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Publié le Mardi 23 septembre 2008
Par Dr. J
Humeur : Maussade
C'était un imbécile, un idiot, ou un individu limité, question de langage. Mais, par ces termes, j'entends la pire espèce qui soit, ceux que l'on ne peut plus réformer, ceux qui sont réellement en dessous de la moyenne, en dessous de toutes les marges. Il avait juste le potentiel pour rester dans la société, il savait s'habiller, il connaissait son travail et quelques règles de vie de base.
Il n'avait aucune logique, aucune forme de raisonnement fondé, approfondi, clair et universel. Il ne savait pas raisonner, il ne savait pas résoudre ou ordonner, clarifier. Il n'était jamais confronté à des problèmes requérant une quelconque forme de capacité de déduction, et c'est ce qui le sauvait, c'était cette chance discrète, dont il était évidemment inconscient, mais qui était bel et bien présente, son entourage le savait pertinemment.
Il n'était curieux de rien, il ne cherchait jamais, il trouvait toujours ce qu'il ne cherchait pas, mais rien de plus, aucune question dans la tête, pas la moindre soif, même infime, de savoir. Il était pourtant plongé dans un monde de mystères, aussi les différentes machines qui consituaient l'atelier où il travaillait étaient d'une complexité alarmante, mais restaient à ses yeux de simples outils, dont le fonctionnement n'importait guère tant qu'elles faisaient ce qu'elles devaient faire.
Son quotidien était, comparé à celui de ses collègues, exempt de toute organisation, planification, anticipation ou prévision. Il ne pensait jamais au repas du soir, au rendez-vous du lendemain, à la visite médicale de la veille... Il n'avait pas d'agenda, ni de calendrier ou de carnet de notes. Ce n'était pas sa mémoire qui aurait rattrapé ce manque, puisqu'il n'en avait pas non plus. Il vivait donc au jour le jour sans jamais regarder devant comme derrière, les rares personnes qui arrivaient encore à croire qu'il pensait étaient persuadées qu'il songeait seconde par seconde, instant par instant, et non comme eux, par semaines et par mois.
C'était un crétin, certes, mais il ne manquait pas à ses maigres tâches. Il travaillait dans une parqueterie, alternant un jour sur deux (sous les rappels de ses collègues chaque matin bien entendu) en deux postes différents. Les jours pairs, il devait s'occuper du découpage des longueurs de planches qui allaient ensuite être ajustées par ses collègues et leurs mystérieuses machines. Les jours impairs, son travail consistait à cirer les planches précédemment finies par les autres employés. Ces deux fonctions étaient parfaites pour lui, car elle ne nécessitaient aucune connaissance autre que la technique de base, et car il était lui aussi assisté de machines, notamment pour le découpage des longueurs. Pour lui, la réflexion s'arrêtait à faire glisser la planche jusqu'au trait rouge et attendre le découpage automatique et sécurisé de la machine, ou passer un chiffon sur une planche du même type pour la faire briller.
C'était ainsi depuis des années, en dehors du travail, il n'avait pas beaucoup d'activités, souvent il se promenait dans les parcs de la ville pour regarder les gens, les arbres, les graviers ou sa montre qui ne fonctionnait plus, ou parfois il allait s'asseoir sur un rocher à la plage pour passer le temps et manger ce qu'il avait acheté au hasard de son voyage. Il se perdait fréquemment en ville, mais sa chance protectrice voulait qu'il habite près d'une montagne au Nord de la ville, il pouvait donc ainsi se repérer, lorsqu'il arrivait à se rappeler de ce détail sans le faire exprès. Il n'avait, pour ainsi dire, aucun réel ami, et n'avait pas plus d'attirance envers les gens qui l'entouraient qu'envers sa propre famille. Il ne ressentait pas le besoin de retourner les voir, ou de se faire de nouveaux amis. Et personne autour de lui ne le remarquait autrement que par sa simplicité d'esprit. Il était transparent pour la plupart, méprisable pour d'autres.
Certains avaient essayé de communiquer avec lui, quelques uns en essayant de lui démontrer qu'il vivait trop à l'écart et qu'il devait essayer de changer, d'autres en lui disant tout simplement qu'il était stupide dans son choix de rester ainsi.
Mais la question que personne ne s'était posé était là: était-ce un choix de sa part, que de vivre ainsi, de penser et d'agir d'une telle sorte, au point de finir en totale rupture avec tout son entourage ? Était-il vraiment acteur et non victime de sa bêtise ? La réponse, personne ne l'avait, pas même lui.
Mais, que savait-il lui-même ? Que pensait-il des remarques qu'on lui faisait, comment interprétait-il son écart avec les autres ?
C'était simple, c'était aussi simple que lui. Il était heureux. Il était crétin mais heureux, limité mais joyeux, imbécile mais serein. Toutes les remarques qu'on lui avait faites, qu'on lui faisait et qu'on aurait pu lui faire encore des jours et des années, lui semblaient déplacées, il les trouvait drôles car absurdes. Il était heureux, donc il ne se sentait pas inférieur, stupide ou associable.
Chaque journée lui plaisait plus que la précédente, même si elle en était la copie conforme minute pour minute. Il redécouvrait chaque jour son travail et sa ville, et n'avait pas un seul instant de lassitude, de doute, de lucidité tout simplement.
L'inconscience, le refus de conscience, aveugle, fort et incorruptible, l'antisophie.
Mais il était Heureux, lui, au moins...
Les commentaires
Publié le Mardi 23 septembre 2008
Par Swinkels
Pas mal. L'personnage est attachant ! Juste, deux p'tits trucs qui m'ont pas plu :
Le mot connerie était déplacé, dans ton contexte littéraire.
Et t'as mis une majuscule à Heureux. Je comprends ce que tu veux véhiculer, mais bon ... Ca ne se fait pas de mettre une majuscule à un adjectif. T'aurais pu changer la tournure afin d'y intégrer le mot "Bonheur" avec sa glorification majusculaire, ç'aurait été mieux !
Publié le Mardi 23 septembre 2008
Par drj
Ouais, je sais =) Mais j'ai aucune vocation d'écrivain, je suis jeune, hein...

