J'aime beaucoup redorer le blason des disciplines délaissées ou injustement reléguées au rang de sports de seconde zone. Si dans la rue on demande ce qui est le plus sportif entre jouer au football et conduire une voiture, la majorité des gens diront "jouer au football". Simplement il y a jouer et jouer, comme il y a conduire et piloter. Le meilleur des sportifs français en activité, au vu de sa compétitivité, de la reconnaissance de ses talents et de son palmarès, c'est Sébastien Loeb et non Thierry Henry.
Ronaldo Schemidt AFP/Archives. Le Français Sébastien Loeb après sa victoire lors du rallye du Mexique, le 11 mars 2007 à Leon.
Les amateurs de sport sont souvent ingrats au point d'oublier combien Loeb marque de son empreinte l'histoire mondiale du rallye : il porte à chaque course le record du nombre de victoires plus loin de son prédécesseur Carlos Sainz; au terme d'un duel sportif titanesque avec Markus Grönholm, à la fin de la saison, il égalera le record de victoires en championnat du monde moderne (4) ou à défaut il aura la meilleure seconde place de l'histoire du WRC.
Certes le record de Thierry Henry (43 buts en équipe de France) m'a enchanté, certes l'équipe de France de football a réalisé face à la Lituanie de très beaux mouvements (je pense à la déviation de Ribéry, aux triangles de passes dessinés à l'orée de la surface de réparation lituanienne), certes les remarquables novices Benzema et Ben Arfa tout comme les vénérables anciens sont des sportifs très affûtés. Mais la réussite de cette équipe n'a rien de comparable avec la performance millimétrique de Sébastien Loeb : un rallye sur asphalte, une victoire. Un rallye sur terre, la bagarre. Et si le physique chez les footballeurs est sans doute moins important que chez les rugbymen, la concurrence entre pilotes et footballeurs sur ce plan est très serrée. Combien de litres d'eau perdus à chaque épreuve? quelle différence temporelle entre la victoire et la défaite (cf. les quelques dixièmes de seconde entre Grönholm et Loeb au rallye de Nouvelle-Zélande) ?
Conclusion : aux trophées des Etoiles du sport, si la désignation est réaliste, Sébastien Loeb devrait raffler la mise..
Le mot d'esprit et son rapport à l'inconscient, nous racontait tonton Freud... alors que j'envisageais l'opportunité de rappeler à nos mémoires quelques textes splendides de chansons engagées, au premier rang desquelles je compte Un jour en France de Noir Désir, voilà les titres qui me sont venus pour l'article : Textes coups de poing, textes qui frappent. D'un goût très douteux quand on fait le rapprochement avec la sortie de prison de Bertrand Cantat, qu'au passage je trouve tout à fait légitime (pourquoi subirait-il un pire traitement que les ordures qui ont eux aussi tué leur compagne sous les coups ?).
Mais ce qui est écrit est écrit, même dans un texte numérique.
Certains textes de chanson valent bien des portraits de société, avec leurs aspects "cliché" mais aussi leur pertinence crue. Une petite collection personnelle et non-exhaustive.
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Au bistrot comme toujours il y a de beaux discours Au poteau les pourris, les corrompus aussi Dents blanches et carnassiers Mais à la première occasion chacun deviendrait le larron de la foire au pognon oui qui se trame ici Allez danse avec Johnny
Se rappellent de la France ont des réminescences De l'ordre, des jeux, d'l'essence quand on vivait mieux Il y avait Paul et Mickey On pouvait discuter mais c'est Mickey qui a gagné D'accord, n'en parlons plus
Un autre jour en France Des prières pour l'audience Et quelques fascisants autour de 15% Charlie défends-moi !!! C'est le temps des menaces On a pas le choix pile en face Et aujourd'hui, je jure que rien n'se passe Toujours un peu plus F.N, souffrance Qu'on est bien en France C'est l'heurd de changer la monnaie On devrait encore imprimer le rêve de l'égalité On n'devra jamais supprimer celui de la fraternité Restent des pointillés... Yeah, Yeah, Yeah !!!
