On peut espérer que le taux de croissance redeviendra positif dans le courant de l’année prochaine.
Mais il faut bien voir que, même dans ce cas, l’écart entre le niveau de production et le niveau normal, ce que l’on appelle « l’output gap », restera large.
Même dans la meilleure des hypothèses, il faudra trois à cinq ans pour éliminer cet écart.
C’est pour cette raison que la relance budgétaire est justifiée, à la fois pour ses effets immédiats et pour le soutien qu’elle apportera dans les années à venir.
La France fait une relance budgetaire, mais le véritable effort de relance paraît plus faible que le chiffre annoncé par le gouvernement.
Sans doute pourrait-on l’augmenter, en particulier pour 2010 et 2011, et il faut y penser maintenant.
D’une manière générale, les pays européens n’ont peut-être pas réalisé la dimension du choc de demande que cette crise a provoqué.
Jusqu’en novembre-décembre, l’Europe a cru qu’elle pourrait largement éviter la crise.
Au FMI, nous avons, par nécessité, une vision mondiale de la crise.
Nous recevons les données de 185 pays et elles inquiétantes.
D’une manière générale, les pays européens n’ont peut-être pas réalisé la dimension du choc de demande que cette crise a provoqué.
La baisse des exportations de 12 % au quatrième trimestre 2008 n’a pas de précédent historique.
Les européens pensant que la crise venant des États-Unis, il est légitime qu’ils supportent le plus gros effort ?
Ce ne sont pas les États-Unis qui vont assumer la relance européenne !
Le sentiment que la politique budgétaire marche mal et comporte des effets pervers est plus fort côté européen.
L’Europe s’inquiète aussi davantage du niveau de dette par rapport au PIB.
Le problème immédiat, pourtant, est de relancer l’économie et il faudrait faire davantage en Europe.
Fanch
[Source La Tribune][Source Les Echos]










