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Tribune libre
Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 03/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Au XVIII° siècle, il était une fois un jeune homme, un adolescent, presque un enfant, qui épata la galerie. Pour devenir un homme, de Prague à Salzbourg en passant par Vienne, c'était une autre paire de manche. Mais finalement, on peut penser que vers 25 - 30 ans il était devenu mûr pour son âge. C'était le Gasquet des symphonies, le Ben Arfa des opéras, le Hamilton des concertos. C'était Mozart.

C'est dur de grandir, surtout lorsqu'on vous tanne la peau avec des surnoms de "prodige". Heureusement pour nous, spectateurs de musique ou de sport, cela arrive, et alors, quelle joie !
Publié le 26/10/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie

 

Roger Federer archidomine le tennis mondial depuis plusieurs années. Les All Blacks (malgré leur échec régulier en coupe du monde) resteront à jamais l’équipe référence en rugby. Lyon va briguer un septième titre de champion de France de football en 2007/2008. Arsenal, Manchester United et Chelsea règnent sans partage depuis plus de 10 ans sur la Premiere League. Miguel Indurain a remporté 5 fois le Tour de France au début des années 90. Tony Estanguet a ajouté un championnat du monde à ses deux titres olympiques. Michaël Chang, un inconnu de 17 ans, paralysé par les crampes, a battu en 5 sets Ivan Lendl sur la terre battue de Roland Garros.


Cherchez l’intrus… Lorsqu’une domination est éclatante en sport, et qu’il n’est pas directement et viscéralement concerné par le sort d’un des adversaires, le spectateur peut adopter deux postures radicalement opposées : soit il aimerait que la domination dure encore, histoire d’étoffer encore le mythe de l’équipe ou du sportif légendaire. Soit il rêve que cette domination soit brisée, autant que possible par un « petit poucet », un « David » face au « Goliath » invincible.


Demandez-vous de quel côté vous vous placez le plus souvent, et vous serez peut-être surpris. Moi par exemple, qui suis très attentif à un partage équitable des richesses, des bonheurs et des réussites, je suis presque toujours pour que le dominant reste dominant, ne laissant que des miettes à ses rivaux. J’ai été déçu de voir que Schumacher avait échoué dans sa tentative de conquête d’un huitième titre mondial. Chaque année, j’espère toujours plus de suprématie de Lyon en Ligue 1. J’ai hâte que Tiger Woods enfile comme des perles les tournois du Grand Chelem pour dépasser Jack Nicklaus au plus tôt. Si Nadal reste invincible sur terre battue jusqu’à la fin de sa carrière, ça me va ; pourvu qu’il laisse à Federer l’occasion de gagner une fois Roland Garros, et si possible de faire un grand chelem !


Je donne un dernier exemple, qui illustre aussi la position inverse. En 1993, j’étais évidemment derrière l’OM de Tapie, pour que les championnats et les C1 s’accumulent dans leur vitrine. Un ami me disait qu’au contraire, la chute de la maison phocéenne (affaire OM-VA) lui plaisait beaucoup, parce qu’ils « avaient trop gagné ». Peut-être êtes-vous comme lui, à aimer Calais, Nîmes et Gueugnon en coupe, à soutenir Mark Pernfors ou Thierry Champion à Roland Garros, à encourager L’Italie dans le tournoi des VI nations, à vous enflammer pour le Steua de Bucarest en C1, à vibrer aux exploits de la Corée du Sud lors de la Coupe du Monde 2002, à évoquer avec émotion le maillot jaune porté par Luc Leblanc ou Thomas Voeckler.


Bien sûr ces deux positions extrêmes sont toujours modulées par la sympathie qu’on peut avoir pour l’un ou l’autre des adversaires : je n’aimais pas vraiment Lendl, alors j’étais pour Chang. A cause de Wenger, Henry, Diaby, Clichy, j’aurais préféré que ce soit Arsenal et non MU qui fasse la course en tête de la Premiere League en 2006-2007. Entre Ole Gunnar Bjoerndalen, le maître du biathlon, et Vincent Defrasne au palmarès assez maigre, j’optais clairement pour ce dernier lors de la dernière ligne droite du sprint à Turin. Tout récemment Dallas, archidominateur de la conférence Ouest en NBA, m’a fait bien plaisir en tombant contre les Golden State Warriors de Mike Piétrus.


