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Publié le Mercredi 29 octobre 2008 à 13:41:34
Par Dr. J
Humeur : Souriante

Au départ on a maintenu la mère en vie (car elle est sauvage) et voilà le résultat... un machin noir plein de poils et vraiment con comme moi Mort de rire...
Publié le Mercredi 29 octobre 2008 à 11:06:41
Par Dr. J
Humeur : Maussade
Dans son premier rêve, Jules était un astronaute. Un grand astronaute. Il venait de décoller, à dix heures précises, mais il ignorait s'il s'agissait du matin ou du soir: le profond paysage noir de l’espace ne lui révélait plus ce détail. La Terre était déjà derrière, loin derrière lui. Il la contemplait avec ce sourire, ironique et moqueur, le sourire du vainqueur, fier de lui et invincible. Les étoiles défilaient, il les comptait, les nommait, les maîtrisait les unes après les autres. A chaque nouveau système solaire, son énergie redoublait, son espoir et son ambition allant de même. Il avait déjà oublié sa planète natale, il ne se rappelait plus des circonstances de son décollage. C'était pourtant dans un simple lit noir et blanc qu'il s'était endormi ce soir là. Il avait passé une journée plutôt gaie, et en avait gardé de bons souvenirs. Mais, dans l'espace, il n'avait plus besoin de ces souvenirs. Ils lui étaient égaux. Sa visite du Zoo n'importait pas dans la trajectoire de son vaisseau, et la lettre qu'il avait envoyée au père Noël n'avait aucune influence sur la carte des étoiles qu'il traçait de son crayon pastel violet, assis dans la salle d'observation.
Soudain, il fut interrompu au milieu de ses travaux par un signal d'alarme provenant du cockpit. Des obstacles non identifiés s'approchaient de lui à grande vitesse. Ils n'étaient pas encore visible à cause de leur distance, il ne pouvait savoir à quoi s'attendre, et il avait beau faire tous les efforts possibles, il ne pouvait détourner sa trajectoire de la leur: ils suivaient chacun de ses détours pour rester en route de collision avec lui. De plus en plus proches, il réussit à en identifier un. Il n'en crut pas ses yeux. Il ne s'agissait là ni d'un astéroïde, ni d'une carcasse de fusée abandonnée, mais bel et bien d'un gigantesque
lion qui semblait dériver dans le vide intersidéral à pleine vitesse, comme attiré par un aimant, vers le vaisseau de Jules. Les autres projectiles s'étaient eux aussi rapprochés, il distinguait là un phoque géant, une énorme girafe, et une multitude de jouets toujours aussi grands. Jules eut un choc. Ces jouets étaient ceux qu'il avait commandés pour Noël, et ces animaux étaient ceux qu'il avait vus et nourris au Zoo. Il n'en croyait pas ses yeux. Dans moins d'une dizaine de secondes, ses propres souvenirs allaient percuter son vaisseau, sa fierté, son espoir...
La collision fut fatale.
Mais lorsqu'il ouvrit les yeux, Jules ne vit que sa chambre, à peine éclairée par la lueur d'une douce veilleuse verte en forme de fusée. Il était à nouveau sur Terre, à nouveau dans le monde réel. Il était surtout déçu. Déçu par sa chute, par la fin
inattendue de son voyage. Tout se passait si bien, il allait devenir le maître de l'univers, il allait enfin réussir à lister tous les systèmes solaires, à capturer toutes les étoiles à l'aide de son crayon pastel violet et sa carte de l'espace. Rien ne pouvait le vaincre, rien ne devait le vaincre. Et pourtant il était tout de même de nouveau sur Terre. Il avait réellement échoué. Ces souvenirs qu'il avait gardés malgré lui de la veille s'étaient retournés contre lui et avaient détruit son futur, réduit ses espoirs en morceaux. Il était maintenant conscient que ses souvenirs le rattachaient au monde réel. Mais tout n'était pas perdu pour autant. Il savait qu'une nouvelle opportunité de gloire spatiale s'offrait à lui dès le prochain soir. Il n'avait plus que cela en tête. Son prochain décollage. Il savait que ce serait le bon.
