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Publié le 03/07/2007
Par Réjean Mélançon
Humeur : Au secours !

Par Réjean Mélançon
Rédigé le mardi 3 juillet 2007




Je suis d’une nature très paisible. Mais il y a malheureusement trop de cas en ce bas monde qui ne peuvent pas obtenir la bénédiction de « dom Biquetto » , votre humble serviteur, ainsi surnommé par mes gars du Carrefour Lajeunesse. Je me bornerai à un seul cas, mais pas le moindre.

Je traduirais « MONSANTO » par le terme « MONSTRUOSITÉ ». Si un pays possédant des ogives nucléaires décidait d’attaquer les États-Unis, il ne devrait atomiser que cette compagnie immonde, et croyez-moi, je pèse bien mes mots et me considère encore très modéré dans mes propos. L’exemple serait sans doute suffisant pour décourager les autres monstruosités de la planète.

L’arme utilisé par Monsanto, est le brevet. Il y a bien sure les brevets sur ses OGM et il y aurait des demandes dans plusieurs pays du monde, pour obtenir un brevet sur un gêne précis du porc, responsable d‘une prise de poids plus rapide.

Cette multinationale américaine veut rien de moins que s’approprier le monopole mondiale de l’agro-alimentaire en étouffant littéralement tous les petits producteurs agricoles, et en les acculant à la faillite.

Comment une simple possession de brevet peut-elle rapporter des milliards de dollars à Monsanto ?

Supposons que vous êtes l’heureux propriétaire d’une petite ferme d’élevage de porcs et qu’un inspecteur de Monsanto s’invite chez vous pour faire des tests sur le génome de vos petits porcelets adorés. Et, oh! Surprise!, il découvre que vos rejetons possèdent cette fameuse séquence du gêne breveté, vous êtes alors aussitôt déclaré en infraction envers ledit brevet, et Monsanto peut vous poursuivre en justice si vous refusez de verser la redevance prévue pour chacun de vos chers petits.

Avec tous les croisements génétiques que les producteurs ont pu faire au cours des années, pour améliorer les races, les chances de retrouver ce gêne sont très élevées.

Idem avec les OGM, vous cultivez bien peinard votre petit lopin de terre avec une variété de maïs non transgénique, malheureusement pour vous, votre voisin a planté une variété avec OGM. Le vent et les petites abeilles aidant, le pollen des plantes de votre voisin vient contaminer vos propres plantes, qui contiendront dorénavant le fameux gêne breveté, et le vilain inspecteur est toujours aux aguets. Vous devrez payer une redevance à Monsanto sur toute votre récolte. De nos jours, les plantes transgéniques poussent à peu près partout sur la planète. Conclusion ?

Un fermier de l’ouest canadien avait contesté cet état de fait jusqu’en Cour Suprême, et devinez qui a gagné? Monsanto! Notre fermier est complètement ruiné.

Qui plus est, il est impossible, pour un fermier, de réutiliser une partie de sa récolte de grains transgéniques pour réensemencer. Monsanto l’interdit par contrat à tous ses clients, sous peine de poursuites. Notre fermier est obligé de racheter à chaque année, ses semences auprès de notre chère bienfaitrice de l’humanité...

Demain, je serai de retour avec un dialogue plus serein et vous promet une humeur beaucoup plus tendre. Mais une sainte colère de temps en temps, avouez que ça fait beaucoup du bien! Hi, hi, hi.

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