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Publié le 30/12/2007 à 22:41
Par Réjean Mélançon
Par Réjean Mélançon
Rédigé le dimanche 30 décembre 2007





Ma victoire sera concrétisée le jour où je ne douterai plus de moi.

Alors, que dois-je conclure de cette année 2007 qui vient de se terminer? Une chose est sure, le doute existe encore; je devrai reporter cet espoir pour 2008.

2007 a vu mon quotidien s’apaiser considérablement, ce qui est en soit une bonne nouvelle, bien qu’il ait fallu que je fuis une fois de plus et que je m’isole, pour que cela arrive. Je n’ai pas encore appris ma leçon, je ne sais toujours pas comment affronter mes phobies, et présentement, je ne vis que dans le virtuel.

Lorsque je suis arrivé au Carrefour Lajeunesse en mars 2003, j’approchais mes cinquante ans. Déjà à l’époque, je rêvais du jour où j’atteindrais ma cinquante-cinquième année... J’avais abandonné la lutte. Encore cinq mois d’attente et ce sera chose faite. Cinquante cinq ans c’est l’âge de la mise officieuse au rancart... Dans le jargon gouvernemental, je ne suis plus apte au travail sans contrainte, je serai désormais un apte au travail avec contraintes temporaires, éligible à une surprime de 117$ par mois. J’aurais donc passé cinq longues années, en partie dans l’angoisse perpétuelle, à espérer la venue de ce jour anniversaire... Maigre victoire!!!

Au moins je me dis que le facteur économique sera un peu moins lourd sur mes épaules, que je pourrai me consacrer à réfléchir avec un peu plus de sérénité, à un meilleur moyen d’améliorer mon quotidien, et qui sait, en venir peut-être un jour, à sortir des crochets de cette aide de pitié, dont je ne peux me passer pour le moment.

2007 m’a permis de découvrir que je pouvais écrire et que je pouvais être lu. Cela seul, compte déjà pour beaucoup.

2008 me permettra avec mon petit surplus budgétaire, de sortir un peu, ne serait-ce que pour m’attabler quelque part pour déguster tranquillement un café, tout en observant la vie autour de moi. Ce sera peut-être le début de la fin de mon isolement. Je peux rêver.

Somme toute, le bilan de 2007, quoique très léger, n’en demeure pas moins positif.

Mes espérances pour 2008, quoique modestes, n’en demeurent pas moins intéressantes et relativement stimulantes. Cette année s’annoncerait être un bon cru, pour mon petit domaine.

« Une journée à la fois » demeurera mon leitmotiv pour la nouvelle année. Je tâcherai de ne regarder qu’en avant. Je veux continuer à écrire. J’aimerais asseoir ma sérénité présente et m’imaginer rempli d’assurance.

Tout comme les gazelles de Saint-Exupéry, recluses dans leur maison de treillis, j’aimerais pouvoir sortir de ma cage, pour vivre ma VÉRITÉ... Retrouver ma dignité D’HOMME, l’estime et le véritable AMOUR de MOI… Le reste ira de surcroît !!!

Publié le 20/12/2007 à 23:04
Par Réjean Mélançon

Par Réjean Mélançon

Rédigé le jeudi 20 décembre 2007



 



White Christmas... J’écoute avec délice et beaucoup d’émotions, toutes ces chansons de Noël qu’on diffuse inlassablement à la radio.

L’approche de Noël me fait immanquablement penser à mon père, à ma mère, à mon petit frère Gaétan, ce compagnon gémellaire qui ne me fut prêté que le temps de ma conception; ce sentiment de manque indéfinissable et toujours persistant, est-ce lui? Je pense également à ce petit MOI de 10 ans, innocent de candeur et très heureux de se retrouver à cette période de l’année.

La nostalgie m’envahit !!! Un sentiment variable que me fait vivre une kyrielle d’émotions disparates, parfois gaies, parfois tristes ou pathétiques. Ce sont les souvenirs joyeux de mon enfance, les souvenirs mitigés de ma vie d’adulte, la prise de conscience de mes dernières années, mon besoin d’accomplissement freiné par mes peurs et mon apathie. C’est aussi, cette misère omniprésente dans le monde, dont les images sont malheureusement trop souvent occultées par celles plus joyeuses de la joie et de la gaîté, afin de garder intacte la sérénité des mieux nantis. Ce sont aussi les encouragements que je reçois, mes petites victoires toutes simples qui se succèdent et tous les espoirs qui me sont désormais permis.

Que pourrais-je vous souhaitez pour cette période des Fêtes? Qu’est-ce qui est le plus essentiel pour chacun d’entre vous? Retrouver sa dignité D’HOMME, l’estime et le véritable AMOUR de SOI... Le reste ira de surcroît !!!