Un Jour en France (Noir Désir)
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Tu bosses toute ta vie pour payer ta pierre tombale, Tu masques ton visage en lisant ton journal, Tu marches tel un robot dans les couloirs du metro, Les gens ne te touchent pas, il faut faire le premier pas, Tu voudrais dialoguer sans renvoyer la balle, Impossible d'avancer sans ton gilet pare-balle. Tu voudrais donner des yeux a la justice Impossible de violer cette femme pleine de vices.
Antisocial, tu perds ton sang froid. Repense a toutes ces annees de service. Antisocial, bientot les annees de sevices, Enfin le temps perdu qu'on ne rattrape plus.
Ecraser les gens est devenu ton passe-temps. En les eclaboussant, tu deviens genant. Dans ton desespoir, il reste un peu d'espoir Celui de voir les gens sans fard et moins batards. Mais cesse de faire le point, serre plutot les poings, Bouge de ta retraite, ta conduite est trop parfaite Releve la gueule, je suis la, t'es pas seul Ceux qui t'enviaient, aujourd'hui te jugeraient.
Tu bosses toute ta vie pour payer ta pierre tombale, Tu masques ton visage en lisant ton journal, Tu marches tel un robot dans les couloirs du metro, Les gens ne te touchent pas, il faut faire le premier pas, Tu voudrais dialoguer sans renvoyer la balle, Impossible d'avancer sans ton gilet pare-balle. Tu voudrais donner des yeux a la justice Impossible de violer cette femme pleine de vices. Antisocial, antisocial, antisocial, antisocial
Antisocial (Trust)
[Certes, l'aspect artistique est des plus douteux sur les paroles de cette chanson, mais avouez qu'en terme de coup de poing c'en est un; pourtant on m'a dit que Bernie est un bon voisin ]
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Alors ouais, j'me la raconte, ouais, ouais, je déconne Nan, nan, c'est pas l'école qui m'a dicté mes codes On m'a dit qu't'aimais le rap, voilà de la boulette Sortez les briquets, il fait trop dark dans nos têtes
Alors ouais, j'me la raconte, ouais, ouais, je déconne Nan, nan, c'est pas l'école qui m'a dicté mes codes On m'a dit qu't'aimais le rap, voilà de la boulette Sortez les briquets, sortez les briquets
Y a comme un goût de haine quand je marche dans ma ville Y a comme un goût de gêne quand je parle de ma vie Y a comme un goût d'aigreur chez les jeunes de l'an deux-mille Y a comme un goût d'erreur quand je vois le taux de suicide Me demande pas ce qui les pousse à casser des vitrines J'suis pas la mairie, j'suis qu'une artiste en dev'nir moi J'suis qu'une boulette Me demande pas si j'ai le bac J'ai que le rap mais je l'embarque Je l'embrase, je le mate Car je l'embrasse
Y a comme un goût d'attentat Comme un goût de Bertrand Cantat, Comme un goût d'anthrax pendant l'entracte Y a comme un goût de fouleck-fouleck chez les mômes Comme un goût de boulette-boulette sur les ondes
{Refrain:} Alors ouais, on déconne Ouais, ouais, on étonne Nan, nan, c'est pas l'école qui nous a dicté nos codes Nan, nan, génération nan, nan {x2}
Y a comme un goût de viol quand je marche dans ma ville, Y a comme un goût d'alcool dans les locaux de police, Y a comme un goût de peur chez les meufs de l'an deux-mille, Y a comme un goût de beuh dans l'oxygène qu'on respire,
Me demande pas ce qui les pousse à te casser les couilles J'suis pas les secours, j'suis qu'une petite qui se débrouille moi J'suis qu'une boulette Me demande pas si j'aime la vie, moi j'aime la rime Et j'emmerde Marine juste parce que ça fait zizir
Y a comme un goût de bad boy, comme un goût d'Al Capone Comme un goût de hardcore (hardcore) dans les écoles Y a comme un goût de fouleck-fouleck chez les mômes Comme un goût de boulette-boulette sur les ondes
{au Refrain, x2}
Y a comme un goût d'église dans l'inceste et dans l'enfance Y a comme un goût d'Afrique dans les caisses de la France Y a comme un goût de démé-démago dans la bouche de Sarko Comme un goût de mi-michto près des merco Y a comme un goût de coupe-coupe dans les chambres des jeunes Y a comme un goût de boum-boum dans le coeur de mes soeurs Y a comme un goût de j'suis soulée de tout ce qui se déroule Y a comme un goût de fouleck, de boulette qui saute dans la foule
{au Refrain, x4}
S D I A M D I D I A M S D I A M D I D I A M S D I A M D I D I A M S D I A M D I D I A M Ouais Grosse.
