Plusieurs abonnés ayant souscrit un forfait dit « illimité » avec une clef 3G ont reçu des factures de plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Les appels depuis l’étranger, certains d’entre eux étant frontaliers, ont pu jouer un rôle.
Orange met en cause le téléchargement illégal et frénétique de ses clients ; l’UFC dénonce une publicité abusive.
C’est le dernier scandale dans les télécoms : la surfacturation liée aux clefs 3G, ces périphériques qui permettent de surfer sur Ie Web en tout lieu et à tout moment via un PC portable.
Très en vogue, ces fameuses clefs dédiées à l’Internet mobile ont causé un grand choc à certains abonnés au moment de l’ouverture de leur facture.
En une semaine, trois cas de facture au montant astronomique ont été recensés en France.
A chaque fois, les montants annoncés ont dépassé les 30.000 euros par mois pour atteindre...
près de 160.000 euros dans le dernier cas.
Les trois opérateurs mobiles français « Orange, SFR et Bouygues Telecom » ont multiplié les campagnes de communication sur cette technologie depuis deux ans.
Seulement, voilà : cet été, un abonné Orange habitant le Nord a reçu une facture de 45.000 euros, alors qu’il avait souscrit un abonnement « illimité ».
Orange lui a proposé d’étaler les paiements sur quarante ans...
Mais, la polémique enflant, un accord a été trouvé entre les deux parties pour effacer l’ardoise et le client devrait finalement s’en tirer pour 95 euros, le montant de son forfait.
Cet incroyable dépassement pourrait venir de connexions sur Internet passées à l’étranger, ce que l’intéressé conteste.
Mais comme le lieu d’habitation de cette personne se trouve à moins de 10 kilomètres de la Belgique, la clef a pu « accrocher » un réseau belge de téléphonie mobile.
Dans ce cas, les connexions ne sont plus comprises dans le forfait et sont payées au prix fort, 5 euros par Mégaoctet.
On peut donc trouver une explication rationnelle, En tout cas du point de vue de l’opérateur.
Depuis le 1er juillet dernier, l’opérateur doit envoyer automatiquement un SMS informant l’abonné qu’il utilise un service en itinérance avec les tarifs en vigueur. En outre, à partir du 1er mars 2010, l’opérateur devra respecter un plafond de 50 euros hors taxe, au-delà duquel les connexions en itinérance seront signalées, voire bloquées.
Ce qui n’empêche pas l’UFC-Que Choisir de réagir vivement. « C’est un scandale, estime Édouard Bareiro, de l’association de défense des consommateurs. Il y a un vrai manquement de la part de l’opérateur, qui doit disposer des systèmes d’alerte en voyant la facture augmenter de façon exponentielle. En outre, nous demandons l’arrêt de la commercialisation d’offres comprenant le terme “ illimité“ quand l’illimité ne l’est pas vraiment. »
Passé un certain plafond en volume, le client dépasse son forfait et la tarification redevient ainsi variable, que l’on soit en France ou à l’étranger.
Dans ce cas, les connexions ne sont plus comprises dans le forfait et sont payées au prix fort, 5 euros par Mégaoctet.
C’est d’ailleurs pour cette raison que de nombreux clients « illimités » se plaignent de voir leur facture atteindre des montants qui, sans être astronomiques, sont bien supérieurs à leur forfait.
Fanch