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Publié le Jeudi 09 octobre 2008 à 21:04:46
Par Dr. J
Humeur : Maussade

Tous les matins, l'album repasse en entier... Wish You Were Here... Shine On Your Crazy Diamond Part One / Two... Welcome To The Machine... et celle là...
Publié le Vendredi 03 octobre 2008 à 03:03:03
Par Dr. J
Humeur : Maussade
L'écriture et le suicide ont à mon goût quelque chose en commun, du point de vue de l'auteur.
Dans les deux cas, ce dernier ne peut jamais prévoir ce qu'il adviendra de sa création (ou destruction selon l'occurrence). Il peut évidemment faire des suppositions, certains pensent que leurs textes seront oubliés (j'en fais partie), d'autres pensent que leur acte sera ignoré (j'en ai fait partie).
Et, coïncidence encore plus flagrante, dans les deux cas ils ne peuvent assister à la conséquence. L'auteur meurt et ne voit donc pas le devenir de son texte, le suicidaire meurt aussi et ignore ce qu'il laisse derrière lui.

*

Je me prends à tort comme exemple, j'en ai ici besoin, c'est la manoeuvre classique qui permet à l'auteur-narrateur de se placer au premier plan, en espérant ainsi devenir Le sujet de son texte, et obtenir en fin de compte une certaine notoriété directe au sein de ses lecteurs.
Au moment où j'écris ce vulgaire petit recueil d'idées inorganisées et exprimées en langage inadapté, je tente en parallèle d'imaginer ce que seront, dans une vingtaine d'années ou dans dix siècles, ces mêmes lignes. Je leur attribue plusieurs destins, mais le seul qui me semble évidemment plus plausible est celui de l'oubli, temporaire, définitif, total, partiel. Retiendront-ils seulement une phrase, qu'ils auront jugée "intelligente", bien évidemment en opposition avec le reste du texte ? Y aura-t-il une minorité qui gardera encore cette petite signature dans sa mémoire, comme un de ces objets fétiches inutiles, cette lame de taille-crayon, cette pièce de collection, ce galet ridicule...

*

A vrai dire, un texte devient souvent l'inverse de ce que l'auteur pensait. Certaines théories de Nietzche ont donné naissance au nazisme suite à une fausse interprétation par exemple, mais il y a aussi d'autres écrits au départ sans intentions particulières qui ont par la suite acquis involontairement un statut de chef-d'oeuvre littéraire.
Mais la modestie est souvent le masque de l'orgueil, aussi serait-il facile d'affirmer qu'un ouvrage n'aura pas d'avenir posthume dans le but de lui en procurer un de manière indirecte. Et en me relisant je me sens ainsi concerné par ma propre critique, mais j'en suis conscient, et après tout si mes écrits étaient la conséquence d'un but autre que l'expression pure et simple des pensées, ils en perdraient leur âme.

*

En effet je considère l'Art et l'Objectif comme purement incompatibles. Une Oeuvre à proprement parler ne peut pas être la conséquence d'un objectif, d'un but ou avoir une visée particulière. L'argent est un des principaux exemples. Si l'Art nait de la volonté d'argent, il perd aussitôt sa qualité d'Art. Si l'on devait faire un arbre généalogique de ces deux éléments, l'Art serait placé tout en haut, et l'Argent serait un des nombreux enfants de la dernière génération, frère de la Haine, la Notoriété, l'Oubli, l'Amour...