Génération nan nan (Diam's)
Vous remarquerez que Diam's a l'intelligence de citer le chanteur de Noir Désir, Bertrand Cantat. Ce qui fait échos aux révoltes des uns c'est l'attitude des autres révoltés, si révoltante soit-elle.
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Dans son genre sympa j'aime bien l'acidité des propos de zazie (avec pleine de jeux de mots, j'adore) : il y a aussi des petits coups de poing parfois, qui réveillent.
Je suis un homme de Cro-Magnon Je suis un singe ou un poisson Sur la Terre en toute saison Moi je tourne en rond, je tourne en rond.
Je suis un seul puis des millions Je suis un homme au coeur de lion A la guerre en toute saison Moi je tourne en rond, je tourne en rond.
Je suis un homme plein d'ambition Belle voiture et belle maison Dans la chambre ou dans le salon Moi je tourne en rond, je tourne en rond.
Je fais l'amour et la révolution Je fais le tour de la question J'avance, avance à reculons Et je tourne en rond, je tourne en rond.
Tu vois, j'suis pas un homme, Je suis le roi de l'illusion Au fond, qu'on me pardonne Je suis le roi, le roi des cons.
Je fais le monde à ma façon Coulé dans l'or et le béton Corps en cage, jeté en prison Moi je tourne en rond, je tourne en rond.
Assis devant ma télévision Je suis de l'homme, la négation Pur produit de consommation Oui, mon compte est bon Mon compte est bon.
Tu vois, j' suis pas un homme, Je suis le roi de l'illusion Au fond, qu'on me pardonne Je suis le roi, le roi des cons.
C'est moi, le maître du feu, Le maître du jeu, le maître du monde Et vois ce que j'en ai fait, Une Terre glacée, une Terre brûlée, La Terre des hommes que les hommes abandonnent.
Je suis un homme au pied du mur Comme une erreur de la nature Sur la Terre sans d'autres raisons Moi je tourne en rond, je tourne en rond.
Je suis un homme et je mesure Toute l'horreur de ma nature Pour ma peine, ma punition, Moi je tourne en rond, je tourne en rond
Je suis un homme et je mesure Toute l'horreur de ma nature Pour ma peine, ma punition, Moi je tourne en rond, je tourne en rond
Moi je tourne en rond, je tourne en rond
Je suis un homme (Zazie)
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Pour les anglophones, je termine par un groupe écorché vif et qui d'emblée proclame sa "rage contre la machine" (politico-financière, sous-entendu).
This time the bullet cold rocked ya A yellow ribbon instead of a swastika Nothin' proper about ya propaganda Fools follow rules when the set commands ya Said it was blue When ya blood was read That's how ya got a bullet blasted through ya head
Blasted through ya head Blasted through ya head
I give a shout out to the living dead Who stood and watched as the feds cold centralized So serene on the screen You were mesmerised Cellular phones soundin' a death tone Corporations cold Turn ya to stone before ya realise They load the clip in omnicolour Said they pack the 9, they fire it at prime time Sleeping gas, every home was like Alcatraz And mutha fuckas lost their minds
Just victims of the in-house drive-by They say jump, you say how high Just victims of the in-house drive-by They say jump, you say how high
Run it!