Sa journée passa légèrement plus vite que la précédente. A l'école, il s'était fait un nouvel ami, son premier ami, plus précisément. Il s'appelait Charles, et il voulait être policier, plus tard. Jules l'aimait bien, car Charles était le seul à ne pas se moquer de lui où l'ignorer lorsqu'il lui parlait de ses ambitions de cosmonaute. Il approuvait, écoutait et comprenait Jules. Ils avaient passé la journée à jouer au parc, Charles cherchant les voleurs dans les cabanes en bois, et Jules explorant l'espace en voyageant dans les toboggans.
Le soir tant attendu arriva. Jules finit son repas plus vite que d'habitude, et ne tarda pas à aller se coucher: il n'y avait pas de temps à perdre, plus vite il décollerait, plus vite il retrouverait l'espace infini qui l'attendait. A sa grande surprise, son vaisseau était intact, sa carte des étoiles et son crayon pastel étaient posés sur la table de l'observatoire. Son voyage se passait à merveille. Cette fois-ci, aucun lion spatial ne vint à son encontre, aucun train électrique géant ne le percuta en plein vol. Il continuait son aventure, dévorait les galaxies entières de son crayon et de sa feuille, recensait tout, décrivait, nommait chaque astre qu'il voyait passer devant ses hublots. Son bonheur semblait infini, imperturbable, et rien ne pouvait l'empêcher d'être heureux comme il l'était. Lorsque l'alarme de la dernière fois retentit à nouveau, Jules ne voulut pas y croire. Pendant quelques secondes, il se persuada qu'il ne s'agissait que d'un mirage ou d'une erreur de son vaisseau, d'une fausse alerte. Mais il fut bien forcé d'intervenir et constata tristement que, comme la première fois, d'énormes objets se déplaçaient à grande vitesse vers lui. Il mit moins de temps à les apercevoir nettement, mais sa surprise fut de taille. Il y avait là une reproduction de Charles à grande échelle, au moins trois fois plus haute que le vaisseau tout entier. Et autour de lui, Jules distingua d'autres masses qui se rapprochaient de lui, un toboggan, une cabane en bois, une balançoire... il n'en pouvait plus. C'étaient à nouveau ses souvenirs qui allaient le vaincre, le ramener au monde réel, et l'empêcher de dominer l'univers.
Il se résigna, ferma les yeux et lorsqu'il les ouvrit à nouveau, il était déjà revenu sur Terre.
Les jour suivants, Jules n'eut plus rien d'autre en tête que sa conquête de l'espace. Le reste n'avait plus aucune importance pour lui. D'ailleurs, il ne faisait plus grand chose de ses journées, il attendait chaque jour l'arrivée de la nuit, et son retour au rêve. Il ne jouait même pas avec les jouets qu'il avait eus à Noël, ils lui rappelaient trop son premier incident spatial. Il en voulait beaucoup à Charles de l’avoir ramené dans le monde réel lors de son deuxième rêve. Charles ne comprenait pas de quoi l’accusait Jules, ils se disputèrent, et Jules se retrouva à nouveau seul à l'école. Il était seul et faible, sur Terre, raison de plus pour retourner au plus vite dans son vaisseau, dans l'univers où il était maître plus que quiconque. Ses voyages duraient de plus en plus, il s'efforçait de ne garder aucun souvenir de ses journées, jouant le moins possible, restant muet matin, midi et soir. Personne ne comprenait ce qui lui arrivait. Il était chaque jour plus fermé, plus pâle et le visage triste, il ne parlait plus à personne. Mais dans l'autre monde, dans son monde, tout allait au contraire de mieux en mieux. Ses rares souvenirs avaient de plus en plus de mal à le retrouver pour le ramener chez lui, dans son lit noir et blanc, éclairé par la lampe fusée verte. Il ne gardait plus rien de ses journées passées sur Terre, il se forçait de ne plus penser à rien d’autre qu’à son univers, son vaisseau, sa carte et son crayon violet.
Son voyage ne s'arrêtait plus, rien ne venait le perturber à présent, ni Charles ni aucun animal géant ne pouvaient l'interrompre dans la conquête de l’espace. Il avait gagné, il était libre, indépendant du monde réel, il ne voulait plus y retourner. Il ne pouvait plus y retourner.
