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Tribune libre
Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 22/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie

Toujours attentif aux vieux matchs diffusés par ESPN Classic, j’ai revu avec un plaisir énorme la demi-finale de la coupe du monde de rugby 1995. Très grand plaisir grâce aux joueurs monumentaux qui y prenaient part : au-delà du fade Will Carling, l’Angleterre pouvait jouer les premiers rôles à l’avant avec Justin Leonard, Rodber, Brian Moore ou le grand Martin « Jono » Johnson, et se défendait au mieux à l’arrière avec les deux Underwood, Guscot, et le très classe Rob Andrew à l’ouverture.


En face, c’était du très haut niveau, la meilleure équipe du tournoi sans doute : le roc Sean Fitzpatrick, Robin Brooke excellent capteur de ballons, Zinzan Brooke le stupéfiant flanker (quel drop de 35 mètres !), Kronfeld et son casque et ses percussions, Andrew Mertens le métronome (ici plutôt déréglé), Jeff Wilson le feu follet, Little, et un monstrueux, surhumain Jonah Lomu. 4 essais dans ce match, rien de moins, avec en particulier dès la 5ème minute le célèbre renversement de Mike Catt.


C’est l’une des scènes qui a fait sa légende, comme le tampon de Chabal sur le n°8 néo-zélandais fait actuellement la sienne. On repasse en boucle et on reste bouche bée devant tant de puissance. A l’époque, quand il atteint sa vitesse de croisière, rien ne peut l’arrêter, pas même un plaquage haut, une petite cuillère ou un corps « normal » en opposition. Vitesse, puissance mais aussi intelligence des trajectoires, l’homme montagne, comme on l’appelait, était au sommet de sa forme.



La fin était débridée et prévisible, une Angleterre courageuse et une Nouvelle-Zélande dominatrice se disputant la domination du terrain à coups de grandes courses slalomées en direction de l’en-but. Et après la fin du match, la suite de la compétition allait montrer au monde entier que la décennie du rugby ne serait pas celle de l’essai mais du jeu au pied (de Stransky à Wilkinson en passant par Larkham).
Publié le 20/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Maussade
Les équipes de France de basket, de volley et de rugby ont connu d'énormes difficultés ces dernières semaines (je laisse de côté l'équipe de France de foot, qui rencontra des difficultés diamétralement opposées face à l'Ecosse). Pas de J.O. pour Tony Parker et Boris Diaw, pas de médaille pour Stéphane Antigua, une entrée en matière déplorable pour Damien Traille, Serge Betsen et Imanol Harinordoquy.

Justement, du point de vue historique, là où les sélections françaises pêchaient particulièrement dans les années 80 - 90, c'était sur le plan des individualités fortes à tous les postes (et non pas sur la cohésion collective : par exemple, les Bleus d'Aimé Jacquet avec leur attaque assez insipide jouait en équipe; ou encore, Forget-Leconte en coupe Davis en 1991 battaient ensemble le duo étincelant Agassi - Sampras). Puis l'accent a été mis sur des individualités plus talentueuses, pour soutenir l'opposition des talentueux étrangers, c'est ainsi que la concurrence à chaque poste a fait apparaître Abidal, Boumsong, les Diarra (L. et A.), Malouda, Ribéry, Benzema; Michalak, Chabal, Marconnet et Harinordoquy; Diaw, Turiaf, Pietrus et Parker.

Mais le problème vient alors de la nécessité de faire jouer ensemble des joueurs forts individuellement mais peu habitués à compenser des faiblesses par le jeu collectif. C'est la différence entre l'équipe de France de l' Euro 2000 et de la coupe du Monde 2006 et celle de la coupe du Monde 2002 et de l'Euro 2004. Et il me semble que c'est là le défaut principal de ces équipes de France, qui ne savent plus se reposer que sur leurs fortes individualités. Et la force du groupe, bon sang ! Le soutien dans une percée, les démarquages lors d'une pénétration dans la raquette, la présence derrière un contre à deux, même si c'est Rougerie, Parker ou Granvorka !

C'est pourquoi, pour l'avenir de l'équipe de France, je suis très heureux que Benzema et Ben Arfa s'entendent si bien à la pointe de l'attaque lyonnaise, ça laisse de bons espoirs de retrouver une paire digne de Henry-Trezeguet (ce serait toutefois mieux de les utiliser en Champion's League, histoire de passer en revue les Zambrotta, Marquez et Milito du club Blaugrana !).
Publié le 13/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Maussade
Trop forte, cette Tartan Army, trop grands ces défenseurs centraux écossais, trop tonique sur ses appuis ce gardien transféré en Premiere League pour 13 millions d'€, trop déterminés ces milieux athlétiques, trop inattendue cette frappe soudaine de McFadden...