Just victims of the in-house drive-by They say jump, you say how high Just victims of the in-house drive-by They say jump, you say how high
Checka, checka, check it out They load the clip in omnicolour Said they pack the 9, they fire it at prime time Sleeping gas, every home was like Alcatraz And mutha fuckas lost their minds
No escape from the mass mind rape Play it again jack and then rewind the tape And then play it again and again and again Until ya mind is locked in Believin' all the lies that they're tellin' ya Buyin' all the products that they're sellin' ya They say jump and ya say how high Ya brain-dead Ya gotta fuckin' bullet in ya head
Just victims of the in-house drive-by They say jump, you say how high Just victims of the in-house drive-by They say jump, you say how high
Uggh! Yeah! Yea!
Ya standin' in line Believin' the lies Ya bowin' down to the flag Ya gotta bullet in ya head
Ya standin' in line Believin' the lies Ya bowin' down to the flag Ya gotta bullet in ya head
A bullet in ya head A bullet in ya head A bullet in ya head A bullet in ya head A bullet in ya head A bullet in ya head A bullet in ya head A bullet in ya head A bullet in ya head! A bullet in ya head! A bullet in ya head! A bullet in ya head! A bullet in ya head! A bullet in ya head! A bullet in ya head! Ya gotta bullet in ya fuckin' head!
Yeah!
Yeah!
A Bullet in the head (Rage against the machine)
Comme vous je remarque la présence de "yeah" à la fin de pas mal de chansons qui râlent, il doit y avoir un lien reptilien entre le mécontentement et le "yeah"...
Tout cela pour dire combien il est important d'hurler sa haine plutôt que la traduire en actions. C'est plus beau. C'est la puissance de l'art quand il témoigne de la violence.
A son corps défendant (et l'expression est doublement justifiée), Sébastien Chabal a été utilisé pour vanter les mérites de l'électricité Poweo. En voici la vidéo :
Une levée de boucliers plus tard, le spot publicitaire était retiré du web. Il faut dire que le soi-disant interrupteur sur lequel Chabal pose les doigts ressemble beaucoup à une prise. La défense de Poweo est à ce sujet ridicule : non seulement un avertissement signale les dangers de l'électricité pour les enfants (donc les images constituent implicitement une mise en danger des enfants), mais de plus le halo électrifié qui entoure le rugbyman de Sale ne laisse aucun doute : le courant débouche là où il pose les doigts !
A titre personnel, je trouve le spot plutôt sympa, si ce n'était la "chute". Je pense simplement à celles et ceux qui ont eu, enfants, un accident avec l'électricité (et j'en connais, qui ont eu la chance de survivre malgré des séquelles à vie). Leur sourire se fane sans doute donc, à l'idée que des enfants souhaitent prendre l'énergie du héros des foules en touchant une prise à 220 volts.
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Un petit billet plus doux, par hasard je suis tombé sur le clip Garçon de Koxie. Je ne suis pas fan fan du rap, si l'on exclut Eminem et quelques titres tels que Rock this Way (Run DMC), In da Club (50 cent), Can't touch this (Mc Hammer), Caroline (Mc Solaar) ou Génération nan nan (Diam's). Mais là, je suis sous le charme de la chanson de la dame à la coccinelle (d'où "Koxie"). Le charme de la coccinelle, cela va de soi. Le charme de la dame, c'est surtout lié à ses propos pétillants. Le charme de la chanson passe par sa fraîcheur dans un monde machiste et finalement très infantile, le rap qui roule des mécaniques.
Bravo à Koxie (attention, lien très adolescent et insuffisant) et bon vent à elle sur son scooter.
