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Tribune libre
Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 16/11/2007
Par fxboffy
Humeur : En colère

Les mots sont forts, mais je n'apprécie pas vraiment la façon dont le match de ce soir entre la France et le Maroc est traité, en particulier par l'encadrement de l'équipe tricolore. C'est presque explicitement dit, comme le relaie le site en ligne du quotidien L'Equipe :


"C'est un match qui doit préparer l'équipe de France au duel potentiellement décisif qu'elle aura à disputer mercredi à Kiev, en Ukraine, pour sécuriser son avenir dans l'Euro 2008. La France étant exempte de tout match de compétition ce week-end, l'idée de Raymond Domenech se conçoit : chauffer les muscles et l'obsession de la gagne chez ses hommes [...]"


L'idée d'atteindre un optimum de forme par le biais d'un match amical, c'est en soi compréhensible. Mais quel mépris pour le geste symbolique d'une rencontre entre deux pays si proches par leur histoire et aux dialogues si féconds et nécessaires pour l'avenir ! Les Marocains sont dans la bouche de certains français des sparring partners de seconde zone, on aurait tout aussi bien pu jouer contre la réserve du PSG, en plus il n'y aurait pas eu besoin des hymnes, des drapeaux, des invitations officielles, des messages d'amité entre les nations du bassin méditerranéen.


Le football marocain mérite plus de respect que cela, la rareté des occasions de rencontres fraternelles et "désintéressées" (rêvons un peu) entre les pays mérite autant d'enthousiasme que les matchs dits "compétitifs". D'habitude j'ai tendance à marmonner contre les critiques à l'encontre de Raymond Domenech, là je marmonne contre sa posture...

Publié le 15/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Au secours !
Une phrase, très courte, pour dire combien les grêves nous font ressentir ou nous rappellent le manque de culture dans nos banlieues, communes périurbaines et autres grandes couronnes : les lieux du spectacle vivant, eux, sont restés dans les métropoles ! Aie aie aie, j'ai mal à mon amour du théâtre...
Publié le 14/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Je ne veux et ne peux faire les sujets de philo du bac 2008, mais la question de la constitution de l'identité n'est certainement pas qu'une interrogation théorique sans lien avec notre expérience quotidienne : les êtres humains se connectent de plus en plus les uns aux autres par le biais des nouvelles technologies. Parallèlement, les humains ont de moins en moins de contact direct avec leurs prochains (voisins, boulanger, postier, conducteur de bus). Que cela soit un bien ou un mal, cela ne nous regarde pas... ici du moins. Surtout qu'entre nous je suis plutôt favorable à une dématérialisation de l'humanité, ce qui n'est pas franchement bien-pensant.

Mais à propos de ce qui constitue une personne, l'idée du "self-made-man" (ou "self-made-woman") n'est qu'une figure théorique. Personne ne se fait seul, une personne ne se fait pas seule. C'est avant tout dans les échanges langagiers que la personnalité se constitue, et tout le monde en fait l'expérience à un moment ou à un autre : chercher la reconnaissance d'autrui, s'identifier à quelqu'un, lancer des projets collectifs, se retrouver seul face à une difficulté, tout cela nous montre le besoin de se construire dans un tissu social.

A la recherche d'un tissu social, nous les humains le reconstruisons dans le cybermonde, au travers de Myspace, de Second Life ou de Facebook. Il ne faut qu'y voir un substitut de la vie de quartier si chère à nos grands-parents. Alors qu'ils faisaient un tour pour acheter un kilo de pommes, nous échangeons nos résultats à un quizz sur le cinéma iranien avec une célébrité inconnue (850 amis, c'est une célébrité, mais Jules Piton, c'est un inconnu). C'est tout aussi chouette.
Publié le 13/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Ironique
Le net, le web, le réseau des réseaux, c'est le far west de la vie publique, on le devine depuis plusieurs mois déjà. La dimension participative de la politique a entraîné les courants dans la dimension 2.0, comme le soulignait le dernier hors-série de Courrier international.

Mais parmi les nouveaux outils offerts aux nouveaux politiciens grâce aux nouvelles technologies, les vieux blogs commencent à sentir le rance : ce serait une faute de goût d'aller à la pêche aux internautes avec un viel hameçon rouillé "je poste mes propositions d'actions municipales - vous les commentez". Le buzz vulgaire (par opposition au buzz "hype" qui a toujours plusieurs mois d'avance) fait de Facebook le nouveau fer de lance de la promotion des actions politiques.

