Publié le 19/02/2009 à 01:14
Par fanch
Humeur : En colère
Plusieurs pays européens accordent des avantages fiscaux pour attirer les Suisses fortunés ou les retraités.
Il y a Londres, Monaco, l’Irlande et même la France.
L’union européenne (UE) montre régulièrement du doigt la Confédération en tant que paradis fiscal, un lieu de refuge des grandes fortunes qui profitent du système du forfait fiscal pour échapper au fisc de leur pays.
Mais pour les millionnaires helvétiques, la Suisse est plutôt un enfer.
Selon les statistiques de l’OCDE, l’impôt sur le revenu des personnes physiques y est même supérieur à la moyenne des pays industrialisés.
La Suisse est l’un des derniers pays d’Europe à maintenir une taxation sur la fortune (jusqu’à 1% selon les cantons), à cela s’ajoute un important impôt sur le revenu (jusqu’à 42%) et des droits de succession encore prélevés dans certains cantons.
Résultat, des Helvètes fortunés, présidents, directeurs ou administrateurs de sociétés n’hésitent pas à déménager.
Dans les cabinets d’avocats, on parle pudiquement d’optimisation fiscale.
Ainsi, la famille Bertarelli a quitté Vaud pour l’Oberland bernois.
D’autres ont opté pour une solution plus radicale et ont abandonné la Suisse.
Ils bronzent à Monaco ou font leur shopping à Londres ou Singapour.
Les destinations les plus prisées sont Londres et Monaco.
De nombreux industriels ou banquiers se sont installés dans la capitale anglaise comme le milliardaire Urs Schwarzenbach, le financier tessinois Tito Tettamanti, le patron de Logitech Daniel Borel ou Jean-Claude Gandur principal actionnaire d’Addax Petroleum.
Après avoir quitté Genève pour Londres en 2000, Bernard Sabrier vient de partir à Singapour.
« Simplement pour développer ma société dans une région très prometteuse, ce n’est en aucun cas un exil », précise le patron d’Unigestion, société genevoise spécialisée dans la gestion institutionnelle.
« Le système britannique est très intéressant pour les étrangers, il est même souvent plus avantageux que le forfait fiscal octroyé par la Suisse », précise Pierre-Alain Guillaume.
En Grande-Bretagne, les grandes fortunes en exil profitent de la distinction entre la notion de résident et celle de domicilié.
Les étrangers « résidents non domiciliés » ont un statut fiscal spécial.
Le jouer de tennis Marc Rosset résidait à Monaco depuis 1989, mais en 2008 il est revenu déposer ses papiers à Genève.
La fuite fiscale ne concerne pas que les milliardaires.
Même un modeste retraité suisse peut avoir avantage à quitter le pays s’il décide de retirer le capital de sa prévoyance professionnelle (LPP).
Et, surprise, c’est en France qu’un déménagement est intéressant si sa fortune ne dépasse pas 770 000 euros.
Contrairement à la Suisse, nos voisins ne taxent pas cette prestation en capital. Sur un montant de prévoyance de 1,2 million de francs, par exemple, Genève percevra un impôt de 100’000 et ce chiffre monte même à 138’000 dans le canton de Vaud.
En France, cette taxe est nulle et, en plus, le retraité fera chaque année une économie de plusieurs milliers de francs sur l’impôt sur le revenu.
Dès qu’une personne possède 3 à 4 millions, la Suisse devient chère fiscalement, car on y cumule l’impôt sur le revenu et celui sur la fortune.
« Les retraités profitent d’une faille de la législation française et la Suisse n’est pas attrayante dans ce cas de figure », admettait l’an dernier dans l’émission « TTC » de la TSR, Pascal Broulis, conseiller d’État vaudois en charge des Finances.
Habituées à accueillir les grandes fortunes, les administrations cantonales s’irritent de plus en plus des départs des riches contribuables helvétiques.
Le fisc est devenu inquisiteur et ses inspecteurs vérifient si les Suisses domiciliés à l’étranger ne passent pas en fait de nombreux mois sur le territoire helvétique.
Fanch