Précédent Créer son blog Suivant Signaler un abus Noter :  
Ma photo
Badauderies
Contactez-moi
Mail :
Tribune libre
Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 18/04/2008
Par fxboffy
Humeur : Maussade
A l'annonce de la mort d'Aimé Césaire, des sentiments différents se sont croisés lorsqu j'ai pensé rendre hommage à l'homme et à l'artiste.

Tout d'abord une impression de rendez-vous manqué, car après tout je n'ai pas eu l'occasion de lire en entier un de ses ouvrages et pourtant depuis les multiples affaires Dieudonné, depuis les débats autour du discours de Nicolas Sarkozy à Dakar, depuis les questions sur le vote ethnique pour Barak Obama, depuis mon étiquetage louche de l'art haïtien, la problématique sur l'identité de l'hypothétique communauté noire est très présente à mon esprit.

Le sentiment suivant, c'est la tristesse de voir un artiste important cesser son oeuvre, une source d'inspiration d'ampleur mondiale se tarir. En même temps, le caractère posthume rend le symbole Aimé Césaire plus fort, il entre dans le panthéon, si ce n'est pas concrètement c'est dans l'esprit des foules.

Ce fut enfin la joie de voir le compte tenu de ses mots et de ses idées, qui constituèrent de vrais progrès humains. A l'histoire de continuer à lui rendre justice, ainsi qu'à tous ses frères humains...
Publié le 11/04/2008
Par fxboffy
Humeur : Tendre
J'emploie ce titre chargé d'histoire et d'émotion parce qu'Aimé Césaire semble sur la fin de sa vie, et je souhaitais évoquer sa figure en guise d'ouverture aux douleurs et splendeurs d'Haïti.

Car c'est bien d'Haïti qu'il sera question ici, et plus précisément de l'art haïtien. Pays des symboles forts et dramatiques, Haïti-la-pauvre ou Haïti-le-lessivé est encore capable, toujours, de sourire, peindre, chanter.

Les récentes émeutes de la faim ne sont qu'une péripétie de plus dans le torrent de larmes qui coule depuis la découverte d'Hispaniola par Colomb (Christophe, pas Gérard, qui a deux ailes d'ailleurs) jusqu'à la tutelle nécessaire mais étouffante sur cette partie exténuée de l'île. Mais en guise de mini "journal des bonnes nouvelles", on peut dire que l'art haïtien prend une grande place dans le paysage mondial globalisé. Une place bien supérieure, belle revanche, à la place économique, industrielle, commerciale, politique.

Il n'y a aucun hasard à ce que l'un des plus grands artistes du demi-siècle écoulé, Jean-Michel Basquiat, soit né d'Haïti. Le plus grand conflit qui anime Haïti est en effet un générateur d'art : Eros et Thanatos, la pulsion de vie et la pulsion de mort sont omniprésentes, d'où des oeuvres qui chantent et qui pleurent, des oeuvres qui explorent toutes les extrémités de l'âme humaine, des oeuvres qui montrent les choses telles qu'elles sont mais aussi telles qu'elles pourraient être, ou telles qu'elles ne devraient pas être.

Cette présence forte de l'humanité dans les oeuvres haïtiennes, c'est une âme qui n'est pas prête de s'éteindre parce que tout a déjà essayé de l'éteindre, sans succès. Le simple commentaire d'une
exposition à Montréal peut donner une idée de ces contrastes étonnants et puissants entre reste de force vive et forces de destruction.

Le grand regret que j'ai, c'est de ne pouvoir mettre un nom sur les décos d'un taptap, sur cette plaque martelée et peinte, sur ce marché bondé peint sur un carré d'un mètre de toile... c'est là qu'on se sent inculte (et non pas en ne se souvenant pas du prénom du baron de Charlus), c'est là qu'on se dit qu'il faudrait mieux connaître ce beau pays, et ces gens, des "esclaves au paradis", des "zanmi lotbodlo".
Publié le 04/04/2008
Par fxboffy
Humeur : Gaie
La ficelle est facile à faire jouer !