Depuis son départ, je ne manque jamais de relire cette réflexion sur la nostalgie du temps des Fêtes, écrite par mon père. Je me permet d’en partager la lecture avec vous
.



 

LE BLUES DE NOËL

Réflexion sur la nostalgie.



Que la célébration de Noël soit joyeuse, décevante, ratée ou délibérément écartée, elle éveille en chacun la nostalgie. Ce sentiment naît à la faveur d’un coin de pénombre, d’un arôme de sapin, d’une rumeur de cantique, des ombres et des reflets de l’inconscient.

La nostalgie passe, fixe le regard dans le vide, lève des souvenirs flous et fugaces, entremêle des fantômes calmes et des murmures lointains.

La nostalgie goûte la mélancolie, l’inassouvissement, le désir imprécis mais insistant. Saint-Exupéry avait observé des gazelles nées en captivité, enfermées dans une maison de treillis en plein air; des gazelles abritées, supposément apprivoisées, se comportant comme telles. « Mais vient le jour où vous les retrouverez, pesant de leurs petites cornes contre l’enclos, dans la direction du désert. Elles sont aimantées ... Ce qu’elles cherchent, vous le savez, c’est l’étendue qui les accomplira. Elles veulent devenir gazelles et danser leur danse ... Peu importe les chacals, si la vérité des gazelles est de goûter la peur qui les contraint seules à se dépasser et tirer d’elles les plus hautes voltiges. Vous les regardez et vous songez; les voilà prises de nostalgie. La nostalgie, c’est le désir dont on ne sait quoi. Il existe, l’objet du désir, mais il n’a point de mot pour le dire ».

La nostalgie, chez la personne comme chez la gazelle, c’est peut-être une fièvre de l’instinct, une plainte de l’espèce, un soupir de l’atavisme, une bulle de l’inconscient.

Comme la gazelle, l’homme enclos se résigne mal à sa sécurité, à sa pitance dégradante. L’étendue ou l’élévation l’accompliraient, lui chuchote Noël. Sa vérité d’homme, c’est la liberté de courir à travers les dangers vers l’ivresse des limites, des sommets de son énergie, de son amour, de sa nature. La nostalgie lui vient peut-être de ses souvenirs d’enfance, mais surtout de l’appel presque étouffé de la personne en lui.

Quand Saint-Exupéry détache son regard sur la gazelle et le ramène sur lui-même, il compare: « Quelque chose d’essentiel nous manque que nous avons du mal à définir. Nous nous sentons moins Hommes, nous avons perdu quelque part, de mystérieuses prérogatives ».

La magie de Noël recueille, rassemble, transforme sous les chants du temps des fêtes, ses musiques, ses rires, ses cris, ses sanglots. Tout être qui veille dans le silence de cette nuit-là, perçoit une sorte d’acouphène modulé, une musique intérieure, lente, mélancolique, envoûtante, alors, comme jamais, les gazelles réveillées pèsent de leurs petites cornes contre l’enclos.

Les hommes nostalgiques frissonnent d’un voeu inexprimable; ils interrogent une étoile puis scrute la route, en arrière, en avant. C’est l’heure d’un mystérieux blues intime, vaguement suggestif et prophétique.


Jean-Claude Mélançon


 

Merci mon cher papa !!!


Un très Joyeux Noël à tous
et une Bonne et Heureuse Année 2008 !!!

 

Publié le 17/12/2007 à 22:54
Par Réjean Mélançon

Par Réjean Mélançon

Rédigé le lundi 17 décembre 2007


 

 

Éclat du fond des âges, mon inspiration,
Ce blanc éblouissant, couleurs au pluriel,
Ce blanc étincelant est fusion d’arc-en-ciel,
Qu’un prisme pur rétablit dans sa perfection.



Ma Porte Bleue lui servant de sentinelle,
Préserve ce feu divin, encore enfant,
Se gorgeant d’amour pour devenir un géant,
Ce MOI discret, cette âme éternelle.



Mon autre chemin aux allures de cristal,
Traduit ce blanc modulé en feux chatoyants.
Autant de couleurs, de souvenirs enivrants,
Myriades de tons nuançant mon mental.



Le langage de la lumière de l’âme,

c’est le langage des émotions, le seul qui soit universel.

Publié le 15/12/2007 à 22:27
Par Réjean Mélançon

Par Réjean Mélançon

Rédigé le mardi 15 décembre 2007


Moi                   et              Moi



Trop de personnes encore, considèrent le dépressif comme un lâche, un paresseux et autres qualificatifs pas toujours élogieux à son endroit. Le déprimé en est généralement conscient, pour avoir parfois lui-même considéré d’autres dépressifs, quand tout allait bien pour lui, de façon tout aussi méprisante. Et il en sera ainsi, tant et aussi longtemps que ce sain d’esprit n’aura pas ressenti lui-même, la paralysie psychologique due au manque de sérotonine.

