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Publié le 17/04/2008 à 19:50
Aujourd'hui, un gène est défini comme un enchaînement de désoxyribonucléotides (dit aussi séquence), c'est-à-dire comme une portion d'acide désoxyribonucléique (séquence d'ADN), destiné à être transcrit en acide ribonucléique (ARN), si c'est le cas la séquence est dite « codante ». La plupart du temps, un gène commence par une séquence de nucléotides appelée promoteur, dont le rôle est de permettre l'initiation mais surtout la régulation (tous les gènes ne sont pas exprimés dans toutes les cellules) de la transcription de l'ADN en ARN, et se termine par une séquence terminatrice, qui marque la fin de la transcription. La molécule d'ARN ainsi produite peut soit être traduite en protéine (elle est dans ce cas appelée ARN messager), soit être directement fonctionnelle (c'est le cas pour les ARN ribosomaux ou les ARN de transfert). Il y a environ 13 000 gènes dans l'ADN des cellules d'une drosophile et 21000 gènes chez l'Homme.
Mais ce n'est pas aussi simple: La conception simpliste et réductionniste du fonctionnement du génome, vu comme un “programme génétique”, n’a jamais été la seule défendue par les biologistes, mais c’est celle qui est largement majoritaire (sans doute car la plus facile à concevoir) et qui se trouve soutenue par la classe dirigeante (politique et industrielle). Ayant décidé, sans aucun argument expérimental, qu’il existait des séquences d’ADN nommées gènes, chaque gène codant une protéine et une seule, elle-même responsable d’une fonction spécifique, les biologistes réductionnistes étaient fondés à chercher le moyen, pour conférer une fonction souhaitée à un organisme qui ne la possède pas, d’introduire, dans cet organisme, “le gène correspondant”. C’est donc ainsi, sur une base théorique aussi squelettique qu’invraisemblable, que sont nés les OGM. Depuis quelques années, l’essentiel de ces présupposés gratuits sont tombés. Un “gène” (si tant est que ce terme ait encore un sens précis) peut coder de nombreuses protéines différentes, une protéine peut avoir plusieurs fonctions identifiables, elle peut même, pour une même structure primaire (suite des acides aminés la constituant), prendre plusieurs conformations dans l’espace, etc. Les parties du génome qui ne codent pas des protéines et qui donc étaient jugées inutiles, se sont avérées être tout à fait impliquées dans le fonctionnement génétique. La place même de “chef d’orchestre” du génome a été remise en cause, notamment par le développement récent de l’épigénétique, qui a fait tomber l’une des croyances les plus solides de la biologie en montrant la possibilité de transmission de caractères acquis. Très curieusement (mais nous sommes les premiers à affirmer que le comportement humain, et donc scientifique, ne découle pas du rationnel), cela n’a pas suffit pour que la conception simpliste, et rendue fausse par l’expérience, soit abandonnée, et avec elle les OGM qui en sont l’application directe. Récemment, une étude nommée ENCODE, réunissant plus de 80 organisations dans le monde et coordonnée par le National Human Genome Research Institute (NHGRI) a porté sur plus de 600 millions de données ponctuelles concernant le génome humain. Le programme a sélectionné 1% du génome humain de manière à ce que cette fraction soit représentative du génome global. Les réponses sont édifiantes et bouleversent encore plus les idées reçues, tant en ce qui concerne le fonctionnement du génome qu’en ce qui concerne sa place dans l’évolution des espèces. En plus de remises en cause très pointues mais décapantes, c’est la vision globale de l’organisation du génome qui se trouve transformée, éradiquant la conception dominante au profit d’une complexité enfin reconnue. Citons le NHGRI : “La découverte bouleverse la vision traditionnelle de notre organisation génétique sous forme d’une collection ordonnée de gènes indépendants, orientant tout au contraire vers un réseau d’interactions complexes dans lequel les gènes, avec les éléments régulateurs et d’autres types des séquences d’ADN qui ne codent pas des protéines, interagissent dans des voies qui se superposent les unes aux autres d’une manière non encore totalement comprise”. N’ayant plus maintenant, scientifiquement, aucune justification, l’usage de la transgénèse doit logiquement cesser. Publié le 17/04/2008 à 17:40
J'ai traduit le titre, qui est très clair. En fait il s'agit d'une guerre déguisée entre des corporations, des états, et des gens simples les citoyens... 4000 scientists say GM Crops no silver bullet for hunger GM Freeze Call for Government, Industry and Scientists to Respond To IAASTD Report Challenges: GM Crops not the silver bullet to feed the world GM Freeze welcomes the findings of the International Assessment on Agricultural Science and Technology for Development (IAASTD) and calls upon Government, industry and scientists to respond by changing their approach to research and development in the global South.
