. Sonny et Laura ne sont pas différents de moi. Ils ont tous les deux, tout comme moi, atteint le seuil de la grande question existentielle sur le véritable but de la vie. Ce sera à eux de trouver leurs propres réponses, comme je travaille encore à trouver les miennes.
Petites mamans au cœur brisé, je comprends votre douleur. J’ai moi aussi brisé celui de celle que je chéris plus que tout au monde, et ce, quelques semaines à peine avant son décès. Elle seule et son médecin, savaient qu’elle allait mourir. Elle n’en disait mot à personne, pour ne pas nous perturber. Elle voulait profiter de ses derniers instants en savourant son bonheur de vivre avec ceux qu’elle appelait « SA VIE ».
Le 9 août 1987 était le 35ième anniversaire de mariage de mes parents. Elle voulait le fêter dignement.
Cet été là, s’était organisée à la salle paroissiale du village de Ste-Élisabeth où mes parents habitaient, une grande fête réunissant tous les couples ayant fêté 30 ans de mariage ou plus; évidemment, tous les enfants et petits enfant étaient aussi conviés. Ma mère avait décidé que notre famille participerait aussi et elle a acheté les billets pour tous ses enfants et petits enfants. Il a fallu que je me fasse tirer l’oreille pour que j’accepte de participer à la fête. Je ne pensais qu’à mes propres problèmes, comme un sale égoïste. À aucun moment je n’ai pensé à elle au cours de cette soirée, je ne faisais que râler et penser à mes tourments. Finalement, à bout de patience, je les ai tous planté là et je suis rentré chez moi, sans penser une seconde à la peine que je causais à ma mère.
Je l’ai revu l’avant-veille de sa mort sur son lit d’hôpital, j’étais seul avec elle, et à la façon dont elle me regardait, je sentais bien qu’elle connaissait mon drame et qu’elle ne souhaitait qu’une chose, c’est que je m’ouvre enfin. Je n’ai jamais pu le faire et se sera le plus grand regret de toute ma vie.
Alors, petites mamans, dites-vous bien que vos enfants vous aiment, quoiqu’ils disent, quoiqu’ils fassent. Avec de la chance, ils réussiront à s’ouvrir plus vite que moi je n’ai fait et qui sait ce que l’avenir vous réserve encore de joies auprès de vos joies.
Publié le 22/02/2008 à 20:44
Par Réjean Mélançon
Par Réjean Mélançon Rédigé le vendredi 22 février 2008

Je ressens trop souvent mon impuissance face au désarroi de ceux que j’aime. Je ne peux actuellement, dans l’isolement que j’ai créé autour de moi, que rester là, assis comme un quasi zombie, à penser à tous leurs tourments.
Pourquoi me diriez-vous, si ce n’est pas mon problème et que de toute façon je n’y peux rien ?
Hé bien, c’est comme ça, tout simplement, c’est comme ça que je suis. J’accorde habituellement à l’autre, plus d’importance qu’à ma propre personne, et c’est en grande partie pour cette raison, que je m’isole, afin de me protéger, du moins, c’est-ce que je croyais. Mais le destin a le don de nous remettre rapidement sur les rails qui avaient été préalablement forgées pour nous, avant notre venue au monde.
Dans mon isolement j’ai redécouvert l’internet et les blogs que je peux y faire. Au fil des mois et des jours, je m’y suis fait d’excellents amis, bien plus que virtuels, ils sont véritables, dans le plus pur sens du terme. Et vous savez quoi ? Oui, je suis sûr que vous vous en doutez déjà, pour eux aussi, je me fais du mauvais sang ! Le destin m’a rattrapé de nouveau.
Ma destinée, mon karma… !!! En regardant de plus prêt dans les méandres de mon esprit, je m’aperçois que je suis un être foncièrement égoïste tout compte fait. Cette pulsion irrésistible que j’ai envers les autres dans la détresse ne peut que m’être insufflé par mon âme à travers ma porte bleue; aurait-elle pour but de me faire comprendre de nouvelles leçons sur le sens de la vie ? J’en suis certain maintenant.
