Voici un extrait d'un texte d'emmanuel Broto, auteur d'un site "terre de brut", avec des commentaires constructifs je l'espère.
Le plus difficile est de sortir de l'emprise de la novlangue créée par les idéologues au service du pouvoir capitaliste qui enferme la pensée et les débats de société dans des carcans qui empêchent tout remise en cause profonde du système. La Novlangue déploie des concepts creux, dont le plus bel exemple est le concept de "développement durable", mais on pourrait dire de même du terme de "cohésion sociale" ou de "démocratie participative" développée principalement par des agences de communication. Ces concepts remplissent des vides, des frustrations et servent de paravent.
Par exemple, pour le problème environnemental. Les capitalistes ont bien compris dans les années 80-90 que le système de production industriel était très nocif et détruisait l'écosystème. Aussi, ils avaient compris que la société civile allait le leur reprocher de plus en plus vivement et que cette critique pourrait potentiellement remettre en cause l'ensemble du système. La population pourrait peut-être ne serait ce qu'imaginer que ce système de production ne pouvait se poursuivre. Aussi ont-ils pris le taureau par les cornes et pris les devants. Ils ont inventé le concept de "développement durable". Ce concept a permis de focaliser les débats environnementaux sur comment faire pour limiter les dégâts tout en empêchant une remise en cause globale. Les capitalistes ont pu s’appuyer sur ce concept pour déployer leur propagande sur les mesures concrètes qu'ils prenaient tout en ne laissant pas de place aux discours alternatifs ou en les disqualifiant par la propagande.
La novlangue est partout. Elle est le vocabulaire technique des professionnels de telle ou telle profession ou des concepts généraux sur des thèmes de société. La langue et le vocabulaire ainsi que la grammaire sont les armes qui permettent de légaliser, d’institutionnaliser l’ordre social, de le rendre évident, qu’il coule de source, qu’il fasse partie du monde comme si cela avait toujours été. La langue efface la mémoire. Elle fixe la pensée. La pensée ne peut se déployer que par la langue. C’est la langue qui détermine la pensée. Aussi, la maîtrise des concepts par les tenants du pouvoir permet de maîtriser la pensée de la population. C’est l’enfermement de la pensée.
"développement durable":
Parle t'on d'exploitation durable ? d'esclavagisme durable ? d'intoxication durable ?. En effet le mot est charmeur mais que cache t'il ? Pourquoi ne pas simplement respecter d'emblée la nature et les gens, penser les processus dans le temps. Zut dans ce cas là, le nucléaire n'est plus durable. Ah, il ne fallait pas lie dire ! Zut alors !
"cohésion sociale"
Une société ne devrait elle pas être en cohésion permanente ? comment pourrait elle ne pas être en cohésion. Qu'est ce que la fracture sociale ? Y a t'il différentes "classes de citoyen ?"
"démocratie participative"
Une democratie n'est pas pas forcément participative ?