*

Et par conséquent, l'Art est donc lui-même enfant de l'absence totale de toute forme d'anticipation, d'intention. C'est lorsque l'esprit ne veut plus rien qu'il est libéré de tous ces éléments perturbateurs, et qu'il peut ainsi produire une quantité infinie d'idées, de rêves et d'art. J'écris lorsque j'ai besoin de libérer des pensées que j'accumule au quotidien, j'écris lorsque je n'ai plus aucun chemin devant moi, lorsque je n'ai plus aucune envie. Car ces envies pourraient brouiller mon idée pure, fausser le résultat, et il vaut mieux ne pas écrire qu'écrire pour une raison définie.
Publié le Mardi 23 septembre 2008 à 06:06:06
Par Dr. J
Humeur : Maussade
C'était un imbécile, un idiot, ou un individu limité, question de langage. Mais, par ces termes, j'entends la pire espèce qui soit, ceux que l'on ne peut plus réformer, ceux qui sont réellement en dessous de la moyenne, en dessous de toutes les marges. Il avait juste le potentiel pour rester dans la société, il savait s'habiller, il connaissait son travail et quelques règles de vie de base.
Il n'avait aucune logique, aucune forme de raisonnement fondé, approfondi, clair et universel. Il ne savait pas raisonner, il ne savait pas résoudre ou ordonner, clarifier. Il n'était jamais confronté à des problèmes requérant une quelconque forme de capacité de déduction, et c'est ce qui le sauvait, c'était cette chance discrète, dont il était évidemment inconscient, mais qui était bel et bien présente, son entourage le savait pertinemment.
Il n'était curieux de rien, il ne cherchait jamais, il trouvait toujours ce qu'il ne cherchait pas, mais rien de plus, aucune question dans la tête, pas la moindre soif, même infime, de savoir. Il était pourtant plongé dans un monde de mystères, aussi les différentes machines qui consituaient l'atelier où il travaillait étaient d'une complexité alarmante, mais restaient à ses yeux de simples outils, dont le fonctionnement n'importait guère tant qu'elles faisaient ce qu'elles devaient faire.
Son quotidien était, comparé à celui de ses collègues, exempt de toute organisation, planification, anticipation ou prévision. Il ne pensait jamais au repas du soir, au rendez-vous du lendemain, à la visite médicale de la veille... Il n'avait pas d'agenda, ni de calendrier ou de carnet de notes. Ce n'était pas sa mémoire qui aurait rattrapé ce manque, puisqu'il n'en avait pas non plus. Il vivait donc au jour le jour sans jamais regarder devant comme derrière, les rares personnes qui arrivaient encore à croire qu'il pensait étaient persuadées qu'il songeait seconde par seconde, instant par instant, et non comme eux, par semaines et par mois.
C'était un crétin, certes, mais il ne manquait pas à ses maigres tâches. Il travaillait dans une parqueterie, alternant un jour sur deux (sous les rappels de ses collègues chaque matin bien entendu) en deux postes différents. Les jours pairs, il devait s'occuper du découpage des longueurs de planches qui allaient ensuite être ajustées par ses collègues et leurs mystérieuses machines. Les jours impairs, son travail consistait à cirer les planches précédemment finies par les autres employés. Ces deux fonctions étaient parfaites pour lui, car elle ne nécessitaient aucune connaissance autre que la technique de base, et car il était lui aussi assisté de machines, notamment pour le découpage des longueurs. Pour lui, la réflexion s'arrêtait à faire glisser la planche jusqu'au trait rouge et attendre le découpage automatique et sécurisé de la machine, ou passer un chiffon sur une planche du même type pour la faire briller.
C'était ainsi depuis des années, en dehors du travail, il n'avait pas beaucoup d'activités, souvent il se promenait dans les parcs de la ville pour regarder les gens, les arbres, les graviers ou sa montre qui ne fonctionnait plus, ou parfois il allait s'asseoir sur un rocher à la plage pour passer le temps et manger ce qu'il avait acheté au hasard de son voyage. Il se perdait fréquemment en ville, mais sa chance protectrice voulait qu'il habite près d'une montagne au Nord de la ville, il pouvait donc ainsi se repérer, lorsqu'il arrivait à se rappeler de ce détail sans le faire exprès. Il n'avait, pour ainsi dire, aucun réel ami, et n'avait pas plus d'attirance envers les gens qui l'entouraient qu'envers sa propre famille. Il ne ressentait pas le besoin de retourner les voir, ou de se faire de nouveaux amis. Et personne autour de lui ne le remarquait autrement que par sa simplicité d'esprit. Il était transparent pour la plupart, méprisable pour d'autres.
Certains avaient essayé de communiquer avec lui, quelques uns en essayant de lui démontrer qu'il vivait trop à l'écart et qu'il devait essayer de changer, d'autres en lui disant tout simplement qu'il était stupide dans son choix de rester ainsi.
Mais la question que personne ne s'était posé était là: était-ce un choix de sa part, que de vivre ainsi, de penser et d'agir d'une telle sorte, au point de finir en totale rupture avec tout son entourage ? Était-il vraiment acteur et non victime de sa bêtise ? La réponse, personne ne l'avait, pas même lui.
Mais, que savait-il lui-même ? Que pensait-il des remarques qu'on lui faisait, comment interprétait-il son écart avec les autres ?
C'était simple, c'était aussi simple que lui. Il était heureux. Il était crétin mais heureux, limité mais joyeux, imbécile mais serein. Toutes les remarques qu'on lui avait faites, qu'on lui faisait et qu'on aurait pu lui faire encore des jours et des années, lui semblaient déplacées, il les trouvait drôles car absurdes. Il était heureux, donc il ne se sentait pas inférieur, stupide ou associable.
Chaque journée lui plaisait plus que la précédente, même si elle en était la copie conforme minute pour minute. Il redécouvrait chaque jour son travail et sa ville, et n'avait pas un seul instant de lassitude, de doute, de lucidité tout simplement.
L'inconscience, le refus de conscience, aveugle, fort et incorruptible, l'antisophie.
Mais il était Heureux, lui, au moins...
Publié le Samedi 20 septembre 2008 à 20:20:20
Par Dr. J
Humeur : Souriante