J'ai pas trop cherché à modifier, là je viens d'arranger quelques tournures mal faites, etc... je verrai après pour tes idées, là j'ai d'autres trucs à faire =/ (tu sais de quoi j'parle)

Merci d'avoir lu en tout cas =D
Publié le Mercredi 24 septembre 2008
Par Loulène
DRJ, pardonne-moi à l'avance stp mais j'ai les dents qui grincent en lisant le commentaire de Swinkels (salutations Swinkels et sans rancune...).

Alors attention je me lâche: Putain DRJ, fais pas de connerie et mets toutes les majuscules du monde entier à tous les mots que tu souhaites glorifier !!!

Qui a dit que ça ne se fait pas de mettre une majuscule à un adjectif?
Tous les poètes sont des crétins alors?

Une créativité emprisonnée dans un carcan et des contraintes ne peut s'épanouir librement, et moi j'aime quand tu exploses tes tournures sans détour et que tu inondes tes mots d'émotion, ne change JAMAIS ça sous prétexte que c'est pas correct dans ton contexte littéraire sous peine d'avoir un con littéraire de texte!

Voilà ça s'est fait, et toujours sans rancune Swinkels ;-)
Publié le Mercredi 24 septembre 2008
Par Verboden Vrucht
Héhé, moi j'dis ça car c'est mon avis, et j'respecte le tien qui est pas con non plus. n_n
Euh pour les poètes ... Meuh, c'est pas pareil, y'a une certaine graphie qu'est accrodée à la poésie, qui n'est pas la même que pour le genre littéraire ... Cela dit la littérature blogaire est plus évasive (c'est son intérêt ^_^), et puis de toute façon le Doc Git est un homme LIBRE !
Publié le Mercredi 24 septembre 2008
Par drj
Il me semble que j'ai laissé ma Majuscule, celle que je voulais garder =)

Swinkels est en fait un ami aux multiples noms (souvent des noms de bières) que j'ai rencontré lors de mon départ à "Auschwitz", ou au "Pays des Platanes Communistes"

Je suis des deux avis à la fois: pour la conservation de l'expression libre, mais aussi pour l'adaptation minimale, dans le sens que j'ai écrit ce texte au départ d'une seule et même traite, c'est tout juste si j'avais corrigé les fautes d'orthographe, le reste j'avais laissé dans l'état, et il y avait des erreurs grammaticales assez gênantes que j'avais moi-même remarquées, et des passages qui, à la relecture, ne me plaisaient pas non plus. Donc la majuscule restera où elle est, mais je ne reviendrai pas en arrière pour ce qui est des tournures moches (et encore moins des fautes xD )
Publié le Mercredi 24 septembre 2008
Par drj
Oui, c'est vrai que ce sont mes textes donc que j'en fais ce que je veux. Mais je lis les critiques et je retiens ce qui me semble intéressant, et il y en a dans les deux partis, donc autant faire une sorte de "mélange" (Ainci parlait François Bayrou xD ) (Non je déconne pour la parenthèse précédente)
Publié le Mercredi 24 septembre 2008
Par Grolsch
Ouais, c'est bien de prendre en compte les critiques sans prendre la mouche ni les conseils au pied de la lettre. C'est la rupture tranquille ! (Ainsi parlait notre Sarkozy national) (Et je déconne même pas)
Publié le Mercredi 24 septembre 2008
Par drj
Bah Sarkozy je l'écoute que quand il est drôle (genre casse-toi pauvre con) sinon il me gave =)

Et donc oui, c'est sur que si je commence à suivre tous les commentaires les uns après les autres dans l'ordre ben j'ai pas fini (modifie, laisse, fais moitié moitié, laisse, modifie... Je préfère exécuter partiellement)
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