J'ai rappelé il y a quelques jours que la titularisation de Trezeguet me remettait en mémoire la stérilité offensive de la coupe du monde 2002. Le goût était bien là hier soir pour ce match à 6 points en vue des qualifications pour l'Euro 2008 de football. Beaucoup de jolis mouvements, dont certains conclus par Trezeguet, mais aucun but pour l'équipe de France. Ce n'est pas faute d'avoir aligné des joueurs offensifs, capables de faire des vraies différences individuelles (Makélélé, Ribéry, Anelka, Malouda, avec en plus Nasri et Benzema vers la fin du match) !

Mais le mur écossais n'a pas flanché, et a renvoyé l'animation offensive française à ses chères études.

Pendant ce temps, Michael Owen perçait la Russie avec 2 buts splendides et menait l'Angleterre à la renaissance. Le contraste était terrible avec les espaces minuscules dont disposaient les français; le scotch était plus fort que la vodka en cette soirée, mais il y avait la possibilité de faire plus, avec peut-être un peu plus d'audace dans la conduite de balle. Ah, les dribbles de Zidane... Le dispositif en 4-2-3-1 aurait pu être utilisé pour jouer plus "naturellement" en vitesse sur les côtés et en finesse dans l'axe.

Quelle composition alors ? Trop tard pour souhaiter une défense Malouda - Abidal - Thuram - L. Diarra, un milieu défensif avec Viera et Makélélé, un trident offensif Anelka - Nasri - Ribéry et une pointe en la personne de Trézéguet. Mais le premier but aurait sans doute été français, avec au final un match nul (l'Ecosse marquant sur coup de pied arrêté par exemple) plus intéressant du point de vue comptable.

Bref, sur le plan du football ce fut une soirée à ne pas plus oublier que le 5-0 du Stade de France en mars 2002, pour des raisons diamétralement opposées.

PS : Sans vouloir me comparer à lui, je remarque à l'instant qu'Angel Marcos formule le même souhait rétrospectif, concernant la présence d'un milieu axial derrière un attaquant unique en pointe... Je ne suis pas toujours d'accord avec lui, mais force est de constater que là, il est d'accord avec moi
Cool !
Publié le 06/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Les Australiens étaient sur les genoux, dès le début de ce Australie France mémorable de 1987. On perçoit après coup la valeur de cette aurore du rugby moderne, le courage de ces Rodriguez, Lorieux (quel match splendide !), Herbani, Hondarts, Camberabero, Garuet, Dubroca, Charvet, Mesnel, Berbizier, sans oublier le génie de Sella et Blanco (quel porté de balle aérien sur l'essai de Lagisquet !). La détermination, les bourre-pifs et le french flair étaient des facteurs essentiels, et le fait de lever de la fonte n'aurait rien donné de plus à Campese, Far-Jones ou Lynnagh. Evidemment tout n'était pas rose, mais la dimension humaine du rugby alors était semblable au football de Saint-Etienne en 1976, ou de Nantes au milieu des années 80.

Ce n'était alors qu'un territoire, c'est maintenant une planète à part entière, l'ovalie. Les exploits y sont encore possible, comme cette demi-finale de Twickenham où Dominici et Bernat-Salles avaient assommé les monstrueux All Blacks. Mais ils s'y font de plus en plus rares, presque plus rares proportionellement que dans le football (que la Grêce ait gagné le championnat d'Europe, c'est comme si l'Italie gagnait le tournoi des 6 nations avant 2010 !!!).

On dit souvent que le rugby sera le sport du XXI° siècle comme le football aura été celui du XX° siècle. 2 remarques s'imposent : le football n'est vraiment devenu sport dominant que dans la seconde moitié du XX° siècle, c'est donc exagéré de lui donner tout le siècle. D'autre part, la place prise par le football n'a pas empêché une vraie passion populaire émerger pour la NBA par exemple. Enfin la domination du rugby, si domination il y a, n'ira sans doute pas au-delà de 2050, si les e-sports ou le poker n'ont pas pris le dessus d'ici là...

Ca n'empêche pas d'apprécier à leur juste saveur les chaleureux moments d'engouement partagé que ce sport apporte régulièrement.
Publié le 30/08/2007
Par fxboffy
Humeur : Maussade
Il est sans doute l'un des plus grands attaquants que la France ait connu, et pourtant le seul moment où il fut titulaire indiscutable fut une catastrophe nationale pour cause de silence offensif (Coupe du Monde 2002, 0 buts marqués, et deux frappes sur les montants pour David Trezeguet). Avec seulement 69 sélections, il compte déjà 34 buts, soit près d'un but tous les deux matches. Plus encore, en nombre de minutes passées sur le terrain, il a été très peu présent même dans les grands rendez-vous (remplaçant lors de la finale de l'Euro 2000 où il marque le but en or, remplaçant, remplaçant, remplaçant presque à chaque fois qu'il a été efficace, comme lors que ce France-Îles Feroë où, entré à la 61° minute, il marque 2 buts, ou comme dans cet étonnant France-Slovénie où il marque le but victorieux en fin de match alors que la France était menée 2-0 au bout de 10 minutes).

