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Tribune libre
Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 07/12/2007
Par fxboffy
Humeur : Ironique
La coupe de l'UEFA... Au départ, quel challenge modéré, mais quel défi tout de même ! Petite coupe des perdants toutes compétitions, elle gagnait en valeur à cause du côté "coupe", les matchs jamais joués entre des équipes de force inégale.

Maintenant le couplage de la coupe de l'UEFA avec la Champion's League, principale vitrine des clubs européens, rend cette coupe insipide. Peut-être, je ne l'ai pas vu, peut-être que le match entre Helsingborg et Bordeaux était de qualité et comportait un enjeu (en témoignent les cartons distribués). Mais si on prend par exemple le prochain match de Rennes, décisif (en cas de victoire de plus de 2 buts d'écart ils pourraient passer au tour suivant), je me dis "à quoi bon?". En effet, à l'issue de cette peu enthousiasmante phase de poules copiée un peu mais pas trop sur celles de la grande coupe aux grandes oreilles (la C1), il y a l'arrivée des "rejetés" de la grande soeur ! Si Rennes parvient à se qualifier, ce qui serait déjà un exploit, il pourrait se retrouver contre des clubs d'un gros calibre, genre Liverpool, Glasgow Rangers,... Les chances existent, mais elles sont minimes connaissant les doutes actuels des Rennais sur leur animation de jeu.

Ce "passe-droit" casse vraiment l'idéal du fonctionnement d'une coupe : au départ tout le monde est sur la même ligne, puis les vainqueurs des premiers matches rencontrent les autres vainqueurs, puis les vainqueurs des vainqueurs... Cette coupe de l'UEFA insipide déroge à la règle : on peut avoir été qualifié parce qu'on a gagné la coupe de la Ligue par exemple, on passe 1 ou 2 tours puis c'est un mini-championnat (où les calculs de sioux apparaissent souvent). Pendant ce temps, le second d'un grand championnat (qui n'a donc rien gagné l'année précédente) fait un parcours moyen en poule de Champion's League; il est donc reversé en UEFA, punition considérée comme presque équivalente dans l'esprit des supporters à une fin définitive de la campagne européenne. Les bons élèves se hissent au niveau des mauvais élèves rejetés, vous trouvez ça normal ?

J'entends d'ici les récriminations selon lesquelles être second d'un grand championnat c'est aussi dur que gagner une coupe de Norvège; c'est vrai, la situation des clubs en fin de championnat ne reflète pas toujours leur valeur lors de la saison suivante, alors que la réussite dans un système de coupe se mesure mois après mois. Mais enfin, grosso modo, ce système de vases communicants, pour sauver les comptes des clubs, a largement tué la "glorieuse incertitude du sport" et le plaisir d'une bonne coupe de l'UEFA.
Publié le 30/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Tendre
Je vis souvent ce rêve étrange et pénétrant, où je pose le ballon bien précisément sur la pelouse de la surface de réparation. Je prends mon élan, un peu au ralenti, avec des bruits assourdis. je pense très fort à tout ce qui me met en colère, en concentrant toute cette colère contre le point d'impact prévu.

Ma jambe arrière, la droite, va chercher loin son point haut pour faire un mouvement de balancier. Mes abdomiaux se contractent et j'avance imperceptiblement mon visage vers le sol: puis le mouvement de balancier se déclenche, je frappe avec le sommet de mon coup de pied droit. La balle perce l'air et s'élève rapidement, pendant que ma jambe de frappe pointe vers l'avant comme pour montrer le chemin à suivre.

Calmement, la balle arrive alors à 80 mètres de là, dans la surface de réparation adverse, et je cours pour aller la chercher.

Mais après ce genre de rêve on a envie de passer par la pratique. Je pose alors bien mon ballon sur le terrain, j'arme mon tir, j'y mets tout mon coeur, toute ma rage, tout. Et le ballon part en sucette, il rebondit à quelques mètres de là, par exemple. Ou bien il n'a strictement pas la direction souhaitée, et la trajectoire réelle fait un angle de 30° minimum avec la trajectoire idéale... Quelle blessure narcissique. Et en même temps, quel temps pour sourire ou rire !
Publié le 23/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Maussade
Les réunions sportives populaires ont toujours été l'occasion d'exacerber quelques bas instincts communautaires, tout en permettant de dépasser ce communautarisme devant un beau spectacle où chacun joue son jeu et le meilleur gagne. Mais dans notre société de plus en plus communautaire, le dépassement se fait de plus en plus difficile. Et devant un très spectaculaire et intéressant France-Maroc la semaine dernière, des sifflets injustes et injustifiés se sont élevés contre des joueurs "adverses" voire "adversaires" des supporters. Alors que, comme je l'avais écrit quelques heures auparavant, je trouvais formidable que ces deux pays liés par l'histoire et par l'avenir continuent leur dialogue autour d'un match de foot.

Peut-être imaginez-vous mon dépit devant tant d'abrutissement, tout d'abord, puis mon malaise en m'interrogeant sur les raisons poussant des gens sans doute très bien à mépriser l'autre parce qu'il est autre. je n'ai pas encore de réponse définitive à cette interrogation, mais je compte en trouver une satisfaisante sous peu.