Les oeuvres picturales qui mettent en scène l'absence ont souvent une force




angoissante et








puissante.






La forme du commentaire ad







hère un peu au propos.







Dans ce dessin de Moebius ou l'un des monochromes de Klein (et même ses anthropométries sont absences)







Dans le noir couloir de Lost Highway







et sur l'horizon gris de la Vie de Jésus










Dans les couches de Rothko et où est la pipe dans Ceci n'est pas une pipe ?













Dans la pause du très pictural Eté de Vivaldi qui précède l'averse de violons Dans




(c'est plus souriant) la chambre de monsieur Van Gogh / l'atelier de Vélasquez peignant Les Ménines / les yeux des amoureux du Baiser de Rodin / la main du majestueux bronze grec (Zeus ou Poséidon ?) ...
Publié le 28/03/2008
Par fxboffy
Humeur : Tendre
Je plagie le titre d'un article sur le film Quand j'étais chanteur, mais il faut dire qu'il est très bien, ce titre. Tout comme est apaisant et époustouflant le regard qu'on peut poser sur la carrière passée de Gérard Depardieu. Le Gérard, comme dirait Delon, dont on n'est pas sûr que tous ses bons moments soient derrière lui. Il y a du bide dans cet homme, certes, mais il y a aussi un pouvoir d'humanisation, par-delà les artifices liés à l'industrie cinématographique, qui surprend régulièrement.

Par essence, dans la durée d'un film ou de sa carrière, Gérard Depardieu est de composition. Le doux et le fort, l'éteint et le vif, le naturel et le sur-naturel se mélangent en lui avec une grande cohérence. C'est peut-être ça, un acteur à la sauce Diderot mâtiné d'Actor's Studio : une incarnation enflammée qui n'empêche pas l'intelligence d'un jeu de masques. Contradictoire? Non, humain, très humain. Comme Depardieu.
Publié le 21/03/2008
Par fxboffy
Humeur : Ironique
C'est vraiment le 1% artistique ! (Au passage, quel quota stupide, qui mécène pour des oeuvres nulles et donne à l'art un tour fonctionnaire qui le sclérose. Ce qui ne rend pas l'artiste plus fort le tue, pourrait-on oser).

A.R.T.

A cheval sur les cabales le régime soubressaute dans les mains des peuples et des shérifs
Retrouvons les prés d'avant, et là près de l'avenir le démon du techno se fera démonstratif
Traduisant au corps - électoral - les nouveaux contrats passés avec de la démocratie les amoureux et les rétifs.

C'est vraiment du 1% artistique, avec ce que cela comporte comme incohérence de promulguer le caractère a priori d'une oeuvre dite "d'art".
Publié le 07/03/2008
Par fxboffy
Humeur : Tendre
Discutant à bâtons rompus avec des collègues nous en sommes venus à déclamer, non des poèmes tout entiers, mais quelques vers nous ayant marqués, ressurgissant parfois quand la situation ne s'y prète pas.

En voici quelques-uns qui me touchent particulièrement, à vous d'en retrouver les auteurs:

La chaire est triste, héals, et j'ai lu tous les livres
Fuir, là-bas, fuir ! J'entends que des oiseaux sont ivres [...]

L'un agace son bec avec un bûle-gueule [...]

La lune était sereine et jouait sur les flots.

Tout conspire et me nuit et conspire à me nuire.

Je demeurai longtemps errant dans Césarée.

Le berger.

La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur [...]

Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie !
N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers
Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ?