The IAASTD report clearly states that the current generation of GM crops do not provide a way to tackle hunger. In also the report emphasises the need to broaden research to include all the key functions of agriculture. These include the enhancement and protection of soil, water and biodiversity, as well as the need to use the knowledge of the millions of small farmers in the South, many of whom are women. Dans ce rapport, on parle du besoin d'élargir la recherche pour inclure toutes els fonctions clés de l'agriculture. Cela inclus l'amélioration et la protection du sol, de l'eau et la biodiversité aussi bien que la nécessité d'utliser la connaissance des millions de petits fermiers des pays du sud, dont beaucoup sont des femmes. The report also highlights the need for research to tackle agriculture’s contribution to greenhouse gas emissions and the role farming plays in mitigating some of the impacts of climate change. The failure of current trade policies to help the world’s poorest people is a major part of the final report, which was produced by over 4000 scientists, including social scientists, from around the world. Commenting on the IAASTD's findings, Pete Riley of GM Freeze said: 'We welcome the report's thorough analysis of the problems and the need to tackle them from social, economic and political perspectives as well as the sound application of science. We are delighted that the hyped claims about the current development in GM crops feeding the world are rejected. We call upon the Government, industry and science to respond positively to the challenge the report lays down and change their approach to scientific research so it is led by and reflects the needs of those who it should benefit – not the needs of corporations. The research base has to be broadened to take up all the demands placed on farming in addition to producing food in a way that is safe and has no long-term negative impact on the environment. This represents a big culture change in the approach to science for agriculture and must happen quickly.' Calls to:Pete Riley 07903 341065 Publié le 17/04/2008 à 17:32
Humeur : En colère
ISIS Press Release 16/12/05 Publié le 17/04/2008 à 16:10
Humeur : Rebelle
Une majorité de citoyens semble opposée à la culture des ogm en France. Si ce texte de loi est voté en l’état , l’autodéfense citoyenne sera la seule voie laissée libre pour lutter contre la dissémination des cultures ogm(d’ou les peines de prison prévues contre les faucheurs par le texte).
Notre terre et notre ventre ne sont pas des poubelles ! Ceux qui sont contre seront désormais des éco-terroristes ! (terme de novlangue pour désigner et diaboliser(=diviser en latin) les opposants ! Bienvenue à la nouvelle techno-dictature ! En fait ce sont des stratégies de communication pour minimiser et faire du mal a ceux qui ne vont pas dans le sens de la minorité exploitrice. Déplacez pacifiquement les stocks et empêcher de produire les exploitations qui voudront nous imposer leurs horreurs génétiques restera sous peu la seule solution pour certaines personnes exposées aux contaminations. Après les pétitions, certain choisirons l’action. Mais ne nous trompons pas de bord, la première violence aura été d'imposer des aliments que nous ne voulons pas de force, pour des considérations scientistes ou économiques, pas humaine. Le viol de la nature aura des conséquences, c'est certain. Quelle manque de respect et de sagesse que notre civilisation ! C'est très triste de pousser les gens a ce point et je ne pensais jamais voir pareille chose de mon vivant. Pour remettre le contexte de cet article: A l’ Assemblée nationale , mardi , 2ème séance M. Germinal Peiro dit ” M. Germinal Peiro – C’est la crédibilité de votre démarche qui est en jeu. Qui peut croire que ceux qui ont développé le Roundup, puis les OGM résistant au Roundup ont en vue l’intérêt général ? (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC et du groupe GDR) Qui peut croire que ceux qui ont fabriqué les PCB, la dioxine, qui fabriquent encore l’hormone de croissance bovine, œuvrent pour le bien commun, eux qui ont souvent menti pour gagner plus au mépris de la santé publique et de l’environnement ? Nous ne voulons pas servir leurs intérêts. C’est pourtant ce que fait ce projet. Ce débat touche à des enjeux essentiels : Notre alimentation, notre environnement, et le devenir de la biodiversité. Pour l’environnement, la décision que nous prendrons sera irréversible (« Très bien ! » sur plusieurs bancs du groupe SRC et du groupe GDR). On mesure donc la responsabilité qui nous incombe (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC et du groupe GDR). En effet, dans les grandes cultures, la coexistence est impossible. Dire que, parce que les cultures seront espacées de quelques dizaines de mètres, il n’y aura pas de dissémination, est aussi crédible que d’affirmer que le nuage de Tchernobyl s’est arrêté à la frontière allemande (Mêmes mouvements). La dissémination se fera naturellement par le pollen, transporté par le vent, par les abeilles qui vont chercher leur nourriture jusqu’à 15 km de la ruche, par les oiseaux et par les rongeurs, pour ne pas parler des pertes de semence lors des récoltes ou durant les transports. Si en quelques années, nous passons de 1 % de maïs OGM à 10 ou 20 %, c’est l’ensemble du territoire sera concerné. Nous n’avons pas le droit de prendre ce risque. Il faut savoir « crier halte au feu, nous dit Nicolas Hulot, quand, à l’évidence, les logiques industrielle et commerciale s’imposent au mépris des plus élémentaires précautions. »Publié le 17/04/2008 à 16:00