J’ai la chance d’avoir pu surmonter la peur de cette image négative. Mais il n’en est pas ainsi pour tous, malheureusement.

En ce moment même, je pense à une personne très chère qui a choisi de s’isoler plutôt que de risquer les mauvais jugements. Je pense aussi au fait que nous sommes rendus à cette période de l’année qui est généralement la pire, pour un grand nombre de déprimés, j’entends par période, la saison hivernale et le joyeux Temps des Fêtes.

Personnellement, j’ai pris cette saison en aversion et ces festivités de fin d’année sont pour moi, comme une quasi torture. Mais cela pourrait changé !!!

Quel serait le plus beau cadeau de Noël que je pourrais me faire à moi-même? Parvenir à faire la paix définitive avec mon MOI ???

Et si j’ouvrais ma Porte Bleue, qu’est-ce que j’y verrais? Voyons voir !!!

Je m'installe confortablement pour mieux me concentrer. Je n'ai pas eu à attendre bien longtemps.

Je commence à en avoir l'habitude, et cet éclat d’un blanc éblouissant m'apparaît presque instantanément en parcourant tous les méandres de mon chemin de lumière. Ce blanc, d’immaculé qu’il était au départ, se diffracte en une myriade de couleurs que mon conscient interprète comme autant d’images et de sons différents.

Cette fois, l’image me parait floue et en teintes de gris. Nul doute possible, je sais qui il est et je sais quand on est. Je sais aussi que j’aurai besoin d’aide. Mais comment et quand lui demander son aide, tout en évitant de le perturber? Le temps des Fêtes... Noël 1963 lors de la messe de minuit... Il sera bien disposé, dans la ferveur de son enfance, à ouvrir sa Porte Bleue pour se brancher avec son âme.




Moi


Réjean !!!

« Kyrie eleison, Christe eleison, Kyrie eleison... » Dom Biquetto... Ne vois-tu pas que je suis en train de servir à la messe de minuit... « Et cum spiritu tuo » !!!

Réjean, j’ai juste besoin qu’au cours de cette messe de minuit, tu essais très fortement de te concentrer sur ton âme, afin d’ouvrir ta Petite Porte Bleue. Peux-tu faire ça pour moi ?

Ça me semble urgent...??? OK...!!!
« Dominus vobiscum » « Et cum spiritu tuo »

OK Dom Biquetto, mais ça me sera plus facile au moment des lectures et du sermon...

« Amen ».

Merci mon garçon, je te reviendrai plus tard vers la fin de la messe.

Ce nouveau MOI, me semble très mal en point...!!! D’accord je reste concentré sur ma Porte Bleue, et je vais penser... tiens... à notre frère Gaétan. J’attendrai ton retour.


Voilà, ça y est... Il a réussi. Comme je suis fier de cet enfant !!! Cet accroissement de lumière ne peut pas me nuire, bien au contraire. 
Je me concentre désormais sur mon MOI de 48 ans. Nous sommes le 18 octobre 2001. Demain je serai conduit en urgence au centre hospitalier Ste-Mary.


Réjean... Réjean... Est-ce que tu peux m’entendre et me voir?

Oui... (son de pleurs incontrôlables)...

Tu me permets de te tenir compagnie?

Oui, toi, je veux bien. Mais je ne veux voir personne d’autre.

Imagine que tu te blottis dans mes bras... Voilà, comme ça, c’est bien !!!

C’est une dépression que je suis en train de faire, n’est-ce pas ?

Tout à fait, mon grand, et toute une, je te prie de me croire. Tu es même dans une phase extrême... Si tu ne demandes pas une aide médicale de toute urgence, ta vie est en grand danger. Est-ce que tu as envie de me parler?

Tu te rappelles, cette émission que j’ai écoutée cet après-midi, à la télé ?

Oui, et paradoxalement, c’était au Canal Vie... Une émission portant sur la dépression nerveuse et présentant le vécu de quatre ex patients ayant souffert de cette maladie.

Je pensais à maman... Je lui demandais de m’attendre... Je n’avais plus bien longtemps à attendre... Le 18 octobre déjà... Les nuits froides sont pour bientôt; ça donc, et un 40 onces de vodka...

Je sais Réjean.

En attendant, je zappais pour passer d’une chaîne à l’autre et je suis tombé sur cette émission. C’est là que j’ai compris ce que j’avais et que j’avais besoin d’aide. Encore faut-il que je puisse la demander et l’obtenir cette aide.

Par où commencer? Comment aborder mon problème? Qu’est-ce que je dois leur dire? Vont-ils me croire? Pourquoi ma vie en est-elle rendue là?