Je suis le ténébreux, le veuf, l'inconsolé [...]
Publié le 29/02/2008
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
Ainsi l'homme né en 1922 à Brest, artiste, ingénieur (agronome), dont certains prisent et d'autres méprisent la valeur, s'est éteint comme une image, comme une icône, dans un instantané. Alain Robbe-Grillet, comme tous les grands auteurs, a à la fois (pour reprendre la dichotomie de Proust) toujours fait le même livre ET fait un grand livre qui contient toute son oeuvre. Pauvre Marcel, se retournant dans sa tombe comme s'est peut-être retourné dans sa tombe François-René de Châteaubriand lorsqu'il fut évoqué dans l'autobiographie en 3 tomes de l'érotomane sadique Robbe-Grillet (dans un désordre ordonné, Angélique ou l'enchantement, Les Derniers jours de Corinthe, Le Miroir qui revient). Mais avec Robbe-Grillet, les catégories deviennent fausses, les étiquettes volent et on peut y trouver d'éternelles sources d'étonnement, d'émerveillement, d'énervement, de réflexion.

De toutes les oeuvres magnifiques d'Alain Robbe-Grillet, s'il fallait n'en retenir qu'une ce serait : La Maison de Rendez-Vous et La Jalousie pour les romans et L'Homme qui ment pour les films. Toutes ces oeuvres, toutes ses oeuvres, mettent en scène un vaudeville incroyable, où les rôles de la femme, du mari et de l'amant sont tenus respectivement par l'écriture, le temps et l'image.

Mon premier contact avec son écriture fut la rencontre du décompte des rangs de bananiers dans la Jalousie : si vous passez outre cette expérience avec intérêt et plaisir, il est probable que vous restiez attaché aux écrits du bonhomme. Dans le froid et la sécheresse de Dans le labyrinthe, j'ai continué à participer à la construction de son oeuvre (souvenez-vous, "l'aventure d'une écriture"). Découvrant le "Documentaire sur une statue" de Resnais qu'on appelle affectueusement ADAM (L'Année Dernière A Marienbad) j'ai compris que le dénommé Alain Robbe-Grillet aurait une place dans ma bibliothèque aussi importante que celle de Jean-Marie-Gustave Le Clézio, dans un rayon totalement différent (quoiqu'en cherchant bien... j'en ferai peut-être un commentaire à l'occasion).

Vieux buffonnien, je reste partagé sur la période dite "érotique" de Robbe-Grillet : quand on pense que "le style c'est l'homme", on pense aussi que l'écriture n'est pas le fait de répandre sa nature mais sa culture, non sa passion mais son action, non sa personnalité mais sa personne. On est un peu trop près d'Alain et trop loin de Robbe-Grillet. Pourtant je dois admettre qu'à l'origine de cete période on trouve des pépites, comme le balayeur de La Maison de rendez-vous poussant dans le caniveau le journal illustré d'une photo dans laquelle se déroulaient les scènes précédentes, ou Jean-Louis Trintignant, héros soit mythomane soit créateur de L'Homme qui ment, racontant off une histoire qui ne colle pas avec les images en train de se générer dans nos yeux.

Comme toutes les vieilles Morgan, l'auteur a de très bonnes Reprises et dans un geste très symbolique il a livré l'autobiographie d'un romancier qu'on avait précocement et hâtivement attaché à la théorie structuraliste de la "mort de l'auteur" (Roland Barthes, lui-même moins assassin quand il parla de Sade, Fourier, Loyola). Intitulée par jeu Romanesques, elle dévoile à ceux qui en doutaient encore que son travail romanesque se fondait sur les siècles passés du roman, y compris le plus immatérialiste.

Bref pour faire court, à mes yeux lui ne l'était pas, mais son oeuvre est... Immortelle (titre de son premier film personnel et de son second ciné-roman, forme très intéressante qu'il convient de distinguer du scénario car...).
Pages : 1 2 3 4 5
Agrégateurs RSS
bloglines
google
netvibes
newsburst
newsgator
pluck
yahoo
Mon calendrier
< Mai. 2008  
L M M J V S D
   1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031 
Trafic
1 connecté
14997 visiteurs