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Tribune libre
Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 12/10/2008
Par fxboffy
Humeur : Tendre
Une réflexion m'est venue, furtive et encore informe, lorsque je pensais aux "bonus" distribués dans Super Marioworld versus la découverte des passages secrets (tuyaux, blocs pointillés, envol astucieux en direction de la mezzanine au début de la Ghost House). Cette découverte constitue une action éminemment gratifiante. Elle procure bien plus de joie que par exemple les pièces, les 1-up, les étoiles ou les "upgrades" (champignon, fleur, plume) distribués à foison, et pourtant si essentiels à la bonne réussite dans le jeu.

Agir valeureusement ou astucieusement est bien plus immersif que se voir attribuer valeur et reconnaissance après avoir agi "logiquement". Ce n'est pas la coupe, c'est la victoire qui est belle.
Publié le 11/10/2008
Par fxboffy
Humeur : Gaie
L'équipe de France de foot a fait une opération comptable moyenne sur les bords de la Mer Noire, à Constanta / Constanza. Mais sur le plan de l'espoir de bien jouer, l'espoir de se qualifier, l'espoir d'être une équipe enthousiasmante, elle y a beaucoup gagné. Et l'espoir, en matière de football, c'est la vie.

Amusante et navrante versatilité des médias sur Domenech, mais ce n'est pas une surprise, hélas...
Publié le 10/10/2008
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Alfred Nobel inventa, entre autres merveilleuses armes de destruction massive, la dynamite. Mais ce n'est pas pour cette raison qu'une déflagration retentit dans tout mon être vers le milieu de la journée. Le comité Nobel venait de décerner son prestigieux prix de littérature à un admirable et passionnant auteur, Jean-Marie-Gustave Le CLézio.

Depuis la liste d'ouvrages conseillés de monsieur Guin en 3°, et la découverte à cette occasion de Mondo et autres histoires (plus Le Seigneur des anneaux, qui prendrait lui aussi une place particulière dans ma bibliothèque) j'ai suivi le chemin exigeant et précieux de la littérature de Le Clézio. Je parle vraiment de littérature, car son oeuvre multiple couvre la plupart des champs de la littérature, abordant aussi bien le roman traditionnel que le journal de voyage (Voyage à Rodrigues, Gens des nuages), l'essai (La Guerre, Haï), la nouvelle (la série des "... et autres...") la biographie (Diego et Frida), le commentaire de texte (Vers les Icebergs), le palimpseste (Pawana) ou la traduction (Relation de Michoacan).

Tant de choses pourraient être dites, sur Mydriase par exemple, sorte de poème en prose dense, initiatique, qui nous replace dans l'écarquillement fondamental de l'enfant découvrant les mondes de lumières. Sur ce rôle peu à peu acquis par l'auteur vis-à-vis du lecteur et du monde, que je mesurais il y a déjà 10 ans, passant de l'auteur présent face au lecteur (Le Procès verbal, mais aussi La Fièvre, Les Géants), à l'auteur narrateur du monde (jusqu'à Désert environ), puis à l'auteur "haut parleur" du monde (jusqu'à présent, par exemple Onitsha, ou Revolutions).

Mais au crédit de JMG Le Clézio il faut porter la capacité de se taire et de ne pas prendre parole alors que d'autres en abusent. Ses silences ont la force de phrases. Je tâche donc de suivre son exemple et de ne pas trop en dire, sinon "lisez" !
Publié le 09/10/2008
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
Je suis, je dois l'avouer, impressionné par le passage en quelques mois, pour l'indice CAC 40, de 5000 points à 4000 et sans doute bientôt 3000 points. La finance est malade, et de nombreuses structures (états, instances internationales, groupes bancaires) sont à son chevet. Quelle sera la prescription finalement? Ce qui permet à la bête de renaître de ses cendres ou ce qui en fera un instrument nouveau de valorisation au carré de la compétence et de la qualité?

Ce soutien peu conditionnel des banques et organismes financiers mérite d'être examiné longuement, mais autant il est légitime de vouloir sauvegarder un outil de création de valeur dans un pays, autant l'absoluion pour tous les péchés de gourmandise des établissements semble très dangereuse à long terme. Le sentiment de différents poids, différentes mesures peut prévaloir ici ou là. Deux débats se superposent et se polluent:
- Faut-il laisser chuter le marché pour que la "sélection naturelle" pousse les bourses à valoriser les actifs aux fondements solides dans l'économie réelle, ou utiliser l'action étatique pour sortir à court terme de la crise ?
- Faut-il remettre d'aplomb l'économie en faisant confiance aux acteurs économiques pour apprendre de cette crise majeure pour ne plus reproduire les mêmes erreurs (partisans d'un simple retour à la situation précédant la crise), ou remettre à plat les règles de fonctionnement de la finance mondiale pour encadrer la vie financière à venir (partisans d'un "nouveau Bretton Woods")?