Depuis longtemps, on ne parle plus de Jules, sur Terre. Les médecins n'ont jamais compris de quoi il était mort, personne n'a jamais su pourquoi on l'a retrouvé
dans son lit, un matin de Février, inanimé, comme endormi, mais mort. Il n'avait souffert d'aucune maladie grave, ses vaccins étaient tous à jour, aucun trouble n'avait été rapporté par le pédiatre qui s'occupait fréquemment de lui. Aucun trouble, sinon son isolation du monde réel, son refus de vivre ses journées. Mais cela n'expliquait pas de quoi il était décédé, et encore moins d'où venait ce sourire sur son visage pâle de défunt, ce petit sourire ironique et moqueur, que nul ne pourrait à présent lui enlever...

Publié le Mardi 28 octobre 2008 à 06:06:06
Par Dr. J
Humeur : Maussade
Les plantes étaient toutes mortes depuis longtemps. On ne parlait plus d'arbres, de fleurs ou de fruits depuis des siècles. La déforestation les avait décimés, et les changements climatiques n'avaient épargné aucune espèce. C'était comme s'ils n'avaient jamais existé. Comme s'ils n'avaient jamais rien permis à l'humain. A la place, on parlait des Verts. Le Vert était l'invention à laquelle l'espèce humaine devait maintenant sa survie, et son avenir.
Quand vers les années 2093 la planète ne comptait officiellement plus que quelques centaines d'hectares de forêt, les plus grands laboratoires de recherche de l'époque firent du projet de remplacement des plantes une priorité telle que tous les autres travaux de recherche étaient quasiment prohibés par la majorité des états. Ils y passèrent quinze ans, ces quinze années furent très bouleversées, car d'un côté les médias annonçaient fréquemment la perte de nouveaux hectares, et de l'autre les experts des laboratoires présentaient leurs prototypes remplis d'espoir, mais malheureusement à chaque fois défectueux, instables et peu rentables.
Et au bout de quinze années de panique globale, un des scientifiques nommé Albert Kerlinski, à l'origine inconnu de la presse et des autres chercheurs, présenta un projet qui, de par son originalité et surtout l'espoir qu'il conférait à tous, étonna et soulagea le monde entier. Il avait réussi, après de nombreux essais et de multiples échecs, à modifier un gène humain pour obtenir une singulière créature capable remplacer intégralement la flore en perdition. Car elle était, comme l'homme, adaptée au nouveau climat et à ses fréquentes perturbations. Sa morphologie était presque qualifiable d'artistique, à mi-chemin entre l'humain banal et l'arbrisseau. Dotée d'une tête et d'un buste à priori humains, son visage était exempt d'oreilles, de bouche, de nez et d'yeux, des racines remplaçaient ses jambes et de longues branches lui servaient de bras. Sa chevelure était d'un noir profond, et son épiderme vert comme la menthe. Mais ce qui marquait d'autant plus les spectateurs ébahis devant cette merveille, c'est qu'elle était asexuée. Les questions concernant sa reproduction furent d'ailleurs vite posées, et la réponse ne se fit pas attendre non-plus: la découverte fonctionnait sur le même plan de vie et de reproduction que la flore verte terrestre, c'est-à-dire par la floraison, la transmission du pollen puis la dispersion des nouvelles graines. Et l'intérêt principal de cette invention était qu'elle pouvait produire du dioxygène par la photosynthèse, prenant ainsi le relais des plantes qui se raréfiaient. Le professeur Kerlinski mentionna une autre faculté de sa créature, qui était la possibilité de penser. Il avait en effet réussi à conserver, au cours de ses modifications du gène, la pensée, la conscience qui était pourtant jusque là réservée à l'être humain. Ce détail ne surprit pas réellement les autres scientifiques, certains en firent même un défaut, sans pour autant trop argumenter leurs déclarations, et ce fut vite considéré comme une caractéristique secondaire de cet individu.
Le Vert était donc la solution au problème de la survie humaine, et son déploiement massif fut ordonné dans tous les pays dès l'accord des différents chefs d'états. Ils se disputèrent les cargaisons de graines et les brevets de culture à coup de milliards de dollars, chacun voulut comme à l'habitude maitriser le marché pour rester indépendant des autres. On en planta dans de gigantesques champs, qui servaient jadis à cultiver de vraies herbes, d'authentiques forêts...
