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Tribune libre
Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 22/08/2008
Par fxboffy
Humeur : Maussade
C'est un nom que désormais je retiendrai, car il a réalisé en Israël une grande oeuvre, affranchie de l'auto-censure qui aurait pu protéger à l'excès la vision des soldats israëliens. Valse avec Bachir est un extraordinaire portrait d'une époque. Mais c'est plus que cela. Quête du sens plus que de la mémoire, ce film marque une nouvelle étape dans la grande redistribution qui se joue entre document et fiction, d'un côté, et entre les techniques de films d'enfants (dessins animés) et les techniques d'avant-garde (post-production et clips technologiques), d'autre part.
Publié le 15/08/2008
Par fxboffy
Humeur : Maussade
En soi la guerre est une plaie, pour soi la guerre peut plaire. Il y a les arts martiaux, dont certains comme la capoeira ou le karaté démonstratif sont essentiellement à but spectaculaire. Il y a toutes ces oeuvres d'art ou d'artisanat qui traitent la question de l'humanité au travers de ce qu'elle a de moins humain, le combat pour le territoire, la puissance, la possession, la survie.

En peinture, Goya nous a fait quitter l'épique pour toucher du doigt la douleur des déchirements de la guerre civile. C'est une justice qui lui est rendue aussi au travers de la renommée et de la puissance évocatrice de Guernica de Picasso.

En littérature, on est submergé de références de romans de guerre, romans avec scènes de batailles, romans sur fond de combats réels ou imaginaires. Je laisse donc à nos chères études Littel, Claudel, Simon, Le Clézio, Robbe-Grillet, Tolstoï, Shakespeare, Hugo, Chrétien de Troyes, César, Homère, à regret souvent, pour passer à l'art qui fait la guerre telle qu'elle se présente : le cinéma. Je mets sous l'éteignoir, au passage, les BD de Tardi, Bilal, Moebius, Otomo, et consorts, ce qui n'est pas minable...

Full Metal Jacket était une fois présenté par la pub comme le plus grand film de guerre jamais réalisé. Au moins il ne me semble pas loin, car pour le coup, la guerre y revêt les habits les plus humains, avec tout ce que ça comporte d'absurdités, d'injustices, de luttes peu glorieuses. Mais il y a aussi, aux antipodes, l'implacable logique guerrière de La Guerre des Clones, la saleté d'Excalibur, le bruit d'Il faut sauver le sodat Ryan, le désenchantement de Kingdom of Heaven, la construction du mythe dans Les Deux Tours, l'obscurantisme d'Apocalyopse Now...

Tout ça pourquoi ? Plus de guerre ou moins de guerres ? Pour changer un peu l'homme, donc la guerre change aussi.
Publié le 04/07/2008
Par fxboffy
Humeur : Souriante

Quel est le rapport entre l’art et le vendredi ? Un psychanalyste dirait que l’art est la sublimation des pulsions envoyées sur nous pauvres mortels par Venus et son fils Eros, et que vendredi c’est le jour de Venus.


Mais plus prosaïquement, j’aime bien cette position, pour l’art, entre le travail (la semaine) et le loisir débridé (le week-end). Vendredi vit que cela était bon. Sauvage, le Vendredi, en plus…

Publié le 18/04/2008
Par fxboffy
Humeur : Maussade
A l'annonce de la mort d'Aimé Césaire, des sentiments différents se sont croisés lorsqu j'ai pensé rendre hommage à l'homme et à l'artiste.

Tout d'abord une impression de rendez-vous manqué, car après tout je n'ai pas eu l'occasion de lire en entier un de ses ouvrages et pourtant depuis les multiples affaires Dieudonné, depuis les débats autour du discours de Nicolas Sarkozy à Dakar, depuis les questions sur le vote ethnique pour Barak Obama, depuis mon étiquetage louche de l'art haïtien, la problématique sur l'identité de l'hypothétique communauté noire est très présente à mon esprit.

Le sentiment suivant, c'est la tristesse de voir un artiste important cesser son oeuvre, une source d'inspiration d'ampleur mondiale se tarir. En même temps, le caractère posthume rend le symbole Aimé Césaire plus fort, il entre dans le panthéon, si ce n'est pas concrètement c'est dans l'esprit des foules.