Dans son article 1, ce projet de loi garantit la liberté de produire “avec et sans” OGM. L’ensemble des parties prenantes du Grenelle s’était mis d’accord sur un projet garantissant la liberté de produire “sans” OGM… La nuance est de taille, puisque compte tenu de la nature même des OGM, la liberté de produire avec OGM menace la liberté de produire sans ! Contrairement à ce que l’on essaie de nous faire croire, la coexistence est impossible. La coexistence, c’est la disparition annoncée du sans. Mais ces accords n'ont pas été respectés et bafoués contre l'intérêt commun.
- Ce projet nie le sans OGM en légalisant un seuil de contamination jusqu’à 0,9%. C’est à dire que le sans OGM pourra contenir jusqu’à 0,9% d’OGM. Ce n’est donc pas sans OGM !!! Ce seuil, qui est le seuil d’étiquettage européen ne correspond à aucune nécessité juridique ou rationalité scientifique. Il s’agit d’un véritable droit à polluer qui sera augmenté, année après année, au fur et à mesure de la généralisation des contaminations. Sans OGM, ça doit être véritablement sans OGM, c’est à dire moins que le seuil de détection (de 0,01 à 0,1%). En allemagne, c'est le seuil technique pour la protection des consomateurs qui a été accepté. C'est ce qui aurait du être fait en France si on avait suivi le principe de précaution. - Le régime de responsabilité prévu par le projet de loi ne prend en compte ni la réalité des contaminations (qui pour la plupart, ont lieu hors des champs, lors des opérations de transport, de stockage…), ni les importantes distances de contamination possible par le pollen, ni la durée potentielle de ces contaminations et laisse encore à la victime la charge de prouver qu’elle a été contaminée. Les risque des OGM doivent être assumés par leurs promoteurs et non par ceux qui les subissent ! Publié le 17/04/2008 à 12:24
La loi sur les ogm:
Le Sénat adopte le projet de loi sur les OGM en deuxième lecture Le Sénat a adopté en deuxième lecture le projet de loi sur les OGM dans la nuit de mercredi à jeudi, après avoir vidé de sa substance l'amendement Chassaigne. Lors de ce débat vite expédié, les sénateurs n'ont modifié le texte adopté la semaine dernière par les députés que sur un seul point. Ils ont entériné le compromis entre Nicolas Sarkozy, le gouvernement et l'UMP sur l'amendement ChassaigneLes sénateurs UMP vont en effet "sous-amender" ce fameux amendement en stipulant que "la définition du 'sans OGM' se comprend nécessairement par rapport à la définition communautaire", a annoncé le représentant des députés UMP, Jean-François Copé, à l'issue de la réunion du groupe à l'Assemblée. Or, le seul taux européen en vigueur (0,9 %) ne concerne que l'étiquetage et non la production elle-même. "Dans l'attente d'une définition au niveau européen, le seuil correspondant" à la présence ou non d'OGM "sera fixé par voie réglementaire sur avis du Haut Conseil des biotechnologies", créé par le texte, a précisé M. Copé. Ce compromis a été trouvé à l'issue d'une série de discussions au plus haut niveau : réunion lundi à l'Elysée autour de Nicolas Sarkozy avec des responsables UMP de l'Assemblée et du Sénat et petit déjeuner de la majorité mardi à Matignon. En gros cela s'appelle de l'enfarinage total dans les procédures, les détails alors que l'essentiel était d'interdire voire de controler, de réglementer fortement et drastiquement la culture d'ogm en plein champs. Plus de recherches sérieuses et indépendantes sur la durée étaient nécessaires ! Or, on parle déjà comme si la culture des OGM était acquise ! Le grenelle est mort, et le débat aussi ! C’est donc clairement une loi autorisant l’utilisation des OGM, liberticide pour les choix de vie. Le délit de fauchage est pas mal dans son genre aussi : 75 000 € d’amende et de la prison pour ceux qui oseraient faucher des champs d’OGM. Et pourquoi pas le goulag ? Parce que ces lanceurs d’alerte se retrouvent donc dans la case criminels, voire même terroristes. Quelle société peut accepter que nous ne puissions plus dénoncer, même de façon virulente, ses excès ? Est-ce le premier pas avant le délit de manifestation ? On va bouffer des OGM, que la majorité des Français, le veuillent ou non.Traduction directe de Jf coppé et du gouvernement actuel !
