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Publié le 22/12/2008 à 18:29
Par freddycorneil
Le corps a deux visages : celui Prométhéen et dynamique de son pouvoir       démiurgique et de son avide désir de jouissance et celui tragique et pitoyable de sa temporalité, de sa fragilité de son usure et de sa précarité. 
   
    partie matérielle, physique d’un être animé, le corps est soumis à une ambivalence fondamentale celle-ci se situe au niveau des deux aspects attribués au corps ainsi le corps par quoi l’homme affirme sa puissance dans le monde est perçu comme fort et faible d’où sa valorisation et sa dévalorisation. Qu’est-ce qui fonde cette allégation ? En quoi est-ce que le corps a-t-il deux aspects : puissant et faible ? 
   
     
Le monde divin est immortel et impérissable, à l’opposé, le monde sensible est caractérisé par le fait qu’il soit le monde visible. Tout ce qui se situe du coté du monde sensible  est parent de l’intelligible par son origine. Dans le récit mythique  du Protagoras, ce qui est fabriqué par Prométhée un titan qui façonna lui-même l’homme avec l’argile et l’anima avec une parcelle de feu dérobée et  toujours une quête de perfection.Le corps nous rend dynamique et prétend toujours à accéder à la perfection. Il proclame une valeur indique une conduite à suivre et détermine la réalité de notre condition d’homme. Laissé à lui-même, il est capable d’agir comme s’il avait une intelligence et une volonté. Il est fort souhaité, si possible d’admettre que le corps est source de jouissance. En effet, il procure l’épanouissement à l’être humain quant à sa réalisation. C’est ce que Nietzsche essaye de nous faire savoir : « le corps sain parle avec plus de pureté et de probité, lui qui est parfait, lui qui est bâti au cordeau et qui parle au  sens de la terre » L’aspect positif du corps simulaire à une durée indéfinie, une stabilité, une puissance créatrice à travers le visage prométhéen et la dynamique de son pouvoir démiurgique nous laisse entendre une immortalité de ce corps. A travers les naissances, l’on a une pérennité de sa race. Le corps ne peut  donc disparaître car ce pouvoir de dieu créateur lui permet de se maintenir tout au long de son existence. Par ce  geste de donner vie, l’homme se compare à la divinité qui est la seule à pouvoir créer. C’est ce que nous constatons avec Michel Henry : » le corps est l’ensemble de nos pouvoirs, son être n’est compréhensible qu’à partir de l’essence de la puissance. » Généalogie de la psychanalyse, page 393.Le corps étant toujours en quête de perfection désire toujours accéder à un plaisir intense d’où pour Spinoza : «  le Désire est l’essence de l’homme. » en ce sens que la passion ne nous enchaîne pas et que la raison doit nous permettre de nous connaître et aussi de connaître le monde.Waelhens explique la puissance du corps en ces termes : «  c’est par le corps et seulement par lui que moi je puis être là et me manifester, exister. »  Cependant vues l’importance et la valeur du corps pour l’existence, celui-ci peut il demeurer immuable ? N’est-il pas appelé à disparaître ?  Le corps est ainsi voué à l’anéantissement à cause de la complexité de son organisation et de la variété de ses emprunts au milieu cosmique. Il est appelé à se dissoudre, puisqu’il n’est constitué que d’emprunts. Le corps est fait de matière et sa composition fait de lui un être vulnérable soumis aux passions, désirs et aux maladies. Ainsi comme nous le montre Platon : «  c’est le corps qui nous initie à la douleur défaillant, il nous ouvre aux peurs  et aux angoisses de mourir. » Pour lui donc, le corps nous prive de  notre liberté, il est donc source de toute illusion.Par ailleurs, l’individualité qu’offre le corps à l’homme par l’intermédiaire de la forme n’est pas appelée  à la pérennité. La cause de la destruction potentielle du corps n’est pas due à une volonté délibérée, mais elle est la conclusion logique de sa composition même bien qu’il puisse être le plus parfait possible dans son ordre.Le corps manque de discernement, de détermination et de résistance. Il ne sait pas renoncer aux tentations et aux plaisirs qu’il ne sait approuver la nécessité des manques et des souffrances.  
       

        Le corps quoi que vigoureux ou précaire, est animé par l’âme, qui détermine son existence.
 L’analyse de l’ambivalence du corps nous initie sur un  dualisme existant entre un aspect  puissant et un autre faible. Le corps entant que tel ne saurait nous faire accéder au bonheur dont nous aspirons tant vue sa précarité. Toutefois l’homme n’est-il  pas définit par son essence?