Photo moche, webcam de merde, petit débutant, costume ridicule, chambre mal organisée, [...]
Mais.
Publié le Lundi 15 septembre 2008 à 15:38:13
Par Dr. J
Humeur : Maussade
Comme un goût acide depuis ces jours...
Aujourd'hui particulièrement, la gorge en feu, la sensation de manger des épingles à chaque respiration ou ingestion...
Mais un autre goût acide, un goût... de réglisse... réglisse acide, très acide, plus que sucrée... celle des jours qui passent trop lentement et vite à la fois, celle des jours où je suis à côté de ma propre horloge biologique, ces nuits sans sommeil, ces journées sans vie, et ce sentiment... un manque.
Manque de quoi. Manque. Ce n'est pas cette solitude qui me ronge... c'est... c'est ce manque de volontés, de désirs, vicieux cercle qu'est l'envie d'envies, mélancolie peut être, amertume due au changement... d'établissement ? Ou d'amis ? Ou... ou due à Rien tout simplement, comme La Première Fois, mais cette fois-ci ne peut pas être comme la première, sinon on n'appellerait pas ça une "fois". Donc ce qui m'arrive me serait déjà arrivé une fois ? Ou, ne serai-je justement jamais sorti de cette première fois ? Difficile à dire de mon point de vue, impossible de celui du lecteur.
Qui mieux que moi sait ce que je pense ? C'est tout de même triste de devoir admettre que j'ai appris à lire dans les pensées des gens, mais que je ne sais pas lire dans les miennes... Maintes et maintes fois, j'ai pourtant bien su comprendre, analyser, et décrire ce qui arrivait à des personnes de mon entourage. J'ai cette "faculté" non-pas de me mettre dans leur peau, non, ni de me réciter le célèbre monologue intérieur "A sa place, que ferai-je ?" (on ne peut pas s'imaginer de façon précise à la place de quelqu'un), mais en revanche lire ses sentiments en l'écoutant parler, en se basant sur mes propres expériences, sur des théories personnelles fondées sur du concret, des déductions, retenir les éléments qui influeraient, les conséquences, les liens entre ces sentiments, et arriver à comprendre "l'équation", ou le "mode de pensée" de la personne, les choses qu'elle sait et celles qu'elle ignore...
Le fait que je n'arrive pas à m'auto-diagnostiquer est en fait assez "simple" à expliquer...
Point de vue extérieur, point de vue intérieur. Voilà. Je ne peux pas voir mes propres sentiments aussi bien que ceux des autres. On peut très bien se voir physiquement tel qu'on apparait aux autres à l'aide de la glace, à l'aide de l'appareil photo, de la webcam, du peintre, etc., mais en revanche, on ne peut se voir mentalement de la même façon que les autres nous voient. Du moins, on ne peut pas réellement se décrire tout seul mentalement. Car sinon, oui, je sais très bien comment j'apparais aux gens, je sais ce qu'ils voient en moi physiquement comme mentalement. Je sais qui pense quoi de moi, il suffit d'analyser les regards, les gestes,  le sens des paroles (et non les paroles en elles-mêmes), la relation... Tant de moyens de déceler l'estime ou le mépris des gens, de se voir à travers leurs yeux.

