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Publié le Lundi 27 octobre 2008 à 19:33:24
Par Dr. J
Humeur : Maussade

Le silence est peintre de mon idée...
Publié le Lundi 20 octobre 2008 à 21:21:50
Par Dr. J
Humeur : Maussade

Choisis ou Subis...
...
Sourire ?
Publié le Vendredi 17 octobre 2008 à 21:15:58
Par Dr. J
Humeur : Ironique


N'hésitez-pas, servez-vous autant que vous voulez, j'en ai reçu un bon stock depuis la rentrée Clin d'oeil
Pas besoin d'écrire la liste des invités, ils se reconnaitront.
Publié le Jeudi 16 octobre 2008 à 21:02:27
Par Dr. J
Humeur : Tendre

I've nothing much to offer
There's nothing much to take
I'm an absolute beginner
And I'm absolutely sane
As long as we're together
The rest can go to hell
I absolutely love you
But we're absolute beginners
With eyes completely open
But nervous all the same

If our love song
Could fly over mountains
Could laugh at the ocean
Just like the films
There's no reason
To feel all the hard times
To lay down the hard lines
It's absolutely true

Nothing much could happen
Nothing we can't shake
Oh we're absolute beginners
With nothing much at stake
As long as you're still smiling
There's nothing more I need
I absolutely love you
But we're absolute beginners
But if my love is your love
We're certain to succeed

If our love song
Could fly over mountains
Sail over heartaches
Just like the films
There's no reason
To feel all the hard times
To lay down the hard lines
It's absolutely true

