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- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 09/02/2010
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Entrer dans un organisme, qu'on l'appelle institution, entreprise, groupe ou service, c'est quelle que soit la bonne volonté des invitants l'arrivée in the clouds. Comme les données et les applications in the clouds, l'exercice professionnel dans les nuages peut être intéressant, il est vivant, il n'est pas si exigeant qu'on veut le dire. Suivre des réunions de présentation, visiter, voir, écouter, interroger, ce n'est pas une consommation d'énergie et de force morale telle que la gestion responsable des choses et des gens. C'est difficile en effet d'intégrer ces données nouvelles à nos représentations, comme tout apprentissage l'apprentissage des codes qui régissent un univers nécessite une implication personnelle pour être efficace.
Mais le grand danger de cette insertion dans le nouveau, c'est d'être in the clouds, sans sauvegarde matérielle des données et des méthodes, sans confrontation aux réalités concrètes. C'est justement cet ajustement qui coûte lorsqu'il s'agit de passer du statut d'invité à celui de membre actif de l'organisation. Absorber est une chose, mais tout ce qu'on absorbe est surtout de l'ordre du principe. L'application est, elle, beaucoup plus longue à appréhender, et cette application est même d'ailleurs parfois masquée par les nuages de la théorie. A titre personnel je suis très circonspect sur l'opportunité de fonctionner entièrement in the clouds, avec des outils qui commencent tous par "Google..." (Docs, Agenda, Mail, Picasa - ah non ça ne commence pas par Google -). Pour les même raisons je suis méfiant vis-à-vis de l'illusion de maîtrise qu'on peut avoir après les premiers jours (disons plutôt les premières semaines) d'une prise de poste.
Vous me direz, et le tuilage (méthode consistant à passer peu à peu le relais d'une personne à une autre, avec des responsabilités et une autonomie croissante)? Je vous répondrais, c'est comme la différence entre sauter en parachute avec moniteur et sans; c'est pas très différent, mais c'est quand même un saut dans l'inconnu.
Publié le 01/02/2010
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
Après une année de shabat, sans lumière et sans blog, voici donc le bout du tunnel qui me permet de reprendre une publication syncopée : régulière car hebdomadaire, mais irrégulière car à des intervales de 8 jours (et non 7 comme la raison et la science des nombres nous y inviteraient).
La catégorisation qui a jusqu'alors prévalu ne me satisfait pas entièrement, mais je m'y tiens pour l'instant. La réouverture se fait donc sur le mode de l'humour. Non, plus exactement, sur le thème de l'humour.
Car avec un regard froid j'aurais aimé souligner un trait dans la vie et l'oeuvre de Plantu, dessinateur bien-aimé du Monde. Depuis toujours (avant sa naissance même ?) on le voit apparaître dans les médias audiovisuels. Il a participé à une exposition de la Bibliothèque (nationale de France, évidemment, quelle autre "Bibliothèque" peut-il exister?). On montre volontiers ses caricatures acérées, telle celle, terrible et magnifique, de Mrs Ashton sur sa frégate européenne, loin du bord, demandant aux désastrés d'Haïti s'il avaient besoin d'aide - et l'une des victimes de répondre qu'elle se sent de plus en plus eurosceptique... -.
Un élément me frappe, régulièrement, c'est la certitude qui fonde le point de vue de Plantu. Sans doute est-ce la conséquence de son statut de dessinateur officiel du journal le plus panoptique de la presse franco-française. Le journal de référence. Le dessinateur de référence ? Pas loin. Il est celui qui a réunit par le dessin Arafat et Rabine avant les accords d'Oslo. Le dessinateur qui fait avancer l'histoire ? Il peut rapidement le penser.
Plantu observe et critique, certes; mais parfois aussi il juge. Les quelques fois où son propos est péremptoire, on les rattache volontiers à la caricature. En n'entendant pas la petite musique, entre les lignes claires, qui dit : j'ai raison. Cette certitude est sensible dans la posture que le caricaturiste adopte dans un débat face à un homme politique (j'ai en tête notamment les crochets qu'ils se rendaient avec Jean-François Copé, en presque égaux, dans une émission de "FOG"). Il devrait prendre garde, conseil d'inconnu appréciant son travail, que la raison qu'il pense mettre dans ses dessins n'en tue pas le désir et le plaisir humoristique...
Publié le 31/01/2009
Par fxboffy
Humeur : Souriante
La pugilistique comme art des combats à main nue n'est pas un bel art, mais un artisanat (encore! c'est lassant à la fin ces exclusions hors du champ de l'art!). Avec de très beaux moments dont j'ai encore certains en mémoire, même si je ne les ai pas vécus en direct. C'est dire leur force.
Magnifiquement remise en vie par le Film Ali, la chute de Sonny Liston sous les yeux d'un Cassius Clay époustouffleur. Tyson, lors d'un de ses premiers combats, qui "descend" son adversaire avec une courte série de pure violence. Les mouvements de torse de Cerdan, désespérés pourtant face à la puissance des bras de son adversaire Jake LaMotta. La garde rituelle ridicule - avec le recul - des gentlemen loubards se battant dans les faubourgs de la Gosse Pomme, fin XIX° siècle. Les bras levés, la ceinture dans les mains, de Oscar de la Hoya, comme s'il n'y avait pas eu besoin de combat pour qu'il soit sacré. Le travail de bulldozer de Mayar Monshipour, usant, résistant, désemparant son adversaire sud-américain au Futuroscope de Poitiers, à 500 mètres de moi, quelques mois avant la défense de trop.
