Les députés et sénateurs socialistes ont contesté en vain lundi la modification du règlement du Congrès et le principe de l’intervention du chef de l’État devant les parlementaires à Versailles.
Les socialistes, qui ne s’exprimeront pas après le discours du président de la République, tiendront une conférence de presse à 12h30 devant la salle du Jeu de Paume « là où les députés du tiers état ont refusé en 1789 de se soumettre au roi de France ».
Le nouveau règlement, qui n’a pas été soutenu par l’opposition, a été adopté à main levée et envoyé au Conseil constitutionnel, qui devra le valider à l’heure du déjeuner afin que Nicolas Sarkozy puisse s’exprimer à partir de 15h00.
Dans un communiqué, le président du groupe socialiste, Jean-Marc Ayrault, estime que « cette séance d’égoprésidence (est) une preuve supplémentaire que la modification de la Constitution que nous avons combattue intronise une vassalisation du Parlement au profit du président de la République tout-puissant ».
Cette « première » institutionnelle de la Ve République a été boudée par l’ensemble de l’opposition, alors que le gouvernement au complet a assisté au discours du chef de l’État français, les ministres entourant François Fillon dans l’hémicycle, d’autres écoutant le propos présidentiel dans les tribunes.
Le débat qui a suivi a été écourté faute de combattants, les socialistes venus écouter le discours du chef de l’État ayant décidé de ne pas participé à un exercice qu’ils dénoncent.
La nuée de parlementaires, sauf les communistes et les Verts qui ont boycotté Versailles, s’est ensuite dispersée dans les couloirs à damiers du domaine de Louis XIV, chacun retrouvant son groupe pour établir le mot d’ordre de la journée.
« C’est un moment historique, je suis désolé que nos collègues de l’opposition ne prennent pas le train de la modernité », a dit le président du groupe UMP au Sénat, Henri de Raincourt.
Les socialistes se sont offert une promenade jusqu’à la salle du Jeu de Paume, devant laquelle ils ont fait le serment de lutter contre la « dérive royalise du régime ».
"Ici, des députés du tiers état ont bravé le pouvoir royal.
Ils ont pris le risque de quitter les états généraux pour se constituer en assemblée nationale", a expliqué le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault.
« Si le Premier ministre ne donne pas suite à notre demande de présenter un discours de politique générale après lequel nous puissions avoir un débat et un vote, alors nous aurons la vraie lecture de la réforme constitutionnelle de l’an dernier : un lent glissement vers un régime hyper-présidentiel de type plébiscitaire et un président de la République qui pense qu’entre lui et le peuple, il n’y a rien », a-t-il dit.
Pour le député socialiste Daniel Goldberg, « cette journée, c’est une conférence de presse à 400.000 euros aux frais des contribuables », mais aussi des parlementaires (25 euros le repas) et des journalistes (10 euros le menu avec sandwich).
Avant l’arrivée du chef de l’État, les parlementaires se sont pressés au bureau de Poste du Parlement pour envoyer à leurs électeurs le courrier oblitéré « Congrès du parlement 22 juin », de quoi satisfaire l’électorat philatéliste.
Un peu avant 15h00, le chef de l’État est arrivé au parterre du Midi où l’attendait le président de l’Assemblée et du Congrès Bernard Accoyer, entouré de son homologue du Sénat, Gérard Larcher, et du Premier ministre, François Fillon.
Nicolas Sarkozy a ensuite prononcé son discours, en l’absence des anciens présidents Jacques Chirac et Valéry Giscard d’Estaing et des anciens Premiers ministres Lionel Jospin et Dominique de Villepin, pourtant invités.
Fanch
[source Reuters][source AFP][source La Tribune][Source Les Echos]