J’avais tout, l’instruction, les bons emplois, est-il possible que j’ais tout foutu en l’air simplement parce que je suis gay? Ou parce que je n’ai jamais eu confiance en moi?

C’est tout ça en même temps, Réjean. Et je peux t’assurer que dans l’état où tu es rendu, tu n’auras aucune difficulté à te faire comprendre.

Je sais qu’en ce moment, tu n’en as pas la force, et tu te refuses d’appeler la famille à la rescousse, tellement tu as honte de toi et que tu crains leur réaction.

En ce moment, tu te dis que tu vas te rendre au CLSC dès son ouverture demain matin.

Moi je te dis qu’à ton réveil tu te sentiras un peu mieux et que tu décideras de ne pas aller au CLSC pour demander cette aide dont tu as besoin. Mais maman, doit sûrement veiller très fort sur toi en ce moment, car un coup de téléphone et un nom apparaissant sur ton afficheur, seront à eux seuls, suffisants pour te décider à agir dans le bon sens. Je ne t’en dis pas plus. Dès demain matin, tu seras entre bonnes mains !!!

Là, je tombe de sommeil... J’irai demain matin... C’est certain que j’irai !!!

Oh que oui !!! Dès que tu verras qui t’appelle, tu vas sortir de chez toi comme une balle pour te précipiter vers ton salut. Essaie de t’endormir maintenant, en ayant une pensée pour le petit garçon que tu étais à l’âge de 10 ans...

Celui qui se voyait éternel? Comme c’est loin tout ça, mais je m'en rappelle comme si c’était hier. Je te remercie pour ta compagnie. Bonne nuit!!!

Bonne nuit Réjean !!!


Je réalise que l’éclat sortant de ma Porte Bleue n’est pas aussi fort qu’au début de ma rencontre avec mon MOI de 48 ans, mais c’est sans importance, ce qui comptait avant tout, c’est que j’ais eu une force suffisante pour démarrer mon dialogue. Le petit a parfaitement joué son rôle.


Réjean, hé mon garçon es-tu encore là ?

Oui Dom Biquetto. Je sens que tout va bien se dérouler pour notre autre MOI, n’est-ce pas? D’ailleurs il n’y avait pas d’inquiétude à s’en faire, puisque tu es là !!!

Tu as raison, mon p’tit gars. Je tenais surtout à lui tenir un peu compagnie la veille de ce qui sera pour lui, l'une des journées les plus dures de sa vie.

N’oublie jamais l’époque de tes 10 ans, Réjean. Dans tes moments futurs les plus difficiles, le souvenir de ce simple épisode de ta vie, cette question cruciale que tu t’es posée et qui t’a permis d’ouvrir ta Petite Porte Bleue pour la première fois, sera la bouée de sauvetage de tes TOI futurs.

La messe de minuit est sur le point de se terminer. Je te sens déjà fébrile. Je sais ce que tu vas recevoir comme cadeau de Noël... J’ai même la photo sous les yeux !!!




 

Oh !!! Qu’est-ce que se sera ??? Dis le moi, s’il-te-plaît !!!

Il n’est pas question que je te le dise avant le temps, mais je sais que tu aimeras ça.

Un très Joyeux Noël Réjean et un grand, grand merci pour toute l'aide que tu m'as apportée ce soir. Allez je t’embrasse et à très bientôt !!!

Joyeux Noël à toi aussi... Tu sais, je ressens une drôle d’impression en ce qui te concerne !!!

Que ressens-tu ???

Il n’est pas question que je te le dise avant le temps, hi, hi, hi, mais je sais que tu en seras heureux !!!

...
« Dominus vobiscum »... « Et cum spiritu tuo »... « Ite missa est »...

A très bientôt Dom Biquetto !!!

Oh, en passant, que t'a apporté ton introspection concernant notre petit frère Gaétan ?

On en discutera une autre fois. Là c'est l'heure du réveillon après ce sera les cadeaux !!! Tu peux bien attendre un peu non !!! Bon je me sauve... bye !!!

Publié le 15/12/2007 à 22:08
Par Réjean Mélançon

Par Réjean Mélançon

Rédigé le samedi 8 décembre 2007


 

Moi               et                   Moi


L’éclat qui sort par ma Porte Bleue grande ouverte, me semble anormalement brillant aujourd’hui. Pourtant, je n’en fais pas plus de cas, sur le moment.

Comme j’en ai l’habitude, je m’installe confortablement pour observer mon présent qui en jaillit et défile devant mes yeux !!!

En ce moment, j’aperçois un autre jeunot, un autre moi-même. Il est à peine plus jeune que le précédent. Il a 16 ans, mais ne vous y fiez pas, malgré son petit sourire en coin, il a déjà quelques années perturbées derrière lui.