Avec donc une efficacité hors normes, David Trezeguet reste impossible à titulariser sérieusement. Quel paradoxe ! C'est sans doute dû à la qualité de son comparse Thierry Henry, équivalente mais reposant sur un physique plus consistant. Ce qui joue également, c'est le manque de bons passeurs longs dans les récentes équipes de France (ce n'était pas vraiment le cas de Zidane, et l'excellent Willy Sagnol n'a pas eu la possibilité de disputer beaucoup de matches avec Trezguet en pointe). Il y a aussi chez ce renard des surfaces une lacune dans le domaine de la percussion, très sensible en comparaison d'Henry, Anelka, Cissé et même Govou ou Saha, pourtant moins talentueux dans les 20 derniers mètres. Enfin les systèmes de jeux s'accommodent mal d'un duo d'attaquant globalement si peu mobiles (l'activité d'Henry, compensatrice de la posture statique de Trezeguet, a pu faire illusion contre la Suède, contre l'Ecosse lors du splendide 5-0 au SdF ou contre l'Allemagne à Gelsenkirchen).

Tout ceci fait qu'El Flaco (le maigre, tel qu'on l'appelait à Platense lors de ses premiers éclats) est aussi insatisfaisant au coup d'envoi d'un match de l'Equipe de France que nécessaire sur son banc. Et combien d'histoires pourra-t-on raconter sur la différence entre Henry et Trezeguet, comme entre Pelé et Garrincha en 1958, comme entre Papin et Cantona en 92, comme entre Viera et Makelele en 2006, comme entre Blanc et Desailly en 98... c'est cela qui me semble important et heureux de dire : Trezeguet fait partie du panthéon sportif français, et personne ne regrette qu'il ait choisi de défendre les couleurs de la France vers l'âge de 18 ans. Pas comme Gonzalo Higuain...
Publié le 24/08/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie

L’anaconda a encore frappé… L’anaconda, c’est Thierry Henry, le renard des moitiés de terrain (la surface n’est pas vraiment son jardin, il part de plus loin). Alors qu’en 2002 c’est Trezeguet qui semblait en mesure de battre le record de buts en sélection de Michel Platini, l’anaconda revient en 2007 sur les talons du furet nancéien avec 40 buts (contre 41).

Méditant la frappante similitude entre la puissance sinueuse et implacable des percées d’Henry et les ondoiements de l’anaconda amazonien, je me suis pris à imaginer le bestiaire aligné par Raymond Domenech, pas si mauvais sélectionneur qu’on a voulu le dire, face aux Bratisla Boys de la Slovaquie.

En second 9 (puisque, je suis d’accord avec Angel Marcos, il n’y a pas de 9 et demi, il y a des pointes et des milieux offensifs, qui bougent sans cesse sur le terrain), le petit Nicolas, plus jeune que moi depuis toujours, me fait penser au chamois de Trappes, connu pour ses fortes accélérations et ses coups de têtes intempestifs. Aucun problème pour monter, un déplacement naturellement performant, et avec de l’expérience beaucoup d’habileté pour temporiser, et repartir à l’attaque quand il le faut.

Pour moi, Florent Malouda est un crabe violoniste, avec sa patte gauche surpuissante et l’impression qu’il galope tout le match durant, toutes jambes dehors pendues à son cou. De l’autre côté, Franck Ribéry est un peu comme la roussette du bassin méditerranéen ou les plus petits requins qui viennent s’échouer sur les côtes de Boulogne-Sur-Mer : un profil taillé à la serpe, des dents de carnassier, un petit gabarit mais un énorme appétit, avec en prime la vivacité que les grands blancs leur envient.

Vieira, en forme, c’est le faucheux, qui vole deci - delà et ratisse tous les ballons avec ses grandes jambes ; en méforme, c’est un peu la faucheuse, qui découpe les jambes adverses, emportée par son élan. Claude Makélélé a la malice du vieux singe, mais la comparaison avec les primates a trop été employée par les racistes pour ne pas déranger les consciences. Il me semble que l’image de la fourmi solitaire lui va comme un gant : travailleur infatigable, il ne semble pourtant plus œuvrer pour le collectif mais pour la collectivité. Un ballon à remonter, il le fait remonter sans trop s’occuper des risques qu’il prend ; il assume seul ses responsabilités.

La défense inédite de ce Slovaquie – France de la rentrée 2007, c’était Patrice Evra le crapaud (son surnom monégasque vient de ses yeux écarquillés et de son ancienne posture d’attente, jambes ramassées), Eric Abidal le poisson-chat (toujours calme, aux petites moustaches esquissées, physiquement très fort, rapide et très très accrocheur), Philippe Mexès le loup (membre de l’équipe de la louve, il n’est pas un monstre physique mais tient bien sa place dans la troupe, donnant les coups de griffe qu’il faut pour contenir et contre-attaquer) et Socoroco le moineau (il volette sur tout le flanc droit, mais il m’est apparu bien léger, sans gros argument offensif, à la différence du grizzli Sagnol).

Enfin, qui de mieux pour garder les cages de l’équipe de France (en l’absence de Coupet) que Landreau le Panda ?

Braves bêtes !
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