Énergies renouvelables, baisse des émissions de gaz à effet de serre et concurrence : la Commission européenne a placé la lutte contre le réchauffement climatique au centre de sa stratégie énergétique.
L’exécutif européen a dévoilé ses propositions alors que la fragilité des approvisionnements de l’UE, qui dépend à 50% - 65% en 2030 - des pays tiers pour son énergie illustrée par la fermeture en 2007 et 2008, en Biélorussie, de l’oléoduc russe acheminant du pétrole à destination de la Pologne et de l’Allemagne.
Si les couplets traditionnels sur la nécessité de diversifier les fournisseurs et de créer enfin un grand marché européen de l’énergie libéralisé y figurent, l’accent est clairement mis sur l’importance, pour l’UE, de rester le leader mondial en matière de lutte contre le changement climatique.
"L’Europe doit donner l’exemple au monde pour une révolution post-industrielle", a déclaré lors d’une conférence de presse le président de la Commission, José Manuel Barroso, en estimant que personne ne s’était jamais montré "aussi ambitieux".
Alors que l’UE peine à remplir ses objectifs du protocole de Kyoto - une réduction de 8% des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2010 par rapport au niveau de 1990 -, la Commission pense déjà à ce qui se passera après cette date.
L’UE, responsable de 14% de ces émissions, s’engagerait unilatéralement à réduire d’au moins 20% ses émissions polluantes en 2020 par rapport à 1990 et irait jusqu’à 30% si les autres pays industrialisés la suivent.
L’objectif est d’inciter les Etats-Unis, deuxièmes producteurs de CO2 de la planète derrière la Chine, à suivre l’exemple européen.
"Je pense personnellement que les Etats-Unis vont changer", a estimé Barroso.
Pour 2050, il faudra réduire les émissions de moitié par rapport à leur niveau de 1990 si l’on veut garder une chance de limiter la hausse de la température à 2 degrés par rapport à ce qu’elle était pendant la période pré-industrielle.
Pour la Commission, une telle politique coûterait moins cher - 0,5% du PIB mondial de 2013 à 2030 - que les conséquences de l’inaction, qui pourrait selon les rapports provoquer des dégâts correspondant à 20% de la richesse produite dans le monde.
"C’est aux Etats membres de décider s’ils veulent ou non le nucléaire", a expliqué Barroso tout en notant que 30% de l’électricité produite en Europe était d’origine nucléaire.
Fanch