L'élément qui le détermine le plus est à mon avis (partagé avec l'excellent blog NetPolitique) la présence de causes, de groupes, d'événements. Non seulement les personnalités politiques communiquent sur leur action politique (peu) mais elles font aussi des actions politiques en direct: miltier contre la résidence surveillée de Benazzir Butho, demander un soutien plus efficace de la recherche en France, etc. Avec l'opportunité offerte à tous ceux qui se sentent concernés de se joindre à l'action, on a un moyen de revivifier l'engagement politique tout en démarchant de façon directe auprès des électeurs potentiels.

Ce n'est pas suffisant dans la vraie vie pour rattraper une situation trop défavorable (Ron Paul par exemple, bien que très actif parmi les candidats républicains, ne passera sans doute pas l'étape de l'investiture). Mais lorsque les scrutins serrés jouent sur les effets papillon (comme une présidentielle à la française, ou l'issue du vote dans les "swing states" aux Etats-Unis), tout effet d'entraînement peut avoir des conséquences sur le résultat final. Les perspectives d'utilisation actuelles ou futures sont nombreuses, et on peut trouver ici un descriptif fort synthétique.

Une critique explicite toutefois : beaucoup reprochent à Nicolas Sarkozy de dire qu'il fait pour faire croire qu'il fait ce qu'il dit (merci en particulier à Judith Bernard sur @si). mais c'est justement l'un des traits caractéristiques de "l'action politique" telle qu'elle se montre sur Facebook. Un effort de concrétisation ne serait pas superflu, car l'esprit ne peut pas faire tout oublier du corps, hélas...
Publié le 12/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Tendre
Ce n'est pas Bacrot - Lautier, Kasparov - Karpov, Kramnik - Leko, Annand - Deep Blue ou Aronian - Topalov. C'est mon fils de 4 ans et demi contre moi.


Si je laisse de côté les quelques conseils que je lui ai donnés et le répit supplémentaire en fin de partie, ce petit bonhomme m'a stupéfait et confit d'admiration. Du point de vue de l'ouverture, déjà, une partie des 4 cavaliers appréciée par les deux adversaires. Des échanges de pièces plus tard, j'ai été surpris, oui, surpris, par un mouvement de défense de sa part. Il a 4 ans et demi, bordel ! Je mets en danger sa dame avec une tour. Je pensais qu'il allait aller en d8, tranquille... eh non, je n'avais pas vu la case e7 qui me mettait en échec, et me forçait plus ou moins à l'échange des dames !

Quand un petit nabot vous dit "je peux jouer mon cavalier parce qu'il est libéré maintenant, et comme ça je t'attaque ton pion là", vous avez du mal à ne pas fondre. Pareil quand il vous compte vos 6 pièces (dont 2 tours), ses 7 pièces (dont 1 tour), et dit : "Oh, mais je le crois pas ! On est presque à égalité !".

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PS : Naruto en cell shading par Ubisoft, c'est une excellente idée. Cela aurait été génial sur Wii plutôt que sur Xbox 360, mais on peut pas tout avoir, la joie et le bonheur...
Publié le 11/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Dans le monde des médias on aime bien parler de la galaxie Gutenberg, en référence à l'inventeur de l'imprimerie, pour désigner l'industrie du livre, les publications périodiques et tout ce qui prend comme support le papier et comme vecteur l'écriture.

Mais une réflexion m'est venue il y a peu, sans doute déjà examinée, validée ou invalidée par d'autres, mais qui devrait faire pièce aux sirènes hurlantes prédisant la mort de Gutenberg dans les prochaines décennies. Cette réflexion, c'est que Gutenberg n'a pas inventé l'écriture: cela peut paraître stupide, mais on a trop tendance à penser que Gutenberg est le garant de l'écriture dans notre monde. Saint Gutenberg, comme pourraient l'appeler certains conservateurs trop conservateurs, a simplement permis à un média de se diffuser plus largement et facilement. Il s'agissait en l'occurence de textes, mais s'il avait inventé une machine à reproduire les eaux-fortes il serait révéré à la FEMIS ou à l'Ecole Louis Lumière et non à l'ENSSIB ou à l'Ecole des Chartes.