Nous sommes à Cap-Rouge, j’y suis étudiant pensionnaire, à des centaines de kilomètres des miens. J’aimais bien cette distance qui me séparait de ma famille, car ainsi, ils ne pouvaient pas être témoin de ma différence.



Tu n’as que ton cher Aurèle en tête. Je sais, c’est troublant pour toi, hein mon gars !!!

Mais comment le savez-vous? Et, qui êtes-vous? Où êtes-vous?

Regarde en toi-même Réjean et tu me verras. Je suis toi-même dans ton lointain futur et j’ai 54 ans.

Oui, je vous vois maintenant, mais comment est-ce possible?

Je peux te contacter à travers un canal très spécial qui se trouve en chacun de nous et que j’appelle Mon Trésor. Ma première visite temporelle c’est à ton TOI de 18 ans que je l’avais faite...

Je sais... Dom Biquetto !!!

Mais comment peux-tu savoir? C’est la première fois que je viens te voir !!!

C’est toi qui vient de me faire vivre une partie de ton premier dialogue, par le biais de ton canal. J’ai très bien ressenti toute l’émotion qui avait résultée de cette rencontre, dès l’instant où tu as commencé à m’en parler. En tout cas, ce MOI de 18 ans, n’avait pas semblé surpris par ta présence, il semblait même déjà te connaître !!!


C’est pourtant vrai !!! Maintenant que mon nouveau MOI m’y fait penser, je réalise que je n’y avais jamais porté attention. Et il connaissait mon nom de Dom Biquetto, tout comme cet autre MOI de 16 ans !!! Pourquoi n’y avais-je pas pensé plus tôt !!!

Mes différents MOI possèdent tous la même âme, mais à une étape différente de son évolution et dès qu’elles se rencontrent par l’entremise de mon canal, ces âmes ponctuelles se mettraient au diapason, jusqu’à un certain point toutefois, car elles doivent toutes vivre les expériences de ma vie avant de boucler la boucle. C’est de plus en plus fou !!!

Je pourrais comprendre que par le biais du canal, mon MOI de 16 ans soit devenu instantanément instruit de toute ma rencontre avec mon MOI de 18 ans, dès l’énoncé de ce dialogue. Mais comment expliquer le naturel et les connaissances du plus vieux, lors de notre rencontre ?


J’entend tes réflexions, Dom Biquetto, et je crois que je peux te répondre. Maintenant que je sais que l’ouverture de ton canal joue un rôle prépondérant dans les émotions que je perçois, je me rappelle avoir déjà ressenti une émotion très forte, un certain soir d’été. Il était alors question d’une photo de Maman et d’une photo de mon MOI de 18 ans, alors que tu étais à écrire une chronique sur un souvenir très pénible en relation avec notre nature homosexuelle. Si moi, je l’ai ressenti, lui l’a peut-être ressenti plus fortement encore, puisqu’il était le principal concerné et que tu pensais très fort à lui à ce moment là.

Tu ferais allusion à ma chronique intitulée: « Souvenirs enfouies ». Tu as sans doute raison, et j’ai souvent pensé à vous deux, tout au cours de mes chroniques.

Enfin, pour l’heure, je suis venu pour ton petit problème immédiat. Tu te poses des tas de questions sur toi-même, tu sais maintenant que tu es homosexuel et cela t’effraie. Tu te sens complètement à part des autres et tu en souffres énormément.

Ne regarde donc pas comme tu le fais présentement, le vide qu’il y a de la fenêtre de ta chambre, vers le sol au bas de l’édifice. Je sais qu’il t’attire parfois.

Ne serais-ce pas pourtant la meilleure solution?

Tu te rappelles comme je me cachais des miens... lorsque j’étais encore à Sept-Îles. Je me repliais toujours seul dans ma chambre au sous-sol, à me perdre dans mes rêves éveillés pour ne pas être seul, justement, c’est ça l’ironie. Pendant ce temps là, mon frère Yves et mes deux soeurs sortaient pour se tenir avec leurs amis.

Ici, au moins ils ne peuvent être témoins de ma solitude et de ma différence.

Te rappelles-tu tes dix ans, sur la rue Dequen à Sept-Îles? Une journée où tu étais à jouer dehors, tu t’étais arrêté pour te poser une question surprenante pour un si jeune garçon. Peux-tu voir ce à quoi je fais référence ?


Moi




Mais qui me parle? Est-ce vous, messieurs?