J’aurai peut-être un jour l’occasion d’en reparler, mais je crois que cet attachement aux légendes, aux entités éternelles, aux monstres sacrés, aux ogres du souvenir, aux puissances indiscutables et indiscutées, se retrouve chez moi dans d’autres domaines : histoire, économie, politique peut-être, arts…


Bon je vais siroter un Coca-Cola en regardant Titanic, puis je couperai avec mon Opinel une rose rouge que j’offrirai à ma femme, et enfin on prendra la F40 d’un passant pour visiter les forteresses de Vauban. Sur un air des Beattles, on pourra pousser jusqu’à la place du Capitole de Toulouse, la place de la Comédie à Montpellier, la Canebière à Marseille, les Champs à Paris, Bellecour à Lyon et la porte de Brandebourg à Berlin. Et si Mozart joue encore la Symphonie Concertante, il sera temps, en pleine canicule historique, de rendre visite au Père Lachaise et à la mère Joconde.
Publié le 19/10/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
J'aime beaucoup redorer le blason des disciplines délaissées ou injustement reléguées au rang de sports de seconde zone. Si dans la rue on demande ce qui est le plus sportif entre jouer au football et conduire une voiture, la majorité des gens diront "jouer au football". Simplement il y a jouer et jouer, comme il y a conduire et piloter. Le meilleur des sportifs français en activité, au vu de sa compétitivité, de la reconnaissance de ses talents et de son palmarès, c'est Sébastien Loeb et non Thierry Henry.

Ronaldo Schemidt AFP/Archives.
Le Français Sébastien Loeb après sa victoire lors du rallye du Mexique, le 11 mars 2007 à Leon.

Les amateurs de sport sont souvent ingrats au point d'oublier combien Loeb marque de son empreinte l'histoire mondiale du rallye : il porte à chaque course le record du nombre de victoires plus loin de son prédécesseur Carlos Sainz; au terme d'un duel sportif titanesque avec Markus Grönholm, à la fin de la saison, il égalera le record de victoires en championnat du monde moderne (4) ou à défaut il aura la meilleure seconde place de l'histoire du WRC.

Certes le record de Thierry Henry (43 buts en équipe de France) m'a enchanté, certes l'équipe de France de football a réalisé face à la Lituanie de très beaux mouvements (je pense à la déviation de Ribéry, aux triangles de passes dessinés à l'orée de la surface de réparation lituanienne), certes les remarquables novices Benzema et Ben Arfa tout comme les vénérables anciens sont des sportifs très affûtés. Mais la réussite de cette équipe n'a rien de comparable avec la performance millimétrique de Sébastien Loeb : un rallye sur asphalte, une victoire. Un rallye sur terre, la bagarre. Et si le physique chez les footballeurs est sans doute moins important que chez les rugbymen, la concurrence entre pilotes et footballeurs sur ce plan est très serrée. Combien de litres d'eau perdus à chaque épreuve? quelle différence temporelle entre la victoire et la défaite (cf. les quelques dixièmes de seconde entre Grönholm et Loeb au rallye de Nouvelle-Zélande) ?

Conclusion : aux trophées des Etoiles du sport, si la désignation est réaliste, Sébastien Loeb devrait raffler la mise..
Publié le 12/10/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Les derniers quarts de finale de la coupe du monde de rugby ont replacé les rugbymen français bien haut dans l'estime de la population, avec il est vrai une performance de premier plan face à la bête noire de la planète ovale. Cet enthousiasme légitime fait bien penser à la demi-finale époustouflante de Twichenham, en 1999, dont j'ai parlé sur ce blog il y a quelques semaines me semble-t-il. Mais deux différences s'imposent : d'une part il ne s'agit "que" d'un quart de finale, et d'autre part la victoire française n'est pas aussi éclatante que lors de ce triomphe mémorable sur les Blacks de Tana Umaga et Jonah Lomu.

La défense française a été au-delà de ce qu'elle a pu être durant les décennies qui ont précédé, étant donné le haut degré de technicité où les plaquages, regroupements et autres replacements sont parvenu actuellement. Mais l'attaque a du tirer parti d'un petit fait de jeu, l'oubli d'un en-avant de passe, pour permettre au french flair de Michalak, Traille et Jauzion de montrer le bout de son nez. Je me permets de saluer le fair-play des Néo-Zélandais, qui l'ont occasionnellement mentionné mais n'en on certainement pas fait LA raison de leur défaite. Ils ont été plus gentlemen que le plus sportif des sportifs français (qui n'est pas très sportif, il faut l'avouer, contrairement au célèbre oxymore qui vante "Le Coq Sportif" - marque déposée -).

Malgré tout, cet exploit aura, comme en 1999 (Nouvelle Zélande), comme en 1987 (Australie), des lendemains. Car si la France bat l'Angleterre samedi prochain à 21 h, ce sera une double victoire : l'arrivée en finale du tournoi pour la 3ème fois en 6 coupes, à l'égal de l'Australie (celle-ci comptant toutefois 2 victoires...); et la suprématie européenne pour les 4 ans à venir, dans les têtes du moins. Et si la France doit jouer la petite finale, ce match contre les blacks servira de référence, comme certains France-Galles (grand chelem dans les années 70), France-Australie (toujours 87), France-Nouvelle-Zélance (94, 99), France-Irlande (grand chelem dans les années 90), France-Ecosse (grand chelem dans les années 80, avec un essai aux multiples temps de jeu), France-Angleterre (tous), etc.