D'années en années, la faculté de pensée qu'avait mentionné Kerlinski s'oubliait, se fondait dans le décor rempli de ces bustes à fleurs. Ils ne parlaient pas et ne bougeaient pas, c'est pourquoi ils ne méritaient pas, selon l'opinion publique, d'être considérés comme humains, ou même dotés de pensée.
Ils étaient d'ailleurs au contraire de plus en plus vulgarisés du fait de leur nombre croissant. On les traitait comme des objets, des jouets ou des soufre-douleurs, les enfants se défoulaient à leur arracher les feuilles ou leur casser les branches, les adultes soulageaient leurs besoins sur eux au bord des routes de campagne, les jeunes leur taillaient le torse à l'aide de couteaux pour écrire leurs noms ou dessiner des cœurs, lorsqu'un terrain convoité par un chantier de centre commercial était occupé par un champ de Verts, on les abattait sans une once de pitié. Ils étaient devenus des moins que rien aux yeux de tous, leur maltraitance était tout à fait anodine, et ils n'avaient aucun moyen de se défendre ou de se plaindre.
Cela dura encore des siècles, le professeur Kerlinski n'était plus qu'un très lointain souvenir, son invention ne servait à présent plus qu'à endosser les pires rôles, les expériences risquées, les violences injustifiées, la production de papier, et même le chauffage des villes. Plus aucun respect ne lui était accordé, aucune forme de morale ne lui était appliquée.
Mais par un triste mois de Janvier on assista à un singulier phénomène. Les taux de dioxygène mesurés par les stations météo de tous les pays se mirent à chuter brusquement, sans raisons apparentes. De plus, les Verts changèrent d'aspect, se repliant sur eux mêmes en serrant leurs bras contre leur poitrine, et passant de leur habituel teint vert menthe à une couleur de plus en plus proche du noir. La panique générale semblait ressurgir après les siècles d'oubli et d'évolution. Les scientifiques émirent de nombreuses hypothèses, certains affirmèrent qu'il s'agissait là d'un simple effet du aux températures légèrement plus basses que la normale, d'autres furent persuadés qu'il s'agissait d'un virus. L'incompréhension et surtout l'absence de remède inquiétaient de plus en plus de monde, et le dioxygène disparaissait petit à petit. Pour pallier ce manque, de grandes centrales de production furent construites, et on vit apparaitre dans les commerces des masques et des bouteilles d'air conditionné, ce qui rassura légèrement la population.
La question des Verts restait cependant là, et un chercheur allemand remit le détail de la faculté de pensée des Verts dans la liste des éléments à étudier. Il chercha pendant longtemps un moyen de prouver une bonne fois pour toutes que ces êtres pouvaient eux aussi penser. Il mit ainsi au point un appareil capable de capter et d'analyser les micro-vibrations émises par les Verts, et parvint par la suite à étudier une des nombreuses plantes et en traduire les pensées. En dialoguant avec elle par le biais du même appareil, il en conclut qu'ils avaient la faculté de penser mais aussi de communiquer entre eux à distance par ces mêmes signaux inaudibles à l'oreille humaine, et qu'à force de violence, d'humiliation et d'exploitation, ils avaient décidé de se laisser mourir pour en finir. Il ne dévoila jamais sa découverte au grand jour et garda le secret jusqu'à sa mort. Il avait compris les Verts, il savait comme eux que les humains ne méritaient pas de seconde chance, et qu'ils devaient périr dans leur erreur.
La fabrication d'oxygène s'avéra insuffisante, des guerres se déclenchèrent. Ils moururent les uns après les autres au fur et à mesure de l'épuisement des stocks, et lorsqu'on découvrit les travaux du chercheur allemand au milieu des décombres de sa maison, il était déjà trop tard.
L'humain devait payer pour ce qu'il avait infligé à ceux qui le maintenaient en vie...

Publié le Lundi 27 octobre 2008 à 21:07:20
Par Dr. J
Humeur : Souriante

Pour ceux qui comme moi utilisent un bon gros casque avec insonorisation optimale, cette chanson est un aller simple pour l'espace et tout ce qui va avec...
A consommer sans la moindre modération, allongé dans le noir de préférence.

Publié le Lundi 27 octobre 2008 à 19:33:24
Par Dr. J
Humeur : Maussade

Le silence est peintre de mon idée...
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