Voila que mon moi de dix ans vient d’entrer dans le décor... Cela ne faisait pas parti de mon programme. J’avais oublié que lui aussi, savait ouvrir sa petite Porte Bleue. Il a dû ouvrir sa porte en même temps que j’ouvrais la mienne, c’est cela qui expliquerait l’accroissement de luminosité de l’éclat qui sortait par ma Porte. Il me faudra composer avec cet imprévu, en évitant de perturber l’innocence de ce gamin.


Bonjour mon petit gars, est-ce que tu nous reconnais? Je ne veux pas t’effrayer... Je suis toi à 54 ans et mon compagnon que tu peux voir aussi, c’est également toi, mais à 16 ans.

Mais vous ne m’effrayez pas, bien au contraire, je vous reconnais.

Je venais justement de me poser une question sur mon devenir après ma mort. Je réfléchissais à la réponse, je me voyais toujours vivant, observant mon corps; je sais donc que je serai toujours. Et voilà que vous apparaissez tous les deux dans mes pensées. Vous êtes si réels. On peut donc voyagé dans le temps? Chic alors !!!

J’ai eu la même pensée que toi au sujet du voyage dans le temps, la dernière fois que j’ai réussi à me brancher à Notre Trésor derrière cette petite Porte Bleue. Mais je devrais plutôt dire, me rebrancher... Car je sais que toi aussi, tu peux le faire également.

Qu’entendez-vous par « Petite Porte Bleue » et par « Notre Trésor »?

Ne venais-tu pas de regarder à l’intérieur de toi pour essayer de comprendre ce que tu serais après ta mort? Cette petite Porte Bleue, c’est la porte de ton âme mon garçon et sans t’en rendre compte, en réfléchissant bien fort pour trouver une réponse à ta question, tu l’as ouverte et se faisant, tu as réussi à te brancher à Notre Trésor. C’est lui qui te permet de me voir ainsi que ton autre MOI de 16 ans.

Mais je me dis maintenant, comme il est possible que je me parle à moi-même à diverses époques de ma vie, que le temps n’existe pas. Nous vivons dans un éternel présent, une infinité de séquences vidéos, présentant une infinité de variantes possibles. Nous pouvons faire des montages pour rendre le tout encore plus complexe. Cela peut devenir complètement fou, comme de me parler avec moi-même à l’âge de 10, 16 et 54 ans.

Pourquoi mon moi de 16 ans ne parle-t-il pas? Je me semble plus joyeux à 54 ans.

Tu verras bien assez tôt ce qui me rend malheureux.

Et qu’est-ce qui me rendra malheureux?

Tu es trop jeune pour comprendre, je ne comprend même pas moi-même !!!

Ta réponse ne me donne pas vraiment envie de grandir. Devenir adulte est-ce si pénible?

Sache mon cher enfant, qu’à nous deux, on forme une paire. Alors n’est pas peur. Malgré les petits pépins de tes TOI successifs, tu aboutiras finalement à moi et on sera pareil tous les deux. Je redeviens un peu l’enfant que tu es et tout comme toi, je m’émerveille de ce que je vois derrière ma Petite Porte Bleue.

Maintenant, je te prierais de nous laisser, ton autre MOI et moi. Nous avons à parler privément tous les deux.

Oublie ces malheurs à venir et jouie de ta vie présente !!!

D’accord, il faut d’ailleurs que je parte car je vais jouer aux quilles avec mon père tout à l’heure. AU REVOIR !!!

Bon, je reviens à toi, maintenant. Ce petit intermède est tombé bien à propos, ne trouves-tu pas?

En effet, je me rappelle. J’étais insouciant à l’époque, j’étais heureux, mais j’étais aussi très curieux. Maintenant, je me sens tellement vide, aussi vide que celui qu’il y a entre le sol et ma fenêtre...

Pourquoi désirais-tu me parler de mon MOI de dix ans? Qu’est-ce que cela a à voir avec mes tourments?

Il est le lien qui nous réunis tous. Si je suis encore là pour te parler, c’est que je me suis souvenu de lui au moment le plus sombre de ma vie. Tu as un avenir mon garçon. Profite bien de tes années de collège en compagnie de ton ami Aurèle. Vous vivrez une belle amitié et de très beaux moments de complicité tous les deux. Et même si ton amour pour lui devra rester secret jusqu’à cette année, cela te fera un beau souvenir à chérir tout au fond de ton coeur.

Tu sais déjà que tu te rendras jusqu’à moi, et si je réussis à m’émerveiller simplement en me branchant à Mon Trésor malgré toutes mes misères, et à voir ma vie sous un bel arc-en-ciel, et bien, quoiqu’on dise et quoiqu’on fasse, la VIE vaudra toujours la peine d’être vécue.

Je t’en prie, reste toujours près de moi !!! J’aurai besoin de ta force...

Ne sais-tu pas que c’est toi ma force... Toi et le souvenir de tous mes MOI passés!!!

