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Publié le 23/10/2007
Par Réjean Mélançon
Humeur : Gaie

Par Réjean Mélançon
Rédigé le mardi 23 octobre 2007

BALOUBALOU
Épisode 10


 

Chaque étage du Carrefour Lajeunesse, à l’exception du sous-sol, possède ou a la possibilité d’avoir deux appartements d’une pièce et demie avec balcon et deux chambres simples. Il restait encore trois chambres simples avec balcon prêtes à être transformer en une pièce et demie, dont une sur mon étage. Avant les travaux, un faux mur fermait tout simplement l’espace prévu pour la salle de bain, mais toute l’infrastructure en terme de plomberie, était déjà en place derrière ce mur.

Au printemps 2004, suite au déménagement du Gros Pierre au sous-sol, et sa chambre étant toujours vacante, le propriétaire décida qu’il était temps d’entreprendre les travaux de réfection de la chambre de Baloubalou, le futur appartement du Biquet.

Le transfert de Baloubalou dans l’ex chambre de Pierre, se fit en quelques minutes à peine, une commode contenant ses quelques vêtements, son lit, une table, deux chaises et quelques menus accessoires à peine, furent déménagés d’une porte jusqu’à l’autre en un rien de temps. On ne lui laissa pas le choix, de toute façon se disait le propriétaire, Baloubalou n’avait pas les moyens de payer plus que le coût d’une simple chambre, alors que suite aux rénovations prévues, le coût du nouvel appartement allait grimper d’un seul coup, de 290$ à 425$. De plus, dans ce cas précis, un simple préavis de quinze jours était suffisant. Baloubalou avait été à maintes reprises avisé de voir à garder son appartement propre sous peine d’expulsion, mais en vain. C’est que voyez-vous, Baloubalou est un peu demeuré, et la propreté n’était pas dans sa nature. Son plaisir, c’était de se balader la nuit pour faire du voyeurisme dans les fenêtres du quartier, et s’il avait la chance de tomber sur une fenêtre lui donnant à voir quelques scènes croustillantes, il s’en délectait en se masturbant sur les lieux. Il était bien connu par la police, pour ce genre d’activité. Enfin, passons!!

La famille de Baloubalou qui ne voulait pas le reprendre sous son toit, accepta en échange de garder Baloubalou dans l’ex chambre de Pierre, de venir y faire le ménage une fois la semaine.

Tout était à refaire dans son ancien logement... Et l’odeur qui y régnait, je ne vous dis pas, mais... Ça me rappelle une anecdote. C’était peu de temps après mon arrivée au Carrefour Lajeunesse. Le propriétaire passait de logement en logement en compagnie d’un technicien travaillant pour la compagnie responsable du système d’alarme contre les incendies. Ils voulaient s’assurer du bon état de fonctionnement de tous les détecteurs se trouvant à l’intérieur des logements. Je m’en rappelle comme si c’était hier. Mes deux portes étaient toutes grandes ouvertes, pour profiter d’une douce brise printanière. Je venais de plus, de laver mon plancher avec un nettoyant liquide aromatisé à l’odeur d’orange. Le proprio et le technicien étaient justement rendu chez Baloubalou, quand j’entendis le propriétaire dire: « Les porcheries de ma région sentent moins mauvais qu’ici ». Je me suis esclaffé de rire en voyant le technicien arriver chez moi, blême comme un drap, et respirant goulûment l’air frais qui entrait chez moi, et qui me dit finalement: « Ici, au moins, je peux respirer !!! ».

La réfection de la chambre de Baloubalou commença fin avril 2004 et fut terminée pour le 1er juin.

Je vous ai déjà raconté que le couple de concierge avait été expulsé du Carrefour Lajeunesse. Le propriétaire avait donc besoin de les remplacer, et c’est à moi qu’il a pensé. Comme j’étais considéré beaucoup plus fiable, malgré mes périodes de déprimes, on m’a offert de prendre plus de responsabilités que ces derniers; j’aurais accès aux clefs de tous les logements et c’est moi qui ferait visiter les lieux vacants et qui occasionnellement, pourrait procéder à la location des simples chambres. Je verrais également à la collecte d’une partie des loyers. J’ai finalement accepté la proposition et j’ai en même temps demandé de déménager dans ce nouvel appartement avec balcon privé, qui donnait sur le devant de l’immeuble, vers le nord, donc plus frais en été. Le coût de mon loyer passa de 385$ à 425$, mais avec ma prime de concierge de 100$, je pouvais me le permettre. L’accord fut conclu et le 1er juin 2004, Biquet emménagea dans son nouvel appartement flambant neuf.

En passant, ça me reviens justement, c’est pendant que je m’occupais à transférer mes effets et le mobilier de mon ancien appartement vers le nouveau, avec l’aide du gérant de l’immeuble, que Gros Pierre avait gravi courageusement toutes les marches de l’escalier depuis le sous-sol, malgré ses problèmes pulmonaires, pour venir faire la paix avec moi.

Le nouvel été 2004 augurait bien!!!

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