Par Réjean Mélançon
Rédigé le samedi 20 octobre 2007
JUIN 2004
Épisode 9
Quand Biquet-Hyde se met en rogne contre quelqu’un, ce ne sera jamais lui qui fera les premiers pas pour rétablir l’harmonie, son orgueil est à ce point démesuré. Et même si Biquet-Jekyll reprend du service, Biquet-Hyde reste toujours aux aguets pour empêcher Biquet-Jekyll de faire la moindre concession.
Ouvrons une nouvelle petite parenthèse... Dans le cas de la dispute avec l’ex « meilleur ami » du Carrefour, je vous ai dit que la querelle avait duré près de quinze mois, car cet ami a également un orgueil démesuré. Il fallait donc un événement exceptionnel pour nous rapprocher. Ce petit miracle n’est arrivé qu’au printemps 2005. Un événement que je qualifierais de tragique tant pour le Biquet que pour mon ami, s’est produit... La disparition de Rocky, le petit Shih-Tzu que j’aime tant, et dont mon ami était le maître. Bien souvent, il n’y a que les malheurs qui rapprochent les gens. Nous étions tous les deux à la recherche du petit chien. Heureusement, Rocky avait été recueilli par un habitant du quartier, qui s’était empressé de placer une annonce sur le babillard de l’épicerie du coin... De bouche à oreille, la nouvelle nous parvint assez rapidement et notre itinérant en herbe a vite fait de réintégrer le domicile paternel. Mon copain et moi avons repris nos relations là où on avait laissé les choses, cependant cette fois, nous y allions avec beaucoup de modération, les parties de scrabbles sur fond d’Aznavour ou de Jazz, un petit joint occasionnellement et une bonne bouteille de rougeaud une fois par mois, pas plus... Fermons cette parenthèse.
Revenons maintenant un peu en arrière. Nous étions en janvier 2004, lorsque c’est produit cette engueulade mémorable avec le Gros Pierre. En mars de cette année, dans le but de faire baisser la tension, le propriétaire a décidé de faire déménager ce dernier dans un appartement situé au sous-sol, à la grande satisfaction de tous, Pierre y compris, car il aurait désormais sa sortie privée qui donnait directement sur la cour arrière; il n’avait donc plus ces interminables marches à monter qui l’essoufflaient tant.
Avec Pierre, la réconciliation fut plus rapide. Ce dernier n’aime pas faire durer les choses trop longtemps et c’est lui-même qui fit le geste pour apaiser notre relation. Nous étions en juin 2004, alors que Biquet-Hyde avait quitté momentanément l’avant scène pour laisser la place à son opposé, Biquet-Jekyll, et, lors d’une rencontre inopinée, il me salua avec un large sourire. Comme c’était Pierre qui était l’instigateur de l’apaisement, Biquet-Hyde se tu, il n’en fallait pas plus pour que Biquet-Jekyll revienne définitivement à la surface.
Au cours de ce même mois de juin 2004, Biquet a emménagé lui aussi dans un nouvel appartement fraîchement rénové, toujours sur le même étage mais, cette fois, le logement était situé de l’autre côté de l’immeuble et le balcon entièrement privé cette fois, donnait sur la rue Lajeunesse. Le coût du logement était plus cher, mais pour compenser, la différence de 100 $, Biquet accepta de devenir le concierge de l’immeuble, en remplacement du couple qui en avait la charge jusque là et qui venait d’être expulsé.
La vie redevenait belle au Carrefour Lajeunesse, même s’il y avait toujours ce froid avec l’ex « meilleur ami » qui allait durer, je vous le rappelle, jusqu’au printemps 2005. Cependant il n’y avait aucune escarmouche, on se contentait de s’ignorer tous les deux.