Ne crains rien, je resterai toujours près de toi!!!

Publié le 15/12/2007 à 22:06
Par Réjean Mélançon

Par Réjean Mélançon

Rédigé le mercredi 5 décembre 2007


Moi               et               Moi



Voilà je viens de rouvrir bien grand, ma Porte Bleue.

Je m’installe bien confortablement et j’observe avec la plus grande attention, ce présent qui en jaillit et défile devant mes yeux, c’est l’expression du long chemin secret de mon EXISTENCE !!!

Mais attendez donc… Ce présent ponctuel qui sort par ma Porte Bleue n’est rien d’autre que le présent… de mon passé. Et pourtant je le vis dans mon présent actuel... Ma porte bleue serait-elle une sorte de porte sur l’espace-temps, une machine à remonter le temps… Oh oui!

En ce moment, j’observe ce jeunot qui n’est autre que moi-même! Il doit avoir 17 ou 18 ans.

Je me rappelle, c’était l’été. Nous nous trouvions au chalet d’une des soeurs de mon père; tout le monde s’amusait… sauf moi...

Lorsqu’il apparut, c’était tout moi…


Je te vois bien songeur mon p’tit gars! C’est sans doute le pressentiment de cet avenir trouble qui se prépare pour toi?

C’est facile à dire pour toi !!! TOI qui est déjà rendu dans mon futur….

Pourquoi n’arrêtes-tu pas de jouer les grands pontes? Et puis, « Dom Biquetto »... Qui m’a donné un nom pareil? Serait-il donc nécessaire que je m’affuble d’un tel pseudonyme pour m’afficher publiquement dans mon futur?

Si jeune et déjà si irritable !!!

Comment ne le serais-je pas? Qui d’autre que mon moi-futur, pourrait-il en savoir autant sur moi !!! Mais pourquoi te parlerais-je de moi, si tu sais déjà tout? A moins que tu n’aies des blancs de mémoire ou que tu sois atteint d’Alzheimer. Si c’est le cas, je ne veux pas le savoir... Laisse-moi tranquille dans ton passé et contente-toi de gérer ton présent.

Bon d’accord je te laisse tranquille, tu as bien raison, pardonne-moi !!!

Ho! Et puis non, attend !!! Y aura-t-il au moins quelques moments heureux au cours de ma vie ? Tu dois te rappeler Aurèle, ce garçon que j’ai tant aimé au collège et à qui je n’ai jamais pu rien dire de mon amour, tellement j’ai peur de ce que je suis. Si ma vie ne doit être qu’une série d’amours déçus et qu’une suite de mensonges et de cachotteries continuels envers les gens que je côtoie et que j’aime, vaut-elle néanmoins la peine d’être vécue ? Comment est-ce que je me sens, dans mon futur?

Actuellement, j’ai mes hauts et puis mes bas, mais je ne m’en porte pas trop mal !!! Ta vie ne sera pas facile, je te l’avoue. Pour rien au monde, je n’aimerais la revivre, mais l’émotion que je ressens actuellement en moi, en te répondant, est tellement vive, que je ne peux que rajouter, que pour rien au monde aussi, je n’aurais voulu en avoir vécu une autre. Alors, persévère mon garçon, sois courageux. Sois assuré que de temps en temps, tout au long de ton chemin, tu rencontreras des êtres qui sauront adoucir ton parcours, même si le grand Amour que tu souhaites tant, ne sera jamais au rendez-vous... Du moins, je ne l’ai encore jamais rencontré !!!

Tu n’es pas très encourageant. Et puis, tu me sembles parler comme un fou... C’est ça, je vais devenir fou ??? TU ES FOU !!!

Tu dis que pour rien au monde tu n’accepterais de revivre ma vie et d’un même souffle, tu dis que pour rien au monde tu n’accepterais d’en vivre une autre... Je ne sais vraiment que penser de toi…de moi.

Tu ne pourras comprendre qu’une fois que tu auras parcourus tout ton parcours, réussi toutes tes épreuves, en passant outre ton désir récurrent d’en finir avec ta vie
. Considère toi comme un privilégié, oui mon grand... Tu es un privilégié !!! Car pour pouvoir te rendre là où j’ai réussi à me rendre, il faudra que tu croises toute une panoplie de rencontres et de coïncidences à des moments très opportuns de ta vie. Tu ne peux pas t’imaginer à quel point ta vie est bénie…

Que résultera-t-il de si bon pour moi, une fois que j’aurai atteint ton présent et mon futur?

Tu trouveras une clef et un chemin secret qui conduit à une porte très spéciale. Avec cette clef, qui ne saurait être à personne d’autre que toi, tu pourras ouvrir cette porte très spéciale. Derrière cette porte, tu y trouveras un trésor. C’est quelque chose que je ne peux pas décrire avec des mots…On ne peut le vivre qu’avec des émotions !!!