Ce fut enfin la joie de voir le compte tenu de ses mots et de ses idées, qui constituèrent de vrais progrès humains. A l'histoire de continuer à lui rendre justice, ainsi qu'à tous ses frères humains...
Publié le 11/04/2008
Par fxboffy
Humeur : Tendre
J'emploie ce titre chargé d'histoire et d'émotion parce qu'Aimé Césaire semble sur la fin de sa vie, et je souhaitais évoquer sa figure en guise d'ouverture aux douleurs et splendeurs d'Haïti.

Car c'est bien d'Haïti qu'il sera question ici, et plus précisément de l'art haïtien. Pays des symboles forts et dramatiques, Haïti-la-pauvre ou Haïti-le-lessivé est encore capable, toujours, de sourire, peindre, chanter.

Les récentes émeutes de la faim ne sont qu'une péripétie de plus dans le torrent de larmes qui coule depuis la découverte d'Hispaniola par Colomb (Christophe, pas Gérard, qui a deux ailes d'ailleurs) jusqu'à la tutelle nécessaire mais étouffante sur cette partie exténuée de l'île. Mais en guise de mini "journal des bonnes nouvelles", on peut dire que l'art haïtien prend une grande place dans le paysage mondial globalisé. Une place bien supérieure, belle revanche, à la place économique, industrielle, commerciale, politique.

Il n'y a aucun hasard à ce que l'un des plus grands artistes du demi-siècle écoulé, Jean-Michel Basquiat, soit né d'Haïti. Le plus grand conflit qui anime Haïti est en effet un générateur d'art : Eros et Thanatos, la pulsion de vie et la pulsion de mort sont omniprésentes, d'où des oeuvres qui chantent et qui pleurent, des oeuvres qui explorent toutes les extrémités de l'âme humaine, des oeuvres qui montrent les choses telles qu'elles sont mais aussi telles qu'elles pourraient être, ou telles qu'elles ne devraient pas être.

Cette présence forte de l'humanité dans les oeuvres haïtiennes, c'est une âme qui n'est pas prête de s'éteindre parce que tout a déjà essayé de l'éteindre, sans succès. Le simple commentaire d'une
exposition à Montréal peut donner une idée de ces contrastes étonnants et puissants entre reste de force vive et forces de destruction.

Le grand regret que j'ai, c'est de ne pouvoir mettre un nom sur les décos d'un taptap, sur cette plaque martelée et peinte, sur ce marché bondé peint sur un carré d'un mètre de toile... c'est là qu'on se sent inculte (et non pas en ne se souvenant pas du prénom du baron de Charlus), c'est là qu'on se dit qu'il faudrait mieux connaître ce beau pays, et ces gens, des "esclaves au paradis", des "zanmi lotbodlo".
Publié le 04/04/2008
Par fxboffy
Humeur : Gaie
La ficelle est facile à faire jouer !






Les oeuvres picturales qui mettent en scène l'absence ont souvent une force




angoissante et








puissante.






La forme du commentaire ad







hère un peu au propos.







Dans ce dessin de Moebius ou l'un des monochromes de Klein (et même ses anthropométries sont absences)







Dans le noir couloir de Lost Highway







et sur l'horizon gris de la Vie de Jésus










Dans les couches de Rothko et où est la pipe dans Ceci n'est pas une pipe ?













Dans la pause du très pictural Eté de Vivaldi qui précède l'averse de violons Dans




(c'est plus souriant) la chambre de monsieur Van Gogh / l'atelier de Vélasquez peignant Les Ménines / les yeux des amoureux du Baiser de Rodin / la main du majestueux bronze grec (Zeus ou Poséidon ?) ...
Publié le 28/03/2008
Par fxboffy
Humeur : Tendre
Je plagie le titre d'un article sur le film Quand j'étais chanteur, mais il faut dire qu'il est très bien, ce titre. Tout comme est apaisant et époustouflant le regard qu'on peut poser sur la carrière passée de Gérard Depardieu. Le Gérard, comme dirait Delon, dont on n'est pas sûr que tous ses bons moments soient derrière lui. Il y a du bide dans cet homme, certes, mais il y a aussi un pouvoir d'humanisation, par-delà les artifices liés à l'industrie cinématographique, qui surprend régulièrement.

Par essence, dans la durée d'un film ou de sa carrière, Gérard Depardieu est de composition. Le doux et le fort, l'éteint et le vif, le naturel et le sur-naturel se mélangent en lui avec une grande cohérence. C'est peut-être ça, un acteur à la sauce Diderot mâtiné d'Actor's Studio : une incarnation enflammée qui n'empêche pas l'intelligence d'un jeu de masques. Contradictoire? Non, humain, très humain. Comme Depardieu.
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