Pendant ce temps, à Torshvnodvtshnod... sur les Îles Feroë, quelques moutons admirent l'avenir radieux d'Hatem Ben Arfa et de son compère Benzema en équipe de France de rugby-avec-un-ballon-rond-et-sans-les-mains.
Publié le 05/10/2007
Par fxboffy
Humeur : Au secours !
Je souscris entièrement à un ancien article du très bon site Les Cahiers du football, qui décortique la mort clinique de Jour de foot. Pour les non-initiés, cette émission hebdomadaire est un peu la grand-messe du football hexagonal (non, le ballon n'est pas hexagonal, c'est le pays qui l'est). On y voit les buts, les actions marquantes, et on y entend les principaux acteurs des rencontres de la semaine.

Le fossoyeur visible de cette émission est le flamboyant Alexandre Ruiz, parce que justement il n'y a pas lieu d'être flamboyant. Le procès qui est fait à cette émission, c'est celui d'une vente forcée à grands coups d'effets de manche. 53 % de football sur 1 heure d'émission, cela tient plus du talk show voire du stand up à la québecoise que d'une rétrospective des meilleurs moment de football en France.

D'autant plus idiot que parallèlement à cette merchandisation du produit - Ligue 1, on a assisté à une lente diminution de l'intérêt réel de la compétition (à cause des départs réguliers des meilleurs joueurs vers d'autres championnats, et à cause du sentiment -trompeur- que le championnat se joue à 20, et c'est toujours l'OL qui gagne à la fin). C'est comme ces titres énormes de L'Equipe, autre pierre angulaire du football français, pour tout et n'importe quoi :

Exceptionnel
Historique
Pour l'Histoire
Il l'a fait
Il revient
Il va aux toilettes (ah non, ça n'est jamais paru)
Domenech parle (quelle surprise !)
C'est fini
Il y en a encore...

Celui qui rédige ces titres doit hurler en famille, pendant les repas "PASSE MOI LE SEL !", dans son jardin "UNE FLEUR !", etc. ses proches doivent vivre un calvaire. Bref.

Revenons à Jour de Foot, qui plonge dans la nuit sous les doigts de prestidigitateur du sieur Ruiz, qui aurait été plus à sa place comme chroniqueur au grand journal ou commentateur dithyrambique des compétitions de pétanque ou des courses hippiques, également diffusées sur Canal +.

PS : Les rédacteurs des Cahiers du football ont la dent très dure avec la capacité d'analyse footballistique de L'Equipe, citée plus haut. Je vous conseille également la lecture de l'article qui concerne ce quotidien, il est très fin et souvent juste même si la compétence des journalistes n'est pas tant que cela à remettre en question.
Publié le 28/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Ironique
Les Français sont parmi les 5 premiers mondiaux, et ils viennent d'écraser de leur classe la dernière compétition. Le British Open, ce n'est pas rien ! Serait-ce une forme de revanche pour Jean Van de Velde et le dernier trou dramatique de son British Open ? Non, il ne s'agit pas de golf. Cela fait deux éternités que les garçons français n'ont pas été aussi à la fête en golf, en tennis ou en cyclisme. Un petit indice visuel pour commencer:

Ancien numéro 1 mondial, le trentenaire a de beaux restes comme en atteste sa dernière finale.

Bon, ce n'est pas sûr que cela vous aide vraiment... Tout le monde ne connait pas Thierry Lincou, malgré son palmarès splendide. Si ce nom, Thierry Lincou, ne vous dit rien, peut-être reconnaitrez-vous le sport qu'il pratique grâce à la photo en pleine action de l'autre Français finaliste du British Open :

Grégory Gaultier, l'un des meilleurs joueurs de squash au monde.

Je ne fais pas une recherche désespérée de la France sportive qui gagne, du genre après le foot, le basket, le rugby, le volley, le judo ouf !, Je souligne juste que d'autres sports existent, et que les champions du monde ou vainqueurs de trophée ne sont pas moins méritants que ceux des sports majeurs à partir du moment où la compétition regroupe des professionnels du monde entier.



Vive la France qui squashe, elle a le double mérite de gagner et de ne pas être rétribuée au mérite...
Publié le 28/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Une notulette pour dire (écrire plutôt) mon admiration du superbe spectacle donné par les équipes de Monaco (L1) et Nantes (L2, bientôt de retour en L1) lors du 16ème de finale de la coupe de la Ligue... autant dire un match sans intérêt théorique.

Mais dans les faits, quelles belles actions, des frappes soudaines cadrées, des arrêts solides, des beaux mouvements collectifs (surtout côté nantais), des beaux gestes (surtout côté monégasque, avec un Meriem étincelant et un Nenê des grands jours). Peut-être même en garderais-je des souvenirs, pourtant mon tiroir "mémoire de matches" est bien chargé.

Comme le grand Nantes de 95 contre le grand Monaco de 99
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