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Publié le 16/11/2007
Par Réjean Mélançon

Par Réjean Mélançon
Rédigé le jeudi 15 novembre 2007





LE PANIER DE NOËL
Épisode 18



 

L’année 2005 a été en soit une année fertile en expériences de toutes sortes. Je vous rappelle cette parenthèse que j’avais ouverte lors de l’épisode numéro 9, où je parlais de ma réconciliation avec le papa de Rocky, suite à la disparition temporaire de ce dernier.

Le Biquet, même s’il avait été « temporairement » rejeté par Simon, n’en était pas pour autant isolé. Le papa de Rocky, mon ex « meilleur ami » a vite retrouvé son statut de « meilleur ami » officiel au Carrefour Lajeunesse, au grand plaisir de Rocky qui pouvait voir ainsi plus souvent, son tonton adoré.

Malgré cet épisode malheureux de novembre, Biquetto-Jeckyll était demeuré bien sagement à son poste, et de relativement bonne humeur, malgré la grisaille de l’automne et l’hiver qui se préparait tout doucement. Cependant, Biquetto-Hyde ne manquait jamais une occasion de sortir de son antre, lorsqu’il devait s’approcher des portes de Simon et de Gros Pierre, lorsqu’il faisait son ménage ou lorsqu’il avait à faire la collecte d’un loyer (autre que celui de Pierre et de Simon, qui étaient toujours collectés par le propriétaire en personne, pour les contrôler). Il leur susurrait alors de douces paroles:
 

- Comment ça, Jimmy... Tu m’dis que t’as pas d’argent pour payer ton loyer, malgré les tonnes de bières que tu vends à nos deux ivrognes... Tu m’feras pas accroire que tu fais crédit à ces deux têtes de crack !!!

- Salut Willy... Nos deux ivrognes ont fêté fort hier soir !!!


Et d’autres gentillesses du même genre, voyez-vous? Biquetto - Hyde parlait toujours fort et clair pour être bien certain que nos deux bozos entendent bien ses propos. Car n’oubliez pas que la fiesta orgiaque de bière et de crack a duré jusqu’au 4 janvier, chez Simon.

Enfin, Noël approchait à grands pas. Il était déjà prévu que je passe une partie de la période des Fêtes dans ma famille, comme à tous les ans. Mais, cette année là, j’avais envie de faire un petit spécial en compagnie de Papy Toutou et de Rocky, alias Jappy Toutou. On voulait se faire un repas de Noël bien à nous, au Carrefour Lajeunesse.

Mais pour ce faire le Biquet devait passer outre son orgueil, afin de s’inscrire pour la distribution des fameux paniers de Noël.

Heureusement que j’avais mon ami Willy avec moi. C’était un habitué des banques alimentaires et c’était lui qui me bottait presque le cul, pour que j’avance vers la gentille dame qui nous recevait, le jour de la distribution, au sous-sol de l’église du quartier.

J’ai eu droit à deux pleins sacs de victuailles, en plus d’un bon d’achat de 30$ que je n’avais qu’à présenter à l’épicerie qui était inscrite sur le document, en guise de paiement, des achats supplémentaires que je pouvais y faire.

Je n’avais sans doute pas choisi le bon moment pour me présenter à l’épicerie avec mon bon d’achat. C’était le 23 décembre au soir, peu de temps avant la fermeture. Comme il se doit, je me suis présenté à la caisse, et sa préposée a poinçonné tous mes achats. Le montant global était juste en dessous des trente dollars, j’étais soulagé. J’ai alors présenté mon bon d’achat à la caissière qui m’a regardé en me fusillant du regard.

Ce que j’ignorais, c’est que je devais présenter mon bon d’achat avant qu’elle ne commence à poinçonner, car les achats à paiements différés étaient comptabilisés dans un registre différent de celui des achats à paiements réguliers. La caissière devait tout annuler et recommencer tout le processus.

L’angoisse...


À la droite, mesdames et messieurs, pesant près de 200 livres (90 kilos), une caissière courroucée qui avait sans doute très hâte d’en finir avec sa journée de travail.

À la gauche, et devant peser un poids à peu près équivalent, trois petites vieilles, toutes fripées et toutes aussi courroucées, qui me toisaient de façon méprisante. Je les retardais peut-être dans leurs préparatifs du temps des Fêtes.

Et au centre, un pauvre petit B.S. tout penaud, d’à peine 150 livres (68 kilos), ne sachant plus où se cacher tellement il se sentait gêner...


Enfin, j’ai pu m’en tirer sans recevoir de KO.

Mon souper de Noël fut un franc succès, mon copain avait acheté avec son bon d’achat, 3 bouteilles de vins, et qui plus est, il fournissait la marijane.

Soirée à discuter calmement, bienheureusement. Deux petits bedons bien repus, qui sirotaient leur pinard en fumant leur petit joint. Et un autre petit bedon tout aussi repu qui dormait sur les genoux de tonton Biquet.

Il y avait quand même des bons moments au Carrefour Lajeunesse !!!

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