"ANNULER TEL QUEL L'AMENDEMENT RISQUAIT DE PROVOQUER UNE POLÉMIQUE" Au lendemain d'un sondage IFOP selon lequel près de 8 Français sur 10 approuvaient la position – dénoncée par l'UMP – de la secrétaire d'Etat à l'écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, sur ce dossier, le chef de l'Etat a testé auprès de sa majorité, sans succès, l'hypothèse d'un vote du projet de loi au Sénat dans sa version issue de l'Assemblée, synonyme de maintien du fameux amendement Chassaigne, selon plusieurs sources. Une option jugée inacceptable par les élus UMP. Ces basses stratégies sont une insulte à la démocratie et à la liberté des consommateurs de pouvoir consommer sans OGM (c'est à dire à 100% et non pas à 99,99%...). Cerise sur le gâteau, ce sont des gens qui se revendiquent d'une idéologie éprise de liberté qui viennent nous l'imposer !
Un gouvernement qui n'arrête pas de nous parler de pédagogie devrait pouvoir nous expliquer pourquoi il prend la mauvaise décision de zapper l'amendement Chassaigne. Il nous dira alors pourquoi il cède face aux semanciers en général et à Monsanto en particulier. A quand une transparence claire sur les lobbys du parlement français et européen?
un autre bon article: http://www.alterinfo.net/OGM-Bien-manger-pour-Bien-mourir_a18288.html?voir_commentaire=oui L’enjeu des OGM est tant économique (dépendance définitive de la production agricole vis à vis de multinationales), que sanitaire : quel impact sur la santé direct ou indirect (consomation d’OGM, consomation de viande issue d’animaux nourris aux OGM). Il s’agit évidemment de risques d’impacts irréversibles sur notre environement (pesticides multipliés car à la fois déversés, mais aussi produit par les plants OGM ... jusqu’où ?) De plus les risques de destruction de la biodiversité (mutations, pollutions des varités traditionnelles déjà mises à mal par la règlementation française : catalogue officiel restraingnant les espèces potagères disponibles et cultivables .... voire l’association KOKOPELI) Pour finir, l’imposition des cultures et fourages OGM constitue exemple immonde d’un déni de république : la population est victime d’un vol du pouvoir par des décideurs soit soumis, soit incompétents ! Quel est le pire ? S’y ajoute une manipulation obscène qui exploite la pénurie alimentaire de pays défavorisés pour convaincre l’opinion public de l’utilité des OGM...Ces arguments fallacieux sont une insulte aux journalistes qui les relatent sagement, et la preuve d’un grand mépris pour les citoyens. Article écrit le 16 avril par VIRGINIE PERBET (animatrice - 57510 LOUPERSHOUSE) |
"Halte à l´importation du maïs transgénique." Déguisé en Frankenstein, affublé des logos des firmes agroalimentaires qui ont exporté du maïs transgénique au Mexique (Monsanto, Aventis, Dupont, etc.), un militant écologiste mexicain clame sa colère sur le communiqué de Greenpeace. Il y a de quoi : des tests réalisés en Oaxaca, une région située au nord du pays, ont montré que, sur 22 communautés productrices de maïs dans la région, 15 étaient affectées par une contamination génétique sans
précédent. Sous l´effet de la pollinisation, des champs de maïs traditionnels
présentent des traces de maïs génétiquement modifié.