Je suis une partie d’un tout, et pour que j’aille bien, il est impératif que ce tout soit harmonieux.
Si les problèmes des autres n’étaient pas mes problèmes et que de toute façon je n’y pouvais rien, selon vous, alors, que devrais-je conclure de mon séjour au Carrefour Lajeunesse, lorsque tous ces hommes endurcis par leur vie de misères, génératrice de méfaits, de toxicomanie et d’alcoolisme, faisaient presque la queue à ma porte pour venir simplement se confier à moi ? Que devrais-je conclure de tous ces courriels, voir même de ces commentaires reçus sur mon blog (Quebecblog) de la part de lecteurs assidus, pour me confier leurs états d’âme ?
La compassion et l’empathie auraient donc plus de pouvoir que je ne l’aurais jamais cru dans mon passé égoïste où je ne faisais que pleurer sur ma petite personne, qui était alors le centre de l’Univers.
Le destin fait bien les choses quoiqu’en pense les plus malheureux. Cela peut sembler cruel à dire, mais dans tout ce qui peut nous arriver, même dans la souffrance la plus grande, il est possible d’y trouver de la lumière sur un aspect fondamental de soi-même. C’est à L’ÊTRE qu’incombe la tâche d’amorcer en lui-même, une réelle introspection. S’il n’y avait que cela que j’avais appris au cours de ma vie, j’estimerais néanmoins qu’elle avait value d’être vécue.
Publié le 13/02/2008 à 07:07
Par Réjean Mélançon
Par Réjean Mélançon Rédigé le mardi 12 février 2008

Tu te fais appelé « Le Brave » depuis ton enfance, et c’est sous ce vocable que tous te connaissent et t’interpellent. Tu es un dur, un mâle, un vrai ! Un univers entier nous sépare et pourtant… nous sommes si proches, comme s’il y avait un trou de vers qui perçait le mur de l’espace-temps, nous faisant économiser le trajet de dizaines de milliard d’années à la vitesse de la lumière.
Sais-tu mon Brave, que je ne peux penser à toi s’en m’émouvoir ? Tu m’as souvent fait râler, oui mais, je sais maintenant voir sous ta carapace.
Ton passé t’appartient tout comme ton présent d’ailleurs, je ne te juge pas. Comment le pourrais-je quand tu me parles si bien du hockey, des Beatles, de jazz et d’Aznavour. Ton grand Charlie comme tu te plais à l’appeler, tu dois bien avoir tous ses disques. D’ailleurs, c’est toi qui me l’a fait redécouvrir, pour ma plus grande joie. Et puis il y a toutes ces conversations qu’on a eu ensemble et qu’on a encore à l’occasion, où j’ai l’opportunité d’admirer ta grande intelligence, ta logique implacable et toutes ces connaissances que tu as glanées par toi-même à force de lecture. Il n’est pas toujours nécessaire d’aller dans les grandes écoles pour apprendre. C’est à l’école de la vie qu’on apprend le gros bon sens.
J’aimais beaucoup aussi, quand je vivais encore là-bas, te recevoir chez moi et te voir t’installer devant l’ordinateur qui était à ma disposition, dans le but d’affronter le logiciel Chessmaster 9000 à son niveau le plus élevé, cela devait bien faire entre 2700 et 2800 points ELO, je crois, et tu es arrivé à le battre à quelques reprises, sous mes yeux émerveillés, sans compter toutes ces parties que tu as su mener jusqu'à la NULLE. Tu fais parti de mes bons moments passés au Carrefour Lajeunesse. Et j’ai encore la joie de te recevoir dans mon nouveau Carrefour.
Cela fera bientôt un an que j’ai quitté ce lieu d’amour et d’enfer. On ne peut comprendre cet environnement si on n’y a pas vraiment vécu. Les mots à eux seuls ne peuvent exprimer toute l’étendue de la misère qui y règne, véritable toile d’araignée dépassant largement le cadre de toutes les frontières.