Justement... Une force que j'ai acquise et qui m'aide, c'est l'indépendance au point de vue des autres. Je ne cherche plus à "plaire", à être comme les autres voudraient que je soie, à entrer dans leurs critères d'admission au sein de leur communauté. Je n'ai plus besoin de me sentir "bien vu" à leurs yeux, je n'ai plus aucun intérêt à me transformer en autre chose que ce que je veux être Moi.
Mon attitude, mes vêtements, mes propos, j'ai tout protégé de l'influence extérieure. Vous pourrez me répéter encore 200 fois que mes lunettes de soleil ne servent à rien dans les couloirs, vous pourrez me faire remarquer encore toute la semaine que je suis trop "enfermé dans ma philosophie", vous pourrez me dire encore longtemps que mes costards, mes chemises et mes chaussures sont démodés, toutes ces expositions de vos points de vue n'ont plus leur place dans le mien.
Quitte à vivre seul, célibataire, asociable et rejeté jusqu'à ma mort, j'aurai au moins le mérite intérieur d'avoir vécu selon mes critères, de m'être plu avant de plaire aux autres, et surtout d'avoir fait mes choix moi-même.
Pathétiques sont (à mes yeux) ces jeunes qui me font des remarques sur mes habits, ces mêmes jeunes qui se ressemblent tous, qui ont tous la même allure, les mêmes "idées" et "passions", ces jeunes qui s'adaptent et qui perdent leur propre personnalité sans se l'avouer entre eux ni même intérieurement... Je pourrais leur donner mon conseil, d'essayer de vivre en fonction de Soi et non de son voisin, mais j'ai aussi appris que ces cons ne valent pas la peine d'être instruits, et je ne rendrai pas la vue aux aveugles, après tout.
Vivre en fonction de Moi avant tout, de Mes désirs, de Mes choix, Mes idées, Mes goûts, me plaire avant tout. Car plaire aux autres ne sert plus à rien dans mon cas, les rares fois où j'y ai consacré toute ma personne, j'ai déplu aux autres et surtout à moi-même... Alors la solution m'est apparue...

L'origine de mon habillement... L'an 2008, le Nouvel An 2008 plus précisément... Pour le réveillon, ma première veste de costume. Chez H&M, boutique où je n'étais jusqu'à présent jamais allé, du moins pour mes habits. Une veste en velours noir, simple, comme toutes les vestes noires de velours. Mais... mais en me voyant dans la glace avec cette veste, j'ai eu une impression très étrange. Comme le sentiment de me voir pour la première fois, non-pas au sens propre, mais... pour la première fois comme je Voulais me voir. C'était la première fois que, dans ma tête, le "Ce reflet est beau" venait de Moi et non de "Moi selon les autres".
Et je me plaisais, je l'avoue, avec cette simple veste. Je me trouvais, pour parler en termes basiques, "différemment différent", donc différent, certes, mais pas de la même manière que les autres fois où j'essayais de nouveaux vêtements.
Après le réveillon, l'envie de remettre cette veste m'est restée. Elle avait gagné dans ma tête une valeur supérieure à celle des autres habits, même nouveaux. Et... je l'ai juste remise pour rentrer à Toulon en avion.
Petit bond de deux mois. 5 Février 2008. Aïe. Date qui a un Autre sens dans ma tête. Mais, passons. Sortie de classe, soirée théâtre, rendez-vous vers 19 heures me semble-t-il sur la place, devant la salle. Et je l'ai remise, je l'ai enfin remise, cette veste... j'ai osé.
En dehors de l'incident de ce soir sans lequel je ne serais peut être même pas en train de rédiger ces lignes aujourd'hui, j'ai passé une bonne soirée... dans un mélange d'habits qui me plaisait: La fameuse veste, avec le T-Shirt au pentacle, un jean anonyme, mes Vans neuves, mes gants en cuir, et mon bracelet clouté...
Et le lendemain matin, j'avais encore la veste.
Le suivant aussi me semble-t-il, ou le surlendemain.
Puis, les vacances de Février. Passées à déprimer à cause d'un petit détail cité plus haut. Et à la rentrée, de nouveaux habits adaptés à ma nouvelle mode personnelle, une redingote, deux jeans, des lunettes, mes Premières lunettes de soleil... Mes premiers surnoms adaptés eux aussi, Klaus Barbie, Hitman, etc. Mais pour une fois, j'étais Fier de ces surnoms, je ne les cachais pas avec honte, je ne faisais plus mine de ne rien entendre, même s'ils restaient des surnoms, ils étaient la conséquence de ce que j'aimais en moi, donc je les aimais.
L'ascension a continué. Vestes, jeans, chaussures, chemises...
Je n'en étais pas vraiment conscient, mais j'étais en train de me créer ma propre mode, mon style, en dehors de toute inspiration extérieure, j'avais enfin l'impression de m'appartenir à 100%, j'étais certes le seul du collège à être ainsi, mais je me sentais bien.
Je préfère me sentir bien en étant seul plutôt que de me sentir mal en présence de gens. C'est ainsi. Quitte à m'isoler, à me faire isoler, à me faire exiler, cataloguer, je veux me plaire, me faire plaisir, être heureux avec mes méthodes et non celles des autres...

( Blog jumellé )



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