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Publié le 25/03/2008
Par fracty

5- Sur le plan économique

Les coûts exhorbitants du retraitement du combustible et son "recyclage" mais sourtout du démantèlement des centrales en fin de vie.

Romulus : Que représente le secteur du nucléaire dans l'économie française, % du PIB, nombre d'emplois...

Stéphane Lhomme : Je n'ai pas tous les chiffres sous la main. Au niveau de l'emploi, le projet de nouveau réacteur, l'EPR, prévu à Flamanville dans la Manche, officiellement doit créer 300 emplois pérennes, alors qu'il coûte 3,3 milliards d'euros. Ce qui donne un seul emploi pour 11 millions d'euros, soit un nombre absolument ridicule. Le nucléaire donne l'impression d'être favorable à l'emploi, parce qu'il y a effectivement beaucoup de gens qui travaillent dans une centrale nucléaire, mais autour, c'est le désert. Donc finalement, le nucléaire est très peu créateur d'emplois, contrairement à une idée reçue.

5a) Les coûts cachés du démantelement des centrales, des installations

En Grande-Bretagne, on a des chiffres pour le démantèlement des installations : 103 milliards d'euros.

Donc on peut logiquement évaluer à 500 milliards d'euros le prix du démantèlement des installations nucléaires françaises.  

Or EDF annonce avoir budgété quelques dizaines de milliards, et encore, cet argent n'est pas mis à part dans ce qu'on appelle un "fonds dédié", qui serait par exemple géré par la Caisse des dépôts et consignations et dont on serait sûr de pouvoir disposer le moment venu. Donc finalement, étant donné qu'EDF est toujours une entreprise extrêmement endettée, on peut dire que l'argent du démantèlement des installations françaises n'existe pas.

Pour ce qui est du prix, il est quasiment impossible d'évaluer le coût réel de l'électricité nucléaire. Il faudrait une étude indépendante qui prendrait en compte les centaines de milliards d'argent public investi dans le nucléaire depuis 50 ans, et le coût du démantèlement des installations et de la gestion des déchets radioactifs pendant des millénaires. De toute évidence, l'électricité nucléaire est la plus coûteuse, financièrement et pour l'environnement. Pour nous et pour les générations futures, qui vont assumer nos déchets. 

5b) La gestion des déchets nucléaires et des risques sur le long terme: Qui va payer ?

Nos autorités proposent une loi qui maintient à la charge des collectivités la majeur partie du coût d’assurance du nucléaire.(en Suisse)

En Europe, d'un point de vue juridique en cas de soucis, c'est l'état (nous les citoyens) où réside le site qui est responsable. Le problème c'est qu'il semble qu'AReva soit quand même aussi a capitaux privés (10 %)...cherchez l'erreur.

ces "10 % de privés" s'engraissent (s'engraisseront) bien sur le dos des deniers publics !

Document sur la responsabilité nucléaire en cas d'accident, aspect juridiques et financiers,
Doc E2346, 22 mars 2008 Assemblée nationale.

 

Bénéfices privatisés, coûts mutualisés
Le total des coûts d'un kWh d'origine nucléaire ne sera sûrement jamais connu. Les coûts de gestion des déchets, de décontamination et de nettoyage augmentent constamment. Alors que la majorité des pays ont privatisé le secteur, ces coûts sont généralement assumés par le contribuable. Pourtant, selon une évaluation internationale, l'énergie nucléaire reste de loin l'énergie la plus coûteuse. Pour que le nouveau nucléaire soit compétitif, il faudrait qu'il bénéfice de subventions publiques considérables, notamment pour offrir des garanties contre les importants risques financiers et économique
s.


5c) Les avantages (a court terme) du nucléaire sont pour une minorité, l'élite politico-nucléocratique en France, un système militaro-industriel aux US.

Après avoir analysé par mal d'articles et d'arguments , deux conclusion apparaissent:


Historiquement, le but était de produire du plutonium, produire de l'énergie électique était un moyen de diminuer le cout relatif et de faire passer la pilule amère au public (propos d'un ingénieur nucléaire français, ayant participé au projets nucléaires des années 70, avant le choc pétrolier)


Conclusion

1-Le seul avantage est pour ceux qui les vendent, les construisent et les exploitent le tout a court terme.

Au long terme, le désastre et les surcouts de démantelements feront qu'on ne construira plus aucun réacteurs nucléaires car plus personne ne voudra payer la dépollution.

2-Le nucléaire est avant tout le maintien d'un système centralisé de production d'énergie, ancien, une vision du monde démodée.

Le groupe AREVA, premier monopole nucléaire mondial (quand même !), poursuit ses restructurations. Au moment où la société publie des résultats financiers extrêmement satisfaisants pour l'année 2007.

AREVA en voie de privatisation... "Cependant, le drame est qu'en se situant dans les paramètres du système financier actuel, qui est condamné, Nicolas Sarkozy et Anne Lauvergeon, l'actuelle PDG d'Areva, aboutissent logiquement à la conclusion qu'une privatisation est nécessaire, « avec une vraie cotation en Bourse permettant de nouer des partenariats industriels ». C'est ainsi le terrain où ils se situent qui est mauvais : on ne peut pas faire rentrer une reprise du nucléaire ou construire politiquement le Pont terrestre eurasiatique au sein du système financier actuel. Tenter de le faire aboutit à livrer un outil dont la rentabilité physique doit être mesurée sur 25 à 50 ans à des intérêts qui visent une rentabilité financière à un horizon - au mieux - de 3 à 5 ans.

C'est absurde et, fatalement, immoral. Ainsi, sur ordre de l'Elysée (ce que confirme Le Canard enchaîné du 19 septembre), le gouvernement a confié une « mission exploratoire » sur l'avenir de la filière nucléaire française à la banque britannique HSBC et au cabinet McKinsey".Jacques Cheminade


Nous terminerons par une citation de Gérard ONESTA Député Vert européen, Vice Président du Parlement européen:

L'énergie nucléaire est dangereuse, liée aux armes, inefficace, dépassée et indésirable. En France comme ailleurs en Europe, les économies d'énergies, l'efficacité énergétique, la recherche et les investissements dans les énergies renouvelables, les transports non polluants sont de vraies réponses au changement climatique. Le 20ème siècle a été nucléaire. Le 21ème siècle doit être placé sous le signe de l'intelligence énergétique.


Pour un rapport de providers d'énergie propre, le rapport écolo watt :

 

 

 


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