Erratum : suite à un mauvais recoupement de mes sources j'ai dans un premier temps dirigé la menace militaire turque contre l'Iran, alors qu'il s'agissait de l'Irak évidemment. La personne qui m'a induit en erreur, bien malgré elle, rôtit chez Hadès pour une petite dizaine de minutes, avant un passage obligé par l'enfer de glace de Dante.
Plutôt que de supprimer le message, je l'ai dupliqué pour faire à la fois de l'uchronie au présent () et un commentaire simple sur un fait avéré mais peu surprenant.
Version 1 : L'intox
Une info d'apparence mineure mais aux implications à la fois complexes et graves : la Turquie a rassemblé des troupes à la frontière iranienne pour "traiter" la question des territoires kurdes. L'Iran étant un pays très stable et peu belliqueux, tout va bien dans le traité de non-prolifération nucléaire...
Quand j'ai entendu ce fait je l'ai analysé ainsi : le gouvernement d'Ankara réagit doublement : - à la menace de reconnaissance du génocide arménien par le congrès américain, qui pousse l'allié turc à rappeler son importance - à la tension interne entre laïcs et partis islamiques, que certains ont intérêt à dévier en cristalisant le sentiment national
Les réactions les plus intéressantes seront celles de l'Iran bien sûr, des Etats-Unis également, mais aussi de la Russie (Poutine étant justement en visite chez Mahmoud Ahmadinedjad), et de l'Union Européenne, si le Kurdistan irakien, la Syrie et Israël ne mettent pas également leur grain de sel. Le règlement pacifique de cette histoire inquiétante pourrait se faire soit par le retrait du projet de reconnaissance du génocide arménien, soit par une pression étonnamment conjuguée de l'Iran et des Etats-Unis (avec un risque de radicalisation de la posture turque mais une "entente" collatérale entre les deux rivaux, fort bienvenue).
N'oublions pas que parallèlement, les pays de l'Europe de l'est et la Turquie ont fait les premiers pas pour échapper à la domination russe liée aux sources d'énergie fossile. La Turquie est militairement plus liée à Washington qu'à Bruxelles. L'Union Européenne aurait-elle alors intérêt à amener grâce à cette crise potentielle le gouvernement d'Ankara dans sa sphère de relations privilégiées ? Je ne le crois pas, même s'il s'agirait d'une occasion unique, car les deux poids lourds Russie et Etats-Unis ne se laisseraient pas ainsi affaiblir.
J'espère que toutes ces élucubrations seront bientôt caduques, parce que dans le cas contraire, il faudrait se préparer au pire. La zone, traversée de failles (Liban / Syrie; Israël / Palestine; Iran / Irak; Turquie / Kurdistan; Sunnites / Chiites; pays possesseurs de la bombe atomiques / puissances émergeantes; économie légale / cartels de la drogue; laïcité / intégrismes religieux...), n'a pas besoin d'un front supplémentaire.
Version 1 : L'info
Une info d'apparence mineure mais aux implications sévères : la Turquie a rassemblé des troupes à la frontière irakienne pour "traiter" la question des territoires kurdes. L'Irak étant un pays très stable et peu belliqueux, tout va bien dans les relations entre l'OTAN (dont font partie Turquie et Etats-Unis) et pays à forte population musulmane...