Au premier débat la réponse la plus courante est que les conséquences économiques d'un abandon complet à la logique de crise seraient contraires à la fois à l'intérêt de tous et à l'intérêt de chacun. Donc, à éviter.
La seconde alternative, entre le rétablissement et la remise à plat complète, est plus ou moins l'opposition entre les vues économiques de la droite et celles de la gauche. Mais les deux positions restent sur le plan de la théorie: concrètement, l'existence de précédents fera une sorte de "jurisprudence" internationale. Donc les règles de la finance internationale sont déjà changées. A l'inverse, comment reconstruire toutes les règles de la finance sans une économie qui reparte de zéro conjointement, hypothèse douloureuse pour tous, ramenés à l'âge de pierre et à la guerre du feu? Le changement total des rouages économiques n'est pas accessible aux acteurs économiques qui le souhaitent, et pas souhaité par ceux qui le peuvent.

L'aspect positif de cette lancinante et vertigineuse affaire, c'est de prouver un peu plus qu'il n'est de progrès humain que dans l'organisation des structures et non dans la prolongation de l'état de nature dans la société.
Publié le 08/10/2008
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Les concours, grands-messes rythmant la vie de tant d'étudiants, de tant de professionnels, et évidemment de tant de fonctionnaires, donnent l'occasion de s'auto-évaluer (en attendant les résultats) avant d'être évalué (avec les résultats). Et c'est étonnant de constater combien certains se trompent sur leurs propres qualités, sur la façon dont ils seront jugés. Ainsi une phrase telle que "ce que j'ai fait doit être trop juste" trouve ainsi une ironique réponse dans une première place stupéfiante (sur plusieurs centaines). Hélas parfois la crainte est fondée, d'autres fois c'est une certitude battue en brèche.

On constate tous les jours, mais on oublie deux fois par jour, qu'on ne peut pas correctement se juger. Le juge est parti quand on redevient partisan.
Publié le 07/10/2008
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Les bases les plus basiques de la science de l'information nous apprennent que l'objet informationnel n'a de sens qu'en contexte. Juger un site web n'échappe pas à cette règle. Non seulement il faut se demander : pour quelle raison jugeons-nous ce site, pour quelles informations A, B ou C le site doit-il être pensé? Mais ensuite il faut se demander : sachant que le site doit amener à l'utilisateur l'information A, B ou C, comment peut-on s'assurer que les usagers reçoivent A, B ou C et non A', B' ou C'?

De cela, l'expérience montre qu'on ne peut pas se passer de critères de jugement... mais qu'il est impossible de s'en satisfaire.

Autre situation, autre élément soulignant le rôle du point de vue dans le sens des informations. C'est aussi l'occasion de mesurer que l'information va plus vite que la décision humaine. Fortis était au plus mal la semaine dernière, comme de nombreux établissements utilisant la monnaie comme un produit final et non comme un outil intermédiaire. Une réunion devait permettre aux dirigeants de l'entreprise de trouver un accord avec les dirigeants politiques belges et néerlandais. Au passage d'un des patrons de Fortis, Philip Dierckx, une photo volée a capturé le dessus de la liasse de papiers qu'il portait.

(Reuters)

Rien de bien extraordinaire a priori. Sauf que cette page détaillait le plan qui serait accepté quelques heures plus tard! Ce n'était pas une décision mais c'était déjà une information relayée...

Mon sentiment est que ces contorsions, l'analyse de la feuille, la traduction, cela n'en valait pas la peine, pour quelques heures. De toute façon la cotation Fortis était dans le maëlström, pas d'impact réel donc.
Publié le 06/10/2008
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Rire de son malheur, voilà bien une idée saugrenue. On pourrait pourtant dire que rire de son malheur, c'est un peu le dépasser, le vider de sa force nocive. Job sur son tas de fumier, accablé par tous les malheurs qui pouvaient frapper une famille juive des temps bibliques, pouvait-il encore rire de sa situation? C'est plus plausible que que l'existence de Job lui-même!

Défini traditionnellement comme l'humour (parfois qualifié de proustien), ce rire de soi-même est une bonne façon de mettre à distance son propre problème: je suis par exemple tombé deux fois coup sur coup en panne d'essence sur l'autoroute (merveilleuse jauge). La première fois, j'avais peine à sourire. La seconde fois, c'était déjà la fois de trop et ces problèmes de jauge d'essence coûtaient les yeux de la tête... puis des blagues sur la récurrence d'un problème identique me sont venues à l'esprit...

Du genre "qu'est-ce qui est plus embêtant qu'une panne d'essence sur l'autoroute? - Deux pannes d'essence sur l'autoroute".
Ou "En panne sur l'autoroute, bon. On attend sur le bas-côté, on se fait piquer par un serpent, bon. L'ambulance et le camion de dépannage se suivent, bon. L'ambulance freine brusquement et le camion rentrent dedans, bon. La nouvelle ambulance tombe en panne d'essence, et ainsi de suite..." Ce qui n'est drôle que si on est malheureux, tout compte fait. Mais c'est déjà ça.
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