Le sport ne donne pas toujours l'image de la sportivité, aussi cela rejaillit-il sur le comportement des spectateurs, des plus jeunes en particulier. Cela fait bien rire sur le coup mais beaucoup moins à l'usage, les joueurs qui se roulent par terre pour gagner des coups francs ou des penalties, ou même pour éviter un carton trop rouge après un acte litigieux, c'est de l'imitation pure et simple.
D'autre part ainsi que je l'ai écrit plus haut, nos communautés se barricadent au lieu d'échanger, de peur sans doute de se diluer dans un grand tout incertain. Pourtant si on prend du recul, on se rend compte que le pire ennemi de la communauté, c'est le communautarisme qui force les communautés à se concurrencer. Le métier de supporter de foot devrait intégrer cette maxime: la vie de mon équipe passe par la vie de l'équipe adverse. Si mon équipe joue contre un adversaire nullissime, mon équipe en ressort-elle grandie ? Non. Si mon équipe joue contre un rival à sa mesure, n'y a-t-il pas un double respect qui naît, pour l'adversaire ET pour sa propre équipe, capable de tenir tête à un tel adversaire ?

De quoi souffre Lyon cette année le plus : de n'avoir pas d'adversaire à sa mesure en championnat depuis trop d'années, les lyonnais se reposent donc sur leurs lauriers, et par exemple la défaite face à Marseille était sans doute bienvenue. Le niveau de jeu des deux équipes était très très agréable, et on peut penser que les supporters marseillais ont retrouvé de la fierté sans en vouloir aux lyonnais, tandis que les lyonnais ne pouvaient que reconnaître la qualité de la prestation marseillaise, donc les éléments positifs, aussi, dans une équipe de Lyon jeune, inexpérimentée, recomposée mais vive, créative, courageuse.
Publié le 16/11/2007
Par fxboffy
Humeur : En colère

Les mots sont forts, mais je n'apprécie pas vraiment la façon dont le match de ce soir entre la France et le Maroc est traité, en particulier par l'encadrement de l'équipe tricolore. C'est presque explicitement dit, comme le relaie le site en ligne du quotidien L'Equipe :


"C'est un match qui doit préparer l'équipe de France au duel potentiellement décisif qu'elle aura à disputer mercredi à Kiev, en Ukraine, pour sécuriser son avenir dans l'Euro 2008. La France étant exempte de tout match de compétition ce week-end, l'idée de Raymond Domenech se conçoit : chauffer les muscles et l'obsession de la gagne chez ses hommes [...]"


L'idée d'atteindre un optimum de forme par le biais d'un match amical, c'est en soi compréhensible. Mais quel mépris pour le geste symbolique d'une rencontre entre deux pays si proches par leur histoire et aux dialogues si féconds et nécessaires pour l'avenir ! Les Marocains sont dans la bouche de certains français des sparring partners de seconde zone, on aurait tout aussi bien pu jouer contre la réserve du PSG, en plus il n'y aurait pas eu besoin des hymnes, des drapeaux, des invitations officielles, des messages d'amité entre les nations du bassin méditerranéen.


Le football marocain mérite plus de respect que cela, la rareté des occasions de rencontres fraternelles et "désintéressées" (rêvons un peu) entre les pays mérite autant d'enthousiasme que les matchs dits "compétitifs". D'habitude j'ai tendance à marmonner contre les critiques à l'encontre de Raymond Domenech, là je marmonne contre sa posture...

Publié le 09/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
C'est une longue histoire d'amour. Alors quand une Belge peut offrir deux roues de vélo à une française, elle ne se prive pas (pour les non-initiés au tennis, une roue de vélo correspond au 0 dans le score infamant 6-0).

Marion Bartoli pourra monter en danseuse à Notre-Dame du Puy en Velay pour brûler 4 cierges:
- 1 pour la chance qu'elle a eu de pouvoir participer au Masters, elle qui était tout juste dans les 50 premières du classement WTA quand Mauresmo l'avait remporté.
- 1 pour remercier Justin Hénin de lui avoir offert ces deux roues de vélo, qui sont peut-être sans précédent dans l'histoire du Masters.
- 1 pour se convaincre que cela ne peut pas être pire au prochain match, c'est pas possible.
- 1 pour prier que son nom ne soit pas éternellement lié à cette amicale raclée, tout comme Paul-Henri Mathieu traînant sa défaite contre Michaël Youzhny en finale de coupe Davis, ou Ginola répondant encore, plus de 14 ans après, aux questions sur ce centre fuyant au second poteau qui allait amener, à l'autre bout du terrain, la frappe sous la barre de Kostadinov...

L'expression rage de vaincre n'est vraiment pas usurpée concernant la reinette Justine.
Publié le 03/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Au XVIII° siècle, il était une fois un jeune homme, un adolescent, presque un enfant, qui épata la galerie. Pour devenir un homme, de Prague à Salzbourg en passant par Vienne, c'était une autre paire de manche. Mais finalement, on peut penser que vers 25 - 30 ans il était devenu mûr pour son âge. C'était le Gasquet des symphonies, le Ben Arfa des opéras, le Hamilton des concertos. C'était Mozart.