Quand j'ai entendu ce fait je l'ai analysé ainsi : le gouvernement d'Ankara réagit doublement : - à la menace de reconnaissance du génocide arménien par le congrès américain, qui pousse l'allié turc à rappeler son importance - à la tension interne entre laïcs et partis islamiques, que certains ont intérêt à dévier en cristalisant le sentiment national
Les réactions les plus intéressantes seront celles de l'Irak bien sûr, aussi bien du côté des sunnites au centre-ouest que des chiites au sud et à l'est, les kurdes au nord est étant évidemment concernés directement. Il sera attendu une réaction des Etats-Unis également, mais aussi de la Russie (Poutine étant justement en visite chez le voisin iranien), et pour de toutes autres raisons de l'Union Européenne. Si le Kurdistan irakien concerne aussi la Syrie, c'est parce que la présence d'une force pro-américaine au nord, à l'est, à l'ouest a rendu sa situation très délicate. Le règlement pacifique de cette histoire inquiétante pourrait se faire soit par le retrait du projet de reconnaissance du génocide arménien, soit par une pression conjuguée de l'Union européenne et des Etats-Unis (avec un risque de radicalisation de la posture turque mais une "entente" renouvelée entre les deux piliers démocratiques de l'ONU, fort bienvenue).
N'oublions pas que parallèlement, les pays de l'Europe de l'est et la Turquie ont fait les premiers pas pour échapper à la domination russe liée aux sources d'énergie fossile. La Turquie est militairement plus liée à Washington qu'à Bruxelles. L'Union Européenne aurait-elle alors intérêt à tirer seule les marrons du feu, par l'envoi de troupes européennes par exemple ? Je ne le crois pas cela matériellement ou stratégiquement possible, même s'il s'agirait d'une occasion unique, car les deux poids lourds Russie et Etats-Unis ne se laisseraient pas ainsi affaiblir dans cette région (cruciale pour l'influence internationale dans les dernières années de l'ère pétrolière).
J'espère que toutes ces élucubrations seront bientôt caduques, parce que dans le cas contraire, il faudrait se préparer au pire. La zone, traversée de failles (Liban / Syrie; Israël / Palestine; Iran / Irak; Sunnites / Chiites; pays possesseurs de la bombe atomiques / puissances émergeantes; économie légale / cartels de la drogue; laïcité / intégrismes religieux...), n'a pas besoin du retour d'un front supplémentaire, oublié mais endémique, opposant le PKK (parti des travailleurs kurdes) à Ankara.
Le monde n'est pas que francophone... Les studios de développement ont poussé très tôt aux Etats-Unis et au Japon, là où la demande de jeux a été le plus rapidement très forte. Les génies de la conception de jeu, du "game design" pour reprendre l'expression anglaise, sont eux aussi apparu très tôt, ils ont façonné les oeuvres majeures de cet art naissant.
Hideo Kojima est presque plus un réalisateur qu'un concepteur de jeu, mais il apporte sa pierre à la réflexion sur l'articulation entre le sens et l'interactivité des jeux [Metal Gear Solid].
Peu connu en dehors du milieu, Jordan Mechner n'est pas l'homme d'une seule licence, Prince of Persia. Il avait déjà enthousiasmé les fans d'action répétitive avec Karateka. Le level design est devenu un artisanat grâce à lui, entre autres.
Au grain salutaire, Richard Garriott a osé, à partir d'Ultima IV, ouvrir le jeu à la réflexion sur l'éthique. Donc ouvre le jeu à l'âge adulte.
De Montgomery à Bartlett, les talents se sont parfois réunis comme dans le groupe des Bitmap Brothers. Et alors, les réussites s'enchaînent rapidement. Xenon réinvente le shooter 2D à scrolling vertical; Speedball et Speedball 2 innonvent dans le domaine stérile des sports convertis en jeux, parce que le sport en question n'existe pas; Gods et Magic pockets montrent que la qualité de réalisation peut être utilisée au profit de la conception des mécanisme de jeu.
Peter Molyneux réussit fort bien à se présenter tout seul; sa célébrité n'a d'égal que son inventivité. C'est à lui qu'on doit les principales avancées dans le domaine de l'interaction ludique indirecte, où on agit sur certaines facteurs déclenchant les événements, et non pas les événements eux-mêmes. Ah, Populous, Powermonger, Dungeon Keeper, Black & White, Fable...
Roberta Williams fut sans doute la première célèbre créatrice de jeux; hélas la mère de King's Quest attend toujours une relève digne de ce nom... Bon, entre nous, Roberta était au jeu d'auteur ce que Mary Higgins Clark est à la littérature, mais c'est déjà mieux que peu.