Tout ceci fit du sang et de l'eau, mais aussi un peu d'Hemingway.
Publié le 30/01/2009
Par fxboffy
Humeur : Tendre
Je ne peux pas tarir d'éloge sur la meilleure bande originale d'un film comique, j'ai nommé Conan le Barbare. Artistiquement, je suis désolé de le dire pour les fans qui vont au festival Wacken par devoir et non par plaisir, Conan le Barbare est éminemment comique. J'ai autant ri à la fuite hors du château s'écroulant que dans la séquence des citrouilles dans la Grande Vadrouille.
Passons toutefois à la seconde face de Conan le Barbare, la musique. Cette oeuvre époustouflante, fine et forte comme une bonne moutarde, montre que Basil Poledouris, le compositeur, a eu du nez. Les relents mixés d'Orff, Mozart, Strauss, Haendel et Dvoràk produisent un assemblage savoureux, assez varié pour éveiller les sens et assez thématisé pour tenir la cohérence d'un propos sur l'héroïsme. J'aime vraiment et je conseille.
Publié le 29/01/2009
Par fxboffy
Humeur : Ironique
Il y a un monde entre la réaction à chaud et la réaction H.O. (pour Hyper Objective). Hélas, et heureusement en même temps, nous ne sommes pas comme Descartes pesant toute chose avec un oeil scientifique avant de porter l'esquisse d'un jugement dessus. Nous devons nous comporter en chevaliers fonçant à travers la forêt pour en sortir au plus vite. (portrait du philosophe en honnête homme)
Bref, je me dois de faire une réaction à chaud de temps en temps. Par exemple, la publication d'un livre par Ségolène Royal aux "bonnes feuilles" incendiaires ne laisse pas mes proches insensibles, et ceux-ci me demandent mon avis. Comme ça, sur quelques passages non contextualisés. Il le faut je me lance donc.
Remarque préalable, le circuit de publication de mes articles rend cet idéal d'immédiateté absurde. En effet j'envoie sur clé, le texte est revu, réécrit, repris un peu plus tard, il part à l'impression, le tirage se fait sur vélin broché à Sablé sur Sarthe, l'exemplaire revient à la Bibliothèque Municipale de Lyon, qui le fait numériser par Google, et le texte en est extrait pour transfert sur les serveurs hébergeant ce blog. A mon avis je pourrais faire plus simple, mais j'écrirai sous peu à la Cour Européenne des Droits de l'Homme pour savoir si je peux moralement faire autrement.
Le temps imparti pour la rédaction de cet article est déjà fini, quel dommage ! Je n'aurai pas le temps de développer le paradoxe insoluble que je vois dans la volonté de faire un livre politique sans langue de bois. Ségolène a jusqu'alors joué la carte de l'éthique politique. Constatant sans doute que le climat se radicalise et n'est plus aux tièdes revendications polies mais aux révolutions, elle tombe le masque politique pour montrer la coulisse, ce qui se passe vraiment, pour parler aux vrai gens méfiant vis-à-vis de l'idée même de politique. Mais ne peut plus se targuer d'être au-dessus des querelles, de prendre de la hauteur.
Dans l'ensemble les deux postures se défendent et ont une portée en sciences politiques, mais je trouve personnellement qu'elle est allé un peu trop vite d'une attitude à l'autre, comme (sans doute est-ce le cas) sous le coup du ras-le-bol devant tant d'opposition socialiste infondée à ses projets, à ses actions, à ses paroles.
Publié le 28/01/2009
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
On oppose souvent, trop souvent, les gens cultivés à ceux qui pourraient l'être plus. Je me revendique comme ne faisant partie ni des cultivés, ni des pas cutlivés. Je suis altérocultivé. On est tous d'ailleurs l'altérocultivé de l'autre, quand l'un est pétri des humanités l'autre est baigné depuis toujours dans l'agri-culture. Quand l'un entre dans les détails des considérants d'un jugement l'autre entre dans les détails des changement cadastraux du village de Meurdonc-dans-l'Oise.
Mon altéroculture ne va pas jusqu'à Naber, mais est vive quand il s'agit des médias entre 1977 et aujourd'hui. Et j'en suis fier, comme je suis content de rencontrer l'altéroculture de personnes de rencontre.
Publié le 27/01/2009
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
La Télélibre de John-Paul Lepers est une des initiatives, nombreuses, qui vise à produire de l'information non-contrainte par une ligne éditoriale déférente vis-à-vis des pouvoirs (politique, économique, médiatique). Souvent d'ailleurs, ce n'est pas surprenant, celles qui ont le plus d'audience sont celles qui portent une voix d'opposition politique, assumée (Rue89) ou fluctuente (Bakchich, Mediapart).
Ce statut de forain de l'info permet parfois de sortir des choses intéressantes. Mais je remarque qu'il oblige aussi les journalistes à rechercher à "tirer" l'information et les sources hors les murs. Pour conserver un point de vue extérieur sur le système, ils sont contraints de demander à leurs interviewés de sortir eux aussi du système. C'est toujours difficile, parfois c'est tellement du bout des lèvres que c'est raté, parfois c'est efficace, comme cette interview de David Pujadas par son ami John-Paul, à bâtons rompus ou presque.
La limite étant que dans ce cas, on attendait un peu des révélations de David Pujadas le présentateur du JT, et on a quelques confirmations par David Pujadas l'homme de la rue. En sortant du système, ne perd-il pas de sa force pour le modifier, d'autant que de façon superficielle on ne voit pas le surplus d'éthique qu'il instille personnellement dans son JT?
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