Comme je te comprends de vouloir quitter cet endroit toi aussi. Mais en attendant, tu as plein d’autres chats à fouetter. Tu m’as dit que je te manquais, n’étant plus là pour débattre avec toi. Les rares occasions que tu as de venir me voir dans ma nouvelle demeure se font très espacées. Heureusement que tu as encore ton petit chien, l’unique famille qui te reste, qui veuille encore de toi, il est véritablement ton enfant et je sais à quel point il est tout pour toi.
Je le revois, ce petit chien gambadant joyeusement dans la neige épaisse fraîchement tombée, ses deux oreilles battant au vent, toutes deux bien synchrone avec son mouvement, pendant que toi, tu le regardais aller, je le sais, le cœur ému, en te disant, huit ans déjà ! Comme le temps s’écoule vite pour ton unique famille. Qu’adviendra-t-il le moment venu, tu y songes déjà à cette séparation. Je pouvais le voir bien clairement, par ces deux petites larmes qui perlaient au coin de tes yeux. Et subitement tu éclatais d’un rire sonore et bien gras, comme le ferait le grand géant vert de la publicité sur les petits pois verts.
Tu dois rester fort, n’est-ce pas, mon Brave ?
Publié le 11/02/2008 à 05:08
Par Réjean Mélançon
Par Réjean Mélançon Rédigé le dimanche 10 février 2008
 Là-bas les anges pleurent aussi
Je ne connais rien de plus triste que de voir une personne descendre tellement bas, qu’elle en cherche à mourir; et avez-vous constaté à quel point, plus le suicidé sera jeune et plus le cercle des personnes affectées sera grand ?
Si je me décide à reprendre la plume, vous devez vous douter que c’est pour défouler le trop-plein d’émotions qui circulent en moi et aussi parce que je ne fais que penser à Laura et à tous ses proches.
J’ai lu chez toi, Fred, que tu te culpabilisais à propos de cette tentative de suicide; tu ne devrais pas le faire. Laura avait besoin d’un électrochoc.
Ce que Laura a vécu, je l’ai vécu moi aussi. Je ne connais rien de son histoire, mais de ce que j’en sais, en regard des derniers événements, je crois que personne au monde, pas même un psychiatre, n’aurait pu lui faire abandonner sa décision d’en finir. Tu l’as toi-même reconnu, Fred. Si le geste que tu as posé a provoqué la mise en application de ce recours ultime, et bien cela, se sera avéré en bout de ligne, le miracle qui l’aura sauvé. Elle est désormais entre bonnes mains, tout comme moi je l’ai été après ce que j’ai convenu d’appeler, mon petit miracle: un simple coup de téléphone auquel je n’ai jamais répondu.
Crois-moi quand je dis que je suis béni des Dieux, j’ai eu une chance pas possible, car je me serais suicidé plusieurs fois. Ma crise de 2001 aurait été la bonne, n’eut été mon petit miracle.
Pour ce qui suit, je ne parle que pour moi:
N’allez pas croire que cette pulsion n’est plus en moi. Elle y est toujours, gardé bien précieusement dans ma mémoire, mais, j’ai appris à m’en faire une béquille qui m’aide à surmonter mes moments les plus sombres (sur ce sujet, je me comprends et je préfère ne pas m’étendre). Soyez toutefois rassurés, j’ai aussi pour m’appuyer dans mon kit de survie, une bonne dose d’antidépresseurs ainsi que beaucoup d’amour !!!
Qui sait, il y aura peut-être un jour une pilule miracle qui règlera définitivement les problèmes de dépression !!!
Laura possède déjà pour l’aider à surmonter sa détresse, l’essentiel de son kit de survie, il ne lui manque que sa béquille. Si elle est aussi têtue et indépendante que moi je voulais l’être, c’est elle qui la choisira en bout de ligne. J’ai opté pour l’indépendance, mais j’y ai mêlé un peu de sagesse en acceptant de m’appuyer un peu sur ceux qui m’offrent leur soutien et que j’aime.
Il ne reste à espérer qu’elle optera pour un minimum de sagesse… en s’appuyant davantage sur maman, papa et les amis.
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