Les élus d’Outre-mer reçus en fin de journée à l’Élysée ont vu dans l’engagement du chef de l’État une « avancée » susceptible « d’apaiser les craintes » tout en restant très prudents en attendant la concrétisation des promesses.
En Guadeloupe, le chef de file du collectif contre la vie chère et les surprofits (LKP) qui mène la grève générale depuis un mois, Elie Domota, s’est déclaré « ouvert à la discussion ».
« Mais nous restons prudents et mobilisés », a-t-il dit.
L’effort supplémentaire de l’État sera au total de 580 millions d’euros pour l’Outre-mer et le président français a promis de se rendre en Guadeloupe une fois le calme revenu.
Nicolas Sarkozy a confirmé que l’État était prêt à exonérer de cotisations sociales les augmentations sous forme de primes qu’accorderait le patronat de Guadeloupe.
Les médiateurs proposent le versement pendant deux ans, par le patronat, d’une prime mensuelle exceptionnelle.
Cette mesure, qui éviterait à l’État de financer directement des augmentations salariales, rejoint en partie les demandes des grévistes, qui réclament 200 euros pour les bas salaires et passe par des exonérations de charges pour les employeurs, ce que le gouvernement refusait jusqu’à présent.
Cette « proposition de compromis me semble acceptable par tous », a-t-il dit en estimant que l’objectif était, au total, « une amélioration du pouvoir d’achat des travailleurs à bas salaires de l’ordre de 200 euros ».
Mais le gouvernement ne veut pas préjuger de l’issue des négociations, qui avaient été interrompues le 8 février et reprendront jeudi soir.
Cette prime pourrait bénéficier en Guadeloupe à 45.000 personnes.
En outre, la réglementation du futur Revenu de solidarité active (RSA) sera adaptée à l’Outre-mer, pour que les bénéficiaires puissent le cumuler avec le versement de la prime.
« Aujourd’hui, nous avons le devoir d’entendre nos compatriotes, et nous avons dans le même temps le devoir de ramener la paix civile au plus vite », a expliqué Nicolas Sarkozy aux élus d’Outre-mer.
Ce processus étalé sur trois mois commencera dès vendredi par une réunion interministérielle sous la présidence du Premier ministre François Fillon.
Seront organisées, dès le calme revenu en Guadeloupe et en Martinique, des « états généraux » dans chaque collectivité d’Outre-mer, a-t-il ajouté.
Sur le plan institutionnel, Nicolas Sarkozy s’est dit favorable à la création d’une collectivité unique par département d’Outre-mer, si c’est le choix des populations.
Fanch