Publié le Samedi 11 octobre 2008 à 17:15:31
Par Dr. J
Humeur : Maussade
Jeffrey avait dix minutes de retard. Il les considérait comme négligeables, mais le temps ne reculait pas pour autant, et durant tout son trajet les dix minutes étaient là.
Une fois dans le hall, elles se manifestèrent par le biais de l'employé qui l'accueillit: il les lui fit remarquer, et Jeffrey tenta de paraître confus, même s'il ne l'était pas du tout.
L'homme lui indiqua l'ascenseur du doigt.
"C'est au troisième étage. Je ne peux pas vous accompagner plus loin, j'ai déjà perdu trop de temps ce matin."
Sa surprise fut de taille lorsqu'il découvrit ledit étage. Une étendue sans fin de bureaux, tous identiques, séparés de faux murs laissant apercevoir tous les autres employés qui travaillaient dans leurs bureaux identiques. Le détail qui le frappa encore plus fut leur tenue. Ils portaient tous le même costume, cette veste noire, cette chemise blanche, ce pantalon gris et ces chaussures noires cirées. Mais sa chemise était bleue, sa veste plus claire, ses chaussures plus banales, et pour la première fois de sa vie il se sentit légèrement mal à l'aise.
Un des costumes vint le chercher pour lui annoncer froidement que son bureau était le numéro 14 de l'allée J, et qu'il avait lui aussi du retard à rattraper, comme si la raison d'être de cette entreprise était de courir constamment après un retard, sans même en connaître les causes ni les conséquences. Jeffrey arriva à son poste et s'assit sur la chaise qui l'attendait.
Le bureau semblait venir d'une maquette ou d'une maison de poupées. Blanc, lisse, carré, sans la moindre courbe, exempt de toute trace d'originalité. Un cahier était ouvert, et le stylo posé à côté. L'ordinateur s'alluma, et une page sortit de l'imprimante placée sous le bureau.
"Votre travail consiste à transmettre les numéros des différents paquets ainsi que leurs noms au bureau des livraisons."
Il n'eut pas le temps de se poser la moindre question: un tableau rempli de noms incompréhensibles associés à des numéros venait de s'afficher à l'écran, et il remarqua que le cahier comportait lui aussi des lignes et des colonnes. Il comprit ce qui lui restait à faire, il devait simplement recopier les noms et leurs numéros dans le cahier.
Ce travail lui semblait stupide, ennuyeux et inutile tant par sa simplicité que par son manque de cohérence: le bureau des livraisons aurait bien pu consulter lui-même cette liste vide de sens, mais d'ailleurs, où se trouvait-il, ce bureau ?
La journée passa étrangement vite, malgré le pressentiment qui avait gagné Jeffrey à l'instant où il avait saisi ce qu'il devait faire. Son cahier était rempli ligne pour ligne, il n'y avait aucune référence de trop ou de moins, et cette perfection omniprésente dans l'organisation de l'entreprise commençait sérieusement à l'intriguer. Comment tout pouvait-il coller ainsi, comment chaque détail pouvait-il être ajusté comme dans un scénario ? Il n'en savait rien, et il avait bien le sentiment que ce n'étaient pas ses nouveaux collègues monochromes qui allaient lui répondre.
Son cahier était plein mais il ne savait plus quoi en faire. Et c'est à cet instant qu'il entendit une autre feuille sortir de l'imprimante.
"Vous pouvez donner le cahier à l'accueil du rez-de-chaussée."
Il n'était plus vraiment surpris, cette fois-ci. L'habitude commençait à le vaincre, et il ne prit même pas la précaution de rappeler à l'homme de l'accueil que le cahier était destiné au bureau de livraison, il savait maintenant que tout était parfait, ici.
Et jour après jour, Jeffrey voyait son temps fuir, il ne sentait plus les journées, son imprimante restait son seul guide et chaque matin le cahier était vide, comme s'il n'avait jamais vécu la journée précédente. Il n'avait plus aucune preuve que cette journée avait existé, car la suivante lui était à chaque fois semblable, mais il ne s'en apercevait même plus.
Il ne cherchait même plus à comprendre ce que pouvaient bien être les paquets dont il recopiait les noms, ni même qui était son employeur, il avait été recruté par correspondance, c'était la mode à son époque, et il avait justement la formation nécessaire pour ce poste. Mais il commençait à attacher de plus en plus d'importance à cette entreprise, sa veste était devenue aussi sombre que celle des autres, sa chemise avait blanchi et ses chaussures avaient pris un teint noir brillant : il s'était métamorphosé au cours de ces semaines de plus en plus volatiles.
Mais cette transformation ne s'était pas arrêtée à son aspect. Le retard s'était mis à le posséder lui aussi, il était contrôlé par ces minutes, il leur courait après, mais au fond c'étaient elles qui le chassaient, si bien qu'il ne savait plus parler aux autres, il avait lui aussi toujours du temps à rattraper.
Les mois passèrent. Il ne pouvait plus se passer de son travail. Il ne supportait plus l'enfer des jours fériés. Il les passait à recopier des noms sur une feuille tout seul chez lui, il avait appris par coeur les noms et les numéros, il ne faisait plus rien d'autre, il courait toujours après ce même retard, toujours plus vite, avec une endurance chaque jour plus forte que la veille, ne supportant plus de faire autre chose.
Sa vie sociale était détruite. Ses amis ne savaient plus s'il était vivant, il n'avait plus donné signe de vie depuis longtemps, il partait tôt le matin dans le premier métro de la journée, rentrait tard le soir par un de ces derniers bus toujours vides de la fin de journée, et ne voyait plus personne, même au bureau, il ne voyait plus d'humains, il ne voyait que des costumes comme lui, noirs et blancs, indifférents et obsédés par le temps, qui passait trop vite, ce temps qu'ils suivaient tous, ne sachant même plus pourquoi.
Un soir de janvier, alors qu'il venait de finir sa journée légèrement plus tard que d'habitude, il reçut par l'employé du bureau adjacent au sien l'ordre de monter au sixième étage. C'était le président de l'entreprise qui l'attendait, il souhaitait le recevoir dans son bureau pour la première fois depuis ses 23 ans de service.
Et à l'instant où il apprit cela, Jeffrey fut pris d'une sorte de malaise. Il eut l'impression de sortir d'un profond sommeil, d'être ramené à la réalité, de se souvenir de ce qu'il était avant. Avant quoi, il l'ignorait. En 23 ans, il avait pris le temps d'oublier ce qu'il avait vécu avant, ces années passées à ce poste lui avaient semblé durer une journée, mais cette journée avait suffi à lui faire oublier toutes les autres.
Il était pressé de rencontrer le président, il sentait tout à coup les questions qu'il s'était posées le premier jour revenir en lui, il avait à nouveau ce sentiment étrange, cette impression de mystère et ce doute dus à la perfection ambiante. Il était à présent certain que cette rencontre allait lui révéler la vérité, il savait qu'il allait comprendre, qu'il était sur le point de vivre le jour qu'il attendait inconsciemment depuis le début.
La porte de l'ascenseur s'ouvrit, et un long couloir droit, pur et vide se présenta à lui. Une fois au bout, il frappa à l'unique porte. Mais aucune réponse ne lui parvint. Il frappa une seconde fois, appela timidement, et au bout de quelques minutes d'attente, se décida enfin à entrer.
C'était une pièce simple, quasiment vide, avec comme seul meuble un bureau, semblable au sien et à tous les autres, en plein milieu. Il y avait deux chaises, les deux étaient vides. Mais il crut voir quelque chose sur celle en face de la sienne. Elle était trop proche du bureau, et il n'arrivait pas à voir ce dont il s'agissait. Jeffrey se leva, alla de l'autre côté du bureau, en écarta légèrement la chaise, et y trouva une imprimante.



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