Publié le 05/06/2009 à 11:31
Par fanch
Humeur : En colère
C’est le magazine Challenges qui a révélé l’information.
Le journal Libération, propriété d’Édouard de Rothschild, veut rassembler les éditeurs de presse et de sites Internet pour répartir entre eux une taxe prélevée sur le chiffre d’affaires des fournisseurs d’accès à Internet.
L’idée serait d « ajouter aux factures de leurs abonnés au Web une somme forfaitaire de quelques euros : le coût de l’information gratuite ».
« Il s’agit de rectifier les flux d’argent actuels au profit des rédactions, qui sont les auxiliaires du bon fonctionnement de la démocratie », a expliqué au magazine le directeur de la rédaction de Libération, Laurent Joffrin.
Il faudrait alors répartir la somme ainsi prélevée en fonction de la fréquentation du site et de la taille des rédactions.
Interrogée par l’AFP, la co-gérante de Libération Nathalie Collin a confirmé les informations de Challenges.
Si taxe il y avait, elle serait ainsi trustée par les gros groupes de presse, qui n’arrivent pas à adapter leur modèle économique et leurs paquebots à l’ère du numérique et des petits navires.
« Il y a un intérêt commun des internautes, des éditeurs de presse, mais je pense aussi des fournisseurs d’accès à ce qu’on arrive à trouver un financement » pour les sites informations « qui s’appuient sur des rédactions papiers qui elles même s’appuient sur un vecteur qui perd du chiffre d’affaires d’année en année », a ainsi estimé Mme Collin.
plusieurs sites de presse en ligne ont dénoncés le fonctionnement du fonds d’aide à la modernisation de la presse quotidienne, distribué sous la tutelle de Matignon et du ministère de la Culture, qui donne aux poids lourds de la presse écrite un avantage concurrentiel pour s’installer sur Internet, où les nouveaux acteurs de la presse n’ont bénéficié d’aucune aide.
Bien que ce fonds soit en principe réservé aux sites qui font de l « information politique et générale », il a permis à certains journaux (dont Libération) de monter des sites Internet qui n’ont rien à voir avec l’information politique et générale.
S’ils bénéficiaient en plus d’une taxe sur les FAI, à l’instar de France Television et des producteurs de cinéma, la distorsion de concurrence serait encore plus écrasante pour les sites Internet qui ne bénéficient pas de ces aides.
La véritable question est : quelle preuve a été faite que les rédactions de la presse écrite traditionnelle sont « les auxiliaires du bon fonctionnement de la démocratie » ?
Faut-il être culotté et imbu de sa profession pour oser écrire que les blogs, les internautes, la société civile dans son ensemble, à l’heure où tous ses membres sont connectés et peuvent communiquer ensemble, ne sont pas les premiers auxiliaires du bon fonctionnement de la démocratie.
C’est particulièrement culotté lorsque la presse écrite, depuis trop longtemps, comme le dit Guy Bedos, donne l’impression d’avoir été formée « à l’école hôtelière ».
Elle se contente le plus souvent de passer les plats aux femmes et hommes politiques qu’ils invitent, ici pour une interview, là pour une tribune, là pour un bon mot, et de zapper d’un sujet à l’autre sans jamais s’attarder sur les problématiques qui doivent faire débat.
Fanch
[source AFP][source La Tribune][Source Les Echos][Source challenges.fr][Source numerama][Source Leparisien][Source LesInfos.com]