Le Mexique, berceau du maïs
Pour Greenpeace, le problème est d´autant plus grave que le Mexique est le pays qui a
abrité les premières espèces du maïs. Aujourd´hui encore, on y trouve un très grand
nombre de variétés. Le directeur de Greenpeace Mexique, Raul Benet, exhorte donc,
depuis plusieurs jours, les autorités du pays à prendre des mesures exceptionnelles
pour enrayer la crise. "Le monde court le risque de perdre une diversité unique
d´espèces de maïs (...) qui permet d´assurer la sécurité alimentaire de tous,
aujourd´hui et demain", affirme t-il dans un communiqué. Les résultats présentés par
l´ONG paraissent en effet alarmants. Treize échantillons, prélevés dans des cultures
traditionnelles, ont ainsi révélé que 3 % à 10 % des plants étaient contaminés par du
maïs transgénique. Plus inquiétant encore, le taux de contamination dans deux autres
parcelles pourrait dépasser, selon Greenpeace, les 60 %. Un chiffre que les autorités
mexicaines ont refusé de confirmer. Les variétés contaminées seraient affectées par
des gènes Bt (Bacillus Thuringiensis). Ajouté au patrimoine génétique des plantes, ce
gène permet d´éliminer la pyrale, un insecte qui dévore de l´intérieur de nombreux
plants de maïs. Selon Greenpeace, "ces variétés [génétiquement modifiées] ont de
grandes chances de disséminer des gènes étrangers dans des variétés conventionnelles
avec des conséquences imprévisibles".
Débats scientifiques
Une hypothèse que rejette Francine Casse, biochimiste moléculaire à l´INRA
(l´Institut national de recherches agronomiques). "Le terme de contamination me
laisse rêveuse, affirme-t-elle. La pollinisation est un phénomène naturel, et la
transgénèse ne modifie en rien cet état de fait." Et de souligner que les tests
réalisés ne sont pas encore fiables . "Avec l´utilisation de plants OGM,
ajoute-t-elle, on aura moins d´imprévus car au moins, on sait ce qu´on fait." Des
arguments qui laissent Éric Gall, responsable de la campagne anti-OGM à Greenpeace,
pour le moins sceptique. "Les OGM posent des risques à long terme : des risques
écologiques, bien sûr, mais aussi des conséquences liées à une pollution
auto-entretenue qui menace la biodiversité", affirme-t-il. Un sentiment partagé par
le Professeur Bernard Herzog, ancien biologiste, auteur du livre La transgénique :
les premiers signes d´une catastrophe (2000, éd. du CRAM ). "Tout ça est très rusé,
car on ne peut prévoir les conséquences des OGM qu´au bout de 30 ans", prévient-il.
Les scientifiques, divisés sur la question, se rejoignent sur un point : la diversité
génétique et végétale reste indispensable pour assurer la survie de la planète. C´est
tout l´enjeu de la prochaine conférence intergouvernementale du 1er octobre prochain
à Nairobi (Kenya). Cette réunion doit permettre de relancer le Protocole
international de biosécurité, bloqué depuis deux ans.
La prolifération.
Une étude commanditée par le ministère de l'Agriculture du Saskatchewan (Canada) a révélé en 2001 que le pollen de colza RR peut se déplacer sur au moins 800 mètres, soit 8 fois la distance recommandée par les autorités entre les cultures OGM et conventionnelles. Le résultat, c'est que, dès 2001, l'organisme de certification biologique des Etats-Unis reconnaissait dans "The Western Producer" qu'il était quasiment impossible de trouver des semences de colza, mais aussi de maïs et de soja, qui ne soient pas contaminées par des OGM. Dans le même article, la Canadian Seed Trade Association admettait que toutes les variétés conventionnelles étaient déjà contaminées par les OGM à hauteur d'au moins 1 %. On se demande ce qu'il en est 6 ans plus tard.....
Les premières victimes de la contamination génétique sont les agriculteurs biologiques, qui ont dû renoncer à leurs cultures de l'oléagineuse car ils ne pouvaient pas en garantir la pureté. C'est ainsi que, au Canada, la culture de colza biologique a totalement disparue, polluée par les cultures transgéniques voisines.