Le maître est japonais; et il est à ses heures alchimiste, transformant un projet plombé en pépite du game design. Shigeru Miyamoto nous permet de comprendre que l'art du jeu vidéo ne se situe pas seulement dans le contenu (l'aspect "non-jeu" dont j'ai parlé à l'occasion) mais aussi et surtout dans le fonctionnement des interactions et des choix laissés au joueur (l'aspect purement "jeu"). Pour s'en convaincre, il suffit de quelques heures de Ocarnia of Time, Pikmin ou Mario Kart. Car, c'est bien à lui qu'on doit Mario, qui a changé pour toujours notre vision des plombiers italiens.
Sid Meier fut le père de Microprose, studio spécialisé dans les simulations. Mais alors qu'on pensait que les simulations en jeux vidéo nous mettraient toujours au commande d'un avion, d'un sous-marin ou d'un char, Microprose a inventé la simulation de civilisation, et la face du monde en sera changée (à chaque partie). L'uchronie, mon opération science-fictive préférée, était devenue possible.
Cela se voit, Will Wright est un tombeur. De records, évidemment. Sims. Et presque tout est dit (Sim City était déjà un jeu vidéo génial, et après quelques errances l'invention des Sims a rendu le meilleur des service à la cause du jeu vidéo). A la suite des principales oeuvres de Sid Meier, son prochain titre, Spore, risque d'enchanter ceux qui considèrent que tout est dans tout et que la création d'une civilisation est un continuum passionnant.
Suite à une discussion des plus intéressantes, j'ai saisi plus précisément la différence faite par Kant entre la valeur et le prix. Cette distinction peut en effet intéresser toute personne amenée à réfléchir sur l'économie des médias, puisque les diffuseurs gratuits se sont multipliés ces dernières années. On rencontre des quotidiens gratuits , des sources gratuites de vidéos , des sites de partage de musique , et même des services juridiques , techniques, proposés sans contrepartie financière. Est-ce à dire que leurs informations n'ont aucune valeur ? Sans doute pas !
Le web 2.0 , qui consiste je le rappelle en une structure participative de création de contenu et de prise de décision, montre clairement que les contributions, bien qu'accessibles gratuitement, ont un intérêt pour de nombreux autres consommateurs. Je parle d'intérêt, car cette notion d'intérêt doit être intégrée à la réflexion pour comprendre le mécanisme de partage gratuit des informations. Il est clair que le prix de l'information dans les médias de masse tend vers zéro; l'économie de l'information ne se fonde plus tellement sur le prix, mais sur l'intérêt que recèlent les informations pour telle personne, tel groupe ou pour une majorité de consommateurs.
Evidemment, on pourra dire que les monographies publiées en librairie, le succès croissant des sites payants en ligne démontre que la notion de prix fait de la résistance, en particulier pour les documents ou informations susceptibles d'intéresser un très grand nombre. Ce "susceptible d'intéresser un très grand nombre" imprécis, recouvre soit du pur intérêt, qui s'épuise avec le temps (par exemple, le nom du buteur du match Ecosse-France, ou le coût d'une action Veolia à une date précise), soit la valeur de l'objet-information, qui reste présente quelles que soient les conditions de consommation (par exemple, un roman de Balzac, la vidéo du match France-Brésil de la coupe du monde 2006, ou l'analyse de l'évolution de l'action Veolia en 2006). Le prix de l'information est de toute façon déconnecté de sa valeur, même si à long terme la valeur d'une information ou d'un document génère intérêt et prix.