La galaxie Gutenberg est en fait la galaxie des médias de masse, par opposition aux médias directs en "peer to peer". Dans la galaxie Gutenberg je fais rentrer l'édition de monographies, la publication de périodiques, les libraires et les bibliothèques, les sites de vente de livres en ligne, mais aussi la distribution de films, la location de DVD / VHS, la télévision hertzienne / TNT / ADSL, la radio hertzienne / web, l'édition musicale, la vente de produits culturels, les sites web sans profil d'utilisateur !

Je l'admets, c'est un fourre-tout qui ne rime plus à rien. Mais Gutenberg ne rime à rien, sinon dans le phantasme des auteurs et des consommateurs. Gutenberg ne peut pas mourir, parce qu'il n'a jamais vécu ailleurs que dans les catégories économiques des spécialistes.  Ou bien Gutenberg est mort le jour où Volta a créé la première pile : sous Gutenberg la reproduction était analogique, sous Volta elle sera logique / numérique. Sous Gutenberg on mesurait la quantité à l'aune de la qualité, sous Volta on mesurera la qualité à l'aune de la quantité.

Quoi qu'il en soit, il faut pour sauver l'acte de lire dissocier lecture et papier, sans quoi nous allons droit au clash, entre les gutenbergiens qui s'arrogent la lecture et les voltaïques qui l'abandonnent de guerre lasse, au profit de médias plus accessibles aux cerveaux CocaKola. Une des meilleures inventions à perfectionner dans les années à venir, c'est le livre USB au contenu flashable : on lit, et c'est ça l'essentiel, tout en se pliant aux exigences technologiques croissantes de nos sociétés. Avec par exemple la bibliothèque du Congrès dans ma poche (sacrilège lèse-Europeana !), je n'ai besoin que de l'électricité pour comprendre, savoir mieux, enrichir mes compétences de citoyen. Plutôt que de regarder le digest simplet diffusé au 13 heures de Jean-Pierre Pernaut, on pourra se reporter au rapport Baker sur la situation américaine en Irak.

La lutte pour que lise le "Tiers Instruit" (décrit par l'homme aux sourcils plume d'oie, Michel Serres) ne sera sans doute jamais achevée. Mais il ne faudrait pas se tromper d'adversaire : l'anti-lire n'est pas l'anti-livre. Des délires des livres livrons encore des livres sur page ou sur pixel, tant que lire reste l'ivresse de ceux qui élisent et de ceux qu'on élit.
Publié le 10/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante

Comme les Dupont et Dupond se déguisant avec le costume local chaque fois qu'ils se rendent dans un pays, nous sommes parfois tenté d'en faire trop, de coller aux clichés pour être gentil avec nos interlocuteurs... quitte à les froisser par notre vision ridicule de ce qu'ils sont !

Une petite liste des possibilités offertes en la matière :
- proposer d'écouter du Mika, du Mylène Farmer ou du Ten Sharp en recevant des amis homosexuels
- faire à manger du couscous pour un premier contact avec des musulmans
- mettre ses chaussettes sur son pantalon de jogging au moment de discuter avec les jeunes en bas d'un immeuble (devant eux en plus, en disant : "je kiffe de m'habiller comme ça, sinon je suis trop vénère")
- laisser volontairement des revues de psychologie - à deux balles - sur la table basse du salon quand on reçoit un prof de philosophie
- affubler son interlocuteur américain de diminutifs typiques "Bobby", "Mickey", "Beth" (pour Robert, Mike ou Elizabeth) et ponctuer toutes ses phrases par un "Yeah man !" ou un "you know"
- décrocher les posters, remiser les DVD et cacher les maquettes issus de l'univers de la seconde guerre mondiale (Le Jour le plus long, Spitfire à monter soi-même,...) avant que par mégarde votre correspondant allemand ouvre le placard et soit submergé par tout ce que vous avez essayé de lui cacher.

cela va de soi, la liste n'est pas fermée...
__________

Dans un tout autre domaine et dans un autre genre, un petit montage que j'ai trouvé par hasard sur le site http://i135.photobucket.com/albums/q128/eatingandbleating



Très Chat, mademoiselle Sharapova !
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