Cela est déjà arrivé en france, les fabriquants d'ogm vont ils aider les paysans biologiques ? Ironie !
Le problème de la prolifération se pose également au pays qui possède le plus grand nombre de variétés de maïs : le Mexique, où celui-ci est cultivé depuis au moins 5000 ans avant Jésus Christ.
Ce problème est révélé le 29 novembre 2001, lorsque la revue scientifique "Nature" publie une étude signée par David Quist et Ignatio Chapela, 2 biologistes de l'université Berkeley ( Californie ). Celle-ci révélait que le maïs "criollo" ( traditionnel ) de l'Etat de Oaxaca était contaminé par les gènes Roundup Ready et Bt ( un autre gène de Monsanto censé lutter contre les "nuisibles" ). Ces résultats ont été confirmés par le ministère de l'Environnement mexicain et par une seconde étude dirigée par Exequiel Ezcurra, le très respecté président de l'Institut mexicain de l'écologie, laquelle avait analysé des échantillons de maïs prélevés dans 22 communautés de Puebla et Oaxaca. Une contamination génétique de 3 % à 13 % avait été constatée dans 11 d'entre elles, et de 20 % à 60 % dans 4 autres.
Ces résultats étaient d'autant plus étonnants que le Mexique avait déclaré en 1998 un moratoire sur les cultures de maïs transgénique, pour préserver l'extraordinaire biodiversité de la céréale, dont le pays constitue le berceau.
Plus grave, Ignatio Chapela et David Quist ont également constaté que les fragments d'ADN transgéniques s'étaient insérés à différents endroits du génome de la plante, de manière complètement aléatoire. Cela signifie que, contrairement à ce qu'affirment les fabricants d'OGM, la technique de manipulation génétique n'est pas stable, puisque, une fois que l'OGM se croise avec une autre plante, le transgène éclate et s'insère de manière incontrôlée. Ce qui est inquiétant lorsqu'on sait qu'un gène n'a pas les mêmes effets sur une plantes selon son positionnement à l'intérieur de celle-ci.
C'est ainsi que, dans les villages, on trouve de plus en plus de "mutans", des plants de maïs qui ont l'air malades et déformés, avec des épis difformes ou des feuilles inhabituelles. En général, on rencontre ce genre de plantes au bord d'une route ou dans des jardins. Il est possible que quelqu'un soit allé acheter du maïs dans une épicerie et qu'il ait perdu queques grains en marchant. Ces grains ont germé et c'est comme cela que les maïs traditionnels ont été contaminés. Car, si les cultures de maïs transgénique ne sont pas autorisées au Mexique à cette époque, l'importation de celui-ci en provenance des Etats-Unis représente environ 2,4 millions de tonnes de grains par an. En effet, au nom de l'ALENA, l'accord de libre-échange signé en 1992 avec les Etats-Unis et le Canada, le Mexique n'a pu empêcher cette importation massive de maïs destiné à la consommation humaine, qui menace la production locale, car il est vendu 2 fois moins cher.
Si la contamination se généralise, ce sera la fin du maïs criollo, le plus vieux du monde, qui constituait l'aliment de base des peuples maya et aztèque, et qui présente une diversité insoupçonnée de variétés, aux épis jaunes, blancs, rouges, violets, noirs, ou encore d'un bleu nuit étonnant. Ce maïs ne pousse naturellement qu'au Mexique.....
Ce qui m'inquiète également, en ce jour du 10 avril 2008, c'est qu'hier la législation française en matière d'OGM a changé. Désormais, à l'instar des normes européennes, un taux de 0,9 % d'OGM sera accepté dans les cultures biologiques et conventionnelles. Et ce qui me bouleverse le plus, ce n'est pas seulement les 0,9 % d'OGM en question, mais leur augmentation qui sera inévitable. Car, comme on l'a vu, la prolifération des OGM est très rapide et, si aujourd'hui on tolère 0,9 % de plantes transgéniques dans un champ biologique, les graines de celle-ci risquent de se développer et de contaminer les cultures de manière incontrôlable, comme elles le font aux Etats-Unis, au Canada, au Mexique, en Argentine, ou encore au Brésil, au Paraguay et en Inde.....