Et, quand je réussis à me brancher à cette chose... Alors là il est possible que je passe pour un fou, mais je m’en fous justement, car il n’y a rien de plus beau que cette folie là !!!

Occasionnellement, il m’arrive de perdre mon chemin et de ne plus retrouver ma Porte Bleue. Alors là, je prends une pause pour me reposer, jusqu’à ce qu’une petite lumière intérieure éclaire à nouveau mon chemin. Je m’empresse alors de le parcourir à nouveau pour rouvrir ma porte et me rebrancher à mon trésor. Quand je le fais et que je réussi à me maintenir branché suffisamment longtemps, je me sens GRAND, et si par inadvertance je perd ma connexion, je me vois à nouveau PETIT.

C’est que vois-tu mon garçon, je ne sais pas encore comment créer un lien permanent. Je le découvrirai peut-être un jour !!!

Merci Dom Biquetto, mon MOI futur. Je compte sur toi pour ouvrir cette Porte Bleue de temps en temps, car je ne parviendrais pas à l’ouvrir avant d’avoir atteint ton âge. Je vais persévérer donc !!! Pourrais je te revoir ?

Au moins je peux te dire d’avance, que tu y parviendras un jour. Quand à venir te revoir à diverses étapes de ton parcours, je ne peux rien te promettre, tout dépendra avec quelle facilité j’arriverai à me rebrancher à mon trésor.

A bientôt peut-être Réjean, mon passé encore présent
!!!

Publié le 01/12/2007 à 19:34
Par Réjean Mélançon

Par Réjean Mélançon
Rédigé le samedi 1er décembre 2007



Quand je te disais mon ami, qu’une des mes passions était d’écrire quand j’en avais envie, car je ne ressentais nul besoin de m’en rendre esclave, je crois que je me mentais à moi-même.

Certains m’ont qualifié de « géant », tu te rends compte... Moi qui toute ma vie, s’est considéré, comme un moins que rien, celui qui désormais, n’arrive plus à se défaire du soutien de l’aide sociale. J’en suis revenu à me sentir vivre de nouveau ce syndrome de l’imposteur.

Je me suis mis une pression sur les épaules afin de performer encore et toujours plus, pour faire plaisir à ceux qui m’aiment, et ce faisant, arrive finalement un moment où je peine à me reconnaître.

Le secret doit résidé dans le fait de savoir rester toujours soi-même, malgré les critiques ou les compliments.

Je ne me suis jamais considéré comme un bon écrivain, ni comme un bon comptable et encore moins, comme un bon scientifique, mais je me suis toujours considéré comme étant un bon amateur en tout.

Il fut un temps, où en tant que bon amateur d’écriture, j’arrivais à écrire sans difficulté, une vingtaine de chroniques par mois, sur plein de sujets disparates, autant sur mes souvenirs, mes réflexions, mes coups de gueule envers la bêtise humaine, mes idées sur la poésie. Depuis la fin de ma rédaction des épisodes du « Carrefour Lajeunesse », je suis littéralement en panne. Le fait est, que je ne me serais jamais attendu à susciter un engouement aussi fort pour cette histoire, qui n’est rien d’autre que le partage de mon vécu. Il n’y avait donc pas d’aspect créatif derrière ces histoires.

Mon blog est publié sur quatre sites. Deux d’entre eux ont récolté une affluence particulièrement forte depuis la parution du « Carrefour Lajeunesse », et avec tous les commentaires et les courriels élogieux que j’ai reçus, me demandant même, de songer sérieusement à rédiger un livre, j’ai eu un peu tendance ces derniers temps, à vouloir hausser les critères de qualité dans ce que j’écris, haussant d’autant plus, la pression sur mes épaules. A nouveau, je me sens comme une sorte d’imposteur. Écrire un livre c’est pourtant un de mes rêves, mais il y a un mais... Mon parcours doit suivre les rails de mon destin et je n’en connais pas l’aboutissement, et qui plus est, j’ai malheureusement, momentanément, quitté les rails.

Pour me remettre dans mon axe et sur mes rails, je devrai retrouver ma plus grande passion, ma « douce folie », que sont ces petits moments de solitude avec moi-même, où je me balade paisiblement sur cette autre chemin qui relie mon âme et mon coeur. J’y vie mes émotions en observateur. Tant mieux si elles m’inspirent mes écrits, mais c’est encore mieux si elles me font voir la vie sous un meilleur jour et si grâce à tout cela, je me sens grandi par le fait de me voir, faisant corps avec l’Univers !!!

Chroniqueur de ma vie, je veux bien, mais écrivain, je ne le serai peut-être jamais.

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