Un couple de sexagénaires bien mis, des amies venues à trois de Seine-Saint-Denis pour se serrer les coudes, de jeunes parents avec leurs deux petites filles…
Ce sont désormais près de 600 personnes qui se pressent chaque jour aux guichets du Crédit municipal de Paris alias ma tante pour déposer des objets personnels en gage.
Soit 20 % de plus qu’en janvier dernier, vient d’annoncer le mont-de-piété.
« En deux ans, notre activité a augmenté de 35 % », estime Bernard Candiard, directeur général de l’établissement.
Montée du chômage, durcissement des lois sur les crédits à la consommation, défiance face aux produits bancaires…
Juillet est traditionnellement un gros mois : les gens ont besoin de liquidités pour partir.
Cette femme de ménage d’origine sri-lankaise a fait le déplacement du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) pour « mettre au clou » trois chaînes en or et deux bagues qu’on lui a offertes pour son mariage.
« Je n’avais pas d’argent pour partir cet été en Allemagne », raconte, tout sourire, Vejeja en montrant les 800 € qu’elle a reçus du Crédit municipal.
Le principe ici est le suivant : les clients reçoivent entre 50 % à 65 % de la valeur de leur bien estimé par des commissaires-priseurs en moins d’une heure en argent liquide (jusqu’à 3 000 €) ou en chèque (au-delà de 3 000 €).
Ahmed s’est déplacé d’Orly (Val-de-Marne) pour mettre en gage une vieille chevalière usée.
Les bancs de la salle du prêt sur gages n’accueillent pas, loin s’en faut, que les pauvres.
C’est par exemple le XVI e arrondissement de Paris qui fourni le plus gros contingent de clients, devant les arrondissements populaires des XVIII e et XIX e.
Comme quoi, l’argent retourne toujours à l’argent.
Fanch
[Source Leparisien][Source libération][Source petitmonde.com][Source Arrondissement.com]