La massification de la diffusion, au lieu de dévaloriser l'information, la déprécie. C'est au contraire une chance pour les documents de valeur, parce qu'ils sont mieux respectés que les autres et à terme peuvent prétendre s'échanger contre un prix non modique (voir l'exemple des chanteuses issues du buzz de Myspace). Les créateurs méritants sont-ils pourtant condamnés à se faire piller, et à ne tirer aucun bénéfice des informations qu'ils proposent ? S'ils sont méritants, ils attirent un intérêt durable; et s'ils attirent sur leur nom un durable intérêt, à eux de monnayer leurs contributions ultérieures et de faire monter les prix !
La notion d'auteur de document, jusqu'à l'apparition des fils RSS en tout cas (et encore, d'après moi cela ne change pas profondément la donne), est indissociable de la notion d'oeuvre. Suivant en cela les thèses de José Luis Diaz, je constate chaque jour l'autorité conférée à un article par son auteur (cf. Jean-Michel Apathie ou Guy Birenbaum sur Agoravox), et réciproquement (la valeur générale des articles de Wikipedia amène à accorder une certaine confiance à cet "auteur" collectif).
Les réunions publiques vécues "en vrai" on toujours une saveur particulière, et nous en apprennent toujours beaucoup sur ce qui englobe les discours politiques formatés par les médias de masse. C'est pourquoi, dès que je peux assister à une telle réunion, j'en fait le compte-rendu aussi subjectif et amusé que possible.
Lors de l'inauguration d'un nouveau bâtiment universitaire, se sont retrouvés sur la tribune: - à ma gauche, Jean-Paul Bret maire de Villeurbanne, associé au représentant (socialiste) du Grand Lyon (communauté de communes) et au représentant (socialiste) de la région Rhône-Alpes, - et à ma droite, Bernard Saint Girons, directeur général de l'enseignement supérieur, et Anne-Marie B. directrice de l'établissement rénové.
Mises à part les formalités et congratulations d'usage, il y eut quelques échanges feutrés mais vifs entre les collectivités territoriales, majoritairement liées à l'opposition parlementaire actuelle, et les représentants de l'état (indifféremment de leur orientation politique, même si tout porte à croire que c'est un gouvernement UMP qui les a nommés). Le problème était une pure broutille, mais une broutille symbolique : les différentes collectivités locales s'étant financièrement beaucoup investies dans le projet, elles n'ont pas apprécié de ne pas apparaître sur les cartons d'invitation envoyés. Le dépliant distribué le jour de l'inauguration rétablissait la coordination entre l'état et ces collectivités territoriales, mais les discours n'ont pas manqué de revenir sur cette anicroche. A titre personnel, je considère que l'affront n'était pas si manifeste; mais les hommes politiques ne l'ont pas entendu de cette oreille-là.
La notion de communication est essentielle pour comprendre cette situation assez risible. L'état communique sur sa capacité à rénover l'enseignement supérieur, la recherche et porte attention à l'urbanisme. Les collectivités territoriales communiquent sur leur activité de contre-pouvoir, d'action parallèle à l'état centralisé afin de s'en démarquer tout en donnant une image d'activité et d'efficacité. Ce que l'état peine à dire (par exemple au travers de ces cartons d'invitation "incomplets"), c'est qu'avec ses seuls finances et avec sa seule capacité de maîtrise d'ouvrage il ne serait pas très efficace. Ce que les collectivités territoriales n'aiment pas admettre, c'est qu'en matière d'établissements universitaires seul l'état est fondé à gérer les agrandissements, les réorientations, les regroupements, les décentralisations (d'où les mutliples rappels, dans les discours des collectivités, du lien "historique" entre l'établissement concerné et la vie locale).
Finalement, il est question de communication, en ce sens que ces chamailleries de détail démontrent la déplorable qualité de la coordination entre les différentes instances de décision, entre les échelons locaux et l'échelon national. L'année 2008 ne permettra pas, à coup sûr, de résoudre ces problèmes et d'améliorer cette image de "panier de crabes". Impossible de généraliser les torts de chacun, car chaque situation est nouvelle et changeante. Mais c'est regrettable, pour eux comme pour nous.