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Publié le Mardi 29 juillet 2008 à 21:32:38
Par Dr. J
Humeur : Gaie
Ha. Vous venez de tomber sur l'article qui va parler d'un sujet dont je connais tout. La solitude.

Déjà, il faudrait savoir ce qu'est cette chose qu'on cite souvent dans les chansons, les autobiographies, et tout ce qui peut être dit par quelqu'un qui y a déjà touché.
Il y en a une, mais on peut la découper en deux morceaux... La solitude Morale, le fait de se sentir seul, exemple moi dans Cet Article, il est évident que je ne suis pas réellement seul, mais mentalement, si. La solitude Physique, celle qui peut causer de l'angoisse chez certaines personnes (bouh, je fais des sous-entendus, si tu lis ça Shery, sache que je ne pense pas à toi), et qui peut laisser apparaitre une autre version de soi (voir la photo de ce même article).
Ayant déjà testé les deux, je peux dire qu'ils sont étroitement liés. Quand on est seul mentalement, on en vient à s'isoler automatiquement physiquement (certains m'ont déjà vu aller jusqu'à m'énerver pour qu'ils partent à 100 mètres quand j'étais... perturbé); et inversement, quand on est seul physiquement, on finit par ne plus penser au reste du monde (exemple: mon séjour à l'hôpital).

Les défauts sont plus souvent cités, hélas. On parle de tristesse, de dépression, de perte de lucidité, et parfois même... d'autolyse (J'en ai marre du terme barbarre, j'ai l'impression qu'il s'en produit un à chaque fois que je prononce ce mot, donc j'arrête maintenant).

Mais je peux vous affirmer qu'il y a aussi des qualités. Je vais faire un mélange: les défauts de la présence d'êtres à nos côtés, et les qualités de leur absence.
Quand on est avec des gens, on ne peut pas penser seul. On peut être égoïste, mais c'est pareil que penser à eux: c'est penser en opposition avec eux, pour se défendre d'eux. Comment être égoïste quand on vit seul ? En suite, la présence des autres fait qu'on ne se prend plus au premier plan, on en revient un peu à ce que je disais la phrase précédente, on s'oublie trop. On est ouvert, quand on est entouré (enfin en général), donc on reçoit trop de choses pour rester soi-même (encore une fois, ça devient chiant ce que je raconte), des opinions, des idées, des commentaires, des critiques ou même des félicitations: tout vise à nous faire perdre notre propre jugement.

Seul, je peux penser à moi, avec mon propre cerveau et non celui d'un autre (ami ou tiers, même combat). Je peux donc m'ouvrir à moi même, et non aux autres, me découvrir et apprendre à me connaitre (quand je fais mon footing seul, j'apprends mes limites, et pas celles de mon voisin. J'établis Mon record, et je ne regarde pas celui du compagnon.). Je peux me parler (dans la tête ou même à voix haute, c'est pareil, tout est question de préférence), et découvrir que je peux même me répondre, et je me rends ainsi compte de ce que je dis, je sais que je pense, c'est... indescriptible. Je peux faire beaucoup de philosophie, comme cet article par exemple, je serais incapable d'en écrire un maigre paragraphe si quelqu'un était derrière mon épaule, qu'il parle ou non: je veux m'exprimer d'abord seul, en me relisant dans ma tête, sans qu'on touche à mes idées lorsqu'elles sont en train de sortir. Ce passage à l'hôpital m'a permis de reconnaitre mes erreurs, mes problèmes, ma défaillance, à quoi elle était due, comment la régler. en effet, je n'avais plus rien, donc je me demandais pourquoi. Quand on a quelque chose, on ne se demande pas pourquoi. On en profite, mais on n'approfondit pas. On le vit, mais on ne l'éclaircit pas. Là, on n'a rien, et on regarde derrière et devant soi: "Qu'est-ce que j'ai fait ? Qu'est-ce que j'ai bien pu faire ? Que vais-je faire, à présent ?"

Evidemment, il y a des moments où il faut, d'autres où il ne faut pas. On ne doit pas laisser un suicidaire seul, du moins mentalement. Car, même si physiquement on peut l'isoler dans une pièce sécurisée, mentalement, s'il ne voit pas qu'il y a du monde qui vit en même temps que lui, il est capable de se tuer avec ses propres mains. Pareil, on ne doit pas gâcher son temps à rester seul chez soi quand on a une occasion de sortir, avec ou sans amis, mais sortir, et être amené à voir, sans forcément interagir. Les personnes sujettes à des troubles mentaux et psychomoteur lorsqu'elles sont seules, et nécessitant donc une présence permanente doivent elles aussi éviter (sans totalement neutraliser) la solitude physique (mes crises d'angoisse arrivaient bien plus facilement quand j'étais seul, et elles duraient plus longtemps, et le danger était plus fort, étant donné qu'aucune limite ne me bloquait).



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