C'est dur de grandir, surtout lorsqu'on vous tanne la peau avec des surnoms de "prodige". Heureusement pour nous, spectateurs de musique ou de sport, cela arrive, et alors, quelle joie !
Publié le 26/10/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie

 

Roger Federer archidomine le tennis mondial depuis plusieurs années. Les All Blacks (malgré leur échec régulier en coupe du monde) resteront à jamais l’équipe référence en rugby. Lyon va briguer un septième titre de champion de France de football en 2007/2008. Arsenal, Manchester United et Chelsea règnent sans partage depuis plus de 10 ans sur la Premiere League. Miguel Indurain a remporté 5 fois le Tour de France au début des années 90. Tony Estanguet a ajouté un championnat du monde à ses deux titres olympiques. Michaël Chang, un inconnu de 17 ans, paralysé par les crampes, a battu en 5 sets Ivan Lendl sur la terre battue de Roland Garros.


Cherchez l’intrus… Lorsqu’une domination est éclatante en sport, et qu’il n’est pas directement et viscéralement concerné par le sort d’un des adversaires, le spectateur peut adopter deux postures radicalement opposées : soit il aimerait que la domination dure encore, histoire d’étoffer encore le mythe de l’équipe ou du sportif légendaire. Soit il rêve que cette domination soit brisée, autant que possible par un « petit poucet », un « David » face au « Goliath » invincible.


Demandez-vous de quel côté vous vous placez le plus souvent, et vous serez peut-être surpris. Moi par exemple, qui suis très attentif à un partage équitable des richesses, des bonheurs et des réussites, je suis presque toujours pour que le dominant reste dominant, ne laissant que des miettes à ses rivaux. J’ai été déçu de voir que Schumacher avait échoué dans sa tentative de conquête d’un huitième titre mondial. Chaque année, j’espère toujours plus de suprématie de Lyon en Ligue 1. J’ai hâte que Tiger Woods enfile comme des perles les tournois du Grand Chelem pour dépasser Jack Nicklaus au plus tôt. Si Nadal reste invincible sur terre battue jusqu’à la fin de sa carrière, ça me va ; pourvu qu’il laisse à Federer l’occasion de gagner une fois Roland Garros, et si possible de faire un grand chelem !


Je donne un dernier exemple, qui illustre aussi la position inverse. En 1993, j’étais évidemment derrière l’OM de Tapie, pour que les championnats et les C1 s’accumulent dans leur vitrine. Un ami me disait qu’au contraire, la chute de la maison phocéenne (affaire OM-VA) lui plaisait beaucoup, parce qu’ils « avaient trop gagné ». Peut-être êtes-vous comme lui, à aimer Calais, Nîmes et Gueugnon en coupe, à soutenir Mark Pernfors ou Thierry Champion à Roland Garros, à encourager L’Italie dans le tournoi des VI nations, à vous enflammer pour le Steua de Bucarest en C1, à vibrer aux exploits de la Corée du Sud lors de la Coupe du Monde 2002, à évoquer avec émotion le maillot jaune porté par Luc Leblanc ou Thomas Voeckler.


Bien sûr ces deux positions extrêmes sont toujours modulées par la sympathie qu’on peut avoir pour l’un ou l’autre des adversaires : je n’aimais pas vraiment Lendl, alors j’étais pour Chang. A cause de Wenger, Henry, Diaby, Clichy, j’aurais préféré que ce soit Arsenal et non MU qui fasse la course en tête de la Premiere League en 2006-2007. Entre Ole Gunnar Bjoerndalen, le maître du biathlon, et Vincent Defrasne au palmarès assez maigre, j’optais clairement pour ce dernier lors de la dernière ligne droite du sprint à Turin. Tout récemment Dallas, archidominateur de la conférence Ouest en NBA, m’a fait bien plaisir en tombant contre les Golden State Warriors de Mike Piétrus.


J’aurai peut-être un jour l’occasion d’en reparler, mais je crois que cet attachement aux légendes, aux entités éternelles, aux monstres sacrés, aux ogres du souvenir, aux puissances indiscutables et indiscutées, se retrouve chez moi dans d’autres domaines : histoire, économie, politique peut-être, arts…


Bon je vais siroter un Coca-Cola en regardant Titanic, puis je couperai avec mon Opinel une rose rouge que j’offrirai à ma femme, et enfin on prendra la F40 d’un passant pour visiter les forteresses de Vauban. Sur un air des Beattles, on pourra pousser jusqu’à la place du Capitole de Toulouse, la place de la Comédie à Montpellier, la Canebière à Marseille, les Champs à Paris, Bellecour à Lyon et la porte de Brandebourg à Berlin. Et si Mozart joue encore la Symphonie Concertante, il sera temps, en pleine canicule historique, de rendre visite au Père Lachaise et à la mère Joconde.
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